Monde Numérique :
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0:11] L'Europe veut se passer des GAFAM et reprendre en main son destin numérique. Mais a-t-elle les moyens de le faire ? Pour commencer, elle prend des mesures symboliques. Allez, objectif, souveraineté numérique cette semaine dans Monde Numérique, l’hebdo. L'actu, c'est aussi la bataille de l'intelligence artificielle contre le droit d'auteur, ou l'inverse d'ailleurs, la bataille du droit d'auteur contre l'IA, avec une proposition de loi qui énerve beaucoup le français Mistral. Les milliards pleuvent sur la France pour créer des data centers. Le Japonais SoftBank va investir 75 milliards d’euros pour faire des usines à IA. Pendant ce temps, Anthropic propose de mettre l'intelligence artificielle en pause. Ça y est, l'idée revient. La maison mère de Claude craint le moment où les IA pourront s'entraîner elles-mêmes. De son côté, Microsoft dévoile une panoplie de nouveaux modèles et ses agents intelligents pour la maison, tandis qu'en France, l’Éducation nationale s'équipe de détecteurs de triches électroniques.
Monde Numérique :
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1:19] Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews de la semaine, le patron de Qwant sera mon invité. Il nous expliquera pourquoi le Parlement européen a décidé d'adopter le moteur de recherche français. On va revenir aussi sur Mythos, cette IA chercheuse de bugs qui fait trembler les grandes entreprises. On en parle avec Orange Cyberdéfense. Enfin, troisième volet de la mini-série de Monde Numérique sur la tech à l'hôpital. On verra ce que les technologies, notamment l'IA, peuvent apporter aux hôpitaux publics, en partenariat avec la Fédération Hospitalière de France. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l’hebdo du 6 juin 2026.
Invité :
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1:54] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:58] Je suis ravi de vous accueillir dans ce nouvel épisode de l'hebdo de Monde Numérique. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews, plus d'une heure si vous êtes abonné à la version premium sur Apple Podcasts ou Spotify. En tout cas, abonnez-vous à Monde Numérique sur la plateforme de votre choix pour recevoir tous les épisodes. l'hebdo chaque samedi, des interviews, des éditos, des zooms sur les grands sujets tech. N'hésitez pas à commenter et puis à mettre ces fameuses petites étoiles, cinq étoiles sur Apple Podcasts. Merci d'avance. Merci pour votre fidélité également. Ou bien merci d'avoir choisi de cliquer ici si c'est la première fois que vous venez. Vous êtes le bienvenu pour une grande dose d'actu tech et surtout pour tout comprendre au numérique. C'est parti !
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2:46] Grosse actualité institutionnelle cette semaine, avec tout d'abord l'Europe qui veut reprendre la main sur son destin numérique et réduire sa dépendance aux géants américains et chinois. Une chanson connue, mais cette fois, ça s'accompagne d'actes. La Commission européenne, en effet, a présenté un plan stratégique pour défendre sa souveraineté technologique. On le sait, la dépendance aujourd'hui est massive. Chaque année, l'Union dépense environ 264 milliards d'euros pour acheter des services numériques à des puissances extérieures. Principalement américaine ou asiatique. Les réseaux sociaux en Europe sont contrôlés à 90% par les plateformes du groupe Meta, tandis que les systèmes d'exploitation mobile sont quasi exclusivement aux mains d'Apple et de Google. Donc, pour tenter d'inverser la vapeur, il faut agir à la fois sur les logiciels, les services, et même sur l'infrastructure matérielle. Ainsi, Bruxelles a proposé une mise à jour majeure du règlement sur les puces, le CHIPS Act 2.0. Objectif, sécuriser l'approvisionnement semi-conducteur, notamment pour les secteurs critiques comme les hôpitaux ou les réseaux énergétiques. Le plan prévoit aussi de réserver certains contrats publics de cloud et d'intelligence artificielle à des fournisseurs européens. Là encore, pour les secteurs les plus critiques comme la sécurité, la défense, etc.
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4:06] Henna Virkkunen, la vice-présidente en charge de la souveraineté technologique qui a présenté ce plan, explique notamment vouloir éviter un risque de « kill switch ». C'est l'expression utilisée pour parler de ce risque qu'un fournisseur étranger puisse soudain appuyer sur un bouton d'urgence, c'est-à-dire débrancher ou dégrader des services vitaux en Europe en cas de crise géopolitique. Donc l'intention paraît louable, mais la question qui reste, c'est comment faire ? Car en fait, peut-on se passer des GAFAM ? Certes, il existe des alternatives européennes, mais elles souffrent notamment d'un problème, c'est celui du passage à l'échelle. Selon des experts, les infrastructures actuelles ne pourraient pas supporter une migration massive et immédiate de tous les utilisateurs européens. Premier problème, donc. Et puis, il y a aussi ce paradoxe entre souveraineté et cybersécurité, car stocker ces données localement, certes, garantit une indépendance juridique, mais cela ne signifie pas forcément une meilleure protection technique face aux cyberattaques mondiales par rapport aux moyens colossaux qui ont été investis par les GAFAM. Il faut bien dire qu'on peut reprocher plein de choses à Microsoft, Google ou autres, mais en cybersécurité, ils ne sont pas trop mauvais.
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5:18] En attendant, on se contente donc de mesures symboliques, comme par exemple celle du Parlement européen, qui a annoncé cette semaine le passage au moteur de recherche français Qwant. Depuis le 4 juin, Qwant est donc le moteur par défaut sur les ordinateurs des députés et des employés du Parlement, en tout cas via les navigateurs Edge et Firefox. Une décision qui vise à réduire un peu la dépendance à Google et à mieux protéger les données du personnel, puisque c'est l'atout et le fer de lance de Qwant. On en parle d'ailleurs tout à l'heure avec le patron de Qwant, le français, Boris Lecœur, qui est mon invité. Il reconnaît lui-même que c'est une décision surtout symbolique, mais ce sera l'occasion de faire avec lui le point sur cette entreprise créée en 2013, rachetée en 2023 par le patron d'OVH Octave Klaba. Donc rendez-vous dans la deuxième partie de cette émission.
Monde Numérique :
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6:05] Un point en tout cas pour la souveraineté dans l'enseignement supérieur avec cette décision de l'école polytechnique qui a finalement décidé d'abandonner son projet de migration vers les outils Microsoft, Office 365. La direction de l'établissement a fait marche arrière dans cette affaire qui avait fait pas mal de bruit. Il faut dire qu'il y a eu une triple pression à la fois juridique, politique et interne. Le projet se heurtait notamment au Code de l'éducation, qui impose depuis 2013 la priorité aux logiciels libres dans les universités. Alors c'est une victoire pour le CNLL, l'Union des entreprises du logiciel libre, qui menaçait d'ailleurs l'école polytechnique d'une action en justice. Le motif, c'est qu'en utilisant les serveurs de Microsoft, les travaux de recherche de Polytechnique tombaient sous le coup du Cloud Act américain. Cette loi qui autorise théoriquement les services de renseignement des États-Unis d'accéder à des données stockées par des entreprises américaines, même si elles sont situées en dehors du territoire américain.
