📆 L’HEBDO 13/12 – Les architectes de l’IA accélèrent, l’Europe résiste, la Chine avance
Maison Connectée13 décembre 202557:00

📆 L’HEBDO 13/12 – Les architectes de l’IA accélèrent, l’Europe résiste, la Chine avance

Cette semaine : les architectes de l'IA, GPT 5.2, les meilleurs smartphones, futures lunettes google, data centers dans l’espace, rapprochements Chine et Europe, souveraineté numérique et protection des données de santé.

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Les maîtres de l’IA

Le magazine Time consacre ses personnalités de l’année aux "architectes de l’intelligence artificielle" : Sam Altman (OpenAI), Elon Musk (xAI), Mark Zuckerberg (Meta), Jensen Huang (NVIDIA), Demis Hassabis (DeepMind), Lisa Su (AMD), Dario Amodei (Anthropic) et Fei-Fei Li (Stanford). Tous incarnent une année 2025 marquée par l’essor fulgurant – et parfois inquiétant – de l’IA générative (lire sur Monde Numérique).

ChatGPT 5.2 : la réponse d'OpenAI à Google

OpenAI publie dans la précipitation une nouvelle version de son modèle, quelques semaines à peine après GPT 5.1. Objectif : reprendre la main face à Gemini 3, le modèle de Google qui domine les benchmarks. GPT 5.2 mise sur de meilleures compétences en analyse d’images, rédaction de code et manipulation de tableaux.

Meta change de cap, IBM alerte

Meta abandonne l’open source avec son futur modèle « Avocado », successeur de LLaMA, et confie la direction de l’IA à Alexander Wang. Une rupture de philosophie. Dans un autre registre, Arvind Krishna (PDG d’IBM) tire la sonnette d’alarme : l’IA va droit dans le mur, avec ses coûts économiques, techniques et énergétiques devenus insoutenables.

Musk contre l’Europe

Elon Musk s’en prend publiquement à l’Union Européenne après une amende de 120 millions d’euros contre X pour non-respect du DSA.

Les smartphones les plus résistants

60 Millions de Consommateurs publie un classement surprenant : les smartphones les plus fiables sont… chinois. Xiaomi, Oppo ou OnePlus devancent Apple et Google.

Google mise sur les lunettes, la tech sur l’orbite

Google revient dans la course aux lunettes connectées avec trois modèles annoncés pour 2026.

Data centers dans l'espace

Installer des data centers dans l’espace ! C'est la nouvelle lubie des géants de l'IA. Julien Villeret (EDF) explique pourquoi cette vision, autrefois farfelue, s’impose face aux limites terrestres d’approvisionnement énergétique.

Chine et Europe : convergence ou défiance ?

Depuis Pékin, la journaliste Shanhui Zhang (CGTN) décrypte les ambitions sino-françaises autour de l’intelligence artificielle après la visite d’Emmanuel Macron. Coopération éducative, dialogue sur les données : les deux blocs veulent avancer, malgré une méfiance persistante en Europe.

Souveraineté numérique et protection des données

Enfin, dans un dossier spécial réalisé avec NetApp, à l'occasion de l'événement Insight Xtra, Guillaume de Landesherr (NetApp France) évoque les défis du cloud de confiance. Paul Cayot (Télédiag) revient sur une cyberattaque évitée de justesse grâce à des snapshots réguliers. L’enjeu de la protection des données, notamment de santé, n’a jamais été aussi critique.


