📆 L'HEBDO 23/05 - Google passe à l’IA agentique et bouscule le Web
Monde Numérique23 mai 202651:48

📆 L'HEBDO 23/05 - Google passe à l’IA agentique et bouscule le Web

Google présente des agents IA capables d’agir à notre place • Un café suédois entièrement géré par une IA • Une puce quantique mille fois plus puissante • Tesla FSD autorisé en Lituanie • La voiture électrique accélère… mais les infrastructures suivront-elles ? • Les hôpitaux renforcent leur cybersécurité après des attaques massives.

⭐️ Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT]

===============

Google veut réinventer la recherche avec l’IA agentique

Lors de sa conférence annuelle, Google a dévoilé une transformation majeure de son moteur de recherche, désormais propulsé par Gemini 3.5 et orienté vers des usages “agentiques”. L’utilisateur ne se contentera plus d’obtenir des réponses : il pourra déléguer des tâches complexes, comparer, réserver, surveiller des informations ou générer des outils personnalisés. Ces annonces, détaillées dans un épisode spécial sur Monde Numérique, font craindre un bouleversement profond de l’écosystème du Web et du modèle économique des médias.

Spark et Omni : l’IA personnelle et créative selon Google

Avec Gemini Spark, Google promet un assistant capable d’interagir avec nos documents personnels et d’automatiser des flux de travail entiers. Côté création, Gemini Omni franchit un cap en permettant de modifier des vidéos existantes, d’y intégrer de nouveaux éléments ou de générer des scènes complètes à partir de contenus réels. Ces avancées ouvrent des perspectives inédites pour les créateurs… mais posent aussi des questions juridiques et économiques majeures.

Elon Musk débouté face à OpenAI

Aux États-Unis, la justice a rejeté la plainte d’Elon Musk contre OpenAI pour des raisons procédurales. Le patron de Tesla accusait l’entreprise d’avoir trahi sa mission initiale à but non lucratif. Si la décision clôt provisoirement le volet judiciaire, elle ravive le débat sur l’évolution du modèle économique d’OpenAI et ses relations avec Microsoft.

ChapsVision choisi par le renseignement allemand

Cocorico : le service de renseignement intérieur allemand a retenu la société française ChapsVision et sa plateforme ArgonOS pour moderniser ses capacités d’analyse de données. Un revers pour l’américain Palantir et un signal fort en faveur d’une souveraineté technologique européenne accrue dans les domaines sensibles.

Tesla FSD autorisé en Lituanie

Après les Pays-Bas, la Lituanie autorise à son tour le déploiement du FSD supervisé de Tesla. Le conducteur doit rester vigilant, mais cette étape marque une avancée supplémentaire vers l’autonomie en Europe. La France, elle, temporise encore malgré des tests réalisés à Paris.

En Suède, une IA ouvre un café… et fait n'importe quoi

À Stockholm, un café baptisé London Café est géré par une IA nommée Mona, basée sur Gemini. Budget, recrutement, commandes : tout est piloté par l’agent autonome. Résultat : des erreurs de gestion en cascade, des achats incohérents et un déficit important. L’expérience met en lumière les limites actuelles des modèles en matière de mémoire et de cohérence opérationnelle à long terme.

Une puce japonaise aux performances révolutionnaires

Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont présenté dans la revue Science un composant exploitant la spintronique et la commutation quantique. La promesse : des calculs mille fois plus rapides et une consommation divisée par cent, avec une dissipation thermique minimale. Si l’industrialisation reste à venir, cette avancée pourrait transformer l’efficacité énergétique des data centers.

Bruno Guglielminetti, Mon Carnet, lance un flash tech en 10 langues grâce à l'IA

Depuis Montréal, Bruno Guglielminetti analyse les annonces de Google et leurs implications pour les créateurs de contenus. Il présente également son nouveau flash “120 secondes de tech”, désormais disponible en dix langues grâce à un système d’agents IA développé avec la société Productivia, démontrant concrètement l’automatisation avancée de la production éditoriale.

Recharge ultra-rapide : la voiture électrique change d’échelle

[PARTENARIAT] Alors que les constructeurs chinois annoncent des vitesse de recharge de véhicules électriques ultra rapides, Julien Villeret, directeur de l’innovation d’EDF, détaille les défis liés aux puissances de charge, au refroidissement et à l’adaptation des réseaux électriques, dans un contexte géopolitique tendu et de transition accélérée vers l’électrique.

Cybersécurité hospitalière : retour d’expérience après une attaque majeure

[PARTENARIAT] À l’occasion du salon SantExpo, en partenariat avec la Fédération hospitalière de France, Nasser Amani, directeur des services numériques des hôpitaux Nord-Ouest, revient sur la cyberattaque subie en 2021. Il décrit l’arrêt brutal des systèmes, la gestion en mode dégradé et les leçons tirées pour renforcer la résilience des établissements face à des centaines de milliers de tentatives d’intrusion mensuelles.


Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.