Monde Numérique :
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7:08] Autre gros sujet cette semaine, l'intelligence artificielle contre le droit d'auteur. En France, tout d'abord, avec cette proposition de loi qui est sur le tapis depuis quelques temps, qui vise à instaurer une présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Ça veut dire que si un modèle d'intelligence artificielle est soupçonné d'avoir utilisé des livres, des articles, des images ou des musiques protégées pour s'entraîner, pour être entraîné, eh bien, ce ne serait plus aux auteurs de le prouver, comme c'est le cas aujourd'hui, mais à l'entreprise d'IA de prouver le contraire. Le texte a été adopté au Sénat cette semaine, il doit être examiné à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, et ça se passe plutôt mal, car ce texte, qui prévoit donc un renversement de la charge de la preuve, inquiète notamment la pépite française de l'IA Mistral. En effet, l'entreprise redoute une insécurité juridique qui serait susceptible de ralentir son développement au moment où elle tente précisément de rivaliser avec les géants OpenAI, Google, Meta ou Anthropic. À noter que des entreprises, des organisations françaises de la tech comme France Digitale ou l'Alliance française des industries du numérique soutiennent Mistral et s'opposent également au texte au nom de la compétitivité européenne. A l'inverse, les défenseurs de la proposition de loi brandissent le sacro-saint droit d'auteur qui n'a pas, selon eux, à être sacrifié sur l'autel de l'intelligence artificielle ni de la compétitivité économique.
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8:37] Bref, deux visions radicalement différentes. D'un côté, le désir de bâtir un géant de l'intelligence artificielle, et de l'autre, la volonté de préserver l'identité culturelle et le mécanisme qui permet de rémunérer les artistes et les auteurs. Comment concilier ces deux ambitions légitimes l'une et l'autre, mais qui rentrent en collision frontale ? Mais alors, ce qu'il faut quand même préciser dans cette histoire, c'est que les concurrents américains, à OpenAI, à Google, eux ne se sont pas gênés pour piller tous ces contenus, avant même qu'on pense à faire une loi pour les protéger. Du coup, ils ont pris de l'avance. Et faire une loi qui contraindrait les suivants, en l'occurrence Mistral, à respecter de nouvelles dispositions, ça reviendrait quand même à les pénaliser. Alors, c'est un débat qui s'inscrit en plus dans un contexte plus large aujourd'hui, un contexte où les médias s'inquiètent d'une manière générale, de la montée de l'intelligence artificielle parce qu'elle risque de fragiliser encore un peu plus leurs modèles économiques qui ne sont déjà pas terribles. Et cette semaine, c'est le patron du New York Times, A. G. Sulzberger, qui a accusé les entreprises d'IA de vol éhonté de la propriété intellectuelle. Car ces grandes entreprises utilisent des articles, des livres, toutes sortes de contenus, sans autorisation ni rémunération. En tout cas aux États-Unis, mais également partout dans le monde.
Monde Numérique :
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10:04] C'était au Congrès mondial des médias qui se tenait à Marseille. Donc le patron du New York Times a dit haut et fort, ce que pensent beaucoup de directeurs de médias aujourd'hui, que cette captation menacerait directement le journalisme. Les contenus produits par les rédactions servent en effet à entraîner les modèles, qui sont ensuite capables de fournir du contenu directement aux internautes. Du coup, ça zapperait les médias, ça capterait l'audience, le trafic, les revenus, etc.
Monde Numérique :
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10:30] Bref, c'est toujours la même histoire. Comme au temps de la dématérialisation de la musique, rappelez-vous, ça avait commencé par un pillage en règle et heureusement après on avait réussi quand même à mettre de l'ordre, mais forcément en changeant un peu les équilibres et en essayant de trouver de nouveaux équilibres économiques au passage, quitte à ce qu'il y ait en profondeur un certain nombre de transformations.
Monde Numérique :
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10:56] Faut-il mettre l'intelligence artificielle en pause ? Ah, ça y est, c'est l'éternelle question qui revient sur le tapis. Cette semaine, c'est Anthropic qui remet cette question à l'ordre du jour. L'entreprise américaine qui développe les modèles Claude, qui a publié un texte plaidant pour la création d'un système de coordination mondiale afin de ralentir ou de suspendre temporairement le développement des intelligences artificielles de pointe. Pourquoi ? Eh bien, pour laisser le temps à la société de s'adapter, explique Anthropic. Anthropic propose de s'inspirer du traité sur le nucléaire militaire, en soulignant que l'IA est d'ailleurs bien plus difficile à surveiller que des missiles. Alors Anthropic évoque notamment le risque d'auto-amélioration récursive des IA. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça signifie qu'elle pourrait un jour, ces IA, s'entraîner elle-même sans intervention humaine. Évidemment, ça fait peur. Mais rappelons qu'Anthropic est quand même l'un des plus gros fournisseurs de ces IA potentiellement dangereuses.
Monde Numérique :
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11:55] Pourquoi donc tirer la sonnette d'alarme maintenant ? Il est toujours difficile de distinguer les raisons sincères des motivations purement économiques de ces grands acteurs. D'autant qu'on sait qu'Anthropic joue à fond la carte du marketing de la peur, sachant qu'elle prépare son entrée en bourse. Donc elle a tout intérêt à freiner les autres géants comme Google ou DeepSeek. Ce sujet d'ailleurs, écoutez l'hebdo de la semaine dernière, on en parlait déjà. En fait, certains craignent aujourd'hui que mettre l'IA en pause, eh bien, ça risque surtout de donner un avantage décisif à la Chine face aux États-Unis. Et là, eh bien, il n'est pas sûr que les uns et les autres en ressortiraient gagnants.
Monde Numérique :
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12:36] 75 milliards d’euros, c'est l'enveloppe que va lâcher le groupe japonais SoftBank pour construire des data centers en France. Ça a été annoncé cette semaine à l'occasion de l'ouverture du sommet Choose France 2026. Le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, a annoncé un investissement massif, 75 milliards d’euros, pour construire des centres de calcul dédiés à l'intelligence artificielle. Un projet colossal, il s'agit vraiment de créer des AI factories, des usines d'IA. d'une capacité énergétique totale de 5 gigawatts. Ce serait, à ce jour, le plus gros investissement de SoftBank en Europe dans ce secteur. Le PDG de la firme a expliqué qu'Emmanuel Macron s'était montré très insistant pour cette opération, en mettant notamment en avant l'atout énergétique grâce au nucléaire. Alors, si le projet est mené à bien, il y aura dans un premier temps 45 milliards d’euros d'ici à 2031, ce qui permettra de créer trois campus d'IA dans les Hauts-de-France. Et puis ensuite d'autres investissements suivront. Il y aura également une enveloppe de 10 millions d’euros pour former les écoles et les entreprises locales à l'intelligence artificielle. Voilà, est-ce que tout ça suffira à faire de la France une vraie puissance qui compte en intelligence artificielle ? C'est la question, on parlait la semaine dernière, de cette idée de considérer aujourd'hui l'IA comme une infrastructure à part entière pour asseoir l'économie de demain. Donc ces usines d'IA sont censées y contribuer ?