Monde Numérique : [0:10] Les géants de l'IA plus que jamais sur le pont, avec une nouvelle version de Chagipiti, Google Gemini toujours au sommet, et Meta qui annonce un nouveau modèle, tout en disant bye bye à l'open source. Monde Numérique : [0:22] Bref, ceux que le magazine Times appelle les nouveaux architectes de l'IA sont toujours à fond dans la course, mais le patron d'IBM, lui, crie « halte là, on va dans le mur ». On parle de tout ça cette semaine dans Monde Numérique Labdo. Au sommaire également, les réseaux sociaux désormais interdits aux jeunes en Australie, en application d'une nouvelle loi ? Et puis va-t-il falloir donner l'accès à tout notre historique de réseaux sociaux pour se rendre désormais aux Etats-Unis ? On fait le point sur cette affaire pas très claire en réalité avec Bruno Guglielminetti dans le débrief transatlantique. On va parler aussi du bras de fer entre Elon Musk et l'Union Européenne, des projets de lunettes connectées de Google et puis du palmarès des smartphones les plus résistants et surprise, les meilleurs, ce ne sont pas ceux que vous croyez. Monde Numérique : [1:09] Les invités de la semaine, Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EDF, nous dira que la dernière lubie des géants de l'IA qui veulent envoyer des centres de données dans l'espace, eh bien ça paraît fou, mais ça ne l'est pas tant que ça. La souveraineté numérique et la protection des données, notamment les données de santé, sujet hautement sensible, il en était question cette semaine à l'occasion d'un événement organisé par la société NetApp. Deux invités pour en parler, vous les entendrez. Enfin, que faut-il retenir du récent voyage d'Emmanuel Macron en Chine en matière de technologie ? Ma consoeur chinoise, Shanhui Zhang, a suivi le déplacement du président français sur place. Elle nous en parle. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 13 décembre 2025. Invité : [1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:57] Et avant de commencer, toutes mes excuses pour cette voix d'outre-tombe. Et merci au petit virus hivernal qui m'a attrapé au passage. Et comme malheureusement je n'ai pas encore de voix de synthèse satisfaisante, en tout cas pour faire le boulot à ma place, il faudra donc faire avec. Avant d'aller plus loin, un rappel, si vous vous intéressez à la Maison Connectée, la domotique, ne ratez pas le nouveau podcast de Monde Numérique, Maison Connectée, déjà deux épisodes en ligne, bientôt trois. Je vous dis tout ce qu'il faut savoir sur cet univers plein de promesses, parfois un petit peu obscur aussi, et donc on essaye de clarifier les choses. Le podcast Maison Connecté que vous pouvez d'ailleurs retrouver dans l'application mobile de Monde Numérique qui a été créée avec GoodBarber, un service français de conception d'applications no-code, c'est-à-dire sans avoir besoin de programmer. C'est ultra simple. En quelques clics, on peut créer sa propre appli iOS, Android ou Progressive App. Vous pouvez créer la vôtre en allant sur goodbarber.com. Monde Numérique : [2:54] Et une image pour commencer, une image que l'on trouve à la une du magazine américain Time. On y voit huit personnalités de l'intelligence artificielle assis sur une poutre au-dessus du vide. En fait, c'est un photomontage qui rappelle une célèbre photo d'ouvriers américains déjeunant sur le chantier d'un gratte-ciel dans les années 30. C'était l'époque où l'Amérique devait se reconstruire après la crise de 1929. Eh bien, en 2025, ce que l'on construit, ce sont des modèles d'intelligence artificielle. Voilà donc pourquoi Time a décidé d'en faire sa une et de sacrer ses huit personnalités de l'IA, personnalités de l'année, les architectes de l'intelligence artificielle, explique le journal. On y trouve les grands patrons de l'IA, Mark Zuckerberg, Elon Musk, Jensen Huang, Lisa Chu d'AMD également, Sam Altman bien sûr d'OpenAI, Demi Sassabis de Google DeepMind, Dario Amodei d'Enthropic, et puis une experte de l'université de Stanford, moins connue, Fai Fai Lee, surnommée néanmoins la marraine de l'IA. Time écrit, 2025 a été l'année où tout le potentiel de l'intelligence artificielle s'est révélé au grand jour. Et donc, voici les personnalités de l'année. Attention, précise le magazine, ce titre revient aux personnes qui ont le plus affecté nos vies, pour le meilleur ou pour le pire. Monde Numérique : [4:11] L'IA justement, avec une nouvelle version de ChatGPT cette semaine. Voici GPT 5.2. Un mois à peine après GPT 5.1. Ça sent mauvais, des mises à jour comme ça aussi rapides. Une sortie un peu dans l'urgence, car elle révèle à quel point OpenAI semble bien embêté face à son nouveau concurrent, si on peut dire, Gemini de Google, qui crève tous les plafonds. Sam Altman, le PDG, a récemment sonné l'alarme, je vous en parlais la semaine dernière, avec un message interne intitulé « Codes rouges » appelant ses équipes à mettre les bouchées doubles pour rattraper ce qui ressemble désormais bel et bien à un retard face à Google. Monde Numérique : [4:48] OpenAI ne serait-il plus le numéro 1 de l'intelligence artificielle ? On verra s'il arrive à redresser la barre avec ce GPT 5.2 qui est censé être meilleur, meilleur pour la manipulation des tableaux notamment, pour la rédaction de codes informatiques, pour l'analyse d'images et pour la gestion de projets complexes. Monde Numérique : [5:06] ChatGPT qui par ailleurs nous ferait gagner 40 à 60 minutes par jour au travail. En tout cas, c'est ce qu'affirme une étude d'OpenAI publiée cette semaine. L'entreprise a analysé des millions d'échanges d'utilisateurs avec le chatbot. Elle a également interviewé, paraît-il, 9000 employés d'une centaine d'entreprises pour arriver à cette conclusion. Et résultat, le gain de temps serait donc de 40 minutes à une heure, voire même plus, jusqu'à 80 minutes dans certains cas. Des gains de temps qui seraient surtout significatifs dans certains métiers, comme ceux de la data, la donnée, donc les data scientists, dans la programmation logicielle également. Ainsi que pour les métiers qui touchent à la communication et au marketing, 75% des répondants affirment même qu'ils arrivent maintenant à accomplir des tâches qu'ils ne savaient pas faire auparavant. comme programmer du code, analyser des données complexes ou automatiser des tableaux. Monde Numérique : [6:01] Pendant ce temps-là, Mark Zuckerberg continue de plus belle, lui, sur l'IA également, mais il prépare la succession de Yann Lequin et surtout du modèle d'IA Lama, qui avait été développé par le français. Le successeur de Lama s'appellerait Avocado. Alors, pas exactement successeur d'ailleurs, mais plutôt un remplaçant, car Lama, qui n'a pas été vraiment un franc succès finalement, était en open source, ou en tout cas ce qu'on appelle en open weight, et à l'inverse, Avocado devrait être un système fermé, c'est-à-dire comme GPT d'OpenAI ou Gemini de Google. Ce sera la mission du nouveau chouchou de Mark Zuckerberg, le jeune Alexander Wang, embauché récemment à Pridor pour prendre la tête de la Team AI au sein du groupe. Au-delà du changement technologique, c'est donc un vrai changement de philosophie dans l'approche de l'intelligence artificielle chez Meta. Monde Numérique : [6:51] Et bien Yann Lequin, justement, qui, on le sait, va donc quitter Meta, a annoncé cette semaine son intention de rentrer en France pour y faire du business. Et oui, le directeur scientifique de l'IA chez Meta veut créer une startup et il a annoncé cette semaine qu'il baserait sa startup à Paris, avec une ambition, celle de créer la prochaine génération de modèles d'IA basées sur les world models. C'est l'approche de Yann Lequin depuis toujours, qui considère que les LLM sont limités car ils n'ont pas une véritable représentation du monde. Il va donc travailler à la mise au point d'une IA plus globale et qui ne sera pas seulement textuelle. Et c'est ainsi qu'il revient à Paris. Il aurait été, dit-on, fortement incité en cela par le chef de l'État Emmanuel Macron. Monde Numérique : [7:38] L'intelligence artificielle va-t-elle dans le mur ? En tout cas, c'est l'avis du PDG d'IBM, Arvin Krishna, interrogé cette semaine dans un podcast. Le patron de la firme américaine a estimé que la course à l'IA actuelle, telle qu'on la voit dans la Silicon Valley, risquait de se heurter à un triple mur. Alors c'est intéressant, il parle d'un mur économique, technique et énergétique. Économique parce que l'IA coûte une fortune en ne rapportant pas assez. Par exemple, 1 gigawatt de capacité de calcul dans un data center coûte 80 milliards de dollars à construire et à équiper, alors que les LLM évidemment ne rapportent pas tout cela. Le mur technique, c'est celui de l'obsolescence. Les processeurs utilisés en IA doivent être remplacés tous les 5 ans, voire même parfois plus souvent. Donc là encore, un impact financier énorme. Et enfin, le