🎤 Quand les robots courent plus vite que l’humain (Shanhui Zhang, China Global Television Network)
Maison Connectée28 avril 202625:07

🎤 Quand les robots courent plus vite que l’humain (Shanhui Zhang, China Global Television Network)

La récente victoire d'un robot au semi-marathon de Pékin montre qu'un nouveau cap spectaculaire est franchi en matière de robotique en Chine, entre prouesse technologique et révolution industrielle.

Interview : Shanhui Zhang, journaliste à China Global Television Network

Punchlines

  • Un robot a couru un semi-marathon en 50 minutes.

  • Le vrai enjeu, ce sont les technologies derrière la performance.

  • Les robots entrent déjà dans le quotidien en Chine.

  • Cette révolution interroge sur la place de l’humain.

Comment expliquer la performance spectaculaire de ces robots lors du semi-marathon ?

Ce qui a surpris tout le monde, c’est la vitesse. Les robots ont terminé les 21 kilomètres en un peu plus de 50 minutes, ce qui dépasse déjà le record humain. Sur place, l’ambiance était unique : d’un côté les coureurs humains, de l’autre les robots observés et commentés par la foule. Il y avait une grande diversité de machines, certaines très élégantes, d’autres plus instables. Mais surtout, on a changé d’échelle : on est passé d’une vingtaine d’équipes à plus de 100, avec une dimension internationale.

Au-delà de la performance, quel est l’objectif réel de cette course ?

Ce n’est pas seulement une compétition de vitesse. L’enjeu principal, ce sont les technologies développées derrière. Par exemple, la gestion de la chaleur est cruciale : les robots doivent dissiper l’énergie produite par leurs moteurs. On a vu apparaître des systèmes avancés comme des micro-pompes à lévitation magnétique pour refroidir les composants. Ce type d’événement permet de structurer toute une industrie, avec des acteurs du hardware, du software et même des collaborations internationales, comme entre la Chine et la France.

Peut-on déjà parler d’une industrie robotique mature en Chine ?

Oui, clairement. On voit émerger un véritable écosystème avec des fabricants, des fournisseurs de composants, des développeurs logiciels et des chercheurs. Certaines entreprises issues du smartphone, comme Honor, investissent massivement dans les robots humanoïdes. Et surtout, les robots sont déjà présents dans la vie quotidienne : livraisons dans les hôtels, services en restaurant, robots cuisiniers ou compagnons de jeu. La compétition entre entreprises fait baisser les coûts et accélère la commercialisation.

Les robots suscitent-ils de l’enthousiasme ou des inquiétudes ?

Globalement, les réactions sont positives. Les gens sont impressionnés et voient le côté pratique. Mais il existe aussi une inquiétude : si les robots deviennent trop intelligents, quelle sera la place de l’humain ? En parallèle, de nouveaux métiers émergent, notamment dans l’intelligence artificielle. Et certains pensent que les compétences humaines, comme la sensibilité ou la compréhension des émotions, deviendront encore plus essentielles. Cela pose une vraie réflexion philosophique sur ce qui fait notre valeur en tant qu’humains.