Monde Numérique :
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14:05] Et pendant ce temps-là, les géants américains continuent de dérouler leurs nouveautés. Cette semaine, c'était au tour de Microsoft d'épater la galerie, avec une flopée d'annonces à l'occasion de la Build 2026, sa grande conférence annuelle qui avait lieu à San Francisco. Que faut-il retenir ? Voyons cela en détail. Eh bien d'abord, le géant américain a dévoilé une nouvelle famille d'intelligence artificielle, sa propre famille de modèles. Sept modèles développés en interne, baptisés MAI, qui couvrent le raisonnement, la génération d'images, la voix, le code, etc. C'est un tournant dans la mesure où Microsoft montre ainsi sa volonté très claire de s'émanciper, de ne plus dépendre de son partenaire historique OpenAI. On sait que les deux ont récemment modifié le contrat qui les liait afin de permettre à l'un comme à l'autre, Microsoft comme OpenAI, de reprendre leur liberté sans complètement couper les ponts. Deuxième annonce concernant Microsoft, et c'est même l'annonce phare en réalité, c'est Scout, un agent autonome, toujours prêt.
Monde Numérique :
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15:05] Intégré à Windows, qui sera capable d'agir seul pour, par exemple, gérer des agendas, des réunions, automatiser des tâches répétitives sur Outlook ou Teams. C'est un peu la réponse de Microsoft à Gemini Spark de Google dévoilée la semaine dernière. On y revient tout à l'heure avec Bruno Guglielminetti. Ce n'est pas fini. Pour étendre l'IA au-delà des écrans, Microsoft a également lancé le projet Solara. Il s'agit d'une IA pour les objets connectés, une plateforme ouverte basée sur Android qui permettra aux fabricants d'objets connectés d'intégrer des agents intelligents dans n'importe quel produit, comme par exemple des badges, des accessoires de bureau, etc. Une IA qui s'affranchirait donc de Windows, mais tout en restant fidèle à la philosophie de Microsoft, en se positionnant donc comme une couche intermédiaire, mais une couche nécessaire pour le fonctionnement d'appareils fabriqués par d'autres, est destiné à toutes sortes d'applications. Côté matériel, Microsoft a également annoncé quelques nouveautés, notamment des ordinateurs, un Surface Laptop Ultra, donc un ordinateur portable, et puis surtout la Surface RTX Spark Dev Box.
Monde Numérique :
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16:14] Ce n'est pas facile à sortir, celle-là. Plus qu'une Surface, c'est surtout une box. C'est ça qu'il faut retenir. Un mini-ordinateur, en fait, conçu spécialement avec la puissance nécessaire pour faire tourner des IA en local, avec un processeur NVIDIA à l'intérieur. Intéressant également, Satya Nadella a promis une future génération de data center qui ne consommerait plus d'eau, ou en tout cas très peu d'eau à peine, ce que consomme un restaurant, et cela grâce à un système de refroidissement en circuit fermé. Pour l'instant, c'est des promesses, mais c'est quand même assez intéressant quand on connaît et qu'on déplore souvent l'impact environnemental des data centers. Enfin, Microsoft a fait des annonces sur le terrain de l'informatique quantique avec la puce Majorana 2. La compagnie américaine affirme avoir multiplié par 1000 la stabilité des qubits et prévoit désormais une machine quantique opérationnelle à partir de 2029.
Monde Numérique :
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17:08] Et on termine avec une news qui concerne les bacheliers et tous les jeunes qui passent des examens en ce moment. Attention, la techno-triche ne passera pas. L'éducation nationale, en effet, sort les grands moyens. Et toutes les académies de France sont désormais équipées de détecteurs d'ondes pour repérer les smartphones, les montres ou les lunettes connectées qui pourraient être utilisées pour tricher aux examens, notamment au bac. C'est le ministre de l'Éducation nationale qui l'a annoncé. En précisant que la fraude avait bondi de 30% l'an dernier, et que la technologie ne serait pas étrangère à ce phénomène. L'utilisation de téléphones ou de tablettes représenterait 55% des fraudes, tandis que l'intelligence artificielle concernerait désormais 8% des dossiers. Alors ces petits appareils, dont ont été dotés un certain nombre d'établissements.
Monde Numérique :
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17:55] Permettent de détecter le Wi-Fi, le Bluetooth et la 5G, c'est-à-dire qu'avec des petites antennes, les chefs d'établissement peuvent effectuer des contrôles aléatoires. Il passe entre les rangs ou même à proximité d'une salle de classe dans le couloir et ça détecte dès qu'un appareil est allumé qu'il est connecté à un réseau et a fortiori s'il échange des données. Alors il paraît que ça ne fonctionne pas forcément à tous les coups. Quelquefois on passe à côté de l'appareil en marche ou quelquefois à l'inverse ça détecte des appareils là où il n'y en a pas ou alors pas les bons, ce qu'on appelle les faux positifs. Mais globalement ça produirait quand même des résultats intéressants et puis ça a sans doute un effet dissuasif. Voilà, donc l'introduction de ces scanners, c'est un peu le revers de la médaille de l'arrivée de la tech à tous les niveaux et notamment dans l'enseignement. Donc si comme moi, vous avez rêvé lorsque vous étiez à l'école d'avoir un système électronique qui vous dicterait les réponses, bon à l'époque, c'était carrément pas impossible techniquement, aujourd'hui, ça le devient un peu plus. Mais comme d'hab, eh bien, il y a des contre-mesures qui se mettent en route et c'est un peu normal en réalité.
Monde Numérique :
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19:05] Et si le prochain Internet ne se jouait pas seulement dans les smartphones, les applis ou les pages web, mais aussi dans de nouveaux espaces numériques plus visuels, plus libres et plus immersifs ? C'est l'ambition de Frogans, partenaire de Monde Numérique, proposer un nouveau mode de publication sur Internet, conçu pour dépasser le modèle classique des fenêtres, des onglets et des sites web traditionnels. Frogans est un projet français ouvert, neutre, tourné vers l'Internet de demain. Pour en savoir plus et découvrir Frogans, rendez-vous à VivaTech 2026. La société F2R2, opérateur du registre central des adresses Frogans, sera présente sur place pour présenter Frogans Player à travers des démonstrations immersives, ainsi que le FSDL, le langage permettant de créer des sites Frogans. Retrouvez Frogans à VivaTech, stand F41 et pour plus d'infos, rendez-vous sur f2r2.fr. Bonjour Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
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20:05] Bonjour Jérôme Colombain à Paris.
Monde Numérique :
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20:07] Alors j'aimerais que tu nous parles pour commencer de cette annonce officielle du gouvernement chez toi concernant la politique numérique carrément du pays.
Invité :
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20:19] Oui, mais là, tu voulais dire, d'abord, au Canada.
Monde Numérique :
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20:22] Au Canada, absolument. Non, mais en fait, j'avais un doute, je ne me souvenais plus, c'était tout le Canada ou spécifiquement le Québec?
Invité :
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20:30] Non, non, non, c'est tout le Canada. C'est Mark Carney, le grand, tu sais, le Premier ministre qui se promène dans toutes les tribunes mondiales et qui fait rayonner le Canada comme étant une moyenne puissance mondiale. Eh bien, aujourd'hui, bien pas aujourd'hui, mais cette semaine, il a donc été à Toronto pour présenter la toute nouvelle, d'ailleurs c'est la première, politique canadienne quant à l'approche de l'intelligence artificielle au pays.