mur énergétique. La consommation électrique des data centers devient gigantesque, parfois équivalente à celle de villes entières. Donc pour le PDG d'IBM, tout ça, c'est pas bon. La frénésie autour de l'IA serait complètement folle. Mais attention, il faut remettre ce discours dans le contexte. Il faut rappeler qu'IBM est un peu en dehors de la course à l'IA, a du mal à suivre, ce qui pourrait peut-être expliquer ce genre de prise de position. Monde Numérique : [8:52] Cette semaine, nouveau round dans le bras de fer entre l'Europe et les Etats-Unis sur les services numériques et notamment entre Elon Musk et l'Union Européenne. Ça a commencé vendredi dernier, en fait vendredi 5 décembre. L'Union Européenne a frappé fort en infligeant une amende de 120 millions d'euros au réseau social X pour infraction au DSA, le règlement sur les services numériques. En cause notamment, les fameuses coches bleues. Rappelez-vous, avant sur Twitter, ces coches bleues étaient attribuées à des comptes de confiance, des personnalités, des institutions, des médias, etc. Mais depuis l'arrivée d'Elon Musk, il suffit de payer pour avoir une coche bleue. Du coup, l'UE estime que c'est de nature à tromper les Européens sur la fiabilité qu'on peut accorder à tel ou tel profil. Il y a également d'autres griefs et au total 120 millions d'euros d'amende, une première et aussi même une menace à peine voilée d'interdire carrément X en Europe si l'infraction devait se poursuivre. Alors, Elon Musk n'a pas apprécié, et il a dénoncé sur X une amende déraisonnable, il a fait ce qu'il sait faire de mieux, balancer des messages un peu hostiles, voire sarcastiques à l'encontre de l'Union Européenne, qui a répondu, un porte-parole a dénoncé des déclarations complètement folles, je cite. Bref, ça ne s'arrange pas, chacun brandissant sa conception de la liberté d'expression. Monde Numérique : [10:08] Quels sont les smartphones les plus durables, les plus résistants ? C'est ce qu'a voulu savoir l'association 60 millions de consommateurs et le résultat est plutôt surprenant. Explication de Seraphim Bette. Invité : [10:20] Si l'on en croit une enquête publiée le 27 novembre, les smartphones les plus fiables, ceux qui tombent le moins souvent en panne, ne seraient pas les iPhones ou les Google Pixel, mais les smartphones chinois. Quatre marques chinoises dominent largement ce classement sur la fiabilité des appareils. Le fabricant Xiaomi avec plus de 94% suivi des marques Oppo, Honor et OnePlus qui se tiennent tous autour des 92%. Apple est à 91% et Google ferme la marche avec seulement 84,3%. Les pannes les plus fréquentes concernent l'écran, la batterie et les connecteurs. Le prix n'offrirait aucune garantie de longévité. Ce sont ceux compris entre 300 et 500 euros qui semblent les plus fiables d'après le panel. Les modèles chinois, très bien notés, notamment sur l'autonomie, un critère de satisfaction déterminant. Monde Numérique : [11:08] Voilà, alors c'est un peu étonnant comme ça de prime abord, ça bouscule un peu les idées reçues, mais peut-être faut-il encore quelques précisions pour comprendre pourquoi on arrive à ce genre de résultats. Invité : [11:18] L'enquête s'appuie sur un panel de plus de 1200 utilisateurs interrogés sur 28 critères. Cependant, l'étude repose sur le ressenti des utilisateurs. Or, ce ressenti dépend aussi des attentes. Un smartphone à 250 euros bénéficiant d'un excellent rapport qualité-prix sera souvent jugé fiable s'il tient correctement ses promesses. Monde Numérique : [11:38] Voilà, et à l'inverse, quand on paye un smartphone 1200 ou 1500 euros, là, on est complètement intransigeant au niveau des pannes ou des défauts éventuels. En tout cas, bravo au smartphone chinois. Et merci à Seraphin Bette, que vous pouvez également retrouver sur le site mondenumérique.info, par écrit, dans la rubrique blog. depuis quelques temps, pas mal d'articles sur des actus tech, des nouveaux produits, etc. Et que vous recevez aussi par la newsletter en vous abonnant. Monde Numérique : [12:06] Côté produits tech, toujours, les lunettes connectées vont-elles s'imposer comme le joujou du siècle, dans les années à venir en tout cas ? Les modèles se multiplient et c'est Google qui a annoncé cette semaine qu'il allait proposer l'an prochain trois modèles de lunettes connectées. Un modèle simple avec juste une caméra pour filmer comme avec un smartphone, une autre paire de lunettes avec un mini-écran intégré et un troisième avec deux écrans. Deux écrans pour afficher des informations en surimpression, en réalité augmentée, comme par exemple un itinéraire à suivre, des notifications, etc. A noter que Google ne fabriquera pas lui-même ses produits, il va s'en remettre à des partenaires comme Samsung, X-Real ou Gentle Monster, mais en revanche, c'est bien Google qui fournira le socle logiciel, le système d'exploitation Android XR. De quoi concurrencer Meta et ces fameuses Ray-Ban qui marchent plutôt pas mal, mais on rappelle que Google avait quand même été précurseur dans les lunettes connectées avec les Google Glass en 2011. Et puis d'autres marques sont attendues comme des lunettes du chinois Alibaba les Quark AI Glasses S1 qui seront ultra fine, 40% plus légère et fine que celle de ses concurrents. Enfin, toujours côté lunettes, l'innovation, ce n'est pas toujours de mettre des écrans à l'intérieur, ça peut être tout simplement d'améliorer ce pour quoi elles sont faites, c'est-à-dire améliorer la vue. Ainsi, la startup finlandaise XI prépare des lunettes à autofocus. Monde Numérique : [13:31] C'est-à-dire des lunettes qui s'adaptent automatiquement à votre vue en fonction de ce que vous êtes en train de regarder. Au lieu des lunettes classiques qui ont une correction statique, même pour ce qu'on appelle les verres progressifs, Et bien là, ce serait vraiment un système dynamique grâce à des cristaux liquides, une technologie qui se trouve dans les affichages LCD qui sont intégrés dans le verre et des capteurs qui suivent les mouvements des yeux, qui détectent la distance du regard, qui envoient un signal ensuite dans les cristaux liquides pour modifier la réfraction et ça a pour effet de changer la correction automatique et de manière quasi instantanée. Des lunettes qui, contrairement aux lunettes connectées bardées d'écran, ressemblent vraiment à des lunettes standards. Du coup, parce qu'elles sont beaucoup plus légères, elles ne pèseraient qu'une vingtaine de grammes. Avant de passer à la suite de cette émission, savez-vous que les premiers sites web s'affichaient dans une simple fenêtre toute grise ? Aujourd'hui, les sites sont beaucoup plus riches, mais ils restent enfermés dans la fenêtre du navigateur. Bref, en réalité, ça n'a pas vraiment évolué. Alors, faire sortir Internet enfin du cadre, c'est ce qu'en propose Froganz, partenaire de Monde Numérique, avec des sites libres, fluides, qui s'affichent directement sur votre écran, sans navigateur, sans bordure et sans limite. Alexis Tamas, cofondateur de Froganz. Invité : [14:48] Si je prends par exemple l'environnement d'un ordinateur classique, traditionnel, le fait de publier un site Frogan sur un écran de cette nature-là va permettre d'avoir son contenu superposé aux autres fenêtres et donc de permettre aux internautes, Invité : [15:00] aux visiteurs, de rester en contact permanent avec mon contenu. Monde Numérique : [15:04] Et pour en savoir plus sur cette technologie innovante, rendez-vous sur le site f2r2.fr ou bien cliquez sur le lien en description de cet épisode. Invité : [15:16] Jérôme Colombin à Paris, bonjour. Monde Numérique : [15:19] Bonjour, Bruno Guglielminetti à Montréal. Invité : [15:21] Heureux de te retrouver chez toi et moi chez moi, mais je vois que tu as ramené un souvenir de Las Vegas, une petite toux. Monde Numérique : [15:28] J'ai rapporté le souvenir habituel quand on revient de Las Vegas, c'est-à-dire la crève, voilà. Soit on l'attrape sur place, soit on l'attrape au retour. Cette fois, j'ai échappé sur place, mais pas au retour. Invité : [15:38] Oui, mais moi, je me suis gardé ça pour le mois prochain. Monde Numérique : [15:41] Très bien, je te fais confiance. Ah, je suis original. Bruno, cette semaine, je sais que tu as creusé ce sujet qui nous occupe depuis un certain temps. Ça y est, l'Australie a mis en place sa loi, a fait entrer en vigueur sa loi sur l'âge minimal des réseaux sociaux pour les enfants. Qu'est-ce que ça donne? Invité : [16:02] Les enfants ou les adolescents, l'idée là-dedans, je rappelle la loi, c'est de s'assurer que les enfants de 16 ans et moins n'aient pas accès aux réseaux sociaux et que ceux qui y étaient déjà présents, que leur compte soit tout simplement détruit. Et à partir de là, c'était cette semaine qu'entrait en vigueur cette loi. Et c'était assez amusant parce qu'en ligne, il y avait le premier ministre australien qui a fait une petite