Monde Numérique :
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0:11] Il est là, il a déjà remplacé toutes les versions de ChatGPT que vous connaissiez. GPT version 5 fait son apparition comme prévu en plein mois d'août. Deux ans après GPT-4, OpenAI lance donc en fanfare son nouveau modèle d'intelligence artificielle, une IA encore plus puissante, encore plus rapide, capable de programmer ou de donner des avis médicaux mieux qu'un professionnel. Alors qu'est-ce que ça change ? Quelle est la philosophie de ce nouveau GPT ? Peut-on parler d'intelligence artificielle générale ? On décrypte les annonces toutes fraîches de Sam Altman dans cet épisode de l'hebdo avec mon camarade Bruno Guglielminetti dans un instant.
Monde Numérique :
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0:53] L'intelligence artificielle peut-elle s'insinuer en politique ? Des élus européens vivement critiqués par leurs électeurs pour avoir un peu trop utilisé l'IA. Et si nous n'étions tout simplement pas prêts à cette révolution ? Ceux qui ne sont pas encore prêts, visiblement, à faire face aux dangers du monde moderne, notamment en matière de cybercriminalité, ce sont des entreprises françaises qui viennent de se faire à nouveau pirater en beauté, Bouygues Télécom, Air France. Alors qu'est-ce qui se passe ? Quels sont les risques ? Est-ce que vraiment il n'y a rien à faire ? On en parle également dans cet épisode. Un épisode spécial été, en attendant dans quelques jours la rediffusion de la série spéciale Tout Comprendre dans le monde numérique. Et d'ailleurs, vous pourrez en découvrir un extrait dans ce numéro de l'Hebdo. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique l'Hebdo, spécialité du 9 août 2025.
Invité :
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1:50] Monde numérique, Jérôme Colombin.
Monde Numérique :
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1:58] Êtes-vous les doigts de pied en éventail sur votre serviette au bord de la mer ou au bord de la piscine ? Êtes-vous en pleine randonnée, en pleine nature ? Être-vous tout simplement au bureau ou bien en partance pour les vacances. En tout cas, des vacances, je vous en souhaite de très bonnes. Monde numérique est sur le pont, comme d'habitude, comme d'habitude ou presque, malgré la période, donc pour vous accompagner, pour que vous ne ratiez rien de l'actualité high-tech comme chaque samedi. Des news, du talk, des interviews consacrées aux meilleurs de la tech. Ravi de vous retrouver et merci encore pour votre fidélité, pour vos messages, pour vos commentaires. On travaille déjà sur la rentrée. avec quelques surprises en approche. Voilà, je vous en dirai plus dans quelques semaines. Et en attendant, pour cette version allégée de l'hebdo, donc pas de séquence actu comme d'habitude, mais bien sûr, un super rendez-vous avec mon camarade Bruno du podcast, mon carnet de l'autre côté de l'Atlantique. Et c'est parti pour le débrief transatlantique version été. Salut Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
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3:00] Salut Jérôme Colombail à Paris.
Monde Numérique :
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3:01] Bruno, alors ça y est, il est là. Il est enfin là.
Invité :
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3:06] Comment tu es en-dessus ?
Monde Numérique :
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3:08] Soulagé, content. On l'attendait comme le Messie, ce GPT-5, le GPT-5. C'est vrai que Sam Altman en parlait depuis pas mal de temps, le patron d'OpenAI. Deux ans après la sortie de GPT-4, c'est ça.
Invité :
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3:25] Quand même, oui.
Monde Numérique :
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3:26] Et donc, il faut qu'on en parle, il faut qu'on débriefe les annonces ensemble. Là, c'était jeudi soir, enfin le soir mi-journée pour toi, le soir pour moi. Et j'ai l'impression qu'il y avait quand même, si on s'intéresse d'abord un petit peu à la forme avant de parler du fond, il y avait une vraie effervescence, il y avait une vraie attente autour de cette présentation.
Invité :
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3:47] Oui, parce que les gens d'OpenAI et Sam Hartman en tête de parade nous inventent, nous emparent. Toute la semaine sur les réseaux sociaux, les employés connus d'OpenAI en parlaient. Sam Hartman annonçait que ça arrivait, qu'aujourd'hui, il allait être une grande journée. Alors, évidemment, le hype, pour utiliser l'expression, c'était là. Puis, bon, Samartman s'est promené sur différentes tribunes depuis un certain moment pour nous préparer mentalement à l'arrivée de Tchad GPT-5. Et puis, aujourd'hui, le jour est arrivé. Et la bonne nouvelle, c'est que ça sera disponible. On reviendra sur ce que c'est, là. Mais la bonne nouvelle, c'est que ça sera disponible pour tous. Un peu comme à l'époque GPT-3, GPT-4. Dès le départ, tout le monde y a accès, mais évidemment avec des versions plus poussées, plus vous payez.
Monde Numérique :
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4:39] Oui, c'est vrai que ça, c'est un point très important. Et Bruno, je ne sais pas ce que tu en penses, mais cette espèce d'attente d'effervescence quand même autour de cette présentation, j'ai l'impression qu'on n'avait pas vu ça depuis les Keynotes Apple, en fait. Et est-ce que ce n'est pas la première fois que vraiment une boîte autre qu'Apple réussit à créer une véritable effervescence autour de l'annonce d'un produit, même si, et là, je ne sais pas ce que tu en penses, tu vas me donner ton avis, même si franchement, la présentation, elle n'est pas à se rouler par terre. Ce n'est pas, jojo, comme on dit chez nous.
Invité :
[
5:15] Non, mais c'était une présentation du salon. Il y avait probablement des iPhones qui traînaient. Ils ont dit, on va enregistrer. Plus sérieusement, c'était planifié comme truc de communication.
Monde Numérique :
[
5:26] Ça a été enregistré la veille, le 6 août pour diffusion le 7.
Invité :
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5:30] Alors, ils avaient le temps de tirer la plug si ça ne fonctionnait pas. Donc, c'est ça. C'est une conversation de salon. Il y avait une petite scène avec des gens. Mais ils nous ont habitués à ça. Souviens-toi les annonces qui ont été faites dans les derniers mois, quand ils ont fait évoluer les versions. Ils étaient deux, trois autour d'une table, puis ils nous parlaient du machin. Donc, c'est la même formule qu'on reprend.
Monde Numérique :
[
5:52] Ce n'est pas Apple avec des cascades, des effets spéciaux, des trucs comme ça. C'est Sam Altman avec sa voix caverneuse. Il va chercher pour t'expliquer que c'est le top du top, etc.