Invité :
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20:58] Essentiellement, c'est quoi? Bien, c'est de faire un constat qu'au Canada, jusqu'à maintenant, on a été un très bon chef de file en recherche. C'est en partie à cause des Canadiens qu'aujourd'hui, on a la révolution de l'intelligence artificielle. Et le problème, c'est que le Canada est resté en bonne partie dans le domaine de la recherche et tout ce qui est commercialisation et production, on n'est pas là. Et donc là, grand changement de cap. Le gouvernement va maintenant, ils vont toujours financer la recherche. Je ne veux pas faire paniquer des gens qui nous écoutent et je sais qu'il y en a beaucoup dans le domaine de l'IA qui nous écoutent. Mais là, ce qu'on va décider de faire à Ottawa, c'est d'aider et de vraiment mettre en place toute une stratégie pour qu'il y ait des entreprises qui se créent pour commercialiser l'IA au pays. Puis c'est aussi un questionnement par rapport à l'utilisation de l'IA dans les entreprises. Aujourd'hui, seulement 12 % des entreprises canadiennes utilisent l'IA. On veut d'ici 2034, on se laisse un peu de jeu, que ça monte à 60 %. Et puis, il y a un pan aussi qui veut, je l'ai souligné deux fois, la souveraineté numérique, on veut s'assurer de mettre en place une infrastructure.
Invité :
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22:11] Proprement canadienne, donc qui ne dépend pas nécessairement de nos voisins américains pour communiquer. Et même, ça va jusqu'au super ordinateur qui va nous permettre de faire avancer nos propres travaux de recherche et pas dépendre des Américains. Alors, c'est assez ambitieux, mais c'est assez généraliste. Alors, il y a plus de chances de se tromper et c'est un peu un fourre-tout, si je me permets d'être critique. Mais de toute façon, pour mes auditeurs, un petit peu plus tard dans l'émission, on va analyser en détail cette nouvelle approche de l'IA au Canada.
Monde Numérique :
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22:42] C'est intéressant parce que chez nous, en Europe, c'est un peu d'actualité également, puisque cette semaine, il y a eu une grande présentation de la part de la Commission européenne. Et pareil, un vaste plan, mais qui est encore plus clairement orienté sur la souveraineté technologique. L'idée, c'est d'essayer de reconquérir cette souveraineté technologique. Autrement dit, ça revient à dire on va essayer de se passer ou de moins utiliser Microsoft, Apple, Google, etc. Le problème, c'est que c'est hyper difficile parce qu'aujourd'hui, on est à 80 %, 80 %, c'est le chiffre qui a été donné, de produits, de services, d'infrastructures numériques utilisés au sein de l'Union européenne qui proviennent des États-Unis ou également de l'Asie. Donc, on est extrêmement dépendants.
Monde Numérique :
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23:32] Et on se demande comment il sera possible de se passer de tout ça. Le rêve d'une véritable souveraineté à 100%, de toute façon, il est inaccessible. Donc, ça va être la souveraineté par petites touches, comme ça. On essaye de corriger ceci, de corriger cela. Alors, il y a la question du cloud, il y a la question de l'infrastructure dont tu parlais, la question des réseaux, mais aussi beaucoup la question du logiciel et des outils. Et il y a un truc qui est intéressant, c'est que, Pour y arriver, la Commission est en train un petit peu de briser un tabou européen, si je comprends bien, parce que moi, je ne suis pas expert du droit européen, mais il me semblait que jusqu'à présent, notamment dans les appels d'offres, les contrats publics, etc., il n'y avait pas de préférence nationale, pas de préférence européenne, justement, pour respecter la libre concurrence, qui est un principe de base. Et là, Bruxelles dit qu'ils vont faire attention maintenant à choisir en priorité des fournisseurs européens, et notamment en matière d'intelligence artificielle, de cloud, en tout cas pour les secteurs les plus sensibles.
Invité :
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24:37] Ça va être contesté, ça ?
Monde Numérique :
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24:39] Je ne sais pas si ça va être contesté. Oui, ça sera peut-être attaqué par les principaux intéressés, par les Américains. Les Américains, je te rassure, ils font déjà un lobbying forcené. Je m'en doute. Ah ben oui, ils sont à Bruxelles depuis toujours. Il y a même eu des épisodes épiques où ils faisaient circuler des camions dans Bruxelles avec des affiches pour inciter ou pour expliquer pourquoi il ne fallait pas voter pour tel ou tel règlement européen, etc. C'est un vrai bras de fer. Après, le lobbying, ça fait partie du jeu. Ce qu'il y a, c'est qu'il y a ceux qui ont plus de moyens pour en faire par rapport à d'autres. Et des petites boîtes européennes ou françaises, elles ont forcément moins de moyens. Bon, heureusement, les Américains, eux, ils vont bien.
Invité :
[
25:23] Ah ouais !
Monde Numérique :
[
25:24] Ah, voilà, tout va bien. Il y a 15 jours, on parlait de Google. Et cette semaine, Bruno, il faut qu'on parle de Microsoft. T'as suivi ça de près, ils ont tout déballé.
Invité :
[
25:35] Microsoft qui nous a, régalé, pour utiliser l'expression de François Sorel. Mais c'était malade.
Monde Numérique :
[
25:43] Ça, c'est un point de vue de geek. C'est pas un point de vue de citoyen canadien ou de citoyen européen responsable. C'est un point de vue de geek, bien sûr.
Invité :
[
25:52] Mais écoute, c'était une IA après l'autre qui était présentée, et elles en ont plus que 7-8. Mais je pense que celui qui est venu me chercher le plus, c'est le Scout, ou le Scout, si tu veux. Et cette IA-là, essentiellement, c'est quoi? C'est l'assistant que tu installes sur ton ordinateur qui va remplacer le... Il va prendre la place tranquillement, pas vite de copilote et qui va vraiment tout faire. Un peu ce qu'Apple Intelligence a annoncé il y a trois ans que Google a réussi.
Monde Numérique :
[
26:24] Qu'ils n'ont toujours pas fait.
Invité :
[
26:25] Oui, c'est ça. Que Google a réussi.
Monde Numérique :
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26:28] Avec Gemini Spark.
Invité :
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26:30] Exactement. Et là, tu as Microsoft qui arrive avec son Scout. Et essentiellement, ce que ça veut faire, ça veut être partout pour tout faire pour nous, sauf des sandwiches. Et ce qui est le plus permissieux là-dedans, c'est qu'entre les annonces qui ont été faites publiquement et la réalité, il y a des gens, je pense que c'est le magazine américain de Verge, qui a mis la main sur une note interne de Microsoft, où il y a quelqu'un de pas tellement intelligent qui a dit, il faut qu'on rende les utilisateurs dépendants de notre Scout pour, par la suite, amener d'autres fonctionnalités. Et ça va être hécatombe parce qu'on sent qu'on veut rentrer ça profondément dans la gorge des utilisateurs, que que ce soit incontournable. J'ai hâte de voir comment ça va se passer, cette histoire-là. Mais sinon, c'est assez amusant parce que moi, ça fait peut-être un an ou deux que quand je parle de l'avenir des téléphones intelligents, Je dis toujours que bientôt, ça va être une question de temps avant qu'on ait un téléphone, un peu ce que probablement OpenAI est en train de faire, qu'on ait un téléphone qui n'a pas d'application, mais qui a juste une IA qui fait tout ce qu'on veut. Microsoft, c'est ça qu'ils nous ont présenté cette semaine avec une de leurs intelligences artificielles embarquées sur un appareil. Et donc, vous n'avez plus besoin de logiciel, vous n'avez plus besoin d'application. Vous demandez à l'IA ce que vous voulez et l'IA va vous le donner.
Monde Numérique :
[
27:54] Oui, c'est génial.
Invité :
[
27:54] C'est pas merveilleux ça?