vidéo à l'endroit des jeunes adolescents en disant, vous savez, maintenant, vous pouvez prendre du temps pour apprendre à jouer un instrument, à lire le livre qui était là, que vous attendiez depuis un bon moment pour lire. Maintenant, vous pourrez le faire. Mais ce n'est pas ce que les jeunes ont fait. Alors, ce qu'ils ont fait, ce n'est pas compliqué, c'est qu'ils ont été sur leur application préférée, leur boutique préférée, et puis ils ont dit, bien, où est-ce qu'on pourrait se retrouver? Alors, imagine-toi que LemonAid, qui est quand même une plateforme connue, mais qui n'était pas sur le radar des dix plateformes pour lesquelles ont été encadrées dans le projet de loi. Alors, LemonAid qui appartient à ByteDance, qui est le petit frère de TikTok. Invité : [17:10] Les jeunes se sont mis à le télécharger, mais de façon formidable. Finalement, cette journée-là, ça a été l'application la plus téléchargée sur les deux boutiques, Android et iPhone. Et donc, Eliminate, c'est le nouvel endroit où se retrouvent les jeunes Australiens. Il y a aussi sur Youp, où ils se retrouvent, et sur Coverstar. Donc, trois applications qui font essentiellement la même chose que les TikTok, que Snapchat et Instagram, qu'on visait par la loi, mais il faut croire qu'il y a des fonctionnaires qui n'ont pas vu ça de façon assez large et qui n'étaient pas assez informés sur la chose. Alors, évidemment, on présume que le gouvernement va réajuster la loi, va l'ouvrir, va créer une annexe pour inclure ces plateformes-là. Et pour le moment, les jeunes n'ont pas dit leurs derniers mots. Monde Numérique : [17:58] Oui, mais ça veut dire que ces plateformes ne sont pas concernées ou elles n'appliquent pas la loi. Invité : [18:02] Ça veut dire que ces trois plateformes-là ne sont pas nommément cités dans le projet de loi. Il y a seulement 10 plateformes qui sont nommées. Et déjà, X, il y a Hélène Moss qui a dit qu'il n'allait pas obtempérer avec la loi. Alors là, j'ai hâte de voir s'il va tout simplement couper X de l'Australie. Mais donc, c'est un dossier à suivre. D'autant plus que quand tu regardes ça avec cette loi-là, c'est pas le jeune ou le parent qui est tenu coupable d'être en... De ne pas honorer la loi australienne, mais ce sont bien les plateformes et la responsabilité, donc, revient aux plateformes de s'assurer que les jeunes de 16 ans et moins n'entrent pas chez eux. Alors, ça va être, non, les prochaines semaines vont être intéressantes à suivre. Monde Numérique : [18:49] Oui. Bon, c'est un peu bizarre quand même que ça cible certaines plateformes nommément et pas d'autres. En fait, c'est par rapport à des critères très précis. J'imagine que c'est par rapport au nombre d'utilisateurs, non? Invité : [19:03] Non, pas nécessairement. Mais l'idée là-dedans, évidemment, ils ont visé les plus grosses plateformes, mais j'ai l'impression qu'il y a eu un manque de rigueur par rapport aux cibles dessinées dans la loi. Monde Numérique : [19:14] En tout cas, c'est vrai que c'est une affaire qui est suivie de près par beaucoup de pays, et notamment la France. Je ne sais pas si c'est pareil chez toi. Invité : [19:23] – Plus ou moins. Mais je sais que le Danemark et la Malaisie, eux, sont vraiment avancés dans leur réflexion, plus que la France ou l'Europe, qui regardent la question. Et eux, ils sont vraiment en train de regarder l'Australie. Et puis, si ça fonctionne, ils se font les prochains à légiférer dans le domaine. Monde Numérique : [19:40] – Bruno, en tout cas, nous, ça ne nous concerne pas, puisqu'on n'est plus adolescents. Invité : [19:45] – Et on ne vit pas en Australie. Monde Numérique : [19:47] – Et on ne vit pas en Australie. Invité : [19:48] Mais quelque chose qui vous concerne, par exemple, mon cher Français de Jérôme Colombin, c'est cette nouvelle... Invité : [19:59] Le nouvel ordre que le président américain a signé cette semaine et dans 60 jours, si ce n'est pas contesté, ça sera appliqué, c'est d'aller voir encore plus loin dans votre vie numérique si un jour vous décidez d'aller faire un petit voyage du côté des États-Unis. Monde Numérique : [20:17] Oui, alors effectivement, l'idée, c'est qu'on sera obligé de fournir tout ce qui permet de consulter notre vie numérique et sur les réseaux sociaux avec cinq ans d'antériorité, si j'ai bien compris. Bon, ça fait pas mal de bruit ici en France, je ne te le cache pas. Il y a eu pas mal d'articles, etc. On en parle un peu partout. Mais je trouve qu'on en parle très mal parce qu'en fait, cette histoire est complètement fumeuse. C'est pas clair du tout mais oui parce qu'en réalité on doit déjà alors il y a déjà quand on fait ce qu'on appelle une demande d'ESTA c'est quand on va aux Etats-Unis, non c'est pas le visa justement c'est la dispense de visa c'est qu'on ne fait pas de demande de visa et il y a une procédure qui vient d'accords qui ont été passés entre les Etats-Unis et la France et qui permet d'être dispensé de visa mais il y a quand même une démarche En parenthèse. Invité : [21:12] Il y a quand même mieux. Si tu es au Canada, tu n'as pas besoin de ne pas demander de visa. Tu ne fais que rentrer aux États-Unis. Monde Numérique : [21:18] Tu n'as rien à demander. Oui, mais vous, vous êtes voisins. Vous êtes des amis des Américains. Invité : [21:22] Non, non, mais tu sais, ça me fait rire un peu. Ça ressemble à un visa qui dit, je demande de ne pas avoir de visa. Il y a quand même un geste administratif. Monde Numérique : [21:29] Oui, il y a un geste administratif. Il y a un geste administratif, mais on te le refuse que si vraiment, tu as mal rempli le formulaire, en gros. Ce qui peut arriver, d'ailleurs. J'ai des exemples en tête. Mais ce n'est pas ça le sujet. Mais dans la demande des stars, on te demande déjà, quels sont tes comptes de réseaux sociaux. Alors, le truc, c'est que pour l'instant, ce n'est pas obligatoire. Il y a marqué optionnel. Donc, on le met ou on ne le met pas. Moi, je le mets parce que je veux faire preuve de... Il vaut mieux ne pas se fâcher avec ces gens-là. Il vaut mieux ne pas se fâcher avec ces gens-là vu la situation actuelle. Donc, je le mets. Il n'y a pas de problème. Et de toute manière, c'est quoi ? Ça permet juste de cibler pour aller et consulter l'historique de ces publications sur les réseaux, mais qui sont des publications publiques. C'est-à-dire, c'est sur X, sur LinkedIn, sur Facebook, tout ça, sur Instagram, c'est des choses qui sont accessibles publiquement. Donc, cette histoire d'antériorité des 5 ans, si je comprends bien, en fait, c'est de donner ces identifiants de compte qu'éventuellement, on avait il y a 3, 4 ou 5 ans, mais qu'on n'a plus aujourd'hui. Ou si on a changé d'identifiant, si on a changé de nom, etc. Invité : [22:41] Ou on a changé d'opinion par rapport à la politique. Monde Numérique : [22:43] Par exemple. Ou si on a changé d'opinion. Moi, je n'exprime aucune opinion politique sur les réseaux. C'est pour ça que je me sens assez tranquille. Invité : [22:49] C'est ce qui est bien avec toi. Monde Numérique : [22:51] C'est une forme de sécurité par les temps qui courent. Effectivement. Et donc, déjà, il y a ça. Ce truc-là est déjà un peu une réalité. Et puis ensuite, c'est ce que tu disais, il y a 60 jours pour discuter, donc ils vont discuter de ça aux États-Unis. Ce n'est pas sûr que ça rentre véritablement appliqué. Et notamment, comme beaucoup de choses qui ont été annoncées par Donald Trump et qui finalement n'ont pas été appliquées et qui ont été appliquées et finalement, on a changé d'avis. Donc voilà, on s'emballe un peu pour ça. Honnêtement, je pense que c'est à ce stade pas très grave. Bien sûr, si demain, on te demande de donner tes conversations WhatsApp, ça peut être un peu plus gênant. Et là, il ne faudra pas avoir de passé qui pourrait froisser les Américains. Mais en tout cas, et puis alors, il y a aussi autre chose, c'est que la demande des stats en question devra être faite a priori uniquement sur smartphone désormais parce qu'il y a une application ESTA sur smartphone que moi, je n'ai pas utilisée parce que je trouve qu'elle a été un peu plus compliquée que le site web. Mais on n'aura plus le choix. On sera obligé de passer par l'application mobile. Invité : [23:58] Notamment parce que ça prend les meilleures photos. Monde Numérique : [24:01] Oui, tout à fait, exactement. Parce que ça prend les meilleures photos. Invité : [24:04] Quand tu as une vieille webcam sur ton vieux ordinateur qui fait du noir et blanc. Monde Numérique : [24:10] Bon, voilà. Donc ça, écoute, on verra. À mon avis, il ne faut pas s'affoler. Bien sûr, on peut s'affoler sur le principe en disant « Oh là là, mon Dieu, que deviennent les États-Unis ? » Oui, oui, il se passe des choses. Il y a des trucs qui n'existaient pas avant, c'est sûr. Mais c'est un autre sujet. Invité : [24:23] Bon, Jérôme, moi, je veux t'amener ailleurs. Changeons