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0:01] La voiture autonome fait timidement son arrivée en Europe. Tesla a été autorisé à déployer son système FSD aux Pays-Bas et l'Union européenne pourrait fixer un cadre réglementaire à partir de juin prochain. Mais savez-vous comment fonctionnent réellement les voitures autonomes ? Eh bien en fait, aujourd'hui, il y a plusieurs technologies qui sont en concurrence, avec trois acteurs qui dominent le débat, Waymo de Google, Tesla et Zouks d'Amazon. Même objectif, mais des choix techniques très différents.
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0:29] Du côté de Waymo, donc cette filiale de Google qui fait déjà circuler depuis longtemps ces robotaxis dans une dizaine de villes américaines comme Phoenix, San Francisco, Los Angeles, etc., on mise sur la précision, principalement grâce à la technologie LiDAR, des radars laser qui modélisent le monde extérieur sous forme de millions de points. Il y a aussi des caméras vidéo, une à deux dizaines de caméras embarquées pour plus de précision. Et tout ça est combiné. La voiture voit en 3D, elle mesure les distances avec précision. L'avantage majeur de la technologie de Waymo, c'est la fiabilité. Ce sont d'ailleurs des véhicules autonomes de niveau 4, c'est-à-dire le niveau le plus élevé actuellement. Mais l'inconvénient, c'est le prix. C'est un système très précis, mais très lourd, avec des lidars qui coûtent cher, plus des caméras vidéo, donc deux flux de données qui doivent être traités séparément, et aussi un système d'apprentissage qui oblige les voitures à cartographier finement l'endroit où elles vont circuler. Ce qui fait qu'elles restent limitées à certaines zones. Une voiture Waymo entraînée à San Francisco ne peut pas rouler à Paris.
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1:37] Le système est donc très difficile à déployer. Enfin, en cas de problème, la voiture est quand même téléopérée par un employé situé aux Philippines ou ailleurs qui doit reprendre la main pour débloquer une situation. Les voitures Waymo sont des voitures normales, avec un volant, transformées en voitures autonomes, avec l'ajout de tout l'équipement nécessaire, même si elles circulent sans chauffeur. Et elles sont disponibles uniquement en taxi, on ne peut pas en acheter.
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2:05] Deuxième option, le pari de Tesla. C'est la deuxième voie technologique. Elon Musk a fait un choix radicalement différent en décidant de tourner le dos au fameux LIDAR, au profit exclusif de la vidéo assistée par intelligence artificielle. Huit caméras en général à bord des Tesla, pour un système baptisé FSD, Full Self Driving, un système disponible en option payante pour les possesseurs de Tesla. L'idée est simple, la Tesla conduit comme un humain, avec les yeux. Et pour cela, elle s'est même entraînée comme un humain, ou plutôt comme des dizaines de milliers d'humains grâce aux données collectées à travers le monde par tous les possesseurs de Tesla, même ceux qui n'ont pas de FSD. Avantage clé, le coût. Le système est bien moins cher que celui de Google. Et c'est pour ça qu'il est déjà présent, au moins potentiellement, dans des millions de voitures.
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2:57] Autre force, les données. Chaque Tesla collecte des informations qui servent à enrichir le système, ce qui fait que l'intelligence artificielle apprend en continu. Les véhicules Tesla peuvent rouler n'importe où, sans une longue phase d'adaptation, comme chez Waymo. Mais le pari reste malgré tout risqué, car le système est officiellement un peu moins fiable qu'avec des lidars. Et notamment, il serait moins performant en cas de visibilité réduite, quand il y a du brouillard, de fortes pluies ou de la neige, même si Tesla affirme le contraire. En fait, pour l'instant, le FSD de Tesla est un système de conduite autonome de niveau 2 seulement, obligatoirement supervisé par un humain qui doit rester à bord derrière le volant et suivre attentivement la route afin d'intervenir en cas d'urgence. Toutefois, Tesla vise et promet une autonomie globale à terme. Ce sera le cas notamment dans le Cybercab, son futur taxi entièrement autonome,
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3:51] un véhicule basé sur la même technologie, mais sans volant ni chauffeur. Enfin, troisième larron, Zouks d'Amazon, troisième type de véhicule autonome. Là, il s'agit de petits véhicules d'un genre complètement nouveau. Pas de volant, pas de pédale, aucun chauffeur. Ça se présente sous la forme d'un petit van à quatre places. Et c'est un véhicule conçu dès le départ comme une voiture autonome. Comme Waymo, Zouks utilise un mix entre lidar, radar et caméra. Mais l'expérience change complètement parce que les passagers se font face, le véhicule peut rouler dans les deux sens.
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4:25] L'avantage, c'est le confort, l'efficacité, le design qui est optimisé aussi pour le transport urbain, avec des petits véhicules qui peuvent être proposés en conduite partagée. Le Zouk, c'est un véhicule autonome de niveau 4, c'est-à-dire très haut. Il n'a pas besoin d'assistance humaine, mais il ne peut pas rouler n'importe où. Il doit avoir été entraîné spécifiquement dans la zone géographique où il circule. Le projet est encore jeune, le déploiement reste limité.
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4:53] On en trouve seulement à Las Vegas, en accès restreint et en test à San Francisco. L'inconvénient, là encore, c'est le coût, beaucoup plus élevé que chez Tesla, et surtout le fait que Zouks a besoin de s'entraîner longuement avant d'être mis en service. C'est aussi le concept que l'on trouve en France, dans quelques zones test et uniquement sur des parcours très restreints, comme par exemple à la Défense ou à Châteauroux, avec certains opérateurs.
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5:20] Alors, qui va gagner ? Et bien la réponse n'est pas simple, parce que techniquement, Waymo est en avance, ses voitures roulent déjà seules, Techniquement aussi, elles sont parfaites, mais elles sont trop chères. La promesse de Tesla, au contraire, a un potentiel énorme. Son modèle peut s'étendre partout si la technologie fonctionne bien. Et puis Zooks joue une autre carte, celle d'un futur urbain repensé. Trois stratégies, trois paris. L'avenir de la voiture autonome dépendra aussi de ce que feront d'autres constructeurs. et déjà des marques européennes comme Mercedes ou BMW sont en train d'aller plutôt vers la technologie de Tesla. Bref, une fois de plus, on a l'impression qu'Elon Musk pourrait bien avoir raison contre tout le monde et réussir son pari technologique.