Shanhui Zhang: [0:01] J'avais autour de moi des foules, ce sont vraiment les parents, les jeunes parents, des parents plus âgés qui viennent avec leurs enfants, Shanhui Zhang: [0:08] leurs enfants de 2-3 ans qui viennent interagir avec les robots. Parce que non seulement vous avez des robots qui courent sur la piste, vous avez aussi des robots qui sont à côté, qui chantent, qui dansent, qui font des robots de service. Et il y a aussi des robots, par exemple, qui dansent ensemble avec des chorégraphies, bien établies en avance. Donc, je pense que c'est aussi impressionnant de voir ces jeunes enfants chinois, de comment c'était le plus bas âge à commencer à interagir avec ces robots. Monde Numérique : [0:44] Bonjour Shanhui Zhang. Shanhui Zhang: [0:46] Bonjour Jérôme, merci pour l'invitation. Monde Numérique : [0:48] Journaliste à China Global Television Network en Chine. Ravi de te recevoir à nouveau dans le monde numérique. Tu étais Shan Winsong il y a quelques jours, le 19 avril pour être précis, à Pékin, pour assister à cette assez étonnante course de robots. Alors ce n'est pas la première course de robots. Là c'était un semi-marathon. Mais les robots ont excellé puisque ça y est les robots sont plus rapides que les humains en fait les robots qui font de la course à pied sont plus rapides que les humains maintenant on peut le dire exactement. Shanhui Zhang: [1:20] C'est très étonnant et cette fois-ci moi j'étais parmi la foule aussi pour observer ces robots et tout le monde dit ça a été tellement vite que personne n'attendait cette vitesse. Monde Numérique : [1:32] 50 minutes pour faire les 21 km des 21 kilomètres du semi-marathon. Shanhui Zhang: [1:39] C'est ça, c'est 50 minutes et 26 secondes plus précis. Et en fait, ce résultat dépasse déjà le record du monde masculin du semi-marathon. Donc, établi à 57 minutes et 20 secondes par le champion Ougandais, Jacob Kiplimo, lors d'un semi-marathon du Lisbonne en mars dernier. Mais ce qui est intéressant, c'est que cette fois-ci, quand on voit courir les robots, il y a aussi des personnes, des vrais humains qui courent à côté. Donc, c'est magnifique parce que vous avez d'un côté les foules qui encouragent les coureurs, les vrais coureurs. Et puis, de l'autre côté, sur la piste, vous avez tout seul la foule qui commente les robots, comment ils se présentent. Est-ce qu'ils ont bien joué ? Est-ce qu'ils courent bien ? Est-ce qu'ils courent élégamment ou pas ? Monde Numérique : [2:27] D'accord. Oui, parce que c'est vrai qu'il y en a, c'est très élégant. Il y en a d'autres, c'est un peu plus acrobatique. Il y en a même qui s'écroulent dès la ligne de départ. Il y a vraiment de tout, en réalité. Shanhui Zhang: [2:40] Il y a vraiment de tout et c'est aussi ce qui est très impressionnant cette fois-ci de voir ce changement d'échelle parce que l'année 2025, il y a eu une vingtaine d'équipes qui ont participé. Et cette année, on a déjà passé à plus de 100 équipes, avec même la présence de plusieurs équipes étrangères. Là, il y a deux équipes qui sont en lien avec la France. Il y a une qui est réalisée avec une équipe de Paris-Saclay et une autre avec une équipe conjointe, une équipe entre une université chinoise et une université française qui est aussi Paris-Saclay. Donc, en fait, mes collègues ont eu la chance de les interviewer, mes collègues, pour la chaîne anglaise. Et puis, ils m'ont dit, en fait, eux, ils ont également utilisé les robots chinois. Mais bien sûr, c'est le modèle français qu'ils ont implémenté de temps. Monde Numérique : [3:30] D'accord. Shanhui Zhang: [3:31] C'est aussi une belle combinaison d'internationalisation des robots. Monde Numérique : [3:35] Donc, du hardware chinois et du software français, en fait. Shanhui Zhang: [3:40] Français, exactement. Et donc là, on n'est plus du tout dans une simple démonstration expérimentale, comme l'année dernière. Ça apparaît comme un véritable écosystème. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de personnes qui parlent de non seulement le robot, mais aussi toute industrie autour du robot. Une industrie déjà structurée des robots compétitifs une industrie très large et puis aussi bien sûr les performances cette année tout le monde a été vraiment impressionné par la vitesse comment un robot peut courir si vite que ça et puis aussi cette fois-ci l'ambiance a aussi changé je me rappelle encore, j'étais autour de moi, J'avais autour de moi des foules. Ce sont vraiment les parents, les jeunes parents, des parents plus âgés qui viennent avec leurs enfants, leurs enfants de 2-3 ans qui viennent interagir avec les robots. Parce que non seulement vous avez des robots qui courent sur la piste, vous avez aussi des robots qui sont à côté, qui chantent, qui dansent, qui font des robots de service. Et il y a aussi des robots, par exemple, qui dansent ensemble avec des chorégraphies bien établies en avance. Donc, je pense que c'est aussi impressionnant de voir ces jeunes enfants chinois, de comment c'était le plus bas âge, à commencer à interagir avec ces robots. Aussi, ces robots tout petits, mais tellement mignons. Et puis. Shanhui Zhang: [4:56] Déjà, ça a attiré beaucoup de monde aussi, le regard étranger. Cette fois-ci, on a vu une couverture très importante des médias étrangers. Et puis, bien sûr, les Chinois, tout le monde était très attentif aux résultats de cette course. parce que je pense que Thayer, ça peut dire qu'il y a un potentiel dans le développement. Shanhui Zhang: [5:19] Toutes les technologies liées à ce semi-marathon des robots humanoïdes. Parce que d'ailleurs, ce n'est pas le but, je ne pense pas que ce soit de voir quels robots courir le plus vite, mais comment commercialiser, comment développer les technologies qui sont liées à ces robots humanoïdes. Monde Numérique : [5:38] D'un point de vue technologique, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a de tout. Il y a des robots qui sont des vrais robots complètement autonomes et d'autres qui sont télécommandés. C'est pour ça qu'on voit les ingénieurs courir à côté avec leur ordinateur, parce qu'en fait, ils le pilotent, ils le surveillent. Puis on a pu voir aussi les problématiques d'autonomie, d'autonomie de batterie, de refroidissement. On a vu des images où on verse de la glace sur le dos du robot pour le faire refroidir, parce qu'en fait, ça chauffe. c'est une machine qui bouge, donc ça chauffe. Donc tout ça, ça procède effectivement de l'évolution technologique. Monde Numérique : [6:18] Et au fond, tu as déjà un peu répondu à la question, mais quel est l'objectif de cette course ? C'est faire de la communication vis-à-vis de la population chinoise, vis-à-vis des ingénieurs pour les faire venir travailler dans ces entreprises, vis-à-vis de l'étranger aussi ? Shanhui Zhang: [6:36] Je pense que c'est un très bel exemple, déjà, de provoquer la curiosité de la foule, de se dire, tiens, il y a un événement très intéressant en Chine, et de se tourner le regard vers les robots chinois, de parler de leur vitesse, de leur performance. Et puis, ce qui est aussi intéressant, c'est que, par exemple, tout à l'heure, tu as évoqué ces technologies, ces différents types de technologies qui ont été mises à jour cette fois-ci. Et ce qui est particulièrement intéressant, par exemple, comment refroidir ces robots. D'ailleurs, c'est énormément de technologies qui sont impliquées de temps, parce qu'un robot humanoïde, bien sûr, il peut courir longtemps, mais à condition qu'il y ait une dissipation thermique des moteurs, des articulations des jambes. Et surtout, quand les robots courirent comme ça, ils mettent tout leur poids sur les deux jambes. Donc, en fait, c'est aussi beaucoup d'accumulation de, je pense, tout ce qui est côté thermique, qui rend que ça ne pourra pas tenir longtemps. Donc en fait, ce qui oblige le système à réduire la température. Donc concrètement, comment faire ? Ce qui est très intéressant cette fois-ci, c'est par exemple ces robots qu'on a vus, cette fois-ci dans les semi-marathons, nous avons vu des robots avec un micro-pompe à léviation magnétique. C'est un peu comme le cœur du système. En fait, plus compact. Shanhui Zhang: [7:59] Ça rend plus rapide la circulation de ce liquide qui aide à faire atténuer, baisser la chaleur. C'est un liquide qui circule autour du moteur. Shanhui Zhang: [8:12] C'est un peu comme des veines qui captent la chaleur et qui l'évacuent vers un