l'air. Invité : [24:27] Est-ce que tu as utilisé récemment ChatGPT pour faire de la création d'images? Monde Numérique : [24:33] Écoute, je mentirais en disant non, parce que, bien sûr, je l'utilise assez régulièrement. Ça m'a même occasionné un débat avec des confrères journalistes sur X, où je posais la question, d'ailleurs, de savoir si c'était un problème déontologique d'utiliser des images générées par IA. Mais je crois que ce n'est pas le sujet, ce n'est pas ça dont tu vas me parler. Invité : [24:50] C'est fort intéressant, mais on le gardera en banque pour l'an prochain. Monde Numérique : [24:53] Pour un autre jour, oui. Invité : [24:54] Oui, mais non, c'est ça. C'est une grosse annonce cette semaine. Adobe qui fait un partenariat avec les gens d'OpenAI. Et donc, maintenant, à l'intérieur de ChatGPT, tu peux interpeller Photoshop, Acrobat et Adobe Express. Et donc, ce que ça permet de faire, c'est de travailler donc des images ou travailler des textes, un document PDF, mais à même ChatGPT. Et de la façon que ça fonctionne, par exemple, moi, je l'utilise le ChatGPT, je ne sais plus combien de fois par jour. Quand je crée une image, par exemple, je n'en ai pas encore discuté avec des collègues au niveau de la déontologie. Donc, moi, je poursuis à l'utiliser et une fois que j'ai fait mon image, tout de suite, il y a Photoshop qui apparaît juste en bas, en petite icône, en disant, genre, est-ce que tu veux l'utiliser? Monde Numérique : [25:40] Est-ce que tu l'as modifié dans Photoshop, c'est ça? Invité : [25:42] Exactement. Et là, tu as cliqué là-dessus et tu as un genre de module, un widget, on aurait appelé ça comme ça à notre époque, qui s'ouvre sur ton écran. Et là, tu as l'essentiel des outils de Photoshop. Et ça te permet vraiment de faire des retouches sur la photo, sur l'image. Après, tu sauvegardes. Après, tu sauvegardes. Tu n'as pas besoin d'aller ouvrir une autre application. Même chose pour des documents en PDF, Acrobat, tu peux faire des modifications, tu peux demander de générer, mais ça on pouvait déjà, mais là, on peut travailler dans des documents, puis Adobe Express, c'est la même chose, on peut faire des retouches, faire de la création. Alors, ça s'ajoute à toutes ces capacités graphiques qui étaient, ou de gestion de documents, qui étaient déjà dans le chat GPT, j'avoue que ça, c'était très fort, et s'ils le font, c'est parce qu'évidemment, il y a un gros joueur qui s'appelle Jiminy, qui appartient à Google, qui lui est arrivé récemment avec son Gemini 3, et là, il commence à faire trembler les colonnes du temple. Alors, Adobe s'est dit, OK, nous, on file avec l'autre parce qu'il faut être présent, sinon on va perdre du terrain. Alors, c'est une bonne nouvelle pour les utilisateurs. C'est gratuit, je le mentionne au passage. Monde Numérique : [26:51] Pour l'instant. Invité : [26:51] Oui. Oui, tout est gratuit pour l'instant. Monde Numérique : [26:54] Oui, tout est gratuit pour l'instant. Invité : [26:56] Oui, mais donc, ça vaut vraiment la peine de l'utiliser. Ça économise du temps, puis ça vous permet de faire plus toujours avec Chad Jepit. Monde Numérique : [27:03] De quoi parles-tu dans ton carnet cette semaine, Bruno? Invité : [27:06] Cette semaine, moi, de mon côté, il y a Annabelle Nicoud que je retrouve à San Francisco. Et elle va nous parler de Hollywood et de sa vie difficile avec l'intelligence artificielle. Il y a des frictions entre créateurs et liants et les studios. Alors, on va parler de ça. Il y a Isabelle Bété, qui est une femme d'affaires qui a réussi ici chez nous, qui aujourd'hui a décidé de coacher, d'aider les jeunes entrepreneurs et les moins jeunes entrepreneurs. Et elle vient de publier un bouquin sur l'état d'esprit qu'il faut maintenant pour travailler dans la tech. Alors, je parle avec elle. Il y a David Cohen qui vient aussi de sortir un bouquin et lui s'intéresse à la relation qu'on a avec les réseaux sociaux et comment il faudrait être peut-être un peu plus prudent par rapport à ce qu'on fait, ce qu'on dit et comment on les utilise. Et puis, finalement, il y a les gens de Google qui offrent une formation pour les Canadiens pour leur apprendre à faire des requêtes efficaces. Et donc, c'est une formation qui est disponible maintenant en ligne pour les Canadiens uniquement, je répète. Monde Numérique : [28:10] Ah, on ne peut pas la suivre? Invité : [28:11] Non. Monde Numérique : [28:12] Ah zut. Non. Invité : [28:14] Et donc, c'est ça. Alors, j'ai Laurence Thérien, qui est de chez Google Canada, qui passe nous parler de cette formation qui va révolutionner la société canadienne. Monde Numérique : [28:22] Eh bien, rendez-vous à l'écoute de mon carnet, de ton carnet, plus exactement. Salut Bruno, à la semaine prochaine. Invité : [28:28] Bye. Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [28:50] La suite de l'hebdo de Monde numérique avec les interviews de la semaine. Tout à l'heure, on va partir en Chine sur les traces d'Emmanuel Macron et surtout sur ce qui se prépare en matière de technologie entre la France et la Chine. Auparavant, on s'intéressera à la souveraineté numérique et à la protection des données, notamment des données de santé. Mais avant cela, direction les étoiles. Je vous le disais, les géants de l'intelligence artificielle ont une nouvelle lubie. Ils veulent aller mettre des processeurs dans l'espace. C'est le sujet de la première interview de la semaine. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcasts ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, version longue, la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Julien Villeret. Invité : [29:35] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [29:36] Directeur de l'innovation d'EDF. Ravi de vous retrouver, comme chaque mois, dans le monde numérique pour ce rendez-vous en partenariat avec EDF. Et on parle ce mois-ci, Julien, d'un sujet étonnant. En fait, plusieurs grands patrons de la tech, Elon Musk, Jeff Bezos ou encore Sondar Pichai de Google, ont récemment évoqué une idée un peu dingo. Ils veulent installer des data centers dans l'espace. Est-ce que vous pouvez nous... Parce que c'est un sujet que vous avez bien travaillé chez EDF. Pourquoi cette problématique de data center au-delà de l'atmosphère ? Invité : [30:11] En fait, c'est assez simple à comprendre. C'est qu'un data center, c'est évidemment beaucoup d'informatique, des puces, des serveurs, du refroidissement, ça. Mais en fait, ça ne fonctionne que s'il y a de l'énergie et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie. Et même si on arrive maintenant à faire des modèles de plus en plus économes, des puces de plus en plus économes, on a un développement exponentiel de l'IA, de l'inférence et donc des besoins en calcul et donc des besoins des data centers et donc des besoins en énergie. Et donc, aujourd'hui, la vraie question qui se pose, c'est comment je peux, pour le coût le plus faible, apporter l'énergie la plus puissante possible à mes data centers ? Monde Numérique : [30:48] Ok, mais pourquoi l'idée de l'espace ? Qu'est-ce que ça apporterait véritablement de plus concrètement ? Invité : [30:55] En fait, si on raccorde à l'électricité un data center en France, par exemple, mais c'est vrai dans évidemment tous les pays du monde sur Terre, on a besoin de faire un raccordement, un raccordement électrique, un câble. Mais évidemment, c'est des câbles très lourds, très compliqués. Et il faut savoir qu'il faut plusieurs années. Pour pouvoir raccorder un data center au réseau électrique de transport. Donc, c'est évidemment assez long par rapport au temps du digital, qui est quelque chose qui, évidemment, va très, très vite. Monde Numérique : [31:21] Donc, l'idée... Pardon, Julien, pourquoi c'est si long ? Invité : [31:24] Alors, c'est très long parce que ça demande à la fois des autorisations et à la fois des travaux, parce que faire passer un câble électrique à très haute tension, ça ne se fait pas comme ça, de façon virtuelle. Ce n'est pas du Wi-Fi. Il faut creuser des tranchées, il faut traverser des villes, Il faut passer sous terre. C'est tout un truc très, très compliqué. D'ailleurs, nous, pour la formation EDF, on a lancé typiquement un appel d'offres, un appel à intérêt. Et deux grandes entreprises de data center ont remporté cet appel à intérêt pour venir justement installer des data centers sur nos terrains, tout proches, tout proches des installations existantes de raccordements à l'électricité pour pouvoir justement les déployer beaucoup plus vite qu'avant. Monde Numérique : [32:03] Et oui, ça paraît très logique. Invité : [32:04] C'est un vrai, vrai enjeu, en fait, ce raccordement électrique. Monde Numérique : [32:06] Donc, si on ne peut pas le faire sur Terre pour ces raisons-là, l'espace, c'est vraiment une solution envisageable. Invité : [32:13] C'est donc cette idée qui a germé dans l'esprit