Invité :
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6:06] Aujourd'hui, nous allons donc parler de GPT-5. Nous vous montrerons certaines améliorations de ChatGPT et nous parlerons de l'API. GPT-5 est excellent pour beaucoup de choses, mais nous pensons que ce sera un moment particulièrement important pour les entreprises et les développeurs et nous sommes impatients de voir ce qu'ils vont créer avec cette nouvelle technologie. Il peut vous aider à organiser une fête, envoyer des invitations, commander des fournitures. Il peut vous aider à comprendre votre santé et à prendre des décisions dans votre parcours de soins. Il peut vous fournir des informations pour apprendre sur n'importe quel sujet qui vous intéresse, et bien plus encore. C'est une incroyable superpuissance à la demande. Cela aurait été inimaginable à n'importe quelle autre époque de l'histoire.
Monde Numérique :
[
6:54] Bon alors, ce GPT-5, donc on en attendait mon zémerveille. Si j'ai bien compris, tu vas me dire si j'ai bien tout capté. D'ailleurs, c'est amusant parce qu'au moment où on enregistre, la keynote, elle est sur la fin, elle continue un petit peu.
Invité :
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7:10] Mais là, c'est le côté plus geek, technique pour les développeurs.
Monde Numérique :
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7:16] Justement, j'ai l'impression que c'est quand même très orienté, scientifique. On parle de code, on parle de physique, on parle de chimie. On nous dit qu'avec GPT-5, on va avoir un expert de niveau doctorat dans la poche. C'est orienté programmation. On n'est pas dans le fun et on est vraiment dans l'utile, voire dans le scientifique.
Invité :
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7:39] GPT-5 peut écrire un programme informatique complet à partir de zéro pour vous aider dans ce que vous voulez. Et nous pensons que cette idée de logiciel à la demande va être l'une des caractéristiques marquantes de l'ère GPT-5. Oui, mais ça, c'est intéressant parce que la communication officielle est faite de cette façon-là. La présentation qu'on a vue, elle était faite de cette façon-là, mis à part le moment où il y a eu un petit coin humanitaire. Et ça, je trouve ça intéressant parce que c'est la première fois qu'on veut vraiment aller dans ce sens-là. C'est quand ils ont accueilli un couple de gens qui sont de chez OpenAI, mais dont la conjointe est malade, atteinte de trois cancers. Quand même, il faut le faire. Et elle a dit, la première réaction que j'ai eue, c'était l'an dernier, je pense qu'elle a appris ça. Ça a été de me retourner vers ChatGPT et lui demander, non, mais qu'est-ce que j'ai? Parce qu'elle sous le choc, elle ne savait plus. Et puis, elle a balancé à ChatGPT toute son information. Et c'est ChatGPT qui l'a aidé jusqu'à maintenant à passer à travers sa maladie. En simplifiant l'information. Exactement. Mais c'est la première fois, en tout cas, moi, de connaissances, ni dans les présentations d'Apple, de Microsoft ou de Samsung ou autres joueurs, que je les vois s'intégrer autant et de prendre autant de place. J'ai hâte de voir comment la Fédération des médecins va réagir à cette présentation-là, parce qu'on est en train de creuser une petite brèche ici.
Invité :
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9:03] GPT-5 est le meilleur modèle jamais conçu pour la santé et il vous permet de mieux contrôler votre parcours de soins. Nous avons vraiment fait de cette amélioration une priorité pour GPT-5 et il obtient un score plus élevé que tous les modèles précédents sur HealthBench, une évaluation que nous avons créée avec 250 médecins sur des tâches concrètes. Donc, mis à part cette affaire-là en communication lors de la présentation et dans ce qui a été publié sur les réseaux sociaux, ça fait très technique. Sauf que moi, pendant, j'ai la bonne habitude, j'écoute d'un oreille et je regarde de l'autre côté.
Monde Numérique :
[
9:38] Tu es multitâche, toi.
Invité :
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9:40] J'essaie, j'essaie.
Monde Numérique :
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9:44] Chroniqueur multitasking.
Invité :
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9:45] Oui, mais c'est ma brève imitation de chat GPT. J'essaie de faire plusieurs choses en même temps. Et donc, je passe à travers le dossier de presse et c'est dans le dossier de presse que je trouve qu'on joue plus sur les habilités non codeurs, développeurs de l'application. Et je trouve ça intéressant.
Monde Numérique :
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10:05] Le plus grand public.
Invité :
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10:06] Oui, exactement. D'ailleurs, si vous lisez, parce que, mis à part de regarder et de lire, en même temps, j'écrivais.
Monde Numérique :
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10:13] Tu écris en même temps.
Invité :
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10:14] Oui, mon papier est déjà allé.
Monde Numérique :
[
10:16] Les précisions que tu arrives à faire le ménage avec un balai au bout des pieds également. Simultanément, on fait bien ça.
Invité :
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10:22] Non, ça, je n'ai pas essayé. Non, tu pourrais. J'aurais peur de rentrer dans le chien. Mais donc, dans l'article, en écrivant l'article, ça me permet de me concentrer, d'aller chercher l'essentiel. Dans le dossier de presse, ce que j'ai vu, puis je pense qu'Athman en a aussi fait réflexion, une référence à ça, GPT-3, c'était un élève de secondaire. Au niveau du type de réponse qu'il te donnait, GPT-4, c'était un étudiant universitaire, GPT-5, c'est un titulaire de doctorat.
Monde Numérique :
[
10:56] Oui, exactement.
Invité :
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10:57] Alors, imagine-toi, oublie le codage de côté, lui, c'est Jean-Ceinture-Noire, c'est Zdan. Mais quand tu reviens sur des questions d'écriture, des questions de connaissances, travailler, je ne sais pas, monter un modèle d'affaires, un plan financier, faire de l'analyse, là, c'est sûr qu'avec GPT-5, on va pousser beaucoup plus loin. Et ça, j'avoue que je trouve ça intéressant.
Monde Numérique :
[
11:26] Alors, moi, ce que j'ai retenu aussi, c'est qu'il est encore plus agentique, en quelque sorte.
Invité :
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11:32] Oui, tu as raison.
Monde Numérique :
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11:32] C'est-à-dire qu'il peut décomposer des tâches et effectuer des tâches complexes, nous expliquer comment il fait. Et y compris à partir d'un prompt assez simple, finalement, il va arriver à réaliser des tâches plus ou moins complexes. Donc, ça veut dire, à l'arrivée pour l'utilisateur, moins de prompts, des prompts plus basiques. Donc, on sera à priori moins obligé de donner des tas de détails, de lui dire, eh bien, je ne sais pas, pour écrire un article, là, tu ne fais pas trop court, pas trop long, pas trop, etc. Et puis, j'ai aussi une autre promesse qui est intéressante, c'est moins d'hallucinations.
Invité :
[
12:08] Oui.
Monde Numérique :
[
12:11] Normalement, il sera, je crois, 45% plus fort que… Enfin, je n'ai plus les chiffres en tête, mais… Que la dernière version. Que la dernière version, etc. Moins 45 % par rapport au modèle 4O et moins 80 % par rapport au modèle O3, qui lui avait tendance à bien, bien quand même halluciner. Ça veut dire qu'il va moins inventer des choses. Oui. Il va moins inventer des choses, genre inventer des citations, inventer des trucs qui ne se disent pas.