radiateur, un peu comme un climatiseur à l'interne du robot. C'est ce qu'on voit cette fois-ci. Ça a été beaucoup parlé en Chine. Et puis, de l'autre côté, ce qui est aussi intéressant, c'est de voir, par exemple, La marque qui a remporté le premier robot champion cette année. Monde Numérique : [8:38] C'est la marque Honor. Shanhui Zhang: [8:39] Honor, de départ, c'est une marque de téléphone. Et donc, on voit qu'il y a tellement de ressemblances et tellement de similitudes entre la fabrication d'un téléphone et la fabrication d'un robot. Dans un téléphone, il faut essayer de mettre tout sur un petit espace. Et donc, pour un robot humanoïde, je pense que c'est à peu près les mêmes logiques d'essayer de faire des ingrédients, d'essayer de faire des différentes pièces dans un espace très limité. Et ce qui rend, en fait, donne des avantages déjà pour ces entreprises qui font des téléphones. Et aussi, bien sûr, tout ce qui est la gestion thermique, tout ce qui est côté connectivité. Pour un smartphone, tu dois d'abord commencer à avoir des différents senseurs qui vont pouvoir capturer la température. La lumière, commencer autour du portable. Donc c'est à peu près la même chose pour un robot, d'essayer de regarder ce qu'il y a autour, de faire des estimations, de bien regarder le tour et l'environnement. Et donc je pense que c'est très très important de se dire qu'on ne regarde pas uniquement la vitesse et on ne regarde pas non plus uniquement la vitesse. Shanhui Zhang: [9:55] Robots courent le plus vite, parce que finalement, qu'est-ce que ça sert aux humains ? Qu'est-ce que ça sert à nous ? Finalement, je pense que ce serait plus davantage les technologies qui ont été employées derrière. Et cela, nous allons pouvoir découvrir au fur et à mesure, avec de différentes générations de robots qui sont sortis, à travers ces différents systèmes et ces différentes compétitions qui ont été organisées en Chine, de voir ces robots de plus en plus intelligents et de mieux en mieux équipés technologiquement parlant et ensuite qui va pouvoir offrir des opportunités dans la commercialisation, dans le financement. Et aujourd'hui, on voit bien que même le marché d'investissement chinois aujourd'hui est très intéressé par l'industrie du robot, l'industrie de l'intelligence artificielle. Donc, je pense que derrière, ça présente un marché énorme. Monde Numérique : [10:48] Tu as pu discuter, je crois, avec les ingénieurs qui étaient présents sur place. Monde Numérique : [10:53] Qu'est-ce qu'ils te disent ? Est-ce qu'il y a encore des problèmes qu'ils n'arrivent pas à résoudre ? Qu'est-ce qu'ils veulent arriver à faire encore en plus, à faire faire à leurs robots ? Shanhui Zhang: [11:06] Eh bien, j'ai pu discuter avec plusieurs ingénieurs sur place. Ce ne sont pas les ingénieurs de ces robots, mais ce sont les ingénieurs qui font des plateformes de partage, de communication entre les différents robots. Par exemple, tu peux avoir un robot chien, un robot humanoïde de telle marque, un robot humanoïde d'une deuxième marque. Comment faire en sorte qu'ils puissent communiquer entre eux ? Et donc, ça, c'est un peu ce qu'ils sont en train de faire. Je dirais que c'est tout un ensemble du cycle, je ne peux pas dire le cycle de communication, mais c'est un peu comme un cycle où tout un monde de robots humanoïdes qui sont en train de construire. L'idée, c'est de bâtir des plateformes pour faciliter les échanges entre différents robots, quelle que soit leur nationalité. Shanhui Zhang: [11:56] Et là ce qui m'a impressionné c'est aussi de voir à quel point, on peut élargir notre imagination, par exemple j'ai parlé avec un ingénieur, lui dès le départ, à l'âge de 20 années, il a appris et il a étudié la communication du téléphone, et la télécommunication et ensuite il m'a dit qu'il a travaillé pour une entreprise de téléphone et aujourd'hui, maintenant ça fait plus d'un an qu'il travaille auprès des robots, il m'a dit que quelques logiques de base sont très similaires. Et puis, bien sûr, il faut beaucoup apprendre très, très vite en ligne et très, très vite tous les jours pour pouvoir se mettre à la vitesse de l'époque. Et en même temps, aussi intéressant, c'est qu'on voit