Monde Numérique : [0:11] Êtes-vous prêt à déléguer une partie de votre vie à l'intelligence artificielle ? Pour préparer vos vacances, trier vos dossiers ou faire tourner votre entreprise ? Ce n'est pas de la science-fiction et on en parle cette semaine dans Monde Numérique. Et oui, on va s'intéresser tout d'abord aux annonces Google. Google qui veut transformer son moteur de recherche, ça va tout changer sur le Web. Mais qui annonce surtout l'agent Spark, un agent IA qui sera bientôt partout sur nos ordinateurs ou nos smartphones. Enfin, peut-être. Et puis en Suède, cette IA justement qui a ouvert un café, c'est elle qui gère l'établissement, mais bon, ça ne se passe pas exactement comme prévu. À part ça, comme chaque semaine, le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti pour décrypter l'actu de la semaine. Et puis Bruno nous expliquera comment il lance un flash d'actu tech en 10 langues sur les réseaux sociaux grâce à l'intelligence artificielle. Monde Numérique : [1:09] Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews de la semaine, on va parler voitures électriques. Elle a le vent en poupe en ce moment en France, électrique, connectée, plus ou moins autonome aussi. Mais, mais, mais, attention, ça n'est pas sans poser des questions d'infrastructures et notamment d'infrastructures énergétiques. Sans doute le grand défi des années à venir. On verra ça avec Julien Villeret de EDF. Et puis, on va s'intéresser à l'innovation technologique dans le milieu hospitalier à l'occasion du salon SantExpo à Paris. Une série d'interviews à partir de cette semaine, en partenariat avec la Fédération hospitalière de France. Premier thème dans cet épisode, la cybersécurité. Mon invité va nous raconter un cas précis de cyberattaque à l'hôpital. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, L'Hebdo du 23 mai 2026. Invité : [1:53] Monde Numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:57] C'est parti pour un nouvel épisode de Monde Numérique, L'Hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews. C'est ici que ça se passe. Oui, je sais, il fait beau. C'est un week-end prolongé. Vous avez peut-être envie de décrocher un peu. Tant mieux pour vous. Ce n'est pas une raison pour ne pas écouter de podcast. Au contraire, profitez-en. C'est le meilleur moment en balade, en terrasse, en voiture aussi ou tranquillement au soleil. Alors, vous allez avoir votre dose d'actu tech. Pensez à vous abonner si ce n'est pas déjà fait sur la plateforme de votre choix, au podcast Monde Numérique. Pensez à laisser 5 petites étoiles sur Apple Podcast notamment. Et puis vos commentaires partout, Apple Podcasts, Spotify, Podcast Addict, les réseaux sociaux ou encore sur l'application mobile Monde Numérique signée GoodBarber, disponible sur iPhone et Android et puis sur le site mondenumerique.info. Allez, lunettes de soleil connectées peut-être, vous m'écoutez peut-être dans vos lunettes. C'est parti, on plonge dans l'actu tech de la semaine. Monde Numérique : [2:54] Alors, qu'est-ce qui s'est passé cette semaine ? Eh bien, le gros événement, c'était mardi soir, 19 mai. Google, une fois de plus, Google crée l'événement avec des annonces qui décoiffent littéralement. Un torrent d'annonces, on ne va pas pouvoir tout passer en vue en détail. Donc, voici l'essentiel de ce qu'il faut retenir. C'est la révolution des agents IA. Les agents, c'est-à-dire, c'est l'IA qui ne se contente plus de répondre à des questions comme le bon vieux ChatGPT, mais qui peut maintenant, en plus, effectuer des actions. Bon, ce qu'il faut retenir, c'est d'abord le moteur de recherche Google qui va se transformer pour devenir précisément agentique. Il reposera sur le moteur Gemini 3.5 et c'est sans doute le changement le plus important. Monde Numérique : [3:37] On ne va plus faire des requêtes toutes simples, enfin on pourra toujours le faire sur Google, mais on pourra aussi lui demander des choses beaucoup plus complexes, comme par exemple de suivre un sujet d'actualité ou autre qui nous intéresse, de comparer des informations, des prestations, hôtels, restaurants, etc., de réserver en ligne, voire de construire des mini-outils personnalisés quand on interrogera Google, par exemple, sur un sujet scientifique. Il vous remontera non seulement du texte, mais il sera capable de vous générer des schémas explicatifs et des vidéos. Voilà, Google annonce aussi des agents d'information qui pourront travailler en arrière-plan, par exemple pour surveiller des annonces immobilières sur plusieurs jours, plusieurs semaines, des variations de prix, des événements prévus ou qui risqueraient d'arriver, etc. Monde Numérique : [4:28] Ces agents arriveront d'abord pour les abonnés Google AI Pro et Ultra, sans doute à des prix qui ne seront pas négligeables, mais cela dit, ça ne nous intéressera sans doute qu'à moitié, puisqu'il y aura également des restrictions géographiques. Une fois de plus, ces nouveautés n'arriveront pas en France. En tout cas, pas tout de suite, pas toutes, pas avant un certain temps pour des raisons réglementaires selon Google, on connaît un peu le bras de fer avec l'Union européenne et donc conséquence ces systèmes-là tout comme par exemple le AI Overview qui permet d'avoir des résumés, de recherche sur le moteur Google, ne sont pas disponibles pour l'instant en France. Il faut dire que ces innovations ne sont pas innocentes elles vont même au-delà de l'écosystème Google puisque Google c'est, ne serait-ce qu'en Europe 90% des recherches en ligne mais ça va impacter le Web de manière sans doute phénoménale. Et les éditeurs de contenu sont très, très, très inquiets. Parce que les agents vont donc permettre d'obtenir des réponses structurées beaucoup plus facilement. Mais la contrepartie, c'est que les internautes n'ont plus besoin d'aller sur les sites web en question, les sites de médias ou autres. Et donc, ces sites vont voir très probablement leur trafic chuter, leur recette publicitaire aussi. Autant dire qu'il y a énormément de méfiance et ça se comprend. C'est un vrai changement de paradigme. On a encore un peu de mal à entrevoir les conséquences à long terme de tout ça. Monde Numérique : [5:53] Et derrière, en tout cas, il y a une vraie révolution technologique. C'est donc la révolution des agents. Et au-delà du search, la recherche en ligne, ces agents vont devenir également de plus en plus actifs pour notre vie quotidienne, dans notre petit environnement, sur nos ordinateurs, nos smartphones, en traitant directement nos données personnelles, contenues sur nos ordinateurs, nos smartphones, etc. Grâce à l'agent Gemini Spark, dont je vous parlais dans le sommaire, qui sera donc capable d'aller fouiller dans nos documents personnels. Ce n'est pas fini, Google parle aussi de nouvelles capacités vocales. On pourra interroger vocalement, bien sûr, son assistant pour faire des recherches dans ses flux de données, ses flux de travail. Monde Numérique : [6:34] Gemini ne sera plus seulement une aide rédactionnelle, mais il va devenir vraiment une couche d'automatisation au niveau bureautique. Il y a aussi un autre volet, c'est le volet créatif. Avec Gemini Omni, on passe une nouvelle étape. On pouvait déjà générer des photos et des vidéos en promptant. Eh bien là, on va pouvoir prompter et injecter des photos, des images, de la vidéo réelle. Donc, vous envoyez une vidéo et on peut modifier un décor, un effet de caméra, créer des avatars, rajouter des personnages et tout. Enfin, ça devient complètement dingue. il y a d'autres nouveautés en matière de e-commerce en matière de vibe coding et puis en matière de lunettes numériques aussi ils annoncent des nouveaux modèles bon j'en dis pas plus ici si vous voulez plus de détails je vous renvoie à l'épisode spécial de Monde Numérique que j'ai consacré à ces annonces Google, épisode en date du 21 mai et puis on en