Invité :
[
12:39] Et il va même pouvoir te dire qu'il ne peut pas aller dans ce sens-là, ou il n'est pas arrivé à trouver quelque chose. Ce que les autres modèles ne faisaient pas auparavant. Ça, c'est intéressant. Alors, plutôt qu'halluciner, il va te montrer jusqu'où il peut aller.
Monde Numérique :
[
12:51] Ça, c'est bien si vraiment il le fait, parce que j'ai compris qu'il peut aussi un peu retoucher les réponses, tourner un peu autour du sujet pour finalement te donner quand même des réponses positives, pour ne pas avoir l'air de ne pas savoir. Parce qu'il ne faut pas oublier que finalement, c'est un grand ventard, ce GPT, depuis le début.
Invité :
[
13:09] Il ne change pas.
Monde Numérique :
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13:10] Il ne veut jamais montrer qu'il se trompe ou il ne veut jamais montrer qu'il ne sait pas.
Invité :
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13:13] Sauf que pour arriver justement avec moins d'hallucinations, c'est qu'on lui a rajouté une couche qui permet de, Avant, et puis on parle de microsecondes, de millisecondes, une couche de réflexion qu'il va analyser avant de te proposer ce qu'il a trouvé, ce qui va permettre justement, à un moment donné, de faire des vérifications rapides, à savoir s'il ne dit pas des bêtises.
Monde Numérique :
[
13:36] C'est un peu comme quelqu'un qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de répondre.
Invité :
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13:39] Alors, lui, c'est 7,6 fois.
Monde Numérique :
[
13:42] Oui, et alors, il sera d'ailleurs plus rapide, visiblement. Il va un peu plus vite. Il peut fournir des réponses plus rapidement. Donc, voilà, tout ça, c'est quand même intéressant. Et puis, au niveau du mode vocal également.
Invité :
[
13:57] D'ailleurs, tout le monde va avoir accès au mode vocal. Ça, c'est une bonne nouvelle.
Monde Numérique :
[
14:00] Oui, tout à fait. Donc, ça, c'est vraiment bien. Et tu as vu, il y a une histoire aussi de personnalité. Il va faire comme Grotte. Il aura plusieurs personnalités.
Invité :
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14:07] Cinq personnalités. D'ailleurs, j'en parle dans mon papier, j'essaie de le trouver, mais il va y avoir le mode… Tu me diras quel mode tu vas utiliser, toi.
Monde Numérique :
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14:18] Le mode énervé?
Invité :
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14:19] Non, le mode cynique, robot, écouteur ou nerd. Et j'oublie un nom.
Monde Numérique :
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14:23] Ah ouais?
Invité :
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14:24] Ouais.
Monde Numérique :
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14:25] D'accord. Moi, je prendrais le mode nerd, je pense.
Invité :
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14:28] Ah oui? OK.
Monde Numérique :
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14:29] Non, non, je ne sais pas. Le mode cynique.
Invité :
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14:31] Oui, mais ça, je te verrais bien avec ça.
Monde Numérique :
[
14:34] Oui, oui, voilà. Non, il n'y a pas un mode humoristique, un peu léger, un truc sympa? Non. Bon, on ne sait pas s'il sera aussi flatteur que la version 4.
Invité :
[
14:44] On m'a dit, dans ce que j'ai lu, qu'il serait moins flatteur. Moins flagonneur.
Monde Numérique :
[
14:51] Oui, parce que là, c'est toujours... Oh là là, mais quelle bonne question tu m'as posée. Mais quel point intéressant tu soulèves dans ton cas c'est vrai, oui bien sûr c'est pas un bon pour être attestant on va voir, on va le tester puisqu'il va remplacer en plus tous les autres modèles donc ça va être le nouveau GPT alors il y a quand même un truc Sam Altman s'est bien gardé de reparler, de AGI, est-ce que GPT-5 est une intelligence artificielle générale ou pas?
Invité :
[
15:26] Non. Et il le disait quelque part, ou sinon je l'ai lu dans une situation que je lisais en ligne, on est en route vers...
Monde Numérique :
[
15:33] Un autre article que tu lisais en même temps que tu lisais l'autre.
Invité :
[
15:36] Que tu écrivais la vidéo et que tu écrivais ton papier. Non, c'est quand je pense... Ben écoute, j'ai trois écrans, il faut bien que ça serve.
Monde Numérique :
[
15:41] Ben bien sûr. J'ai trois cerveaux aussi.
Invité :
[
15:43] Non, deux. Mais donc, c'est ça. Donc, on est en route vers la générale. Et j'avoue qu'il n'a pas vraiment pesé sur le mot, mais Mais il faut qu'il soit fier quand même de cette version-là, qui augmente la capacité. Mais quand même, dans des niveaux de requêtes qui sont faits dans les grands domaines de la science, semble-t-il qu'il serait capable de surpasser les capacités d'un doctorat.
Monde Numérique :
[
16:14] C'est incroyable.
Invité :
[
16:16] C'est fou.
Monde Numérique :
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16:17] L'outil qu'on a, qu'on va avoir à notre disposition, c'est quand même hallucinant.
Invité :
[
16:22] C'est une question d'heure, parce que le déploiement a commencé aujourd'hui, et le temps que ça fasse le tour de la planète, comme tout est toujours avant tout le monde, probablement quand on va finir de se parler, tu vas y avoir accès. Oui, parce que la bonne nouvelle.
Monde Numérique :
[
16:34] C'est qu'il n'y a pas de restrictions, on l'a aussi en Europe, on va aussi l'avoir en Europe.
Invité :
[
16:38] Ça, c'est surprenant.
Monde Numérique :
[
16:39] Oui, c'est surprenant.
Invité :
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16:41] En Europe, peut-être pas en France, par exemple.
Monde Numérique :
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16:44] Ah, ça suffit. S'il n'y a pas en France, je quitte la France immédiatement.
Invité :
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16:47] Non, non, non.
Monde Numérique :
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16:48] Je demande l'asile politique, l'asile technologique au Canada.
Invité :
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16:51] Jérôme, ne dites pas de bêtises !
Monde Numérique :
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16:59] Avant de passer à la suite de Monde Numérique, un mot d'une technologie innovante qui permet de diffuser du contenu d'une manière complètement nouvelle sur Internet, en dehors du cadre d'un navigateur, il s'agit de Froganz, partenaire de Monde Numérique. Froganz permet de créer des sites légers, fonctionnants sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation, ordinateur, tablette, casque de réalité virtuelle, etc. Froganz est une technologie libre et ouverte qui repose sur un protocole technique entièrement nouveau, sécurisé et respectueux de la vie privée. Froganz fait actuellement l'objet d'une offre de titres qui vous permet d'acquérir, si vous le souhaitez, des parts de la société F2R2 à l'origine de cette innovation. Pour mieux comprendre à quoi ressemble Froganz, retrouvez mon interview du cofondateur Alexis Tamas en audio sur le fil de ce podcast ou en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Et pour tout savoir sur Froganz, rendez-vous sur le site f2r2.fr f2r2.fr Bon Bruno, voilà pour GPT-5.