de tous les grands de la tech, c'est de se dire finalement, l'énergie du soleil, c'est la plus importante, c'est la plus largement disponible. Et bien, si on se rapprochait finalement du Soleil, ce serait peut-être l'occasion d'avoir accès à une énergie abondante, virtuellement peu chère. Bon, virtuellement, on s'entend parce qu'il faut quand même les envoyer les satellites et puis les faire tourner. Mais enfin, en tout cas, ça donnerait accès à une énergie illimitée et très puissante en permanence. Il n'y a pas de cycle jour-nuit, à part 70 minutes par an aux équinoxes. Mais enfin, globalement, ça marche 99,3% de l'année en illumination, en tout cas quand on est en orbite géostationnaire. Et on capte beaucoup, beaucoup plus d'énergie en Provence du Soleil quand on est en orbite que quand on est au sol. Globalement, c'est 20 à 50 fois plus d'énergie récupérée. Monde Numérique : [33:11] Ça, c'est pour l'alimentation, pour l'énergie. Mais qui dit data center dit data numérique, données numériques. Le but du jeu, c'est de pouvoir échanger des informations numériques avec ces installations. Comment on fait pour communiquer entre la Terre et des data centers dans l'espace ? Invité : [33:29] On fait comme Starlink. On fait comme tous les services qui, aujourd'hui, promettent des accès, pas promettent des livres, d'ailleurs, réellement, des accès à très haut débit depuis l'espace. Alors, évidemment, c'est une latence plus importante que sur Terre. Donc, la latence, c'est le temps finalement de la transmission de l'information dans les deux sens, vers l'espace et le retour sur Terre. Mais typiquement, pour des services d'IA, la latence de quelques millisecondes est très acceptable. Même 30, 40 millisecondes, c'est très acceptable. Évidemment, pour faire du gaming, là, on a besoin d'être vraiment très réactif. Ça marche moins bien. Mais aujourd'hui, ces technologies-là, franchement, elles existent, elles fonctionnent. Monde Numérique : [34:07] Donc, ça vous paraît réaliste ? Invité : [34:09] Alors donc, c'est totalement réaliste si on oublie la question économique. Alors, ça tombe bien puisque dans le monde de l'IA, en général, on a tendance à oublier un peu la question économique. Monde Numérique : [34:19] On s'en fout, les milliards pleuvent, donc pour l'instant, on sent moins qu'un peu. Invité : [34:24] Pour l'instant, en tout cas, voilà, ce n'est pas trop le sujet. C'est clairement un moonshot, mais c'est un moonshot qui est crédible d'un point de vue technique. Et d'ailleurs, il y a des startups qui se sont lancées. Une startup soutenue par Nvidia qui s'appelle StarCloud, par exemple, a lancé en novembre. Donc là, vraiment, il y a quelques semaines, son premier satellite StarCloud, dit StarCloud 1, qui est en orbite à 325 kilomètres au-dessus de nos têtes. 60 kilos à peu près, le poids, ça fait la taille d'un réfrigérateur. Il a dedans des GPU H100 de Nvidia, c'est SpaceX qui l'a lancé. Et donc, c'était une première historique, alors qui est encore très, très symbolique, évidemment. Mais c'est StarCloud, donc c'est ce satellite qui est en orbite, qui a entraîné à exécuter le modèle IA de Google qui s'appelle Gemma, qui est un modèle plus léger, beaucoup plus léger que Gemini. Invité : [35:11] Mais qui l'a entraîné dans l'espace. Et donc aujourd'hui, au moment où on se parle, il traite des requêtes depuis l'espace et il répond comme un serveur terrestre. Et puis, il y a un StarCloud 2 qui est prévu en 2026. Avec une plateforme actualisée de NVIDIA. Ils ont déjà d'ailleurs un client. Donc, ça existe. Après, évidemment, on comprend bien qu'un data center, ce n'est pas 60 kilos et un GPU NVIDIA. C'est évidemment potentiellement des infrastructures beaucoup plus larges. Et donc, il va falloir aller avec quelque chose d'un peu plus costaud. Et Google, avec un projet qui s'appelle Suncatcher, a ce projet-là. C'est un de ces moonshots à lui de Google. c'est de créer ce prototype de satellite pour 2027 qui aurait une puissance largement supérieure à ce premier essai, à ce premier proof of concept, comme on dit, de Starcloud. Monde Numérique : [35:59] Merci, Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EDF. Et pendant que les Américains rêvent de data center dans l'espace, à quoi rêvent les Européens et les Chinois ? Réponse avec ma deuxième invitée de la semaine. Bonjour Shanhui Zhang. Invité : [36:19] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [36:20] Journaliste à China Global Television Network, tu es basé à Pékin. Merci d'être à nouveau dans Monde Numérique. Alors, tu as suivi de très près, tu as couvert pour ton média récemment la venue en Chine du président français Emmanuel Macron. Bon, un voyage qui avait une dimension géopolitique, diplomatique, etc., évidemment, mais qui avait également une forte dimension technologique. Qu'est-ce que l'on peut retenir de ce déplacement et de ces rencontres ? Invité : [36:49] Merci déjà pour l'invitation. C'est un grand honneur à chaque fois de pouvoir entrer en contact avec le monde numérique. Cette fois-ci, c'est vrai que j'ai suivi le déplacement du président français Emmanuel Macron en Chine. Il s'agit de la quatrième visite pour lui en Chine. Et à chaque fois qu'il vient, il vient avec plusieurs dossiers. Dossiers énergétiques, dossiers coopération économique, dossiers géopolitiques, et aussi dossiers sur l'éducation, sur la culture, et bien sûr sur l'intelligence artificielle. C'est le volet technologique qui apporte le développement bilatéral des deux pays, et aussi le développement de coopération, non seulement entre la Chine et la France, mais aussi entre la Chine et l'Union Européenne, parce qu'il faut considérer le rôle important dans la France au sein de l'Union Européenne et surtout dans les négociations des normes entre la Chine et l'Union Européenne quand il s'agit d'un dossier ou quand il s'agit d'une coopération dans l'intelligence artificielle pour une entreprise chinoise en Europe, surtout pour l'utilisation des données. Donc cette fois-ci, j'ai remarqué qu'il y a des représentants, des leaders de la technologie comme iFlatech, qui est un leader chinois de l'intelligence artificielle dans la traduction. c'est une entreprise qui est très fort dans la communication multilingue, dans la traduction simultanée, dans l'éducation, dans la santé. Invité : [38:09] Et donc, tout cela va pouvoir peut-être un jour, on l'imagine, s'exporter vers la France. Et puis, l'autre point qui m'a beaucoup marquée, c'est que, à l'issue de cette visite, il y a également cet engagement du côté de la France et de la Chine d'envoyer davantage des deux côtés pour pouvoir renforcer les coopérations éducatives. Quand Macron s'est adressé aux étudiants sur place, il a parlé de ces opportunités pour les étudiants chinois dans le futur de venir en France et d'étudier l'intelligence artificielle, de coopérer davantage avec la France dans tout ce qui est le côté de la haute technologie. Après, il faut dire qu'aujourd'hui en Chine, il y a aussi davantage beaucoup de développement du côté de l'éducation sur l'intelligence artificielle. Donc je dirais que dans le futur ça serait davantage dans l'exploration de l'intelligence artificielle main dans la main que dans l'éducation, dans un seul sens. Donc, je pense que dans le futur, ça sera plus le côté mutuellement bénéfique entre la Chine et la France dans l'apprentissage de l'intelligence artificielle. Monde Numérique : [39:15] On sent qu'il y a une situation qui est assez ambivalente parce que finalement, aujourd'hui, la Chine et l'Europe se retrouvent un peu dans la même situation vis-à-vis des États-Unis, avec de la rivalité, avec des barrières qui sont mises côté américain, mais en même temps toujours une très grande ambition d'exportation de produits et autres. Donc, il y a une forme de rapprochement et en même temps, il y a une méfiance. On ne va pas se mentir, vu d'Europe, il y a encore beaucoup de méfiance vis-à-vis des technologies chinoises, notamment par rapport aux données personnelles. C'est-à-dire que, par exemple, les véhicules électriques, autonomes, chinois, qui s'apprêtent à arriver sur le marché français, je peux te dire que nous, ici en Europe, on en a peur pour deux raisons. D'abord, pour des raisons économiques par rapport à l'industrie européenne automobile, mais aussi pour la question des usages des données qui pourraient remonter vers la Chine, etc. Est-ce qu'il a été question de ces sujets-là, qui sont assez sensibles quand même ? Invité : [40:23] Oui, je pense que déjà, ça touche le cœur de la coopération quand il s'agit de la coopération entre les deux pays, entre la Chine et la France. Et ce qui est intéressant, c'est qu'au mois de juillet de cette année 2025, il y a eu une rencontre du côté et justement sur le sujet de l'intelligence artificielle avec le vice-ministre chinois de la technologie et avec l'envoyé