Monde Numérique :
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27:55] C'est génial. alors ça va être super et il n'y a pas que ça alors ça c'est Scout, j'aime bien toi tu dis Scout, c'est bien, moi je dis Scout, ben oui, moi je te dis en français.
Invité :
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28:06] Scout mais c'est quand même Scout.
Monde Numérique :
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28:09] Et il y a d'autres trucs donc tout ça, ça va reposer sur des modèles qui sont intéressants des modèles qu'ils ont développés en interne et qui sont distincts de OpenAI ils sont souvent, Ils sont souverains partout, les Américains.
Invité :
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28:29] Oui, mais ils sont souverains d'OpenAI.
Monde Numérique :
[
28:33] Oui, ils s'émancipent d'OpenAI. C'est pas mal. Et puis, tu as vu, ils vont être aussi dans le quantique. Et puis, il y a du hardware aussi.
Invité :
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28:48] C'est ça, Éric. Mais là, c'est intéressant. Tu es en train de nous amener à Taïwan, où se passait le grand salon de l'informatique, où là, il y a une guéguerre à savoir qui va… Depuis qu'Apple a présenté son Neo, tout le monde veut arriver avec un petit ordinateur qui ne coûte presque rien et qui fait rouler l'IA nativement, localement. Alors là, tous les fabricants sont à présenter leurs nouveaux modèles. Tous les fabricants de puces, je pense à Qualcomm, je les salue, Mais il y en a d'autres aussi, Intel, qui sont en train d'arrimer un écosystème qui va rouler en local et va nous permettre de faire vraiment des calculs auxquels on n'avait même pas pensé au départ. Et puis, Microsoft, c'est un peu ça qui est en train de parler avec sa Surface de nouvelle génération.
Monde Numérique :
[
29:37] Oui, qui s'appellera Surface RTX Spark Dev Box.
Invité :
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29:42] Oui, basé sur la technologie de NVIDIA.
Monde Numérique :
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29:46] Oui, exactement, c'est du NVIDIA. Donc là, pour le coup, ils ne sont pas souverains, si on peut dire.
Invité :
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29:51] Non, mais bon, ils sont détachés d'un pour aller vers l'autre.
Monde Numérique :
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29:56] Bon, ben écoute, c'est vrai que c'était assez chargé. Voilà, exactement. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
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30:04] Ah, écoute, il y a plein de choses dans mon carnet cette semaine. Je me réserve vraiment la surprise. Mais il y a une entrevue que j'ai bien hâte de partager et c'est fait avec une jeune femme, une jeune Québécoise qui présentement vit à New York, Et elle joue dans les deux pays pour développer tout l'écosystème.
Monde Numérique :
[
30:27] Ce n'est pas très loin de chez toi, New York.
Invité :
[
30:29] Non, ce n'est pas tellement loin. Mais donc, elle est en train de développer l'écosystème au niveau des batteries pour les véhicules lourds, donc bus, camions et compagnie. Mais là, ce qu'elle est en train de faire, ils viennent d'inaugurer à Polytechnique Montréal un laboratoire qui permet à des entreprises de tester ce genre de produits, mais à grandeur réelle. Et puis là, elle est en train de faire travailler des universités québécoises ou montréalaises avec des universités new-yorkaises. Et quand on sait que cette période-ci, elle est plutôt difficile entre les États-Unis et le Canada, de voir qu'au moins au niveau académique, il y a des collaborations qui se font comme ça. Un, ça fait du bien. Et puis, deuxièmement, c'est intéressant de prendre des nouvelles de ces gens-là, de voir comment ils sont en train d'avancer. Alors, c'est une entrevue très technique là-dessus. Sinon, il y a d'autres sujets, mais, Faudra venir écouter mon carnet.
Monde Numérique :
[
31:26] Ben oui, évidemment. Tu ne vas pas tout nous dire, bien sûr.
Invité :
[
31:29] Ben non, il faut écouter. Jérôme, je te retrouve la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
31:34] Avec grand plaisir, Bruno. Tiens, je te réserve une surprise la semaine prochaine. Voilà.
Invité :
[
31:39] Ah oui, on va te retrouver ailleurs qu'à Paris.
Monde Numérique :
[
31:42] Je ne te dis pas, je ne te dis pas, mais en principe, je t'appellerai dans un autre endroit.
Invité :
[
31:47] Je passerai ma journée à côté du téléphone.
Monde Numérique :
[
31:51] Du téléphone. Ça n'existe plus, le téléphone.
Invité :
[
31:54] Non, mais Terminal, Téléphone.
Monde Numérique :
[
31:56] Reste bien à côté du Terminal. Salut, Bruno. Et salut à tous.
Invité :
[
32:13] Monde Numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
32:23] Tiens, si on s'intéressait un peu à ce que la technologie peut apporter à l'hôpital et par voie de conséquence aux patients que nous sommes tous potentiellement, ainsi qu'aux soignants. On en parle tout à l'heure à l'occasion de notre mini-série sur l'innovation technologique dans l'hôpital public. Avant cela, on reviendra sur l'affaire Mythos, cet incroyable modèle d'intelligence artificielle conçu par Anthropic pour détecter des failles de cybersécurité, mais aussi potentiellement pour aider les hackers à fabriquer de nouvelles attaques et de nouvelles armes et de nouveaux codes malveillants. Faut-il s'en inquiéter ? Eh bien, peut-être pas tant que ça, nous expliquera un spécialiste d'Orange Cyberdéfense. Mais avant cela, je reçois le patron d'une entreprise tech française que vous connaissez. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale. Si vous écoutez Monde Numérique, l’hebdo premium sur Apple Podcastss ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés, version longue, la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Boris Lecœur.
Invité :
[
33:28] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
33:28] Vous êtes directeur général de Synfonium, qui est la société qui a racheté le moteur de recherche Qwant il y a quelque temps, en 2023 si je ne m'abuse, qui possède également Shadow. Voilà, Synfonium, qui appartient à Octave Klabat, je ne me trompe pas.
Invité :
[
33:48] Non, vous ne vous trompez pas, absolument. Synfonium appartient à Octave Klaba.
Monde Numérique :
[
33:53] Bienvenue dans Monde Numérique. On va parler de cette décision du Parlement européen qui a choisi, eh bien, de... Qui a choisi Qwant, le moteur de recherche français, qui va désormais être présent sur tous les postes de travail des collaborateurs du Parlement. Mais avant ça, j'aimerais bien qu'on revienne un petit peu sur l'histoire, justement, Qwant, très connue en France, qui a eu des hauts et des bas, c'est le moins qu'on puisse dire. Vous pouvez nous faire un petit film ? Où en est Qwante aujourd'hui ? Qu'est-ce que c'est finalement ?
Invité :
[
34:23] Oui, je peux vous faire un petit film, et puis la dernière saison, si on veut reprendre le fil d'actualité. Mais Qwante, depuis son rachat par Synfonium en 2023, on est engagé dans une nouvelle phase de développement qui est plus industrielle, plus technologique et plus réaliste. Au final, le nouveau Qwant ne cherche pas à se présenter comme un Google européen, ni à rejouer les promesses du passé. On sait que le marché du search est dominé par des acteurs aux moyens considérables. Et donc, nous, notre enjeu, c'est de construire étape par étape une alternative européenne, crédible, durable et différenciante, et de ne pas tomber dans certains travers du passé comme vous avez pu l'évoquer. Cette nouvelle phase repose sur vraiment trois piliers. Un moteur grand public respectueux de la vie privée, On va même dire : le plus respectueux de la vie privée. On ne conserve pas de données, on n'a pas de données personnelles.