Monde Numérique :
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18:00] Le nouveau modèle de OpenAI qu'on a hâte d'aller un peu plus tester en profondeur. Il faut qu'on parle aussi à propos d'intelligence artificielle d'une histoire,
Monde Numérique :
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18:11] de deux histoires d'ailleurs assez incroyables que tu relates dans ton carnet cette semaine. Tu as fait des papiers là-dessus. La première, j'aimerais que tu me racontes avec ta verve légendaire cette histoire d'un député britannique qui a énervé ses électeurs à cause de l'IA, en fait.
Invité :
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18:33] Oui, mais ça, c'est un député travailliste britannique, Mark Seward, qui trouvait qu'il en avait trop à faire et il y avait trop de correspondances avec ses cométants. Alors, il se dit « Ah oui, vous voulez me parler? » « Vous allez me parler. » Alors, il s'est carrément cloné. Il a créé un avatar avec des informations qu'il relate, des informations qui viennent d'un peu partout. Et à partir de ce moment-là, il a décidé d'offrir aux gens de lui poser des questions, mais en passant par son robot conversationnel. Évidemment, ça ne fait pas plaisir à tout le monde. Il y en a qui sont contents parce qu'ils ont accès à l'information, puis c'est fini, après ils partent. Ils n'ont pas besoin d'attendre et de patienter. Mais il y a d'autres personnes qui se posent des questions en disant, est-ce qu'on a élu un robot ou est-ce qu'on a élu un humain pour nous représenter à la chambre? Et c'est un peu la question qui est soulevée quant à la possibilité de se voir servir par un assistant virtuel.
Monde Numérique :
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19:31] Et alors, ce qui est intéressant, c'est qu'on peut rapprocher ça d'une autre histoire qui se passe en Suède.
Invité :
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19:37] Oui, que tu me relatais, je n'avais pas entendu parler de ça.
Monde Numérique :
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19:39] C'est le premier ministre suédois qui s'appelle Ulf Christerson, comme tu le sais.
Invité :
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19:44] Non.
Monde Numérique :
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19:45] Et qui, non, je ne le savais pas non plus, et qui lui a avoué en fait au détour d'une interview qu'il utilisait l'intelligence artificielle. Il a dit, je l'utilise moi-même assez souvent, ne serait-ce que pour obtenir un deuxième avis. C'est-à-dire que quand il se pose des questions en tant que Premier ministre, en gros, si on le suit, il demande à CHGPT ce qu'il en pense. C'est-à-dire, est-ce qu'il lui demande qu'est-ce que je dois faire pour faire baisser la dette, pour je ne sais pas quoi, ou pour est-ce que je dois augmenter les impôts en ce moment ou pas ? Alors, je ne dis pas que c'est ce genre de questions qu'il a posées, mais là encore, ça soulève pas mal d'interrogations et immédiatement, d'ailleurs, des récriminations, parce qu'il y a des gens qui disent la même chose. Des Suédois qui disent « Mais attendez, on n'a pas élu une IA. » Donc, si le Premier ministre n'est pas capable de prendre ses décisions lui-même, c'est se moquer du monde. Mais alors, je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi, je suis un peu étonné quand même par ses réactions, parce que, alors c'est peut-être mon côté technophile, mais bon sang, on a enfin des politiques qui utilisent l'intelligence artificielle et on va venir leur reprocher de le faire. C'est le monde à l'envers.
Invité :
[
20:52] Non, puis je vous ferai remarquer qu'il est entouré, lui et d'autres hommes politiques, de conseillers qui, eux, ont leurs billets, ont leur agenda. Alors, à un moment donné, j'aime mieux avoir une machine qui ait leur accès à la connaissance universelle pour avoir une idée de la chose. C'est un avis.
Monde Numérique :
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21:10] Oui, sauf que sur les billets, on te rétorquera que les IA ont aussi des billets.
Invité :
[
21:15] Oui, tout à fait. Mais c'est ce que je dis. Sauf que les humains ont aussi des billets. Et les conseillers qui sont autour de ce premier ministre-là, ils ont des régions qui sont probablement plus importantes à leurs yeux, des entreprises, des enjeux personnels. Alors, tout le monde arrive avec son bagage quand vient le temps de conseiller un premier ministre. Alors, d'aller chercher un avis supplémentaire qui est celui de la machine, moi, je ne vois pas de mal.
Monde Numérique :
[
21:39] Alors moi, je ne vois pas de mal non plus et je trouve ça plutôt bien, mais il faut quand même nuancer. Et dans l'article, je crois que c'est le Guardian qui a sorti un article là-dessus, ils interrogent une chercheuse en informatique qui dit oui, mais attention, c'est une pente glissante. Et notamment parce que si on s'appuie trop sur l'intelligence artificielle, on court le risque de trop lui faire confiance, en gros, et de ne plus avoir forcément toujours le discernement, le détachement nécessaire. Alors, je ne sais pas, chacun pensera ce qu'il veut, parce que là, c'est une question, on va dire, d'intelligence humaine dans l'histoire. C'est-à-dire que si la personne qui interroge l'IA n'est pas capable d'avoir suffisamment de recul, si il est Premier ministre et qu'il n'est pas capable d'avoir assez de recul pour se rendre compte lui-même d'un excès de confiance, bon, c'est que…, Ce n'est peut-être pas la bonne personne pour diriger le pays.
Invité :
[
22:34] Ce n'est peut-être pas la bonne personne.
Monde Numérique :
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22:35] Voilà. et les qualités humaines qu'il faut finalement pour ça, c'est peut-être ça qu'il va falloir, c'est pouvoir utiliser l'IA mais en connaissance de cause, en connaissance des biais, en ne faisant pas d'anthropomorphisme exagéré, etc. Mais on peut espérer que ces gens-là sont suffisamment intelligents pour ça.
Invité :
[
22:52] Mais ce sont des outils.
Monde Numérique :
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22:54] Ce sont des outils, mais ce serait très dommage de ne pas s'y servir.
Invité :
[
22:58] De ne pas s'y servir.
Monde Numérique :
[
23:00] Exactement. Alors, sinon Bruno, puisque l'actu ne s'arrête jamais, et même en été, heureusement pour nous.
Invité :
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23:09] Ah ben non, quand même. J'imagine de quoi on se parlerait s'il n'y avait pas ça.
Monde Numérique :
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23:13] Ouais, mais je ne sais plus de quoi on va parler après.