en Chine, par exemple, avec déjà Xiaomi. Shanhui Zhang: [12:45] C'est une marque au départ aussi de téléphone et qui développe sa propre voiture électrique. Et nous avons aujourd'hui cette marque Honor qui est une marque de téléphone de base aussi, mais aujourd'hui qui s'investisse davantage dans les robots humanoïdes. Et de plus que ça ne fait même pas un an qu'ils ont annoncé qu'ils vont investir et commencer davantage de recherche et développement dans les robots humanoïdes. Donc, c'est très, très impressionnant de voir la vitesse que prend et la vitesse de cette industrie. Monde Numérique : [13:23] Oui, et puis, on sait qu'il y a une compétition entre toutes ces startups parce qu'il y a énormément d'entreprises aujourd'hui qui fabriquent des robots en Chine. Et on peut se douter qu'il y en a qui vont rester, il y en a qui vont disparaître. C'est les meilleurs qui vont rester. Monde Numérique : [13:41] Il y a des robots qui sont déjà commercialisés en Chine, on peut déjà en acheter n'est-ce pas ? Shanhui Zhang: [13:46] Oui, on peut déjà en acheter et en fait aujourd'hui cette course on voit que la robotique humanoïde en Chine entre dans une phase de compétition industrielle bien sûr c'est bien pour les consommateurs parce que ça nous permet de découvrir davantage de choix et d'opportunités et ça va également faire s'affronter des différents fabricants, des robots complets et aussi tout l'écosystème Par exemple, à partir des fournisseurs, les fournisseurs d'articulation, les fournisseurs des pièces, les fournisseurs de batteries, de moteurs, de matériaux, des logiciels et aussi les ingénieurs d'algorithmes et bien sûr, en coopération avec des universités, avec des startups. Donc c'est tout un écosystème qui est en train de construire mais bien sûr à l'intérieur beaucoup de compétitions chaque entreprise cherche à montrer sa capacité à aller plus vite plus loin d'une manière plus stable et Et aussi, elle cherche à prouver sa maîtrise dans les technologies clés. Par exemple, comment courir un semi-marathon et comment faire ses robots à danser, à présenter quelque chose qui est hors de l'imagination des êtres humains. Ce sont des manières pour montrer sa crédibilité technique devant les clients, aussi de sa manière de faire les bluffs. Mais ce qui est vrai, c'est que cette compétition produit déjà des effets économiques. Par exemple, souvent, on parle de ces livraisons de différents colis. En fait, au lieu que ce soit réalisé par des êtres humains, c'est réalisé par des machines. Monde Numérique : [15:14] Mais livraisons dans la rue ? Shanhui Zhang: [15:17] Livraison dans la rue aujourd'hui et aussi les livraisons surtout dans les restaurants ou dans les hôtels. Par exemple, si nos amis français auront l'occasion de venir en Chine, vous allez faire l'expérience déjà que le robot entre dans votre vie au quotidien. Vous commandez une bouteille d'eau, vous commandez des brosses à dents dans votre chambre d'hôtel et puis vous avez quelqu'un qui sonne à la porte, vous ouvrez la porte et là c'est un robot devant vous. En fait, ce sont des robots qui peuvent traverser, qui peuvent identifier, dans quelle chambre vous êtes et ensuite apporter tout ce que vous avez commandé dans leur temps son panier, vous n'avez qu'à juste à ouvrir, à presser sur le bouton et reprendre vos produits. Donc en fait aujourd'hui ce type de robot est déjà très très généralisé en Chine et puis bien sûr il y a aussi les robots par exemple qui facilitent le stockage dans tout ce qui est à la chaîne logistique. Aujourd'hui grâce à la commercialisation et grâce aussi surtout à des compétitions, on voit baisser le coût de développement et aussi le coût de fabrication. Donc, ce qui devient très avantageux, je pense, que pour les consommateurs. Shanhui Zhang: [16:24] Pour le moment, je pense que ce sont des compétitions plutôt saines parce que ça pousse tout le monde à améliorer les composants, à améliorer le logiciel et de trouver une solution concrète, de faire en sorte que ça coûte moins cher pour tout le monde. Shanhui Zhang: [16:37] Après, il faut également dire qu'aujourd'hui, on voit apparaître davantage d'autres robots, non seulement des robots qui font la livraison