Invité :
[
35:37] On tronque les adresses IP, on ne conserve pas les recherches, on ne fait pas de réidentification, on ne fait pas de reconstitution de session. Ça ne nous intéresse pas, ce n'est pas notre business de vente de la data. Nous, on veut être respectueux de la vie privée de nos utilisateurs. Donc ça, c'est le premier pilier. Le deuxième, c'est une technologie de recherche qui va être progressivement de plus en plus indépendante pour atteindre 100% d'indépendance. Et le troisième, c'est vraiment la mise et le partage de cette technologie, la mise au service des nouveaux usages qui sont liés à l'intelligence artificielle. Et ça, c'est un énorme enjeu stratégique pour Qwant.
Monde Numérique :
[
36:22] Alors donc, il y a cette nouvelle qui, évidemment, doit vous faire plaisir. Le Parlement européen impose à partir du 4 juin 2026, en ce moment, l'usage de Qwant essentiellement sur les navigateurs Firefox et Edge. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que vous faites votre entrée au Parlement et que vous avez « booté » Google hors du Parlement ?
Invité :
[
36:48] On n'a pas booté Google hors du Parlement, c'est le choix du Parlement européen, mais c'est un symbole fort. Et ce choix du Parlement européen de configurer Qwant comme moteur de recherche par défaut sur ses postes internes, c'est une reconnaissance importante, parce que ça montre que la souveraineté numérique, ce n'est plus seulement un sujet de discours ou de régulation. Et au-delà de, entre guillemets, forcer le passage à Qwant, ça intervient à un moment où on a une technologie qui est mature, une technologie qui offre un service et sur lequel on a aussi une forte satisfaction de nos utilisateurs avec même des features et des fonctionnalités maintenant qui sont, on pense, en avance sur le marché, notamment on a chez nous une réponse flash qui est une réponse quand on fait une recherche et qu'on identifie que cette recherche peut être pertinente pour avoir.
Invité :
[
37:52] Une interrogation de notre IA interne on fournit une réponse IA dans le premier pavé que vous retrouvez dans la page de réponse, et qui est assez plébiscité par nos utilisateurs et ensuite on peut même discuter avec l'IA et donc on a, naturellement non pas forcé l'IA, mais ouvert le search à l'IA avec des fonctionnalités supplémentaires qui se trouvent que ce sont des fonctionnalités qui vont aussi, on le pense, aider le Parlement européen et les parlementaires également. Et pour Qwant, c'est certes une fierté aussi, mais c'est aussi une responsabilité Prouver qu'une alternative européenne dans la recherche en ligne, ça peut être utile, qu'elle est crédible aussi et qu'elle est digne de confiance autant pour les citoyens, ce qui était, je vais dire, notre cœur de métier historique, que pour des institutions européennes ou des organisations privées et des organismes privés.
Monde Numérique :
[
38:50] Malgré tout, vous l'avez dit, c'est avant tout une décision symbolique de la part du Parlement qui veut donc montrer qu'il se soucie de la souveraineté numérique. Est-ce que vous ne craignez pas que ça ne soit que symbolique ? Est-ce qu'on ne risque pas de revivre ce qu'on a déjà vécu avec l'ancienne vie de Qwant lorsqu'il avait été imposé, en quelque sorte, dans des administrations, dans l'audiovisuel public aussi ? Et puis, ça n'avait pas été un grand succès. On sait que les gens allaient sur Google en douce. Est-ce que ça suffira à l'un comme à l'autre ?
Invité :
[
39:24] Alors, il y a deux réponses à ça. La première, c'est que nous, on ne veut pas être imposé. Si on est utilisé aujourd'hui par des millions d'utilisateurs quotidiennement en France et dans le monde, on n'a pas uniquement des utilisateurs en France. On le fait non pas parce que les utilisateurs sont forcés. Les utilisateurs qui nous utilisent, ils peuvent changer à tout instant de technologie. Ils peuvent aller sur un autre moteur de recherche. Et donc, le service répond quand même aux utilisateurs. Donc, ça, c'est le premier angle. Le deuxième angle, donc l'angle de la privacy. les utilisateurs sont soucieux de cette privacy et sont soucieux également d'avoir une source de vérité qui n'est pas dépendante de votre profil utilisateur. C'est-à-dire, une recherche dans Qwant par rapport à une terminologie va renvoyer les mêmes résultats, en fait. Indépendamment de votre personnalité qui a été identifiée dans les moteurs de recherche qu'on n'en fera pas, mais qui traquent toutes vos données, de recherche, mais pas que, de position, de géolocalisation, de ce que vous avez fait précédemment dans d'autres outils.
Invité :
[
40:31] De réidentification par rapport à ce que vous avez pu utiliser comme autre produit, et qui au final ne vous offre pas une page de recherche qui est une source de vérité, mais vous offre une page de recherche qui va aussi optimiser les réponses et les publicités qui vont vous être proposées. Et ça aussi, nos utilisateurs plébiscitent ce besoin d'avoir une requête qui renvoie une réponse qui est la réponse finalement la même, entre guillemets, pour tous les utilisateurs.
Monde Numérique :
[
41:01] Reste à savoir si les utilisateurs finaux sur leur poste de travail, ils trouveront leur compte. C'est un peu le sens de ma question aussi.
Invité :
[
41:08] Oui, c'est ce en quoi je partageais qu'on est fiers, mais on a une responsabilité autour de ça. Et notre responsabilité, c'est d'assurer la satisfaction de nos utilisateurs, d'assurer aussi un service qui a les temps de réponse, qui reste de l'ordre de la milliseconde ou de la seconde et donc c'est un fort enjeu et une forte responsabilité qu'on a vis-à-vis de tout l'ensemble de nos citoyens, en particulier de ces institutions qui font ce type de choix.
Monde Numérique :
[
41:37] Merci Boris Lecœur, directeur général de Synfonium.
Invité :
[
41:41] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
[
41:49] La cybersécurité à l'ère de l'intelligence artificielle. Nouvel épisode de cette série spéciale en partenariat avec Orange Cyberdefense. Je suis ravi de recevoir Cyril Demonceaux. Bonjour. Bonjour. Vous êtes responsable du centre de défense Orange Cyberdefense. On sait que l'IA est à la fois une opportunité, bien sûr, pour les entreprises, mais également une menace. Et depuis peu, cette menace a pris un nom, si on peut dire, avec ce qu'on pourrait appeler l'affaire Mythos. Alors Mythos, voilà cet outil développé par Anthropic, spécifiquement pour la cybersécurité. Qu'est-ce que ça change concrètement ?
Invité :
[
42:26] La particularité de Mythos, c'est qu'il est capable de pouvoir interpréter et analyser des logiciels complexes, identifier des vulnérabilités et tester leur exploitabilité. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? C'est qu'une fois qu'il a trouvé des failles, il va pouvoir prouver qu'il sait les exploiter. Et donc, l'objectif pour un attaquant, c'est ce qu'on appelle de l'escalade de privilèges, c'est-à-dire qu'il va obtenir plus de droits que ce qu'il est censé avoir.
Monde Numérique :
[
42:49] D'accord.