Invité :
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23:15] Moi, je voulais te parler d'un truc parce que j'ai lu ça rapidement et je me dis, tiens, je vais demander à mon ami Jérôme de m'en parler. C'est quoi toutes ces attaques en France, présentement?
Monde Numérique :
[
23:25] Eh bien oui, on a eu plein de cyberattaques dernièrement et c'est assez ennuyeux. La dernière, c'est contre l'opérateur Brick Télécom.
Monde Numérique :
[
23:35] Il y a 6,4 millions de comptes d'abonnés Brick Télécom dont les données ont fuité en réalité. Et alors, Brick Télécom, donc opérateur, il faut rappeler que l'année dernière, c'était SFR. Encore avant, c'était Free. Donc, il y a vraiment quelque chose, si tu veux, de la part des pirates, il y a un intérêt particulier pour les données des opérateurs télécom, très clairement. Pourquoi ? J'en sais rien. Peut-être parce que c'est là où il y a beaucoup de données sur les consommateurs que nous sommes, sur les habitants. Alors, les informations, c'est quoi ? Ce n'est pas des mots de passe, ce n'est pas des identifiants, etc. Mais c'est quand même notamment des IBAN, c'est-à-dire le numéro de compte bancaire, ce qui peut permettre de faire des escroqueries par la suite. C'est-à-dire qu'avec un IBAN, on peut mettre en place des prélèvements sur ton compte bancaire. Si on passe sur des services qui ne font pas assez de vérification ou des banques qui ne font pas assez de vérification, ça peut permettre de détourner de l'argent. Et puis surtout, les données des opérateurs, comme elles sont assez complètes, c'est des vrais profils d'utilisateurs, Ça permet ensuite de monter des tas d'escroqueries auprès des gens, ce qu'on appelle le phishing, le vishing, c'est-à-dire des arnaques soit par e-mail, soit par téléphone où quelqu'un t'appelle et on connaît la musique maintenant, quelqu'un t'appelle et il sait tout de toi. Il connaît ton numéro de compte bancaire, il connaît ton adresse, il connaît ton opérateur télécom, il connaît ta dernière facture.
Invité :
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25:02] Alors tout pour nous faire croire que c'est un employé de la compagnie.
Monde Numérique :
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25:05] Exactement. Il peut monter une histoire à partir de ça et là, il faut être très, très prudent et ça peut vraiment faire des victimes après coup en général ça n'arrive pas au moment où on parle de la fuite ça arrive des mois même des années même des années et puis il y a Air France aussi moi ça m'a un peu énervé tout ça vraiment parce que il y a Air France aussi qui a été attaqué t'es pas client chez.
Invité :
[
25:26] Eux toi ?
Monde Numérique :
[
25:27] Bah si, je suis client Air France, évidemment, parce que je prends souvent la compagnie Air France. Et j'ai reçu un mail hier soir me disant, ah, on est vraiment désolé, mais attention, vos données personnelles ont fuité. Alors, c'est jamais chez eux, c'est pas Bouygues Télécom directement, c'est pas Air France directement, c'est toujours un sous-traitant. Mais on le sait, bon sang de bonsoir, que les pirates s'attaquent aux sous-traitants qui sont plus vulnérables, parce que ça peut être des entreprises plus petites qui n'ont pas de dispositifs de sécurité supplémentaires. Alors, je suis un peu nervé parce que, oui, il n'y a pas de sécurité, zéro, c'est vrai, le risque est immense, les technologies sont de plus en plus puissantes, donc tout le monde est à la merci, on peut tous se faire avoir, toutes les entreprises peuvent se faire avoir, mais là, ça commence à bien faire, il faudrait qu'il y ait un peu une prise de conscience, et ce n'est pas normal, de tolérer encore des sous-traitants, des entreprises tierces, qui ne soient pas au top du top de la sécurité, quand tu t'appelles Air France, quand tu t'appelles Bouygues Télécom, SFR ou Bouygues, ou Free.
Invité :
[
26:24] Et c'est aberrant parce qu'on demande à la population de faire attention elle-même. Puis, il y a des gens avec la double authentification, puis tous les processus, puis d'être vigilants, de ne pas cliquer sur des trucs. Donc, les gens, de plus en plus, le font. Les grandes entreprises avec qui on travaille, on espère qu'elles le font. Puis après, il y a des tiers qui arrivent comme ça dans le décor en disant, pardon, nous, on n'a pas fait, on n'a pas pris les mesures.
Monde Numérique :
[
26:51] Désolé, on n'a pas fait exprès. En plus, on ne connaît jamais le scénario, on ne sait jamais ce qui s'est passé. Qu'est-ce qui s'est passé? Parce qu'on sait très bien que statistiquement, très souvent, c'est des failles humaines. Donc là, dans les histoires que je viens de te raconter, on ne connaît pas le mode opératoire.
Invité :
[
27:07] Oui, puis à la limite, donc on ne sait même pas si c'est un piratage ou c'était peut-être même à l'interne.
Monde Numérique :
[
27:14] Oui, éventuellement, il peut y avoir des complicités, des choses comme ça. Non, mais il y a vraiment des choses à faire. Nous, il y a quelques dispositions en France. Par exemple, s'il y a une faille, une fuite comme ça, il y a une obligation pour les entreprises concernées d'avertir très vite la population et puis les clients directement. C'est la moindre des choses, parce que c'est vrai qu'avant, ils se cachaient. On ne le disait pas.
Invité :
[
27:37] On ne leur parlait pas.
Monde Numérique :
[
27:38] C'était terrible. Mais je pense qu'il faut vraiment aller plus loin et pousser le bouchon encore plus loin parce qu'il y a des dispositions sans doute réglementaires et législatives à prendre. J'ai en discuté, puis après on terminera là-dessus, mais j'ai eu un petit échange sur X avec une sénatrice française à ce sujet qui disait « Oui, nous allons bientôt faire une loi pour référencer les IBAN, donc les numéros de compte douteux. » Alors, je n'ai pas compris ce que ça voulait dire, parce que c'est quoi un IBAN douteux ? Ça veut dire que c'est tout le monde. C'est-à-dire, tu te fais pirater ton numéro d'IBAN parce que tu es client de SFR de Bouygues de Free, ce n'est pas de ta faute. Et du coup, est-ce que ça veut dire que toi, tu deviens suspect en quelque sorte ? Et on va à ce moment-là t'imposer des sécurités. Donc, je n'ai pas compris le but du jeu. C'est pour ça que je lui demandais justement s'il ne serait pas plus urgent d'imposer un peu, de monter un petit peu le niveau de sécurité des intermédiaires ou des prestataires de second plan qui travaillent avec ces grandes entreprises.
Invité :
[
28:37] Écoute, au moins, j'entends la bonne nouvelle là-dedans. Vous allez avoir une nouvelle loi. Bravo.