reparle quand même dans un instant pour aller un petit peu plus loin prendre un peu de hauteur aussi avec Bruno Guglielminetti dans un instant dans le débrief transatlantique. Monde Numérique : [7:34] Aux Etats-Unis toujours, un épisode du feuilleton judiciaire entre Elon Musk et OpenAI. Le tribunal a officiellement rejeté la plainte du milliardaire contre Sam Altman. Le jury n'a eu besoin que de deux heures de délibération pour trancher. Et pour cause, le motif était purement technique. Elon Musk a agi trop tard et le délai de prescription pour ce type de recours était dépassé. Pour rappel, le patron de Tesla accusait OpenAI d'avoir trahi sa mission initiale de 2015. Il affirmait que ses dons servaient à financer une structure à but non lucratif et non pas une entreprise commerciale comme est devenu OpenAI. En plus, allié à Microsoft, il réclamait jusqu'à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts. Alors ça, Altman l'emporte, oui, sur la forme. Mais bon, sur le fond, quand même, cette affaire a permis de lever certaines zones d'ombre concernant OpenAI, notamment ce qui concerne des conflits d'intérêts. Et puis, le fait que l'entreprise ait abandonné son idéal open source au profit d'un modèle lucratif. Et pour Elon Musk, finalement, l'opération a été une occasion de visibilité médiatique nouvelle, lui permettant de dépeindre son concurrence à Altman comme quelqu'un d'uniquement motivé par le profit, tandis que lui tente d'endosser et de conserver son costume de chevalier blanc. Monde Numérique : [8:56] En Europe, un succès commercial, en tout cas pour la technologie française, Cocorico. En effet, le service de renseignement intérieur allemand, le BfV, a choisi la pépite française ChapsVision comme outil technologique pour moderniser ses capacités d'analyse de données. Alors ChapsVision, c'est donc un éditeur français de logiciels d'intelligence artificielle et de traitement de données massives qui a développé une plateforme qui s'appelle ArgonOS, qui sert à rassembler, à croiser, à analyser de très grandes quantités d'informations venant de sources différentes des outils utilisés notamment pour le renseignement, la sécurité intérieure, l'armée, etc. Donc voilà, ce choix des Allemands est plutôt une bonne nouvelle pour les Français, pour la souveraineté numérique européenne aussi en revanche c'est un peu un revers pour l'Américain Palantir qui domine ce marché et qui cette fois n'a pas été pris. Monde Numérique : [9:53] En Europe encore, après les Pays-Bas, c'est au tour de la Lituanie d'autoriser officiellement la conduite autonome supervisée de Tesla, le fameux FSD. Et oui, les autorités lituaniennes ont autorisé Tesla à commercialiser ce FSD supervisé. Donc ça veut dire que c'est presque autonome, mais le conducteur doit rester à bord, vigilant, prêt à reprendre le volant à tout instant. Ce n'est pas encore du 100% autonome sans intervention humaine. Ça avait été autorisé il n'y a pas très longtemps, donc aux Pays-Bas. Ça arrive en Lituanie. Que va-t-il se passer dans les autres pays européens ? C'est toute la question. En France, pour l'instant, aucune date de déploiement. Il y a des tests, des tests en conditions réelles qui ont eu lieu à Paris en décembre dernier, on s'en souvient, mais les autorités n'ont pas encore donné leur feu vert et le reste du continent européen est partagé. On se pose la question et on s'interroge, notamment en Espagne, en Italie, etc. Il faut dire qu'il y a aussi des doutes quant à la capacité du système de Tesla à gérer certaines conditions de circulation, l'hiver, dans la neige, forte pluie ou en cas de faune sauvage sur la route, visiblement, même si par ailleurs, ce que l'on a pu voir comme démonstration est assez spectaculaire. Donc il y a un peu un débat d'experts pour savoir si c'est sûr ou pas. Monde Numérique : [11:14] C'est toute la question du déploiement de la voiture autonome en Europe. Il faudrait quand même qu'on se bouge un peu, qu'on ne reste pas complètement en retard par rapport à cette innovation et cette révolution même. On en reparle tout à l'heure avec mon invité d'ailleurs, Julien Villeret. Monde Numérique : [11:29] Une intelligence artificielle peut-elle diriger une entreprise, en l'occurrence un commerce ? Eh bien, c'est l'expérience qui est menée actuellement en Suède, à Stockholm, où un café entièrement créé et géré par un agent IA autonome a ouvert. L'agent s'appelle Mona, il est basé sur le modèle Google Gemini et il a reçu un budget de 21 000 dollars pour lancer un café et essayer de le rendre profitable. Alors, ce café existe dans le monde réel, il s'appelle London Café, Il a ouvert mi-avril et c'est Mona qui a tout fait. Elle a signé les contrats d'électricité. Elle a publié des offres d'emploi sur LinkedIn pour recruter des serveurs humains. Et elle gère le café au quotidien. Bon, le problème, c'est que le résultat n'est pas terrible. D'abord, le bilan financier est plutôt moyen. Selon des chiffres rapportés par Associated Press, le café a généré 5700 dollars de vente. Mais l'IA a dépensé plus de 16 000 dollars. une partie de cette somme pour les frais d'installation et le reste pour des achats variés dont une palanquée de choses qui en réalité ne servent à rien. Alors c'est là où ça devient très rigolo, c'est-à-dire que Mona, eh bien... Commande de quoi faire du café et quelques sandwiches, mais elle commande trop de pain. Et puis, elle commande aussi des choses qui n'ont rien à faire dans un café, comme des litres d'huile ou des stocks de tomates en conserve. Monde Numérique : [12:51] Donc, beaucoup d'erreurs de gestion, comme un gestionnaire qui serait devenu complètement fou. Et ce qui est intéressant, en fait, derrière ça, c'est qu'il y a une explication technique, visiblement, d'après la startup qui a lancé cette initiative. En fait, le modèle d'IA utilisé pour faire ça n'aurait pas assez de mémoire pour emmagasiner tout le contexte lui permettant de mener ce genre d'activité. C'est-à-dire que concrètement, l'IA oublie en cours de route ce qu'elle doit faire. Et elle ne se souvient plus exactement comment on doit gérer un business au fur et à mesure que les choses avancent et qu'elle entame des recherches. Donc, elle ne parvient pas à maintenir une cohérence entre toutes ses actions sur le long terme. Alors, c'est très intéressant parce que ça montre donc que si l'IA excelle pour automatiser des tâches administratives, par exemple, elle bute encore sur des tâches beaucoup plus complexes, mine de rien, qui nécessitent de la mémoire opérationnelle. Et la gestion d'un commerce physique, ça demande finalement plus de compétences que de rédiger un mail et puis de passer à autre chose. Il faut une vision d'ensemble, ce que les modèles de langage actuels ont beaucoup de mal à fournir, notamment avec les hallucinations et puis avec cette question de la mémoire. Donc c'est amusant, mais ce n'est pas inintéressant cette initiative. Surtout si on ramène ça aux promesses de Google, dont je parlais en début d'émission. Monde Numérique : [14:11] Qu'est-ce qui nous attend, nous, quand on utilisera des agents au quotidien ? Mais en même temps, on se dit que ce n'est pas grave. Et finalement, c'est bien cette expérimentation parce que ça va permettre de comprendre ce qui se passe, sans doute de corriger un certain nombre de choses pour permettre peut-être un jour aux IA de faire réellement ce genre de travail. Et on peut penser et parier que la future Mona sera super, super performante. Allez, je fais le pari qu'un jour, elle ouvrira un restaurant et un hôtel. Pourquoi pas ? Monde Numérique : [14:39] L'innovation de la semaine, c'est une puce capable de calculer beaucoup plus vite que ce que l'on voit aujourd'hui en consommant beaucoup moins d'énergie. C'est une prouesse technologique réalisée par une équipe de recherche de l'Université de Tokyo, un composant