dans la rue, qui font la livraison dans l'hôtel, qui font la livraison dans le restaurant, surtout avec les plateaux vides. Aujourd'hui, on voit aussi les robots, par exemple, qui font du café, les robots tout simples qui font des crêpes. Les crêpes salées, oui. En fait, en Chine, pour le petit déjeuner, on mange des crêpes avec des oeufs dedans, avec la sauce, avec aussi quelques légumes dedans. Et donc, en fait, aujourd'hui, au lieu que ce soit des êtres humains qui font ces crêpes, maintenant, ce sont des robots, des machines de robots qui vendent d'ailleurs pour pas cher. Chaque crêpe, c'est à peu près 2 euros. Monde Numérique : [17:21] Voire moins. Mais le robot, il doit être cher. C'est tellement si vous avez des oeufs ou pas. Shanhui Zhang: [17:24] Voilà, le robot, il peut le faire tout seul. Vous scannez l'écran, vous payez sur votre smartphone Et puis, vous avez un robot qui va fabriquer toutes les crêpes avec des oeufs dedans, avec la sauce par-dessus. Et c'est pas mal du tout. Je l'ai testé, c'est très, très bon. Monde Numérique : [17:42] C'est pas très rapide, je crois. Shanhui Zhang: [17:45] Non, c'est pas très rapide. C'est vrai que c'est pas très rapide. C'est à peu près trois minutes par crêpe. C'est un petit peu moins vite que des êtres humains. Mais ça commence déjà au fur et à mesure. Et ce qui est intéressant, c'est que dans cet espace dans le sud de Pékin, qui s'appelle Yijuan, sinon en anglais on l'appelle aussi Yitang, là il y a un musée des robots. Mais en fait, tout ce qui est exposé dans ce musée est aujourd'hui déjà commercial. Ça veut dire que tu peux très bien acheter un Einstein robot pour faire des interactions avec lui, pour lui poser des questions sur tout ce qui est côté science, et même en allemand et en anglais. Monde Numérique : [18:31] Ah bon ? Shanhui Zhang: [18:31] Et puis tu as aussi des robots qui peuvent aujourd'hui jouer des échecs avec toi ? Aussi des jeux de Go à la chinoise avec toi. Et puis, aujourd'hui, ce sont les robots qui sont déjà commercialisés. Par exemple, ce robot de compagnon d'échecs et de jeux de Go, je crois que ça doit être 300 euros. Monde Numérique : [18:54] Ah oui ? Shanhui Zhang: [18:54] Déjà bien commercialisés et très intelligents. Et puis, aujourd'hui, il y a aussi des robots chiens qui sont aujourd'hui disponibles sur le marché chinois. Tu peux l'emmener au marché pour faire les courses. tu peux lui demander de prendre en photo de prendre en vidéo est-ce qu'il peut porter des courses ? Aussi oui il peut très bien porter des courses, C'est pour ça que si tu l'emmènes dans les marchés, il peut très bien porter les courses quand tu payes ou quand tu regardes d'autres fruits et des légumes. Donc, je pense que c'est un bon compagnon. Et puis aussi, bien sûr, les robots aujourd'hui qui entrent dans les hôpitaux, qui entrent dans le quotidien, qui font des vaisselles, qui font le ménage. Monde Numérique : [19:37] Ça, on en est loin quand même. Ce n'est pas encore très au point, ça. Shanhui Zhang: [19:42] C'est en train de se développer. J'en ai déjà vu cette fois-ci dans ce musée. Donc théoriquement, on peut l'acheter. Shanhui Zhang: [19:50] Parce qu'aujourd'hui, il faut dire que la société chinoise, on est aussi entré dans une face où il y a de plus en plus de personnes âgées qui ont besoin d'assistance. Monde Numérique : [20:02] Bien sûr. Shanhui Zhang: [20:02] Alors, par ce moment, on n'a pas tant de jeunes qui peuvent satisfaire aux besoins des personnes âgées dans l'assistance au quotidien. Monde Numérique : [20:10] Mais c'est comme ça dans tous les pays. Oui, ça va être comme ça de plus en plus dans tous les pays, également en Occident, etc. C'est sûr. Shanhui Zhang: [20:18] Oui, c'est sûr. Et je pense que c'est surtout en Charnoui. Monde Numérique : [20:21] Charnoui, tu parles de l'accueil, notamment autour de la course, les gens, les enfants qui sont enthousiastes, etc. Donc, il y a une réaction positive vis-à-vis des robots, mais est-ce qu'il n'y Monde Numérique : [20:34] a pas aussi, de la part de certains, un peu de crainte d'un monde qui change ? Est-ce qu'il y a des réticences ? Est-ce que certains se disent, au contraire, un peu effrayés par tout ça ? Shanhui Zhang: [20:48] Là, on ne voit pas. De mon côté, je pense que les gens sont plutôt intéressés ou très impressionnés par ce phénomène des robots en Chine. Monde Numérique : [21:00] Ils voient le côté pratique. À quoi ça va pouvoir servir ? Shanhui Zhang: [21:04] Beaucoup parlent de ces robots intelligents qui peuvent leur aider à rendre leur vie plus efficace, leur travail plus efficace. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui il y a certaines personnes qui s'expriment cette inquiétude pour les robots parce qu'ils se disent si un jour les robots deviennent trop intelligents, alors à quoi je sers ? A quoi nous servons dans le vieux quotidien ? Ça veut dire que s'il est suffisamment intelligent il va pouvoir remplacer peut-être mon travail. C'est vraiment la crainte aujourd'hui qui est partagée, je pense que non seulement dans la société chinoise et aussi dans la société du monde entier en se disant que nous avons investis pour inventer, pour fabriquer, robot humanoïde aussi intelligent, aussi puissant, et peut-être aussi beau dans le futur, on peut l'imaginer, avec, si on lui installe les cheveux, si on lui donne une peau mate et jolie. Shanhui Zhang: [21:57] Et donc, dans ce cas-là, à quoi sert un homme ou une femme, bien sûr ? Donc, je pense que c'est aussi une question qui est posée dans la société. Mais je pense que peut-être au fur et à mesure du développement de la technologie, on voit déjà émerger de nouveaux de nouveaux types de travail, de nouvelles professions. Par exemple, aujourd'hui en Chine, il y a une très forte demande du côté de l'intelligence artificielle dans les universités, de recruter davantage des étudiants dans la piste de la technologie et de l'intelligence artificielle. Je pense qu'au fur et à mesure que la technologie se développe, il y aura davantage de surprises pour les êtres humains et aussi ça offrira davantage d'opportunités pour la jeune génération. Et bien sûr, pour les personnes plus âgées, ils se contentent peut-être déjà de bien maîtriser cette nouvelle technologie. Et je pense que ce qui est aussi une bonne chose, c'est que cela va pouvoir les libérer de quelques... Shanhui Zhang: [23:00] Travaillent au quotidien, pour eux, qui sont peut-être un peu ennuyeux et qui vont pouvoir se concentrer davantage d'énergie et de temps dans les sujets qui les intéressent vraiment, dans la littérature, dans le poème, dans la nature, d'avoir plus de temps de faire ce qu'ils veulent dans la vie, de vivre. C'est aussi ce qui est intéressant, c'est qu'en ce moment en Chine, dans la sphère académique. Shanhui Zhang: [23:28] Il y a une nouvelle tendance en disant qu'en fait finalement aujourd'hui, qui peut gagner et qui peut s'en sortir gagnant dans cette ère de l'intelligence artificielle, ce seraient les gens qui auraient appris la littérature, qui auraient appris la science humaine. Parce que ce sont eux qui comprennent le mieux les émotions des êtres humains, ce sont eux qui captent vraiment ce que les machines ne peuvent pas comprendre. Donc je pense que c'est aussi ça, un peu le côté de devenir plus humain nous-mêmes, de devenir plus sensible à tout ce qui est le détail dans notre vie au quotidien et de la nature. Je pense que c'est aussi de ce côté-là que la Chine souhaiterait de se développer, Et c'est aussi ça, à partir du moment où vous avez une machine qui est plus intelligente, qui est plus rapide, qui est plus puissante et qui court beaucoup plus vite que vous, qu'est-ce qu'on va faire ? Shanhui Zhang: [24:18] C'est de revenir sur nous-mêmes et de réévaluer la valeur d'être humain. Donc, je pense que ce serait une nouvelle dimension philosophique qui est posée à l'être humain. Monde Numérique : [24:31] Eh bien, merci pour cette pensée, cette parole philosophique. Shan Witsang, on va vous laisser tester tout ça, et puis on regardera comment ça se passe chez vous avant de faire la même chose chez nous, comme ça. OK ? Merci beaucoup. Je rappelle donc que tu travailles pour China Global Television Network et on était ravis de t'avoir depuis la Chine. Merci, Shanhui Zhang. Shanhui Zhang: [24:57] Merci, Jérôme, merci pour l'invitation.
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