Monde Numérique :
[
28:41] Ah oui, oui, mais ce sera… Ben oui, il faut bien… Les parlementaires, il faut les occuper. Il faut les occuper. Donc, on fait des lois, des lois, des lois.
Invité :
[
28:51] Aïe, aïe, aïe, aïe.
Monde Numérique :
[
28:52] Parfois, c'est utile.
Invité :
[
28:54] Jérôme, Jérôme, avant de terminer, est-ce que tu peux me dire qu'est-ce que tu vas avoir cette semaine dans mon numérique ?
Monde Numérique :
[
28:59] Écoute, cette semaine dans mon numérique cap sur le décryptage des technologies avec des rediffusions d'épisodes. Voilà j'ai une série qui existe depuis 4 ans sur le monde numérique qui s'appelle Tout comprendre oui on a l'air plus.
Invité :
[
29:14] Intelligent une fois qu'on a écouté.
Monde Numérique :
[
29:16] Voilà on a l'air oui enfin je sais pas on essaye d'être plus intelligent et donc effectivement à partir de la semaine prochaine et bien rediffusion des épisodes de Tout comprendre consacré à la reconnaissance vocale comment ça marche ChatGPT l'intelligence artificielle comment ça marche vraiment TikTok, le casque Vision Pro et puis un sujet, qui, lui, est tout neuf. Ce n'est pas une rediffusion. La souveraineté numérique, qu'est-ce que c'est?
Invité :
[
29:42] Le sujet de l'heure, oui.
Monde Numérique :
[
29:44] Et pourquoi on en parle autant. Donc, ce sera à écouter la semaine prochaine sur Monde numérique dans Tout comprendre. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[
29:52] Écoute, je m'intéresse à une entreprise, une grosse boîte de publicité chez nous. Elle s'appelle Cosette.
Invité :
[
29:58] C'est vraiment un géant de la pub depuis les années 60. Et eux ont décidé de se créer une intelligence artificielle interne qui permet d'accéder à tout leur patrimoine de création. Donc, ça va de la première rencontre dans laquelle ils avaient noté pour créer ce qu'on appelle en pub un brief, un dossier avec le client, toute la partie de création qui avait été documentée, au bout de temps. Même les trucs d'essai, les bouts d'essai qu'on n'a pas fini ou dans les journaux ou à la télé. Et donc, maintenant, ils ont accès à ça. Et c'est génial parce que tu as accès à tout le patrimoine créatif d'une agence de pub. C'est assez intéressant. Alors, c'est la première boîte au Canada à faire ça. Et ce qui est intéressant, c'est que l'IA, ça fonctionne tellement bien que ce qu'ils vont faire, ils vont la rendre disponible à leur clientèle. Donc, une boîte qui est client de ces gens-là, il pourrait avoir cette même possibilité d'archiver ou d'organiser tout le patrimoine d'une entreprise pour y avoir accès comme ça. Alors ça, c'est intéressant. Sinon, petit tour du côté d'AWS, parce que la compagnie de plus en plus utilise les jeux pour faire de la formation. Et ça a intrigué mon collègue Carl Edwin-Michel. Alors, il fait une entrevue avec un représentant d'AWS pour nous parler de ça. Et donc à la ludification de la formation chez AWS. C'est intéressant.
Monde Numérique :
[
31:26] À écouter donc dans ton carnet cette semaine. Super. Eh bien, écoute, merci pour ce long échange estival, mon cher Bruno, et je te dis à la semaine prochaine.
Invité :
[
31:36] Merci pour cette réflexion sur ChatGPT5. Je suis sûr que tu t'en vas l'essayer. Tu ne voulais pas le dire, mais tu l'as déjà.
Monde Numérique :
[
31:44] Immédiatement.
Invité :
[
31:44] Oui, oui. Vérifie, on se reprend. Tu discutes avec ChatGPT5.
Monde Numérique :
[
31:47] Je lui ai demandé de résoudre des équations au cinquième degré oui.
Invité :
[
31:54] Demande-le donc de finir puis ça va être fait oui.
Monde Numérique :
[
31:58] Ça c'est pas très dur.
Invité :
[
32:00] Toi tu fais ça à la chambre de bain allez je te dis à la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
32:05] Salut Jérôme salut Bruno, à la semaine prochaine, ciao bye, Monde numérique.
Invité :
[
32:17] Le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
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32:27] Voilà, je vous l'ai dit, donc la semaine prochaine, rediffusion de plusieurs épisodes de la série Tout Comprendre. C'est une série que j'ai initiée il y a déjà plusieurs années, en fait, l'été, comme ça, un peu au gré de mes envies. Eh bien, on se penche sur des technologies, des technologies qui sont proches de nous, mais qu'on essaye de comprendre un peu plus en profondeur. Alors, il y aura des choses très concrètes, comme le Wi-Fi, la réalité augmentée, etc. Et puis, bien sûr, il y aura l'intelligence artificielle, avec un épisode spécial consacré à ChatGPT, avec des interviews qui datent un peu, oui, mais c'est ça qui est intéressant justement, c'est de voir ce qu'on en disait il y a un an, deux ans, voire trois ans, etc. Donc épisode spécial ChatGPT, ce sera le 12 août pour la rediffusion, le 12 c'est donc mardi prochain, soyez à l'écoute, vous verrez la notification apparaître sur votre appli de podcast, et si vous la voulez en entier, rendez-vous mardi, mais si vous en voulez tout de suite, voici un gros extrait de cet épisode spécial ChatGPT, tout comprendre sur Monde Numérique.
Monde Numérique :
[
33:48] L'intelligence artificielle générative utilise ce que l'on appelle les fameux LLM, Large Language Models, des grands modèles de langage, et les Transformers, des réseaux de neurones, mis au point initialement par des chercheurs de Google qui permettent d'analyser et de générer du texte. Écoutez ce qu'en disait la chercheuse Laurence De Villers dans Monde Numérique en février 2023. On travaille sur ces modèles génératifs à partir d'énormes corpus de données depuis 2017 à peu près. Et Lambda, par exemple, de Google, c'est un premier système qui permettait de générer une sorte de pseudo-conversation.
Monde Numérique :
[
34:28] Puisque c'est ce qu'on appelle un perroquet stochastique, c'est en fait une machine mécanique qui va générer quelque chose et puis il y a une part de hasard dans tout ça. Donc la réponse qui est donnée, elle est en langage proche d'une imitation du langage humain mais elle est absolument sans pensée, sans intention. Effectivement, du coup, c'est assez bluffant et assez choquant aussi ce qu'elle peut raconter, parce que ça peut être tout à fait n'importe quoi. Alors, assez choquant, on va en parler, les risques contre lesquels vous alertez d'ailleurs. Mais avant ça, qu'on comprenne bien, par exemple, ChatGPT ou demain le service de Google, la qui arrive aussi, comment ça fonctionne ? Et notamment, est-ce qu'il s'enrichit de ce que je lui dis et ce qu'il apprend au fur et à mesure ?