spécial du président du côté de la France, d'avoir parlé et aussi d'échanger sur tous ces points-là. Et ils ont fait une déclaration commune dans l'amélioration de l'utilisation de l'intelligence artificielle et dans la gouvernance mondiale. Donc l'idée, c'est de remédier le gap entre les pays du Sud et les pays du Nord, et de contribuer davantage dans le développement de l'intelligence artificielle du monde. Donc, l'idée, c'est que le développement puisse être sûr, être équitable et qu'il y ait du sens. Monde Numérique : [41:24] Mais est-ce qu'il y a une volonté chinoise de rassurer les Européens, notamment sur cette question des données ? Invité : [41:29] Je pense que sur cette question des données, c'est que la chaîne essaye de voir avec l'Union européenne dans quelles mesures nous allons pouvoir trouver le plus d'accords possibles. Par exemple, en créant de nouvelles plateformes bilatérales et aussi dans la gestion des flux entre la Chine et l'Union Européenne. Parce qu'il faut savoir qu'aujourd'hui, dans le futur, dans un très proche avenir en Chine, il y a déjà une technologie qui est très à la mode. Il s'agit là je pense surtout à une entreprise qui s'appelle AlphaGo qui est une partie intégrante de l'entreprise Baidu, pour tout ce qui est la conduite autonome. Et je peux vous dire que moi, personnellement, je suis déjà allé tester et faire l'expérience de ce type de voiture dans le sud de Beijing, où il y a tout un quartier qui est 100% automatisé. C'est que vous allez pouvoir commander un taxi sans chauffeur, tout en indiquant votre arrêt, votre station pour descendre et pour monter. Et là, à peu près un coût de 2 euros, vous allez pouvoir faire ce trajet avec, à l'intérieur de la voiture, des services de massage autonomes et puis des musiques complètement gratuits, avec aussi cette conduite autonome de la voiture. Donc après, aujourd'hui, il faut savoir que… Ça. Monde Numérique : [42:57] C'est pour charmer un peu le client pour le rassurer. C'est parce que c'est les débuts. Invité : [43:03] C'est le début. En même temps, c'est aussi équipé avec un système intelligent pour améliorer l'expérience des clients. Donc, si vous imaginez qu'un jour, si toute la ville de Paris ou si toute la ville de Berlin sera complètement autonome et ouverte à la voiture autonome. Monde Numérique : [43:21] J'espère qu'on trouvera aussi des véhicules autonomes européens sur les routes chinoises un jour ou l'autre. Invité : [43:27] Oui, ça serait fantastique de pouvoir voir la technologie française. Et après, aussi, ce qui est important. Monde Numérique : [43:35] C'est… On n'est pas très bon sur les voitures autonomes pour l'instant. Il faut bien l'avouer pour l'instant. Invité : [43:38] Nous c'est plutôt les avions il faut avoir déjà les voitures électriques donc la fabrication des voitures électriques qui sont équipées avec un système de conduite autonome donc c'est un plus dur facteur en même temps absolument. Monde Numérique : [43:53] Merci beaucoup que l'on peut retrouver sur China Global Television Network et diffusé notamment sur les réseaux sociaux, sur X etc, merci Merci. Invité : [44:07] Jérôme pour l'invitation. Monde Numérique : [44:15] Cette fameuse question de la souveraineté numérique, on en parle souvent dans ce podcast. Eh bien, il en était question également cette semaine à Paris, lors d'un événement organisé par la société NetApp, spécialisée dans le cloud de confiance. Et je vous propose maintenant deux interviews en partenariat avec NetApp pour approfondir cette question de la souveraineté et de la confiance dans les données. Tout d'abord, Guillaume de Landesherr, vice-président France de NetApp. Invité : [44:38] Alors, le principe de souveraineté est assez difficile à définir. J'ai eu la chance d'être invité au Parlement européen pour échanger sur ces sujets-là. On a un vrai sujet dans la définition même de ce qui est souverain. On pourrait imaginer que ce qui est souverain, c'est une entreprise qui doit être française, qui fabrique des solutions de stockage françaises. En France, il n'y a pas d'entreprise comme la nôtre. Monde Numérique : [44:59] On ne peut pas être 100% français ou européen. Invité : [45:02] Il y a un sujet par rapport à ça. Ensuite, vouloir de la souveraineté à tout prix. Si vous travaillez, on a des clients notamment des labos pharmaceutiques qui sont internationaux, qui ne sont pas que européens. Donc, leur donner accès à, finalement, des données ou à un data center qui serait souverain, mais pour les opérations qui pourraient avoir lieu à Singapour, par exemple, ça n'a pas de sens non plus. Donc, le principe de souveraineté, on ne l'appréhende pas avec une logique de localisation des acteurs ou de provenance des acteurs. On le détermine par rapport à une confiance et par rapport à ce qu'on appelle, nous, en anglais, le « trusted vendor ». Donc, on se revendique comme étant un acteur de confiance et on travaille sur des niveaux de transparence et d'information par rapport à notre société, de façon à inspirer et à donner confiance. Monde Numérique : [45:47] C'est-à-dire qu'en gros, vous dites « Ok, on est Américains ». Mais vous pouvez quand même nous faire confiance. Invité : [45:51] Exactement. On est Américains. Pour telle et telle et telle raison, vous pouvez nous faire confiance. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais clairement sur des problématiques de gouvernance, de gestion de notre propre sécurité informatique. Monde Numérique : [46:01] C'est intéressant, parce qu'il faut nous le prouver qu'on peut vous faire confiance. Invité : [46:03] Non, non, bien sûr. Mais l'idée, c'est qu'on est transparent sur notre gouvernance. On est dans un pays, notre siège est aux États-Unis, donc il y a des lois américaines qui peuvent s'appliquer en Europe. Monde Numérique : [46:11] Le fameux Cloud Act, qui terrorise un peu les Européens. Invité : [46:15] Tout à fait. Donc, on est très transparent sur tous ces sujets-là, et c'est important de l'être. transparent également sur tous les sujets financiers, par rapport à la façon dont la société est fondée, etc. Donc, ça, c'est un premier sujet. Et deuxièmement, ce qu'on fait, c'est que nos technologies sont utilisées par nos clients en France, mais nos clients peuvent être totalement indépendants par rapport à ces technologies. Monde Numérique : [46:36] Que de quelle manière ? Invité : [46:38] Typiquement, vous pouvez avoir... On n'a aucun accès depuis le siège aux données qui sont sur les machines chez nos clients parce qu'elles sont totalement étanches. D'accord. Monde Numérique : [46:48] Et même si la justice américaine vous le demande ? Invité : [46:50] Oui, absolument. En fait, on est, nous, dans un cadre où on fournit des technologies à des clients et ce sont à nos clients de prendre les mesures qui leur permettent d'être compliant, d'être avec les règles françaises. Et un bon exemple, c'est que beaucoup d'acteurs en France ont une accréditation, qui est celle de l'INSEE, qui est Secnum Cloud. Et NetApp est dans énormément, je ne veux pas dire le chiffre, mais peut-être 90% des acteurs qui sont certifiés Secnum Cloud utilisent NetApp derrière. Monde Numérique : [47:18] Est-ce qu'on fait face, est-ce que vos clients, et donc vous, par votre conséquence, faites face en ce moment à encore plus de cyber-risques qu'avant ? Invité : [47:28] Oui, alors il y a une explosion. Il y a 100% de croissance d'attaques tous les ans. C'est quelque chose qui est totalement exponentiel. Donc la sécurité, il faut la voir comme un ensemble de filtres. La sécurité, ce n'est pas la responsabilité d'un domaine, c'est plein de fil. Ça commence par les comportements d'individus, ça va jusqu'à la sécurité physique des data centers, ça va par la redondance électrique, par la sécurité sur la climatisation, sur la sécurité sur l'architecture des machines. Donc il y a une règle qui est la règle des 3-2-1, donc trois copies de données sur deux supports numériques différents avec un site distant. Monde Numérique : [48:04] Oui, et puis vous faites ce qu'on appelle du cloud hybride, c'est ça ? Invité : [48:07] Exactement. Alors, je peux prendre... Monde Numérique : [48:08] Comment on peut définir ça ? Invité : [48:11] Très simplement, si vous prenez... On est partenaire dans le sport automobile ou dans la compétition automobile, il y a énormément de données de télémétrie. On a ici aujourd'hui un représentant de Porsche Motorsport, puisque Porsche, en compétition, utilise NetApp. Alors, je vais vous expliquer ce qu'ils font. Ils travaillent avec Microsoft et Amazon Web Services. Ils ont, lors des courses, ils collectent des données de la voiture. Donc, ils peuvent être des données de température de moteur, température de pneus, des accéléromètres des décéléromètres, ils ont énormément de capteurs les voitures sont hyper connectées totalement connectées, donc