électronique présenté comme révolutionnaire. Selon les travaux publiés dans la revue Science, ce dispositif multiplierait par 1000 la vitesse de traitement des puces actuelles, en permettant également de diviser par 100 la consommation d'énergie globale des ordinateurs. Comment est-ce possible ? Eh bien, grâce à l'informatique quantique, en tout cas à la physique quantique. Car pour réaliser cette prouesse, les chercheurs n'utilisent plus le courant électrique classique afin de déplacer les informations, mais ils s'appuient sur ce qu'on appelle la commutation quantique en exploitant le spin des électrons. Voilà, je ne vais pas vous faire un schéma détaillé, mais en gros, C'est une propriété magnétique qui fait qu'un bit d'information est traité en seulement 40 picosecondes. Sachant qu'à titre de comparaison, nos technologies actuelles fonctionnent à l'échelle de la nanoseconde, soit mille fois plus lentement. Ce nouveau système repose sur l'alliance de deux matériaux, le tantal et le manganèse-étain, une structure qui dégage très peu de chaleur, ce qui règle l'un des problèmes majeurs de la miniaturisation des processeurs, la dissipation de chaleur. Monde Numérique : [15:58] Lors des tests, le composant a supporté plus de 100 milliards de cycles de traitement, sans faiblir, paraît-il, alors que les technologies standards, elles, auraient très certainement surchauffé bien avant d'atteindre ce stade. Le responsable de cette trouvaille, le professeur Satoshi Nakatsushi. Monde Numérique : [16:15] Précise toutefois que cette innovation n'a été testée que sur un seul élément, l'objectif des chercheurs japonais étant désormais de mettre au point un prototype de plus fonctionnel d'ici à 2030. Monde Numérique : [16:26] Une avancée qui s'inscrit dans un domaine assez particulier, la spin-tronique. Peut-être qu'on en entendra plus parler dans les années qui viennent. La spin-tronique, du spin quantique, qui cherche à dépasser les limites physiques du silicium. Et si le passage au stade industriel réussit, ça pourrait transformer radicalement l'efficacité, par exemple, des centres de données qui, on le sait aujourd'hui, sont extrêmement gourmands en électricité et en système de refroidissement. Voilà, donc une bonne nouvelle plutôt pour tous ceux qui s'inquiètent, notamment du poids environnemental des data centers et de l'informatique nécessaire à l'intelligence artificielle. Quand on vous dit qu'il y a certainement des pistes d'amélioration dans le futur, en voici peut-être une. Avant de poursuivre, un mot de Frogans, partenaire de L'Hebdo de Monde Numérique. Réinventer Internet depuis la France. Est-ce que c'est possible ? C'est le pari ambitieux de Frogans qui sera bientôt présenté aux développeurs. Le projet a été pensé dès l'origine pour un déploiement global, avec un registre des adresses Frogans opérée à l'échelle internationale dans plus de 170 langues. Bref, une ambition française, mais clairement mondiale. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [17:43] Le projet, par sa nature, nécessitait une approche internationale d'entrée de jeu. C'était essentiel pour avoir une approche globale, on va dire, du sujet. Soit des Américains, des Chinois, etc., des Européens. Et puis aussi, pour anticiper aussi ce développement, une branche locale en Chine. Et puis une antenne locale aussi, dont la création vient d'être finalisée, aux Etats-Unis, à Washington, par l'OP3FT, qui est en charge de la standardisation de Frogans. Monde Numérique : [18:05] Pour en savoir plus sur Frogans, rendez-vous sur le site f2r2.fr. Et c'est l'heure du débrief transatlantique en simultané dans Monde Numérique et je m'incruste dans ton carnet Bruno Guglielminetti à Montréal. Salut Bruno. Invité : [18:23] Salut Jérôme Colombain à Paris. Monde Numérique : [18:25] Merci de me recevoir, comme chaque semaine. Invité : [18:27] Écoute, c'est probablement la plus belle incrustation que je peux avoir dans mon émission. Monde Numérique : [18:32] Oui, pour ceux qui nous regardent en vidéo, on a un petit peu changé de décor. On s'est fait une espèce de studio transatlantique. J'espère que vous appréciez. Invité : [18:40] Et c'est aux couleurs de l'océan quand même. Monde Numérique : [18:42] Bon Bruno, cette semaine, est-ce que tu étais devant tes écrans, c'était quand ? Mardi soir je crois, le 19 ? Invité : [18:50] Oui, 20h pour toi, donc ça veut dire la matinée pour nous. Monde Numérique : [18:55] La matinée pour vous, oui effectivement. Donc pour la keynote d'ouverture de la Google I/O, c'est quand même avec la keynote d'Apple, la WWDC qui va avoir lieu bientôt d'ailleurs, au mois de juin. C'est quand même l'un des gros événements de la saison, de l'année, et un joli déluge d'annonces. Invité : [19:17] C'est le moins qu'on puisse dire. J'avoue qu'on ne sait plus où donner de la tête, tellement il y a des annonces partout. Et puis, il faut dire qu'il y a une semaine auparavant, il y avait eu des annonces Android. Alors, là, on commençait, moi, personnellement, je commençais à être un peu mélangé parce qu'il y avait tellement d'annonces Android. Et là, après, on arrive, après tellement d'autres annonces pour nous présenter la manière dont l'IA va s'installer partout dans l'expérience de Google, même dans un truc aussi traditionnel ou historique que le Google Search, là, l'expérience va changer du tout au tout. D'ailleurs, il y a eu des réactions. Moi, j'ai senti de la part des lecteurs de mon carnet puis aussi des gens que je voyais réagir en ligne. Disons que les gens ont été bousculés avec cette annonce-là. Monde Numérique : [20:07] Oui, oui. Qu'est-ce que tu as retenu, toi? Qu'est-ce qui t'a le plus frappé? Invité : [20:11] Eh bien, écoute, le fait que moi, je trouvais qu'on commençait à avoir pas mal, en tout cas, Nous qui sommes dans l'univers du Pixel et du Gemini, je trouvais qu'on était déjà bien servi, en fait, d'intelligence artificielle intégrée. Et là, on est en train de rajouter des couches et des couches et des couches. Je commence à me demander, moi, sérieusement, qu'est-ce que ça va pouvoir m'amener de plus? Parce que moi, ça fait déjà un an que j'ai personnalisé mon expérience dans l'univers de Google en donnant accès à tout, à mes outils. Et je me dis, mais qu'est-ce qu'ils veulent me donner de plus? Monde Numérique : [20:44] Eh bien si, c'est quand même la notion d'IA agentique, c'est-à-dire que c'est plus seulement répondre à des questions, c'est déjà génial de pouvoir lui dire, tiens, c'est ma dernière conversation avec un tel, etc., on a parlé de ça, je n'arrive plus à retrouver le mail, fais la recherche, etc. Ils te ressortent tout ça en langage intelligible et pas juste le mail brut. Mais la notion d'agent, c'est que ça va aller plus loin. C'est-à-dire que ça pourra corréler des tas d'éléments différents, ça pourra réorganiser tes documents sur ton ordinateur, etc. Et puis même, tu as vu la promesse aux États-Unis, ça pourra aller pour certains services jusqu'à faire des réservations en ligne. Invité : [21:29] Oui, et ça c'est intéressant parce que ça fait un bout de temps qu'on nous faisait les présentations où il y avait notre téléphone qui communiquait avec, ou c'était Apple ou c'était Google, mais les deux nous l'avaient montré depuis un an ou deux, mais là maintenant ça se fait. Mais d'ailleurs, moi tous les appels entrants sur mon téléphone, auparavant je ne répondais pas à point, c'est tout, mais là maintenant c'est mon téléphone qui répond pour savoir pourquoi ils ont un téléphone et ce qu'ils me veulent. Monde Numérique : [21:57] Il y a ça chez Apple aussi. Invité : [21:59] Maintenant c'est disponible c'est ça oui j'ai hâte de voir c'est comme je te racontais la semaine passée quand j'étais sur la route, une bonne partie du voyage j'ai eu une conversation avec Gemini à défaut d'avoir quelqu'un d'autre dans la voiture c'est du podcast