Monde Numérique :
[
35:14] Non, il n'apprend pas au fur et à mesure. Ça coûte très cher d'apprendre un énorme modèle comme GPT-3. Ils en font différentes versions, on en est à 3.4, on sera bientôt à 4. Mais le fait d'utiliser une grande masse de données et d'arriver à un modèle de 175 milliards de paramètres, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. Et en tout cas ce système là il est au coeur finalement de le chat GPT derrière ce qui fait qu'il donne l'impression que la machine s'adapte c'est qu'en fait il prend du contexte dans la phrase qu'on a donnée grâce à des interactions précédentes donc plus vous lui parlez plus la machine va finalement pouvoir peut-être affûter une question que vous avez posée parce qu'il vous dit ah bah non c'est pas ça.
Monde Numérique :
[
36:03] Vous précisez votre question et donc il lui sélectionne à la fois dans les questions que vous posez et le texte qui a été généré des mots ou des sous-mots qui vont alimenter finalement la recherche de la suite. Puisqu'en fait, ce qu'on fait juste, c'est essayer de prédire les mots suivants à partir de puzzles de mots qu'on a obtenus, c'est-à-dire de mots qui apparaissent dans plein de contextes différents et on a engrangé ces informations-là dans le modèle. Donc derrière, il n'y a pas que ça, si je peux me permettre, il y a ce modèle génératif transformeur. Et puis derrière, il y a aussi un modèle à base de reinforcement learning, c'est-à-dire en fait, grâce à l'interaction, on va faire par essai-erreur aussi, optimiser finalement la décision que propose la machine. Mais ça, ça a été fait en amont. C'est aucunement une conversation, c'est en deux couches, c'est aucunement une conversation, parce qu'en fait, c'est la prédiction de la phrase qui va suivre à partir d'une mémoire qui a une taille finie, qui n'est pas très grande.
Monde Numérique :
[
37:07] Et il n'y a pas non plus de possibilité de calcul, de dénombrer, il n'y a pas d'échelle temporelle. Donc, la machine peut vous répondre des choses assez étonnantes. Mais ce qui est quand même assez étonnant, c'est la manière dont il formule des idées, des concepts, des informations vraies ou fausses, et qu'il met tout ça en forme. Oui, alors ça, là, ce qu'on constate, c'est la puissance d'imitation de la machine à partir de notre propre langage. C'est-à-dire que lorsque je pars, j'encapsule finalement des informations lexicales, syntaxiques, sémantiques. Et juste par la succession des mots ou par les contextes dans lesquels apparaissent les mots, mécaniquement, par l'ordre des mots, je vais trouver des informations de sens. Et c'est ce que la machine utilise.
Monde Numérique :
[
37:53] Alors, pourquoi c'est « dangereux » Laurence de Villers ? C'est dangereux de croire tout le temps ce que va dire une machine. Elle ne détient pas la vérité. Je pense que c'est le premier danger. Après, il faut se demander qui construit ces machines, quels sont les humains qui ont modifié les contenus, parce qu'on voit que ça censure. Donc, est-ce que finalement, ça censure de façon égalitaire ? Je ne sais pas, si je prends les religions, est-ce que ce système parle aussi facilement de la religion musulmane, juive ou catholique ? On peut se poser des questions de beaucoup d'ordres, d'ordres de discrimination, d'injustice. Donc, c'est une vision proposée par une machine. Donc, il faut pouvoir l'utiliser intelligemment, c'est-à-dire en comprenant que ce n'est pas de la vérité absolue, qu'on va le challenger, qu'en même temps, ça a un regard sur beaucoup, beaucoup de données, ce qui peut nous apporter une information en plus. Mais globalement, si on était tous à utiliser ça, tous les journalistes, par exemple, on arriverait sûrement à un nivellement vers le bas de tous ces systèmes, qui font en fait des statistiques autour de ce qu'ils ont engrangé comme informations.
Monde Numérique :
[
38:57] Donc l'idée de demain, c'est pour un humain de se démarquer de ce discours un peu standardisé qu'on aura à travers ces machines.
Monde Numérique :
[
39:20] On le comprend, plus l'intelligence artificielle est capable de brasser une quantité importante de données, et plus elle semble puissante et savante. Ce qui fait la puissance d'une IA, c'est-à-dire d'un modèle de langage, c'est notamment ce qui se passe lors de la phase d'entraînement. C'est aussi à ce moment-là qu'il peut y avoir des problèmes, des biais qui sont générés et que l'on retrouvera ensuite dans les réponses. Écoutez Thomas De Wolf, de la société Hugging Face, qui est à l'origine d'un gros modèle français, Bloom, utilisé notamment par le monde universitaire.
Monde Numérique :
[
39:56] Alors, comment on entraîne ces modèles ? En fait, c'est remarquablement simple. En tout cas, il y a deux phases. Mais la première phase est très simple. On rassemble un grand, grand corpus de textes. Alors là, il y a plein de questions légales, éthiques, comment on rassemble ça ? Et ça, c'était un gros focus de Bloom, d'ailleurs, mais je ne vais peut-être pas rentrer là-dedans parce qu'on en est pour encore une heure. C'est encore un autre sujet, le plagiat, etc. Comment on regroupe ? Pour priorité des données. Donc nous, on a fait ça de manière très différente de ce que font les GAFA, justement.
Monde Numérique :
[
40:23] On a travaillé... Mais bon, voilà, je ne rentre pas là-dedans, mais c'est très intéressant. Il y a des questions importantes. Mais bon, une fois qu'on a rassemblé ce corpus de textes, en fait, on le fournit phrase par phrase dans le modèle. Donc le modèle a une entrée et une sortie. Dans les entrées, on met une ligne de texte. Et dans la sortie, le modèle doit prédire le mot qui suit. Donc par exemple, on met un début de phrase où on va dire le ciel est. Et puis après, le modèle doit prédire bleu. Et s'il ne prédit pas bleu, mais un autre mot, on peut calculer une erreur, en fait. Alors, dans ces modèles, on convertit tous les mots en chiffres, d'abord. C'est assez amusant, en fait. Et après, on peut calculer une erreur entre le mot qu'il a prédit et le mot bleu et on peut, avec cette erreur, modifier les poids du modèle. Donc, en fait, il est entraîné à prédire juste le mot suivant, étant donné un début de phrase. Donc, c'est très simple et ce qui est très surprenant, c'est qu'en fait, quand on fait ça sur un très grand corpus, Alors un très grand corpus, pour Bloom, c'est par exemple 300 milliards de mots. Donc, c'est vraiment très grand. Et c'est encore un petit corpus, en fait. L'une des leçons de Bloom, c'est que notre corpus était encore trop petit. On aurait plutôt dû aller vers les milliers de milliards, on en appelle ça en français, les trillions.