auparavant il y avait des mini data centers donc des centres complets de traitement de données dans les paddocks sur les courses maintenant c'est fini, il y a 2-3 PC et ces PC sont reliés à des baies de stockage en local qui elles-mêmes sont reliées au cloud Microsoft et Amazon et vous avez en temps réel, après il y a des mécanismes techniques mais vous avez en temps réel une duplication des données qui partent de la voiture, qui sont en local, qui sont mis en cache, qui sont compressés avec un système spécial, qui partent ensuite dans les clouds Microsoft et AWS et qui sont utilisés à plusieurs fins. La première, c'est de pouvoir analyser en temps réel et reparamétrer la voiture pendant la course. Et la deuxième, c'est de collecter ces données pour en faire un jumeau numérique, pour qu'à l'issue de la course, ces données puissent être réexploitées et ensuite rejouer pour voir si la course aurait pu être différente, si les paramètres de la voiture avaient été donc ça va très très très très loin. Monde Numérique : [49:38] Et la question des données numériques, elle se pose pour la Formule 1, mais elle se pose aussi pour la santé. Comment s'assurer que nos données de santé sont parfaitement protégées, même lorsque surviennent des incidents, comme celui que nous raconte mon dernier invité, Paul Cayot, de la société Télédiag, spécialisée dans le télediagnostic et la transmission d'imagerie médicale. Invité : [50:00] Pour nous, l'alpha et l'oméga, c'est effectivement la certification HDS. HDS, voilà ça, qui veut dire hébergeur de données de santé. Monde Numérique : [50:07] Ça, c'est un truc que donne l'État, enfin l'ANSI en l'occurrence, qui dit, ok, eux, on peut leur faire confiance, c'est un cloud qui est compatible de données de santé. Invité : [50:16] C'est une certification qui va au-delà de l'ISO 27001, qui est déjà assez exigeante, qui va agréer finalement un centre pour du stockage de données qui concerne tout le monde, donc de données de santé. Monde Numérique : [50:28] Donc, vous, vous travaillez qu'avec ça ? Invité : [50:29] Ah, moi, effectivement, je ne peux pas me soustraire à cette obligation-là et on n'a jamais imaginé le faire autrement. Monde Numérique : [50:34] D'accord. Invité : [50:35] Donc, aujourd'hui, nous, on a une... Monde Numérique : [50:36] Ça garantit quoi, pardon ? Ce HDS, ça garantit quoi ? Invité : [50:40] Alors, des conditions de manière générale de contrôle sur le centre qui héberge les données, effectivement... Les réglementations sont drastiques pour permettre la sécurité, la réassurance de l'inviolabilité des données. Monde Numérique : [50:54] Oui, parce que ça passe même par de la sécurité physique, on le sait, dans les data centers, on ne rentre pas comme dans un moulin. Invité : [51:01] Je pense qu'aujourd'hui, en plus, les normes ont évolué, puisqu'on s'est tous rendu compte qu'un data center était inflammable, et donc il fallait des normes spécifiques qui dépassent même le strict cadre, effectivement, juste des baies. Ça concerne tous les pans physiques également et environnementaux de ses santé. Monde Numérique : [51:19] Il ne faut pas que les données fuitent, il ne faut pas que les données se perdent, et pourtant, parfois, on fait face à des événements comme ce qui vous est arrivé l'année dernière. Invité : [51:30] En 2024. Alors, ça génère des taux de cortisone extrêmement élevés pour l'opérateur que je représente. Monde Numérique : [51:37] Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Invité : [51:38] Donc, c'est une cyberattaque. C'est une suite d'événements malencontreux comme toute intrusion. Là, le point d'entrée c'était un serveur Citrix qui devait être patché mais à deux jours près, la faille était patchée donc encore une fois si j'ose donner un conseil faites vos mises à jour de l'importance des mises à jour sans tarder je pense qu'il n'y a pas de meilleur exemple dans notre cas de figure heureusement parce. Monde Numérique : [52:08] Que ça veut dire que c'est une faille identifiée corrigée. Invité : [52:10] Qui était prévue d'être patchée mais. Monde Numérique : [52:12] On ne fait pas ce qu'il faut pour. Invité : [52:14] En fait c'est une question purement et simplement de temps, on était sur la période de Noël. Monde Numérique : [52:19] C'est toujours comme ça. Invité : [52:20] Donc là, on va rentrer dedans. Encore une fois, je redonne le conseil. Effectivement, on était dans une période un petit peu critique en termes de temps pour chacun. C'est des arbitrages qui ont été faits, malheureux, mais qui servent aussi puisqu'on a appris énormément de choses de cette attaque. Donc, c'était une attaque par cryptologue, un ransomware assez classique. Monde Numérique : [52:40] Donc, système bloqué, impossible d'accéder aux données. Invité : [52:43] Absolument. Donc, déjà un petit peu d'incompréhension parce que toutes nos mécaniques de monitoring, de surveillance, toutes nos logiques de PCAPRA initiales, puisque là, je vous parle de troisième data center qu'on a mis en place. Monde Numérique : [52:53] PCAPRA, qu'est-ce que ça veut dire ? Invité : [52:54] C'est toutes les logiques de reprise d'activité en cas effectivement de panne. Donc, c'est d'arriver finalement dans quelle mesure, combien de temps je vais mettre à me relever d'un événement complètement invalidant. Donc là, tout ça tombait complètement, était caduque, puisqu'effectivement, comme on avait une redondance, un volet complètement synchrone de nos deux premiers data centers, en fait, du coup, les deux étaient compromis. Donc, on a eu quand même une chance immense, et donc c'est là où l'étape intervient chez nous, c'est effectivement cette technologie du snapshot qui nous permet de faire une image figée à un instant T de nos données. Et donc, c'est ça qui a permis de préserver notamment l'intégrité de nos données. Monde Numérique : [53:37] Donc, ce snapshot avait été fait avant le problème, c'est ça ? Invité : [53:41] Oui, en fait, il y a une chronicité dans ces événements-là. C'est-à-dire qu'on va le faire à fréquence assez régulière. Monde Numérique : [53:47] Et après, ça permet de tout réinstaller rapidement. Invité : [53:48] Exactement. Donc, on a eu cet événement-là. Donc, évidemment, beaucoup d'incompréhension, parce que pas du tout préparé à ces logiques-là, dans une activité toujours critique. Donc, plan blanc activé, donc toutes les ARS, les agences régionales de santé mobilisées. Beaucoup de coups de fil à gauche et à droite pour trouver des solutions, des radiologues qui se mobilisent en physique, parce que nous on a des radiologues du réseau qui sont mobilisés sur tout le territoire donc trouver des solutions, essayer d'avoir finalement des modèles de contournement à cet événement et à l'échelle Et avec des pertes au passage ? Non aussi chance du hasard, peut-être maladresse des hackers, on a réussi effectivement à n'avoir aucune donnée pleinement compromise Aucune fuite, c'est ça l'enjeu majoritaire. Aucune exfiltration de données patients, parce qu'on parle de données patients, qui sont effectivement un enjeu majoritaire. Et on se rend compte que c'est critique dans notre activité. Monde Numérique : [54:45] Voilà, et retrouvez la semaine prochaine en épisode séparé l'émission spéciale en intégralité réalisée en partenariat avec Neta par propos de la souveraineté numérique et de la protection des données personnelles. Monde Numérique : [55:09] C'est fini pour cet épisode de Monde numérique l'hebdo du 13 décembre 2025. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. N'hésitez pas à laisser un commentaire et des petites étoiles, cinq étoiles sur votre plateforme d'écoute, si celle-ci le permet. Surtout Spotify, Apple Podcast, etc. Mais je sais que vous écoutez également cette émission sur des tas d'autres plateformes et c'est tant mieux. Vous pouvez notamment l'écouter sur l'application mobile Monde numérique à télécharger dans le store Android ou dans le store Apple. Monde Numérique : [55:42] Pardon encore pour cette voix de robot on essaiera de faire mieux la prochaine fois, et puis surtout abonnez-vous au podcast Maisons Connectées pour tout savoir sur la meilleure manière d'abord d'installer des éclairages connectés chez vous, si ce n'est pas déjà fait ça c'est la base de la base mais vous allez voir que ce podcast au fil des mois devrait vous emmener vers de nouveaux horizons dans ce qu'on appelle et ce qu'on continue d'appeler malgré tout la domotique, Restez abonné bien entendu aussi à Monde Numérique pour retrouver chaque jour ou presque un épisode, émissions magazines, actus etc, il y a des vidéos aussi, sur la chaîne Youtube de Monde Numérique ou bien dans l'appli ou sur le site mondenumérique.info. Voilà, je crois que je vous ai tout dit merci, on se retrouve la semaine prochaine, passez une bonne semaine pleine de tech, salut !
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