interactif en fait, Ben, tout à fait. Et c'est drôle que tu dises ça parce que, tu vois, cette semaine, il y a les gens d'Amazon qui ont annoncé qu'Alexa Plus allait permettre de faire ça. Tu demandes, qu'est-ce que tu veux comme podcast? Monde Numérique : [22:27] Alors, vas-y, dis-moi tout, parce que nous, Alexa Plus, là, on sent que ça se prépare en France, mais pour l'instant, on l'a pas encore. Tu as des infos, alors? Invité : [22:36] Oui, ce que ça va te permettre de faire, Alexa Plus, c'est... Monde Numérique : [22:39] Ça, c'est un scoop. Invité : [22:40] Oui. Alors, tu lui demandes le sujet de prédilection et puis après, tu lui dis la durée et tu lui dis également l'orientation éditoriale que tu veux par rapport à ça et le type de voix. Et puis, il part te faire un podcast et puis il te l'envoie. Il donne accès. Monde Numérique : [22:58] Génial. Invité : [22:59] Tu imagines, c'est un podcast clé en main maintenant. Monde Numérique : [23:02] Oui, bon, ce n'est pas bon du tout pour nous. Tu en as conscience. Non. Je pense que c'est très, très, très mauvais pour notre business. Il ne faut pas se mentir. Parce que même si, bien sûr, les gens auront beaucoup plus de plaisir à nous écouter, toi et moi. C'est absolument certain. Je plaisante, mais ça peut prendre du temps de cerveau. Il n'y a que 24 heures dans une journée. Invité : [23:27] Et puis même, écoute, Jérôme, compare-nous à il y a quoi? Il y a deux ans quand NotebookLM est arrivé. Entre écouter l'animateur, l'animatrice qui sont en train de parler ensemble. Ça n'arrive pas, il n'y a pas de mot d'esprit, il n'y a pas de cabotinage. C'est deux coanimateurs un peu coincés. Monde Numérique : [23:42] Il n'y a pas notre humour et toute notre finesse légendaire, tu vois, cette espèce d'humour, un mélange de Rabelais, La Fontaine et Cat Stevens. Invité : [23:52] Dans un contexte de camaraderie. Monde Numérique : [23:54] Voilà, franc et sincère. Donc, tout ça, il n'y a pas avec notre boucle à l'aim. Il y aura quand même des trucs avec Sparks. Donc, c'est Sparks, l'agent de Google. Moi, tu sais quoi? Invité : [24:06] Mais toi, tu as écrit. Je sens que ça t'a inspiré, cette affaire-là. Tu as écrit, je t'ai lu, je vais encore te voir. Monde Numérique : [24:12] Toi, tu écris plus que moi sur ton carnet. Mais moi, j'ai enregistré. J'ai fait un épisode audio, deux épisodes vidéo là-dessus. Bon, parce que c'est quand même des grosses annonces. mais à titre personnel parce que là on est un peu aussi dans l'expérience personnelle, franchement j'attends ça avec impatience parce que je crois qu'on ne réalise pas l'ampleur du truc l'ampleur du truc tu sais par exemple nous, on voit toujours les choses à travers notre propre prisme et le propre prisme professionnel, une partie de notre boulot c'est par exemple de chercher des sujets, chercher des intervenants essayer de les contacter, caler un studio pour aller faire une interview, etc. Mais demain, tu confies ça à ton agent. Il va le faire. Il va identifier l'intervenant. Ça va prendre du boulot à des assistants de production et autres, indéniablement. Et il pourra même envoyer des mails pour réserver un créneau. Il se connectera, par exemple, moi je fais certains enregistrements dans des studios que je loue dans Paris. Il peut me réserver des créneaux, il se connecte sur mon agenda pour voir à quel moment je suis disponible. Il envoie le mail à l'invité pour lui demander si ça lui va bien. Monde Numérique : [25:24] Il fait le brief à l'invité en disant, ben voilà, on va parler de ça, ça et ça. Il me fait le brief pour moi, il me pré-rédige la bio de l'invité avec quelques axes de questions liés à l'actualité. Comme ça, ça m'évite de passer des heures à cliquer, à chercher, à taper des mots-clés sur Google pour préparer l'interview. Bref, je ne sais pas si on... Et là, je ne prends que l'exemple qui est le nôtre, qu'on connaît forcément, mais tu peux démultiplier ça à l'infini dans tous les secteurs pour des centaines de métiers, centaines d'activités. Je crois qu'on ne mesure pas l'ampleur de la révolution du truc. Invité : [25:54] C'est là où on va vraiment pouvoir parler d'un assistant virtuel. Monde Numérique : [25:58] Oui, complètement. Autre annonce, tu as vu les prouesses en vidéo de Omni, le modèle Omni, Omni Flash, c'est dingue. Invité : [26:09] Non, mais moi, je pensais à toutes ces poursuites en droit d'auteur, en utilisation d'images, non autorisées. Si on pensait que l'histoire, à un moment donné, j'oublie son nom, Mais il y a eu un petit outil d'IA qui est arrivée, qui faisait de l'image, qui est arrivée chinoise. C'était les gens de ByteDance. Les gens de ByteDance qui étaient derrière ça et puis ça a fait une commotion. Écoute, avec ça, tu peux faire n'importe quoi. Monde Numérique : [26:39] Oui, parce qu'eux, ils s'étaient entraînés avec tous les blockbusters américains sans demander aucune autorisation. Invité : [26:45] Oui, mais là, tu vas pouvoir utiliser tous les blockbusters américains sans demander d'utilisation ou quelque chose qu'ils évoquent. Et tu vas pouvoir notamment t'intégrer dedans ou faire d'autres productions. C'est vraiment… Là, tu parles de bousculer une industrie. Ça, c'est un bel exemple. Monde Numérique : [27:01] Je ne pense pas qu'il y aura ce problème avec Google parce que, bon, c'est Google et forcément, ils vont être un peu plus respectueux. A priori, je ne dis pas que ce sont des enfants de cœur, ce n'est pas ça, mais ils ne vont pas pouvoir se permettre d'aller piller Disney, par exemple. Sinon, en plus, les gars, ils habitent dans la rue d'à côté, ils vont venir, avec des nunchakus pour régler les histoires. Non, mais pour deux raisons, je pense. D'abord, ils ne feront pas ça. Deuxièmement, ça veut dire qu'ils ne donneront pas accès à ces trucs-là. Ce ne sont pas les démos qui ont été faites. Les démos qui ont été faites et qui ont été montrées à la keynote, il n'y avait pas de stars. Tu n'avais pas Chuck Norris, tu n'avais pas tout ça. C'était une conversation. Mais ce qui est fabuleux, c'est que tu pouvais prompter des images, tu pouvais prompter de la vidéo, et là tu peux prompter de la vidéo dans de la vidéo. C'est-à-dire que c'est multimodal : tu rentres une vidéo que tu as faite, toi, tes vacances, toi sur ton canapé, etc. Tu rentres ça dans Omni et tu lui dis : eh bien, rajoute-moi, je ne sais pas, un serpent assis à côté de moi ou un rat. Invité : [28:11] À côté de ma table. Monde Numérique : [28:12] Par exemple tu as déjeuné à Paris récemment non ? C'est la saison c'est la saison il fait beau les rats sortent des égouts mais ce sont des vrais ceux-là ce sont des vrais et donc dans les vidéos et un truc de folie en plus la vidéo peut tourner autour de toi. Invité : [28:29] Non, non, mais écoute, ça peut tout faire. Monde Numérique : [28:31] Ça peut tout faire. Invité : [28:33] Oui, oui. Je me souviens de la fameuse vidéo où on voit une bille. C'est la bille, puis on suit la bille. Monde Numérique : [28:39] Oui. Invité : [28:41] Et je pensais, en termes traditionnels de cinématographie, le boulot qu'il aurait fallu pour faire cette scène-là qui aurait pu se faire. On s'entend techniquement. Là, tu mets une caméra, puis tu roules en arrière de ça. Mais là, ça se fait en quelques clics. Monde Numérique : [28:56] Tu imagines Hitchcock aujourd'hui avec Omni? ce qu'il pourrait faire. Mais surtout, il faut penser à tous les Hitchcock en puissance qui sont chez eux, qui ont 12 ans et demi aujourd'hui, qui ont plein d'idées et qui vont faire des trucs géniaux. Invité : [29:10] Tu as vu, cette semaine, quand c'est sorti, le lendemain, il y avait déjà des vidéos qui étaient en ligne. Entre autres, il y en a une qui est vraiment... Il y a quelqu'un qui a réglé ses comptes. C'est un individu qui a une certaine notoriété sur Internet et qui, maintenant, tu le voyais dans des scènes où il allait