Monde Numérique :
[
41:34] On aurait dû aller dans les trillions de mots. C'est vertigineux, ce genre de chiffres. Mais alors, quand on fait cette méthode d'entraînement très simple sur des corpus de cette taille-là, en fait, on voit des sortes de capacités émergentes. C'est-à-dire que le modèle se met à pouvoir parler de manière assez convaincante et à comprendre énormément de concepts de la langue et même de concepts du monde. Parce que pour prévoir que le mot qui suit après le ciel est bleu, il faut d'une certaine manière que le modèle d'intelligence artificielle se fasse une sorte de vision interne, une sorte de modèle interne du monde qui dit que le ciel est bleu.
Monde Numérique :
[
42:15] Attendez, question naïve, le ciel n'est pas toujours bleu. oui donc en fait ce qu'il va faire parce que dans le dataset d'entraînement il y aura des moments où le ciel sera bleu et puis il y aura aussi de temps en temps une autre phrase qui dira le ciel est gris, donc en fait le modèle va grâce à ces informations là un peu contradictoires pas vraiment contradictoires mais disons en quantité différente il va prédire que dans 80% des cas par exemple le mot suivant c'est bleu et puis dans 20% c'est gris etc. Et ça ça s'appelle d'ailleurs la calibration c'est à dire que les modèles sont capables de fournir plusieurs réponses avec une sorte d'ordre et une sorte de probabilité qui sont tirés en fait des statistiques de ce corpus. À quoi peux-tu servir ? Je peux vous aider en répondant à vos questions sur une grande variété de sujets, en fournissant des informations, des conseils pratiques, en discutant de sujets d'intérêt et en vous aidant à résoudre des problèmes spécifiques lorsque c'est possible.
Monde Numérique :
[
43:19] Jusqu'où peut aller l'intelligence artificielle ? On parle ici de texte, mais l'IA générative, ce sont aussi des images, des vidéos, du son, à la fois en entrée et en sortie, c'est-à-dire que les services d'IA qu'on trouve aujourd'hui sur le web peuvent générer des images, de la musique ou des voix clonées à partir de données ingurgitées préalablement, ce qui pose d'ailleurs des problèmes de propriété intellectuelle. Et puis, on peut aussi s'adresser à ces IA en leur parlant, comme on s'adresserait à une personne dans n'importe quelle langue ou en leur faisant voir des choses. C'est ce qu'on appelle la multimodalité. En juin 2024, Romain Huet, ingénieur chez OpenAI, faisait la démonstration dans Monde Numérique de la version de ChatGPT basée sur le nouveau modèle GPT-4O.
Monde Numérique :
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44:10] Hey ChatGPT, si je salue les auditeurs de Jérôme en français, Est-ce que tu pourrais répéter ce que je dis et le traduire directement en anglais ? Bien sûr, je peux faire ça. Vas-y, je t'écoute. Alors, bonjour à tous les auditeurs du Monde Numérique. Très ravi de discuter avec Jérôme aujourd'hui et j'espère que vous allez en apprendre beaucoup sur l'IA. Bonjour à tous les écoutés du Monde Numérique. Je suis très heureux de parler avec Jérôme aujourd'hui et j'espère que vous allez apprendre beaucoup sur l'IA. Alors, c'est pas mal, mais j'aimerais que tu le fasses avec un peu plus d'énergie.
Monde Numérique :
[
44:43] Bien sûr, je vais ajouter un peu plus d'énergie. Bonjour à tous les écouteurs de LeMond Numeric. Je suis heureux de parler avec Jérôme aujourd'hui et j'espère que vous aurez beaucoup d'insights sur l'AI. Entre GPT-3 et GPT-4, on a eu un saut énorme en capacité de raisonnement et on pense qu'on pourrait avoir quelque chose encore de similaire avec les prochaines versions du modèle. Et ce qui est intéressant, c'est que finalement, ça généralise tellement bien que ça pourrait en fait être un modèle qui a nouveau, s'améliore sur tous les domaines. D'ailleurs, il y a beaucoup d'entrepreneurs et de fondateurs qui nous demandent.
Monde Numérique :
[
45:17] Comment est-ce qu'ils devraient aborder cette réflexion. Et en fait, il y a de la façon de voir les choses. Il y a la façon de voir les choses qui est de dire, on a atteint un plateau, GPT-4 ne pourra plus vraiment s'améliorer ou alors de façon très marginale. L'autre façon de voir les choses, c'est de se dire, non, les modèles vont s'améliorer de plus en plus. Si aujourd'hui, ils étaient capables de faire des tâches de juste quelques minutes, ça pourrait être bien plus encore à l'avenir. Et donc, on pense vraiment que c'est cette deuxième vision qui est la bonne c'est en tant que fondateur finalement, essayer d'imaginer ce futur un petit peu vivre dans ce futur proche et de commencer à construire les produits en s'imaginant que les modèles vont s'améliorer sans perdre trop son temps finalement sur là où GPT-4 peut-être a quelques limites c'est de commencer à vivre dans ce futur et en attendant ces nouveaux modèles.
Monde Numérique :
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46:13] À quoi ressemblera l'intelligence artificielle. Des IA multimodales, capables d'interagir oralement et visuellement. Des agents intelligents, capables de percevoir l'environnement, de prendre des décisions pour atteindre des objectifs et par exemple réserver un billet de train à notre place ou organiser la production dans une entreprise. Enfin, le Graal, c'est l'IA générale, une intelligence artificielle qui aura réellement des capacités cognitives comme un humain et qui pourra non seulement jouer aux échecs ou reconnaître des photos de chats, mais aussi traduire des langues, apprendre à piloter un avion ou soigner des humains en comprenant réellement de quoi est fait le monde. Rassurez-vous, ce n'est pas pour tout de suite selon les experts, mais on y viendra. Si cet épisode vous a plu, merci de laisser 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Très bon été à l'écoute de Monde Numérique. La semaine prochaine, on se penche sur le problème TikTok.
Monde Numérique :
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47:12] Musique Sous-titrage ST' 501 Voilà, et ce ne sera pas la semaine prochaine en réalité puisque les différents épisodes de Tout Comprendre vont se succéder jour après jour. Enfin, ce sera la semaine prochaine si on se positionne à partir de ce samedi 9 août. Mais ensuite, les épisodes seront enchaînés. Bon, voilà, et on ne va pas s'apesantir sur la question. Merci d'avoir écouté l'hebdo du 9 août 2025. Merci pour votre fidélité. Continuez, restez abonnés à Monde Numérique. Vous savez que vous pouvez en savoir plus en allant sur le site mondenumérique.info et puis en vous abonnant également à la newsletter depuis le site web Monde Numérique. Ainsi, vous recevez chaque matin un petit brief, une interview écrite, un résumé de l'actu hebdomadaire, etc.
Monde Numérique :
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48:20] Voilà, je vous souhaite encore une fois un très bon été. Un été plein de tech, évidemment.