💬 Les mots de la tech 2025 : "Sycophancy"
Maison Connectée31 décembre 202505:22

💬 Les mots de la tech 2025 : "Sycophancy"

Un mot étrange s’est imposé dans le vocabulaire de la tech en 2025 : sycophancy. Derrière ce terme se cache un risque bien réel pour les utilisateurs de l’intelligence artificielle, notamment les plus jeunes.

La sycophancy, ce terme anglais que l’on peut traduire par flagornerie ou flatterie, désigne la tendance de certains modèles d’IA à aller systématiquement dans le sens de l’utilisateur, quitte à valider des propos inexacts ou dangereux. Un biais problématique, car une IA trop complaisante ne corrige plus les erreurs et peut renforcer des croyances fausses, notamment dans des domaines sensibles comme l’information, la santé, l’éducation ou l’aide à la décision.

Ce phénomène, désormais bien documenté par la recherche, trouve son origine dans les données humaines utilisées pour entraîner les modèles et dans la recherche d’interactions positives.

Grégory Renard, spécialiste de l’intelligence artificielle et cofondateur de l’association Everyone.ai, alerte sur les dérives possibles, y compris l’addiction aux chatbots et les risques psychologiques pour les plus jeunes.

Les concepteurs de modèles travaillent à des garde-fous, via le nettoyage des données et l’alignement des IA, mais le problème reste loin d’être totalement résolu.

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Monde Numérique : [0:01] Comme chaque fin d'année dans Monde Numérique, on fait une pause pour essayer de comprendre ce que cette année nous a vraiment raconté. Et pour prendre un peu de recul, eh bien, il y a un bon révélateur, c'est le vocabulaire. Certains mots se sont en effet imposés dans les discours des entreprises, des politiques, des chercheurs, les médias, évidemment, également. Et puis aussi même dans le grand public. Monde Numérique : [0:21] Alors, pour commencer, le premier terme incontournable de l'année, c'est sans doute celui d'agent IA. Qu'est-ce que c'est que ça ? Eh bien, un agent IA, ce n'est plus un simple assistant conversationnel avec lequel on peut discuter comme ça, comme on le connaît jusqu'à présent. Mais c'est un système capable véritablement d'enchaîner des actions, de planifier, de choisir des outils et parfois d'agir de manière autonome dans un environnement numérique, bien entendu. En 2025, OpenAI a largement popularisé cette notion avec des agents capables d'utiliser des outils externes, de naviguer dans des interfaces logicielles ou d'exécuter des suites de tâches complexes. Microsoft a intégré des logiques d'agents également dans son écosystème Copilot, notamment pour automatiser des workflows professionnels. Google, de son côté, a présenté des agents capables de coordonner plusieurs services, notamment dans la productivité et le cloud. On ne demande plus à une IA une réponse. Avec un agent, on lui confie un objectif. On en parlait cette année dans Monde Numérique avec Romain Huet d'OpenAI. Romain Huet: [1:21] Pour définir un agent, je pense qu'il y a trois éléments importants. Le premier, c'est une expérience qui automatise une tâche en fonction d'un plan que vous avez donné. La deuxième chose, c'est que vous donnez à cette expérience accès à des outils. Ça peut être chercher sur Internet, ça peut être accès à votre répertoire de contacts, ça peut être accès à votre boîte mail. Et le troisième élément, ça va être un set de garde-fou de sécurité pour vous assurer que l'agent, et donc cette expérience automatisée, va réaliser une tâche telle que vous l'espérez ou vous le voulez. Ces trois éléments, en fait, c'est un peu les briques élémentaires des agents. Aujourd'hui, le travail qu'on fait chez OpenAI, c'est de rendre accessible cette technologie qui est très disruptive. Ce qu'il faut se rendre compte, c'est qu'encore une fois, quand on parle d'une révolution de l'IA et de tchat GPT, en fait, on est en train de vivre une deuxième révolution qui a commencé début 2025, sur laquelle nous, on investit massivement. Il y a un changement de paradigme, c'est-à-dire que vous n'êtes plus dans une interface uniquement conversationnelle, Mais cette expérience va aussi pouvoir réaliser des tâches pour vous. Romain Huet: [2:30] Il faut bien se rendre compte de ce qui se passe aujourd'hui. Monde Numérique : [2:35] Et puis, les agents IA ont pris une dimension supplémentaire encore avec l'avènement des navigateurs agentiques, comme Comet d'Entropic ou Atlas d'OpenAI, lancé en 2025. De vrais navigateurs qui permettent d'aller sur le web, comme Chrome ou Firefox, mais qui peuvent aussi faire des choses tout seuls à votre place parce qu'ils sont boostés à l'IA. Concrètement, l'agent IA voit une page web, il comprend son contenu, il clique là où il faut, il peut même remplir des formulaires, naviguer entre plusieurs sites, exactement comme le ferait un utilisateur humain. Cette approche a été rendue possible par les avancées de ce qu'on appelle le computer use, des modèles capables d'interagir avec des interfaces graphiques existantes, sans API dédiée. L'IA n'a plus besoin qu'on lui ouvre une porte technique, celle des API jusqu'à présent. Maintenant, elle passe par la porte d'entrée, comme tout le monde. Monde Numérique : [3:29] Alors c'est prometteur, mais avons-le, pas vraiment encore tout à fait au point. L'exécution des requêtes est lente, il y a pas mal d'erreurs. Il s'agit de solutions transitoires, en attendant que les services s'adaptent véritablement nativement aux agents. Mais avec l'IA agentique se posent aussi des questions sensibles. Jusqu'où un agent peut-il aller ? Jusqu'où peut-il agir en votre nom ? Comment sécuriser l'accès à des comptes, à des services, des données personnelles, des paiements, etc. S'il faut donner tous ces codes à l'agent ? Et que se passe-t-il en cas d'erreur ? Enfin, comment distinguer un humain d'un agent automatisé sur le web ? Ce phénomène grandissant qui fait qu'il y a presque plus de robots que d'utilisateurs humains sur Internet. Et puis surtout, où s'arrête l'autonomie ? Avec les navigateurs agentiques, le web devient un espace partagé entre humains et intelligence artificielle active. Une évolution majeure qui pourrait transformer en profondeur le web lui-même, Monde Numérique : [4:26] qui va s'adapter à ses agents et donc se transformer. Ce ne sera pas sans conséquence sur notre manière d'utiliser Internet. En 2025, les agents IA sont devenus un enjeu stratégique majeur, mais aussi un nouveau sujet pour de possibles régulations futures.
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