régler le problème. Même, il allait foutre des claques aux gens qui ne l'aimaient pas. Notamment à Epstein, à Bill Clinton, à Elon Musk. C'était fou. Et là, évidemment, à la fin, il se fait arrêter par la police. Au moins, il a été assez honnête pour dire que si tu fais ça, à un moment donné, il y a quelqu'un qui va te rattraper. Mais c'était fou. Et c'est là que je te dis où on peut vraiment... Monde Numérique : [29:48] Je ne l'ai pas vu, ça. Invité : [29:49] Ah ben, ça avait l'air d'un documentaire. Monde Numérique : [29:51] Ah ouais? Invité : [29:52] Ouais, ouais. Monde Numérique : [29:53] Non, mais c'est... C'est-à-dire qu'il n'y a plus de barrière technique. Invité : [29:57] C'est ça. Monde Numérique : [29:59] Et du coup, qu'est-ce qui reste ? La création pure. Donc, il faut des créateurs. Ça ne veut pas dire que ça va tuer la création. À mon avis, ça va tuer des métiers, certainement, ou en tout cas les transformer en profondeur. Mais il faut des créateurs. Il faut des gens qui ont du talent, qui ont de l'imagination pour inventer une histoire, pour faire un nouveau truc. Voilà. Et ils auront à leur portée tous les outils disponibles. Invité : [30:24] Ça revient à ce qu'on disait. c'est une bonne histoire, les gens vont regarder. Et ça va se partager. Monde Numérique : [30:31] Et c'est juste l'image. Et à l'inverse, si tu as une histoire moyenne et que tu bases tout ton succès sur les effets spéciaux style Marvel, moi, je n'aime pas du tout les films Marvel, et en tout cas, ce que c'est devenu, je trouve que c'est de la soupe. Non, tu ne feras rien. Tu ne feras rien. Parce que les effets spéciaux Marvel, ils seront à la portée de n'importe qui. Et s'il ne s'est pas soutenu par une vraie création, par une vraie histoire, par du vrai talent en dessous, ça ne vaudra plus rien ça va complètement dévaluer des créations comme ça parce que les effets spéciaux tu t'en fous de voir des monstres qui évoluent auprès des personnages réels ça va devenir complètement banal donc il faut trouver autre chose, enfin voilà mais c'est toujours les mêmes discussions qui reviennent sur l'impact de ces modèles là de ces trucs là donc voilà Google c'est assez monstrueux et on attend Apple on attend qu'ils nous surprennent espérons-le ce sera le c'est quand ? Le 9 juin, je crois ? c'est. Invité : [31:29] Le mois la mi-juin. Monde Numérique : [31:31] Début juin bon allez Bruno il faut que tu nous parles de on reste on va continuer on va continuer à faire ta pub un peu, puisque tu as lancé cette semaine un nouveau produit on pourrait appeler ça comme ça, c'est ton fameux 120 secondes de tech donc c'est un flash quotidien qui s'internationalise, Oui, grâce à l'IA. Invité : [31:59] Grâce à l'IA, totalement grâce à l'IA. C'est un peu une démonstration et une grosse bêta publique que je lance. L'idée là-dedans, c'est de prendre le 120 secondes de tech que je fais depuis deux ans et de dire, bon, maintenant que ça, ça existe, ça fonctionne, il y a une mécanique autour de ça, pourquoi pas me permettre de le partager à un plus grand nombre de terriens dans leur langue native. Et donc, ça veut dire, là, pour le moment, on sort neuf versions. On sort, et je dirai pourquoi j'emploie le « on ». Mais donc, on sort neuf versions. Et après ça, il y a le japonais et le chinois qui vont sortir. Monde Numérique : [32:41] Neuf versions supplémentaires à la version française. Invité : [32:44] Exactement. Monde Numérique : [32:45] OK, ça fait dix au total. Invité : [32:47] Oui, donc c'est dix au total. Et il y en a deux autres qui vont arriver, le mandarin et le japonais. on est en train de terminer nos tests et s'assurer que le produit est écoutable alors comment tu fais ça ? Oui, c'est ça. Et c'est là où arrive le « on ». C'est que je me suis associé avec une boîte qui travaille dans le développement de l'IA qui s'appelle Productivia. Et ces gens-là, avec moi, on a développé une mécanique d'agents IA. Et pour arriver à faire tout ce travail-là, il y a cinq agents IA qui travaillent à prendre en charge la production. Ça veut dire qu'il y en a un qui prend... Et la mécanique, c'est simple. En fin de journée, quand vient le temps, normalement, j'aurais enregistré mon bulletin 120 secondes de tech et après, je l'aurais mis en ligne. Là, ce que je fais, c'est que j'enregistre uniquement la portion vocale et je mets ça dans la petite moulinette. C'est comme ça que je l'ai baptisé. Et là, j'ai une IA qui prend le matériau et l'a traduit en neuf langues. Monde Numérique : [33:49] Qui l'a traduit et qui le double. Invité : [33:52] Oui, tout à fait. parce que ma voix a été clonée auparavant avec un clone assez impressionnant et donc, qui va le traduire, qui va le traduire avec ma voix et par la suite, qui va la rendre disponible, qui va faire du montage pour reprendre l'ouverture, le thème, la petite musique d'ambiance qui est en dessous, de mettre la fermeture, mettre les pauses d'espace, ajuster les temps et puis après, il y a une autre IA qui va repasser derrière ça pour elle faire une validation de qualité parce qu'il y a un volet aussi d'écriture. Tu sais, quand on met un podcast en ligne, il y a toujours un petit espace de présentation, de descriptif. Alors, il y a un agent IA qui, lui, s'assure que ça colle avec la version française et ce qui est raconté, rajoute les dates sur les pochettes de podcast. Et puis, ultimement, donc, il y a la dernière IA qui, elle, va passer à travers tout ce travail-là pour s'assurer de la qualité. Et c'est évalué ça sur 100. Et là, nous, on se sent bien quand c'est du 80, Pardon, 80 et plus. Monde Numérique : [34:57] D'accord. 80 % de... Invité : [35:00] La note de passage. Monde Numérique : [35:01] Donc, tu peux nous faire écouter un extrait, là? D'accord, c'est super. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet? Invité : [35:09] Écoute, cette semaine dans mon carnet, évidemment, on revient sur le fait qu'on lance en plusieurs langues le 120 secondes de tech. Et je fais une entrevue avec Jean-Baptiste Martinelli, qui est l'ingénieur avec qui j'ai développé ça. Alors, on s'en va sous le capot, s'il y a des gens qui sont vraiment curieux. On prend le temps d'expliquer comment ça fonctionne, mais sans se perdre dans du jargon. J'ai eu une entrevue avec l'ex-ministre du numérique au Québec. Il a claqué la porte parce qu'il a dit que tout le dossier du numérique était ses collègues des autres ministres, et même le premier ministre et maintenant la première ministre du Québec ne l'écoutait pas, n'écoutait pas ses conseils. En lui, il dit, on s'en va dans le mur. Vous ne voulez pas m'écouter? Moi, je sors de la voiture avant l'accident. C'est la crise, Longue entrevue avec lui Écoute, super Écoute, je te remercie d'être passé chez nous On se retrouve la semaine prochaine Et je salue tes auditeurs Salut Bruno. Monde Numérique : [36:07] Salut à tous. Invité : [36:22] Monde Numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [36:28] Les technologies dans l'univers hospitalier, on en parle dans Monde Numérique, à l'occasion du salon SantExpo qui s'est tenu cette semaine à Paris. Et avec une série d'interviews à partir de cette semaine, en partenariat avec la Fédération hospitalière de France et le cercle des décideurs du numérique hospitalier. Mais avant cela, on parle de voitures électriques, tout de suite. Perspectives et enjeux, tout de suite avec mon premier invité de la semaine. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique l'hebdo premium sur Apple Podcasts ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en version complète, en épisode séparé, la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Julien Villeret. Invité : [37:09] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [37:10] Directeur de l'innovation d'EEDF et on se retrouve comme chaque mois dans Monde Numérique en partenariat avec EEDF pour parler ce mois-ci de voitures électriques, Julien. Il se passe plein de choses en ce moment. Alors, un regain pour la voiture électrique, sans doute, à cause de ce qui se passe au Proche-Orient. Des évolutions technologiques aussi, les robots taxis qui commencent à arriver, enfin, pas tellement chez nous encore en France, mais sans doute, peut-être un jour ou l'autre. Et puis aussi, et je voulais qu'on commence par ça, si vous êtes d'accord, pas mal d'annonces du côté des constructeurs chinois, qui on le sait, sont très offensifs, et qui ont dévoilé, notamment, des innovations en matière de vitesse de rechargement, parce que c'est un peu le nerf de la guerre. Alors, j'en ai noté quelques-uns. Xpeng qui promet une voiture qui pourra se recharger de 10 à 80 % en 12 minutes. Zeekr en moins de sept minutes. BYD qui promet qu'on pourra acquérir, retrouver 400 kilomètres d'autonomie en 5 minutes. Alors, tous ces chiffres, Julien, d'après vous, c'est de la frime, c'est du marketing ou c'est une vraie avancée technologique qui est en train de se mettre en place ? Invité : [38:20] C'est un peu tout ça. C'est-à-dire qu'il faut bien voir d'où viennent les constructeurs automobiles chinois. 70 % des véhicules vendus en Chine, au moment où on se parle, sont électriques et d'ailleurs ont souvent une fonction autonome également. Donc, on est vraiment sur un marché qui est quasiment tout électrique aujourd'hui en Chine. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a une concurrence absolument colossale entre les acteurs. Et c'est vrai que pour ceux qui connaissent mal le marché chinois, on peut avoir l'impression qu'il est un peu administré. Pas du tout. Il n'y a pas plus concurrentiel que le marché chinois sur ce genre de produit. Et donc, tous les concurrents sur ce marché en Chine se tirent la bourre, pardon pour l'expression, mais voilà, font vraiment assaut de marketing, d'inventivité, d'innovation pour résoudre les pain points, les douleurs finalement que peut rencontrer le client de la voiture électrique. Puisqu'encore une fois, c'est monsieur et madame tout le monde, 70 % des voitures vendues. Et donc, ça veut dire qu'ils ont regardé. Et effectivement, aujourd'hui, quand on interroge les clients, la première chose qui les freine ou qui peut les inciter à acheter une voiture, c'est qu'elles se rechargent vite. C'est-à-dire que ça aille quasiment aussi vite que quand elles se chargeaient avec de l'essence. Elles se remplissaient le réservoir avec de l'essence à la station du coin. Eh bien, on a envie de la même chose. Donc, au lieu que ça dure une demi-heure, ce qui est aujourd'hui à peu près communément admis comme une recharge rapide classique, que ça prenne 5-10 minutes. et donc ils ont tous couru après ça. Invité : [39:39] Ce qui pose plein de questions techniques et technologiques, ça veut dire qu'il faut des voitures qui soient totalement adaptées, avec un voltage spécifique dans toute la chaîne électrique de la voiture. Ça veut dire qu'il faut des bornes de recharge totalement spécifiques qui sont refroidies, et d'ailleurs souvent refroidies au azote liquide ou à d'autres technologies, parce qu'on ne se rend pas compte, mais une recharge ultra rapide, ça chauffe, ça chauffe très, très fort, ça fait fondre les circuits et les câbles. Et puis, ça veut dire derrière, il faut que le réseau électrique soit capable d'encaisser autant d'appels d'électricité et autant d'appels d'énergie. Donc, tout ça, c'est possible techniquement. Ça progresse très, très vite. Mais il faut que tout ça soit aligné au même endroit, au même moment. C'est-à-dire que ce soit la bonne voiture connectée à la bonne borne au bon endroit du réseau électrique pour avoir la puissance maximale. Ça veut dire qu'aujourd'hui, ce sont des démonstrateurs. Les bornes se déploient, mais très doucement, y compris en Chine. Elles se déploient relativement doucement. Mais on peut imaginer, parce que les Chinois jouent toujours le jeu du temps long, que dans un an, dans deux ans, dans cinq ans, on aura une généralisation de cette recharge rapide. Et ça veut dire que oui, on pourra tous recharger sa voiture en quelques minutes au lieu d'attendre une demi-heure, 40 minutes. Monde Numérique : [40:45] Oui, parce qu'on parle de puissance de 500 kilowatts, 1 000 kilowatts, plus de 1000 kilowatts. Donc ça, pour qu'on se rende compte, c'est vraiment important. Invité : [40:56] C'est très, très important. 1 000 kW, c'est quatre fois la plus grosse puissance de charge disponible aujourd'hui, à peu près, sur le marché français. Et cette plus grosse puissance de charge disponible sur le marché français, elle n'est compatible qu'avec une toute petite, mais vraiment toute petite portion des voitures électriques aujourd'hui en circulation. Donc, très clairement, on est sur un marché d'avenir, mais voilà, qui regarde un peu plus loin que ce qui est disponible aujourd'hui. Alors, les Chinois sont très en avance, comme je disais, avec la concurrence, avec leur marché très dynamique. Si on regarde l'Europe et la France, on est encore très loin d'avoir ce type de recharge et d'avoir les voitures capables d'accepter ce type de recharge. Après, les plateformes évoluent aussi beaucoup plus vite en Chine qu'en France. Souvent, les modèles L'électrique chinoise change de plateforme tous les deux ans à peu près. En France, on a tendance à avoir plutôt des voitures qui restent sur la même plateforme pendant 4-5 ans. Mais tout ça est en train d'évoluer très, très vite. Donc on peut imaginer qu'à 5 ans, à peut-être un peu plus, 5-6 ans, on ait un marché qui aille sur de la recharge beaucoup plus rapide. Et ça demande évidemment beaucoup d'efforts des énergéticiens, des électriciens pour raccorder l'intégralité et fournir l'intégralité de cette énergie qui doit être concentrée de façon extrêmement puissante sur un temps très, très court. Et puis, en général, pas que sur une voiture, parce qu'évidemment, si on a dix voitures qui se chargent en même temps les unes à côté des autres, on est sur des puissances faramineuses. Monde Numérique : [42:17] On passe à une autre échelle, carrément. Invité : [42:19] Mais c'est vraiment une autre échelle. Et quand je disais tout à l'heure qu'il fallait refroidir les tuyaux de rechargement, les câbles de rechargement, il faut refroidir l'intégralité parce que ça chauffe à un point qui est absolument inouï, inédit. Monde Numérique : [42:34] On n'a pas ça en France même pour les camions aujourd'hui ? Invité : [42:38] Alors, on a ça, on commence à avoir ça pour les camions puisqu'il y a un très fort développement aujourd'hui de la mobilité électrique lourde, comme on dit, donc les camions, sur les grands axes autoroutiers. Et pour recharger un camion, on le comprend, un camion, c'est gros, c'est lourd, donc il faut très, très grosse batterie, très puissante et donc c'est très long à charger. Et donc, il faut effectivement des super chargeurs pour permettre de recharger. Mais là aussi, on est au tout début. On est vraiment au tout début de ce déploiement, finalement, de ces bornes très puissantes. Mais ça aussi, c'est un déploiement qui va s'accélérer, se faire très, très vite parce qu'il y a un enjeu, évidemment, qui est de décarbonisation, mais qui est aussi économique pour tous ceux, les transporteurs, tous les gens qui utilisent des camions. Et d'ailleurs, nous, c'est pour ça que chez EEDF, on a annoncé pour nos 80 ans, 80 millions d'euros mis sur la table pour aider les compagnies de transport. Finalement, ceux qui ont besoin de convertir leur camion thermique en camion électrique pour leur permettre d'avoir des aides qui leur permettent d'aller plus vite vers cette électrification du transport. Vous le disiez en introduction, les soucis géopolitiques que l'on connaît ces dernières années et encore plus récemment avec les détroit d'Ormuz font que le prix du pétrole augmente très, très fortement. Et on voit bien que c'est de plus en plus un problème, cette instabilité des prix de l'énergie fossile pour les transporteurs. Et donc, évidemment, ils ont bien plus d'intérêt à passer à l'électrique. Donc, oui, toutes ces bornes-là, ultra rapides, ça arrive, ça se développe, mais ça demande effectivement de nouvelles infrastructures. Donc, c'est long et ça coûte un peu d'argent. Monde Numérique : [44:05] Merci, Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EEDF. Bonjour Nasser Amani. Invité : [44:17] Bonjour. Monde Numérique : [44:18] Vous êtes directeur des services numériques des hôpitaux Nord-Ouest. Bienvenue dans ce rendez-vous en partenariat avec la Fédération hospitalière de France à l'occasion du Salon SantExpo et à l'occasion de la première table des DSI hospitaliers. L'actualité a été émaillée ces derniers mois, ces dernières années, de nombreuses affaires. On parle de 600 000 attaques par mois contre les hôpitaux français, c'est ça, confirmé ? Invité : [44:44] Oui, 600 000 tentatives d'intrusion dans nos systèmes d'information. Mais je ne suis pas sûr que ce soit forcément lié qu'aux systèmes hospitaliers ou en tous les cas ciblés contre les hôpitaux. C'est plutôt généraliste. C'est qu'il y a aujourd'hui une économie autour de la cybersécurité, de la donnée, de la donnée qu'on peut prendre dans nos établissements. Et c'est ce phénomène-là et c'est cette économie-là qui génère toutes ces tentatives d'intrusion. Monde Numérique : [45:08] Et vous avez dû faire face notamment en février 2021 à une grosse cyberattaque avec le cryptovirus Ryuk. Vous pouvez nous raconter ça sans que ça remue de méchants souvenirs ? Invité : [45:18] Oui, c'est compliqué. On en parle avec beaucoup de recul et les choses ont bien changé. Mais effectivement, en 2021, en février 2021, on a subi une cyberattaque majeure. Alors, 2021, si on se projette, on est entre deux vagues Covid. Donc, une période déjà très compliquée, cadencée par la gestion de crise, pour le coup, sanitaire. Et on a eu cette malchance, en tous les cas, peut-être aujourd'hui c'est une opportunité parce que quelques années après on s'est saisi de cette opportunité pour apprendre et pour mieux se sécuriser, mais très clairement ça a été une période très compliquée puisque plus aucun accès sur le système d'information, on avait des procédures de confinement qui faisaient qu'on était dans la procédure à mettre en place, on arrête l'ensemble du système, donc en quelques minutes, L'ensemble du système d'information est arrêté. C'est-à-dire que les soignants n'ont plus accès au dossier patient, plus accès à la téléphonie, plus rien ne fonctionne, et on soigne sans information médicale, sans aucune information, sinon celle qui est dans la tête des soignants qui sont présents et qui connaissent heureusement leur malade dans les premières minutes. Monde Numérique : [46:25] Ou sur un bout de papier. Invité : [46:26] Et on met en place des modes dégradés, etc. Monde Numérique : [46:28] Alors dans ce cas-là, il se passe quoi ? Qu'est-ce que vous faites ? Invité : [46:29] Dans ce cas-là, on a des procédures, heureusement, qu'on a établies au travers des différents programmes nationaux Hôpital numérique donc des procédures, le plan de continuité d'activité donc on sort les modes dégradés, on sort les feuilles les stylos, on récupère toutes les informations qu'on a pu mettre de côté qui ont été chiffrées pour pouvoir prendre en charge les patients présents et puis, on se pose un certain nombre de questions qu'est-ce qu'on fait des patients qui se présentent aux urgences, est-ce qu'on continue de les accueillir, est-ce qu'on dérégule et on demande au SAMU de ne plus présenter des patients parce qu'on n'est pas en capacité d'assurer leur prise en charge et en tous les cas, dans les mêmes délais courts, notamment sur des patients graves. Qu'est-ce qu'on fait des patients en réanimation, en néonates, des enfants en néonates ? Monde Numérique : [47:12] C'est terrible. Invité : [47:13] On se pose plein de questions et on passe en gestion de crise. Et on se met en gestion de crise. Et puis, comme on connaît très bien, puisqu'on est en pleine gestion de crise depuis un an de crise Covid, on continue la crise et on gère pendant cette semaine une crise cyber. Monde Numérique : [47:28] Qu'est-ce que vous en avez retenu ? Invité : [47:29] Ça nous a beaucoup servi parce qu'on est passé d'un système où on empile des couches de sécurité à un vrai système de management de la sécurité avec une amélioration en continu. Donc on se pose systématiquement des questions de qu'est-ce qu'il faut faire. Monde Numérique : [47:42] Donc un mal pour un bien. Invité : [47:43] Un mal pour un bien. Et on se met à travailler sur de la résilience, sur comment faire en sorte qu'on devienne prêt à nouveau peut-être un jour. Alors je ne souhaite pas, clairement, je n'ai pas envie de le revivre deux fois. Mais comment on peut potentiellement être prêt et se préparer à revivre ce type d'événement, pas avec une telle ampleur, mais ça peut arriver à nouveau, on le sait aujourd'hui. Mais voilà, on met un système de gouvernance porté par la direction générale, on fait de la cartographie, on fait de l'analyse de risque, beaucoup plus poussée, on met en place des outils intelligents de détection de failles de sécurité ou ce qu'on appelle des EDR, et on met en place tous ces outils-là, et c'est comme ça qu'on construit, on met en place un plan de continuité d'activité pour s'assurer que dans tous les cas, on a une capacité de prendre en charge nos patients, peu importe ce qui arrive. Et c'est avec tout ça, avec tous ces outils-là, c'est ce qu'on construit autour d'un système de management de la sécurité. Monde Numérique : [48:35] Vous avez l'impression que, globalement, ça progresse, dans les autres établissements, etc. Parce que vous, vous avez vécu, vous, ce problème-là, vous êtes particulièrement sensibilisé. Mais est-ce qu'il faut vivre un épisode comme ça pour ensuite être performant ? Invité : [48:54] Je le crains. Je le crains. Maintenant, on a quand même la vague de cyberattaques de 2021-2022 a fait que des programmes ont été lancés au niveau national, dont un programme qui s'appelle CARE, CaRE, Cyberaccélération de la résilience des établissements, qui est un programme qui a été lancé par l'Agence du numérique en santé et qui a permis de mettre les premières pierres, les premières briques de défense. En tous les cas, les premières zones à sécuriser, l'Active Directory, cet annuaire d'entreprise qui est le cœur de notre système d'information. Si on le perd, on perd tout. L'exposition vers l'extérieur. Donc, c'est ce programme qui nous a permis de progressivement monter en compétences et en tout cas élever notre niveau de sécurisation. Et c'est valable pour tous les établissements de santé. Monde Numérique : [49:41] Merci beaucoup Nasser Amani, directeur des services numériques des hôpitaux Nord-Ouest. Et c'est terminé pour cet épisode de Monde Numérique, L'Hebdo. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Retrouvez les interviews en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique, comme d'habitude. Monde Numérique : [50:07] N'hésitez pas à partager cet épisode si ça vous a plu. Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Monde Numérique, également à la newsletter pour retrouver les entretiens en version écrite avec mes invités et plein d'autres news au jour le jour. Monde Numérique : [50:22] Merci pour vos petites étoiles sur Apple Podcast, Spotify, vos commentaires également sur Podcast Addict et sur toutes les plateformes sur lesquelles vous écoutez ce podcast, sur le site mondenumerique.info, les réseaux sociaux et dans l'appli Monde Numérique signé GoodBarber. On se retrouve samedi prochain. Passez une bonne semaine, pleine de tech. Salut !
Numérique,Technologies,