Invité :
[
42:50] Il va potentiellement changer de rôle, d'un rôle d'utilisateur à administrateur, obtenir des secrets. C'est tout l'enjeu de ses capacités. Et c'est, on va dire, j'avais envie de dire la promesse, en tout cas, l'effort et les capacités que Mythos propose.
Monde Numérique :
[
43:06] Donc, le début de votre phrase est plutôt rassurant. C'est faire un audit des logiciels en utilisation dans les entreprises pour savoir où il y a des problèmes potentiels. Mais la suite de votre phrase, elle, est un peu inquiétante. Comment exploiter éventuellement ces vulnérabilités ? Si on parle d'abord de l'aspect scan, justement, c'est une véritable avancée technologique, au fond.
Invité :
[
43:27] Alors... Je rappelle que Mythos est un projet fermé, il n'est pas public, et donc on ne peut se référer qu'aux publications qui sont faites dessus.
Monde Numérique :
[
43:35] Voilà, on ne peut pas y accéder librement aujourd'hui.
Invité :
[
43:36] Exactement. Et donc aujourd'hui, ce que je tiens quand même à rappeler, c'est qu'évidemment sur le papier, potentiellement de manière autonome, Mythos est capable de trouver des milliers de vulnérabilités qui vont toucher des systèmes d'exploitation. Alors, je vais utiliser des noms comme OpenBSD, FreeBSD, des navigateurs, des équipements réseau. on a également une société privée qui s'appelle XBOW pardon excusez-moi qui comment dirais-je, à analyser les vulnérabilités trouvées et finalement à démontrer qu'avec des moteurs qui étaient peut-être moins avancés et concurrents, on pouvait également trouver ces vulnérabilités pour pouvoir un peu balancer finalement les publications qui ont pu être faites.
Monde Numérique :
[
44:18] Donc finalement, Mythos a peut-être été un peu survendu, c'est ça que vous voulez dire ?
Invité :
[
44:22] Survendu, pas forcément, mais en tout cas, il y a des perspectives. Il y a potentiellement effectivement une promesse de pouvoir détecter de nombreuses vulnérabilités. Après, Mythos, sa force évidemment, c'est de pouvoir identifier des vulnérabilités, mais sa capacité essentielle, c'est de pouvoir combiner des vulnérabilités pour faire des chemins d'attaque complexes dans un système d'information. Et donc là, on peut se référer à un autre papier d'un institut de recherche anglais, gouvernemental, qui a testé sur un banc, finalement, ses capacités Mythos. Et comme d'autres, il a pu faire un comparatif dans son test. Et ce qu'il a pu voir, c'est que Mythos est capable de pouvoir faire de l'intrusion, ce qu'on appelle du déplacement latéral, de l'escalade de privilèges, de compromettre le système d'information. Mais par contre, ce que dit aussi cet institut, c'est que le test a été fait sur un système d'information qui n'étaient pas protégées. Donc, il n'était pas durci, il n'y avait pas de détection, il n'y avait pas de mesure de prévention. Et Mythos a été capable, en moyenne, de réaliser 70% des étapes du test, et il n'a réussi que 3 fois sur 10 l'intégralité des étapes. Donc, ce n'est pas non plus totalement magique. Et ce que dit également cet institut de recherche, c'est que sur un environnement pur industriel, là, Mythos était en échec. Il n'a pas su réaliser l'intégralité des étapes. Donc, ça permet aussi de contrebalancer.
Monde Numérique :
[
45:50] Ça permet de relativiser un peu la menace. Mais l'IA, quand elle travaille seule, est-ce qu'elle est capable aujourd'hui de détecter une attaque, par exemple, et d'y faire face elle-même ? Et puis... Je ne sais pas, de couper des accès, de même éventuellement peut-être de patcher elle-même le système ?
Invité :
[
46:08] Alors, sur le plan purement théorique, évidemment. Après, en pratique, on utilise beaucoup l'IA pour nous aider à comprendre des alertes, à pouvoir faire le tri entre ces fameux du bruit, pour pouvoir enrichir une alerte, nous aider à la qualifier. Aujourd'hui, on s'interdit d'utiliser l'IA pour pouvoir faire de la remédiation automatique, pour éviter évidemment les effets de bord puisqu'on utilise au quotidien des capacités IA, on a besoin encore d'un humain derrière pour pouvoir corriger, redresser et vérifier ce qui est réalisé. Aujourd'hui, ce n'est pas automatique, ce n'est pas magique, on a besoin encore d'un expert derrière. Et donc, lui laisser les rênes sur le volet remédiation, c'est quelque chose qui est beaucoup trop tôt. On ne lui laisse même pas encore les rênes.
Monde Numérique :
[
46:52] Peut-être un jour ?
Invité :
[
46:54] Peut-être un jour, après c'est une question de risque. Mais en tout cas, aujourd'hui, on ne lui laisse pas les rênes et même sur la partie qualification des alertes, nos systèmes ne vont pas clôturer eux-mêmes les alertes. On va toujours vérifier derrière quand même.
Monde Numérique :
[
47:12] On ne va pas vous dire le matin qu'on vous réveille. Tiens, au fait, vous avez été attaqué cette nuit, mais ne t'inquiète pas, j'ai réglé le problème.
Invité :
[
47:18] Pas de manière automatique. Non, non, non.
Monde Numérique :
[
47:21] Merci Cyril Demonceaux, responsable du centre de défense Orange Cyberdefense. Raphaël Beaufret, bonjour.
Invité :
[
47:37] Bonjour.
Monde Numérique :
[
47:37] Vous êtes directeur des services numériques de l'APHP. C'est l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Bienvenue dans cet épisode en partenariat avec la Fédération hospitalière de France à l'occasion du salon SantExpo 2026 et à l'occasion de la table des DSI hospitaliers. Vous avez publié récemment votre schéma directeur pour la période 2026-2030, c'est ça ?
Invité :
[
48:00] Oui, absolument.
Monde Numérique :
[
48:01] C'est votre roadmap, comme on dit, pour les cinq prochaines années. En quelques mots, c'est quoi ?
Invité :
[
48:07] On a beaucoup d'enjeux autour de la donnée pour essayer de mieux s'organiser autour de la donnée. Historiquement, les DSI sont très organisés autour des produits ou des applications. Et nous, on veut essayer de changer un petit peu le paradigme pour essayer d'avoir des responsables pour chaque type de données. Par exemple, la donnée du rendez-vous à l'hôpital et qu'elle ne soit pas dupliquée dans toutes nos applications, qu'on travaille sur son cycle de vie pour savoir est-ce qu'on garde ces données pendant 40 ans, ou est-ce qu'on les supprime, ou est-ce qu'on les archive. Donc ça, c'est une part importante de nos travaux. On a beaucoup de travaux autour de l'intelligence artificielle pour essayer de faire une synthèse de beaucoup de documents de santé en un document unique pour ceux qui n'ont pas beaucoup de temps pour tous les lire. On a aussi d'autres projets, par exemple, pour interroger de manière agentique le contenu d'un certain nombre de nos systèmes d'information pour permettre de retrouver facilement l'information qu'on cherche. Mais on a également beaucoup de projets pour mieux associer nos utilisateurs à la conception de nos services numériques, les médecins, les infirmiers, les aides-soignants. Et donc, on a les patients. Et donc, on a un gros focus pour nos prochaines années sur une manière avec de l'intelligence collective de mieux associer nos utilisateurs qui sont extrêmement nombreux et extrêmement divers et qui ont des besoins parfois extrêmement, différents les uns des autres et donc savoir mieux les faire se concerter autour des priorités qu'on doit mettre dans l'évolution de nos produits, de notre système d'information, ça fait partie de nos grands enjeux des prochaines années.
Monde Numérique :
[
49:25] L'enjeu c'est de collaborer en fait.
Invité :
[
49:27] L'enjeu c'est de collaborer comme il y a 100 000 professionnels à l'AP-HP, effectivement sur des produits qui sont utilisés par des dizaines de milliers de personnes tous les jours, on a beaucoup d'efforts à faire pour synchroniser quelque part tout le monde sur ce que sont les priorités les plus importantes.
Monde Numérique :
[
49:40] La nouvelle étape, le nouvel horizon, c'est quoi ? C'est l'IA, c'est la data, c'est faire encore mieux sans que ce soit trop compliqué peut-être pour les soignants ?
Invité :
[
49:51] L'hôpital, il faut qu'on voit que c'est des centaines et centaines de métiers différents. La blanchisserie, diététicien, des différents types de spécialités. Et donc, tous ces gens-là ont parfois des besoins assez différents, qu'on ne peut pas tout résoudre avec un seul outil magique. Et donc, ça prend du temps de conduire tous ces projets de numérisation parce que ce n'est pas que des projets technologiques, évidemment, c'est des projets surtout d'organisation. Et donc, un des enjeux qui nous occupent beaucoup, c'est de permettre aux professionnels qui prennent en charge les patients, d'avoir la donnée concernant les patients au bon moment. C'est-à-dire au moment où ils les prennent en charge, ils ont besoin d'avoir accès à certaines informations, notamment quand le patient n'est pas en mesure de les donner lui-même. Et donc, on travaille à faire en sorte qu'il y ait notamment une interopérabilité entre les hôpitaux pour que quand un patient est passé dans un service A, puis il va dans un service B, le service B retrouve les informations qui ont été saisies, pas forcément au moment, par le service A. Et ça, c'est très important pour la qualité des soins, parce que parfois, les décisions cliniques qui peuvent avoir lieu peuvent être très fortement influencées par les informations auxquelles vous avez accès. Et on a un plus grand enjeu encore, c'est aussi de récupérer des informations qui ont été produites à l'extérieur de l'hôpital. Et donc ça, c'est un des projets qui nous occupent, par exemple, c'est de connecter les systèmes hospitaliers avec des systèmes extra-hospitaliers.
Monde Numérique :
[
51:01] C'est quel genre de système ?
Invité :
[
51:03] Je pense, par exemple, en France, on a la chance d'avoir un carnet de santé électronique national.
Monde Numérique :
[
51:07] Qui n'est pas très utilisé par le patient.
Invité :
[
51:09] Je vous incite à aller regarder sur une page qui s'appelle Transparence Ségur. Les chiffres d'usage du dossier médical partagé qui a son nouveau nom qui s'appelle « Mon espace santé ». Et c'est vraiment très impressionnant.
Monde Numérique :
[
51:21] Oui, qui est une appli même mobile à télécharger. Qui est toute rose.
Invité :
[
51:24] Là, avec un M. Et aujourd'hui, on est vraiment sur un carnet de santé électronique national qui a été ouvert pour la quasi-totalité des citoyens français. Il y a plusieurs dizaines de millions de Français qui sont déjà connectés avec une dynamique qui est très intéressante. Et surtout, une dynamique très intéressante qui est les acteurs de la prise en charge, les hôpitaux, les laboratoires de biologie, les centres d'imagerie, les médecins de ville, les pharmaciens d'officine, ils alimentent ce carnet de santé électronique national depuis leur logiciel. Et nous, un des enjeux sur lesquels on travaille, c'est que les services cliniques puissent accéder à cette donnée du carnet de santé électronique national au moment où ils prennent en charge le patient à l'hôpital. Donc, on est en train de travailler en ce moment même à l'interopérabilité entre, ce qu'on appelle le dossier patient informatisé. Donc, c'est l'outil dans lequel sont rangés.
Monde Numérique :
[
52:08] Entre guillemets. Parce que ça, ça ne coule pas de source, en fait.
Invité :
[
52:12] Ça ne coule pas de source, mais c'est absolument essentiel d'avoir ces données au moment où vous prenez en charge le patient.
Monde Numérique :
[
52:16] Bien sûr.
Invité :
[
52:16] Et c'était déjà une première révolution que d'avoir un accès aux données qui ont été saisies au sein de l'hôpital, à l'AP-HP, dans les 38 hôpitaux de l'AP-HP. Mais là, on est en train de faire quelque part la deuxième vague, qui est la capacité d'aller consulter les éléments qui ont été alimentés, par exemple, par votre pharmacien de ville, si vous êtes allé vous faire vacciner en pharmacie.
Monde Numérique :
[
52:35] C'est-à-dire qu'en fait, mon médecin peut accéder à mon carnet de santé comme si je lui apportais un carnet papier qui a été rempli au fil des années.
Invité :
[
52:42] Avec votre consentement, parce qu'il n'a pas le droit de le faire sans votre consentement. Et lorsqu'un médecin ou un professionnel de santé accède à votre carnet de santé électronique, Vous avez une notification qui vous arrive pour vous dire que tel professionnel a consulté votre dossier.
Monde Numérique :
[
52:54] D'accord.
Invité :
[
52:55] Si vous ne l'avez pas autorisé à ce moment-là, vous avez le droit, entre guillemets, de vous plaindre ou d'essayer de comprendre pourquoi ça s'est passé comme ça. Et en tout cas, c'est maintenant possible. Et les taux d'usage par les professionnels de santé des données de mon espace santé sont vraiment en augmentation.
Monde Numérique :
[
53:09] Merci Raphaël Beaufret, directeur des services numériques de l'AP-HP.
Invité :
[
53:13] Merci.
Monde Numérique :
[
53:23] Retrouvez, comme d'habitude, ces interviews en version intégrale la semaine prochaine en épisode séparé sur le fil du podcast Monde Numérique.
Monde Numérique :
[
53:35] Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Monde Numérique l'hebdo en date du 6 juin 2026. Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter Monde Numérique. Vous êtes très nombreux, notamment en ce moment. C'est vrai qu'il y a plein de sujets intéressants, ça je dois dire. Des intervenants vraiment qui méritent qu'on s'y intéresse et qu'on s'arrête quelques instants pour les écouter. Vous pouvez retrouver toutes ces interviews bien sûr sur le fil du podcast Monde Numérique. Je rappelle le mécanisme, chaque samedi un magazine avec l'essentiel de l'actu et des versions courtes des interviews. Et puis si vous voulez retrouver des interviews en version longue, c'est quelques jours plus tard sur le fil du podcast. Également pour certaines d'entre elles, en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Et tout cela est rassemblé à la fois sur le site mondenumérique.info et également dans l'application mobile signée Good Barber sur iPhone ou Android.
Monde Numérique :
[
54:27] Voilà, j'ai vendu toute ma petite camelote. On peut dire, vous savez tout. Merci de l'attention que vous portez à ce podcast qui me procure personnellement toujours autant de plaisir et demande aussi toujours autant de travail. Donc continuez surtout à être nombreux et à commenter ce podcast, tous les différents épisodes. On se retrouve la semaine prochaine, tiens, avec une petite surprise. On sera dans un décor un peu différent, je ne vous en dis pas plus. Je vous souhaite d'ici là une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !