🎤 Le Brésil, nouvelle puissance mondiale de la tech ? (Daniel Topper, Primelis)
Maison Connectée17 juin 202619:33

🎤 Le Brésil, nouvelle puissance mondiale de la tech ? (Daniel Topper, Primelis)

Installé au Brésil depuis plus de douze ans, Daniel Topper dirige aujourd’hui la filiale brésilienne de la société française Primelis. Depuis le Web Summit Rio, il décrypte un écosystème tech en pleine accélération, porté par le mobile, l’IA et surtout le système de paiement PIX, devenu un modèle mondial.

🎤 INVITÉ : Daniel Topper - Directeur Brésil de Primelis

Punchlines

  • Le Brésil est devenu un laboratoire technologique de 210 millions d’habitants.
  • Les Brésiliens ont sauté certaines étapes pour passer directement au mobile.
  • Le PIX est une arme stratégique totalement brésilienne.
  • L’adoption de l’intelligence artificielle est extrêmement rapide au Brésil.

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Pourquoi le Brésil attire-t-il autant d'acteurs de la tech ?

Ce qui est frappant ici, c’est que le marché brésilien ressemble beaucoup aux marchés américain ou européen en termes d’acteurs, de technologies et d’approches. Mais sur certains sujets, le Brésil est même plus avancé. Les usages mobiles se sont imposés très vite, sans forcément passer par certaines étapes historiques qu’on a connues ailleurs. Pour beaucoup d’entreprises internationales, c’est devenu un immense laboratoire à ciel ouvert avec plus de 210 millions d’habitants.

Comment expliquer le succès du système de paiement PIX ?

Le PIX est une infrastructure de paiement instantané développée par la Banque centrale brésilienne. Aujourd’hui, environ 80 % de la population l’utilise. Les paiements sont gratuits, instantanés et fonctionnent avec toutes les banques. On peut payer via un QR code, un numéro de téléphone ou une adresse e-mail. Pour l’e-commerce, c’est extrêmement puissant, car cela réduit les frais bancaires et limite la fraude. Le PIX est devenu un véritable sujet stratégique et même diplomatique avec les États-Unis car cela fait de l'ombre aux grands acteurs américains du paiement, tels que Visa et Mastercard.

Où en sont le développement et l'adoption de l’intelligence artificielle ?

L’adoption de l’IA est très rapide. Les outils comme ChatGPT sont massivement utilisés, aussi bien par les développeurs que par le grand public. Beaucoup de fonctionnalités d’IA de Google ou d’autres plateformes sont déjà déployées ici. On voit aussi émerger des startups brésiliennes valorisées plusieurs milliards de dollars autour de l’IA, notamment dans le juridique, la finance ou les ressources humaines.

Recommanderiez-vous à des entrepreneurs français de venir s'installer ici ?

Oui, mais il faut être patient et résilient. Le marché est complexe et très compétitif. Une entreprise française qui arrive ici découvre souvent qu’il existe déjà des concurrents locaux très solides. Il faut donc adapter son offre et comprendre les spécificités du marché brésilien, notamment la fiscalité et les usages locaux. Mais il existe un vrai écosystème tech, des investisseurs et une communauté French Tech très active.


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Daniel Topper: [0:01] Et je pense que c'est ce qui est intéressant dans le marché brésilien, c'est qu'il est finalement assez similaire au marché américain ou au marché Daniel Topper: [0:07] européen en termes d'acteurs, en termes de technologie, en termes d'approche. Mais il est sur certains aspects, et on aura l'occasion d'y revenir, beaucoup plus avancé, beaucoup plus moderne. On a l'impression que les Brésiliens ont parfois sauté une étape, se sont retrouvés directement sur du mobile et sans passer par l'étape de stock. Sur du paiement aussi, ont sauté certaines étapes. donc c'est assez intéressant de voir que c'est pour pas mal d'entreprises finalement un laboratoire et un laboratoire avec 210 millions d'habitants donc un laboratoire assez sympa pour tester des choses. Monde Numérique : [0:44] Bonjour Daniel Topper. Daniel Topper: [0:45] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:46] Ravi de te rencontrer, de faire ta connaissance ici au Web Summit de Rio. Tu diriges au Brésil l'antenne d'une entreprise française qui s'appelle Primelis. Et tu vis donc depuis très longtemps au Brésil, c'est ça ? Daniel Topper: [0:59] Oui, exactement. Je suis français. J'habite au Brésil depuis 12 ans. J'ai eu l'occasion de venir dans un cadre d'expatriation pour une entité e-commerce du groupe Casino à l'époque. Et depuis maintenant six mois, entre temps, je suis passé par d'autres entreprises. Et depuis maintenant six mois, je lance effectivement la filiale brésilienne d'une MarTech française qui s'appelle Primelis. Monde Numérique : [1:19] Qu'est-ce que c'est Primelis exactement ? Quel est votre business ? Daniel Topper: [1:22] Alors Primelis a déjà une quinzaine d'années et présente principalement en France et aux Etats-Unis. Et notre business, c'est d'aider les entreprises qui investissent déjà beaucoup, en ligne à faire ça mieux. Donc on a différentes approches, mais principalement une approche qui consiste à joindre, du conseil et des technologies pour permettre aux marques de dépenser moins et d'éviter de la cannibalisation qui peut souvent se produire entre des canaux organiques, des canaux payants, des canaux comme des marketplaces. Donc on les aide à se développer de manière plus rentable. Monde Numérique : [1:54] À organiser la communication, la visibilité de manière smart, on va dire. Daniel Topper: [1:58] À éviter les silos qui apparaissent dans la plupart des grandes marques où vous avez une équipe qui gère le trafic organique, une équipe qui gère la vente sur Amazon, une équipe qui gère le payant. Chacun va vouloir raconter ses propres indicateurs et montrer que tout fonctionne. Et nous on aide justement à réellement montrer à ces entreprises où se trouve, le chiffre d'affaires incrémental plutôt que du chiffre d'affaires qui serait Daniel Topper: [2:21] de toute façon intervenu sans investissement. Monde Numérique : [2:24] D'accord. Alors c'est la quatrième édition de ce Web Summit qui se déroule à Rio. Qu'est-ce que tu en penses ? C'est un salon qui prend de l'importance selon toi ? Daniel Topper: [2:33] C'est un salon qui prend beaucoup d'importance. Je ne suis pas venu aux éditions précédentes. J'ai fait d'autres salons internationaux comme le South Summit. Mais on voit cette tendance de plus en plus importante de grands salons mondiaux, de venir soit à San Paolo, soit à Rio, soit à Porto Alegre dans le cadre du South Summit. Parce que le marché ici est énorme. Parce que c'est un marché important pour les multinationales comme Meta, comme Google, Nvidia et d'autres, qui sont d'ailleurs assez présents. Monde Numérique : [2:58] Assez présents ici. Oui, on les voit partout là, il y a tous les stands en fait, tous les grands noms de la tech sont ici. Daniel Topper: [3:02] Exactement, et je pense que c'est ce qui est intéressant dans le marché brésilien, c'est qu'il est finalement assez similaire au marché américain ou au marché européen, en termes d'acteurs, en termes, de technologies, en termes d'approche, mais il est sur certains aspects, et on aura l'occasion d'y revenir, beaucoup plus avancé, beaucoup plus moderne, on a l'impression que les Brésiliens ont parfois sauté une étape, se sont retrouvés directement sur du mobile et sans passer par l'étape de stop. Sur du paiement aussi, on sautait certaines étapes. Donc c'est assez intéressant de voir que c'est, pour pas mal d'entreprises, finalement un laboratoire, et un laboratoire avec 210 millions Daniel Topper: [3:35] d'habitants, donc un laboratoire assez sympa pour tester des choses. Monde Numérique : [3:38] Un joli marché, en perspective. Tu parlais du paiement, on pense à l'application PIX, c'est ça qui est vraiment une réussite. Ils ont réussi avec ça, à booter les Américains hors du territoire. Daniel Topper: [3:50] Alors c'est un sujet très chaud. Déjà, je vais me permettre de te corriger le PIX. C'est pas une application, c'est plus une... une infrastructure. D'accord. Une infrastructure de paiement. Aujourd'hui le PIX est utilisé par euh... 80% de la population brésilienne. Monde Numérique : [4:01] Donc système de paiement... par QR code. Daniel Topper: [4:03] C'est un système de paiement instantané. Ok. Euh... gratuit. Et qui se fait soit par QR code, soit par un lien qui peut être votre numéro de téléphone, qui peut être votre email, qui peut être une clé... Une clé gérée de manière euh... instantanée. Euh... et l'avantage c'est que c'est gratuit. Donc ça passe pas par l'infrastructure des cartes bancaires, Visa, Mastercard, etc. C'est instantané, c'est extrêmement fiable et ça permet à toute une population, qui n'avait pas forcément accès au système bancaire de se retrouver avec sur son téléphone la possibilité de recevoir des paiements, de faire des paiements. Et toutes les banques sont interconnectées via le PIX. Et aujourd'hui, le PIX, pour vous donner une idée, on parle de 250-300 millions de transactions par jour. Donc c'est des milliards de transactions par mois. C'est extrêmement robuste et beaucoup de couches ont été ajoutées. Donc au départ, c'était simplement, entre guillemets, de la transaction instantanée, gratuite et accessible à tous. Mais aujourd'hui, on a du PIX qui peut être programmé. On a du PIX qui peut être parcellé, comme on dit ici. Donc en fait, c'est des installments, c'est du paiement en plusieurs fois via du PIX. Monde Numérique : [5:02] Du crédit, en quelque sorte. Daniel Topper: [5:04] C'est presque du crédit, oui. C'est presque du crédit, avec un risque très limité. Et en parallèle de ça, le PIX est très utilisé sur le e-commerce, parce que ça permet aux e-commerçants d'éviter les taxes qui sont assez élevées, lors des paiements bancaires, d'éviter la fraude aussi. Le PIX arrive instantanément sur le compte de l'e-commerçant et du coup ça permet souvent aux e-commerçants d'offrir des discounts aux consommateurs en échange d'un paiement par PIX qui est instantané. Monde Numérique : [5:26] Fiable et gratuit ça paraît formidable ça parce qu'en plus c'est vraiment une initiative brésilienne la banque centrale la banque centrale, souveraineté numérique, quand on sait que nous en France on est en train de réaliser qu'on est pieds et poigniers avec Visa, Mastercard, etc effectivement ça fait rêver il y a d'autres... Daniel Topper: [5:44] On génère de la friction, d'ailleurs. Récemment, pas mal de sujets sont apparus entre le Brésil et les Etats-Unis au niveau diplomatique, parce que Visa, Mastercard se plaignent de l'impact qu'a le PIX sur leur activité. Et du coup, ça devient un sujet... Monde Numérique : [5:58] Ils sont un peu gonflés, quand même. Daniel Topper: [6:00] Je vais pas me prononcer. Mais ça devient effectivement un sujet politique, diplomatique, parce que le PIX est une arme stratégique, effectivement, totalement brésilienne. Et le PIX est en train d'être exporté, d'ailleurs, la technologie est en train d'être exportée dans certains autres pays, au Canada, dans des pays d'Asie, etc. Parce que c'est un vrai cas de succès de connecter 210 millions d'habitants de manière gratuite, instantanée, à une infrastructure de paiement. Monde Numérique : [6:23] Ça pourrait arriver en Europe, selon toi ? Daniel Topper: [6:25] Je pense que ça pourrait arriver en Europe. On l'a vu via des applications qui ont fait ça de manière privée. Mais l'avantage du PIX, c'est qu'il connecte automatiquement tout le réseau bancaire. Donc, on n'a pas besoin de créer un compte en plus. On n'a pas besoin d'être dépendant d'une application. Donc oui, je pense que ça pourrait arriver en Europe. Après, il faut évidemment une volonté politique au niveau français ou au niveau européen pour mettre en place cette infrastructure. Monde Numérique : [6:47] Enfin, nous, on l'aise de maintenir les Américains à distance. Donc, on ne va peut-être pas au gré rapport aux Brésiliens aussi sympathiques soient-ils. Daniel Topper: [6:53] Non, mais je pense que le Pix pourrait être source d'inspiration pour un Pix européen. Monde Numérique : [6:57] Au-delà de ça, comment est-ce que tu vois la tech ici au Brésil ? Tu disais que c'est un pays qui a un peu grillé des étapes. Du coup, est-ce que ça veut dire qu'il est en avance ? Ou malgré tout, il y a encore des retards ? Je sais pas, l'intelligence artificielle, ça se passe comment ? Daniel Topper: [7:10] Alors, je pense que l'intelligence artificielle, c'est encore un peu le point d'interrogation parce que c'est très récent. Ce qu'on voit, c'est que l'adoption des outils comme les outils de ChatGPT, d'OpenAI, d'Enthropic, etc. est très élevée au Brésil. Monde Numérique : [7:25] Ils sont présents ici, d'ailleurs. Daniel Topper: [7:26] Oui, ils sont tous présents ici. Ils ont tous des plans qui sont accessibles avec des monnaies locales, etc. Donc, il y a une vraie adoption initialement qui a été faite par les équipes de développeurs dans les entreprises et petit à petit par le grand public. Google a testé assez vite toutes les fonctionnalités de AI overview, les raccourcis AI qui sont en train ou qui n'ont pas encore été déployés en France sont déjà présents au Brésil avec un gros impact pour les consommateurs. Monde Numérique : [7:52] Il n'y a pas de restrictions, par exemple Apple, etc. Daniel Topper: [7:57] Aujourd'hui, il n'y a pas de restrictions. Monde Numérique : [7:59] Alors qu'il y a une législation qui est assez forte, qui s'est en partie inspirée pour certaines choses d'ailleurs de la législation européenne, en termes de protection des données, il y a l'équivalent du RGPD. On a exactement l'équivalent. Daniel Topper: [8:10] On a le LGPD ici, donc c'est la l'EI GERAL du PROTESANJIDAD, la loi générale, c'est l'exact équivalent. Monde Numérique : [8:16] Et il y a aussi une ébauche, une espèce d'AI Act, donc pour l'IA. Daniel Topper: [8:21] Oui, alors ça c'est encore. Monde Numérique : [8:22] À l'état d'embryon. Daniel Topper: [8:24] Je sais pas quand est-ce que ça va passer, sous quelle modalité, mais effectivement ça c'est des sujets sans doute un peu plus embryonnaires. Mais ce qu'on voit, c'est des premières licornes en fait, qui commencent à apparaître sur l'EI. Récemment, il y a une startup qui s'appelle Hunter AI qui était valorisée plus d'un milliard de dollars au Brésil, une startup brésilienne avec des capitaux brésiliens, et américains et qui permet de digitaliser pas de digitaliser, mais d'utiliser l'EI pour résoudre tout ce qui est procès, contentieux, et toute la partie juridique en fait et ça c'est un modèle qui est en train de se répliquer sur d'autres secteurs, sur la partie finance sur la partie RH, donc il y a des énormes entreprises AI qui sont en train de naître au Brésil enfin qui sont déjà, qui ont déjà quelques années mais qui font maintenant des valorisations de plusieurs milliards de dollars. Monde Numérique : [9:10] Est-ce qu'il y a un écosystème d'ingénieurs ? Est-ce qu'il y a des investisseurs aussi pour les start-up ? Ça c'est une interne question. Daniel Topper: [9:19] Alors il y a beaucoup d'investisseurs brésiliens. Il y a des fonds de venture capital, des fonds de private equity, etc. Donc il y a un écosystème aujourd'hui qui n'est évidemment pas de la taille en termes de moyens de celui des Etats-Unis, mais qui n'a pas à rougir par rapport à des écosystèmes européens. Donc il y a des très gros fonds maintenant qui sont présents au Brésil et qui ont de la visibilité même à l'international. Et on a des fonds d'investissement principalement américains qui investissent aussi dans des startups brésiliennes donc il y a de la liquidité il y a des beaux cas de succès je pense que l'enjeu c'est plutôt pour ces entreprises qui lèvent beaucoup d'argent de savoir quelle est, la prochaine étape est-ce que c'est une introduction en bourse au Brésil et malheureusement il n'y en a pas tant que ça ou est-ce que c'est une introduction en bourse aux Etats-Unis et là la barrière est un peu haute donc je pense que c'est le principal enjeu pour ces entreprises là qui ne veulent pas se faire forcément racheter par des concurrents internationaux mais qui veulent se développer et trouver de la liquidité. Monde Numérique : [10:09] Alors toi tu fais partie de la French Tech, hein, c'est ça ? Exactement. La French Tech de São Paulo ? Ouais. Euh... Voilà, donc tu as une vision un peu de tout cet écosystème. Il y a des Français qui réussissent en tech au Brésil ? Daniel Topper: [10:20] Il y en a un. Alors la French Tech au Brésil, elle existe depuis longtemps. Avant que la French Tech n'existe d'ailleurs, on avait une amicale des entrepreneurs français de San Paolo. Et ça a évolué rapidement vers le label officiel French Tech. Donc aujourd'hui, San Paolo et par extension au Rio sont des villes qui sont labellisées French Tech officiellement. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'une fois par mois, on organise un rassemblement entre... Assez informel, hein, c'est une sorte d'happy hour entre les entrepreneurs qui sont liés à l'écosystème... French ou tech, euh, au Brésil. Donc ça peut être des Français, ça peut être des... Brésiliens qui ont étudié en France, ça peut être euh, voilà, tout tout ce qui est lié à... Tout ce qui est lié à des entreprises qui... qui ont trait à la France et à la technologie. Et euh, on a aussi un événement, euh, deux fois par an. Un, ce soir, à l'heure du Web Summit, et un, euh, à São Paulo, qui est un... une sorte de sommet de la French Tech. Monde Numérique : [11:11] D'accord. Et tu as en tête quelques réussites, quelques pépites qui ont décollé ? Daniel Topper: [11:17] Oui, alors il y a plusieurs licornes qui ont été fondées ou cofondées par des Français. Une entreprise dans laquelle j'ai eu la chance de travailler, qui s'appelle Loggi, qui fait de la logistique du dernier kilomètre, qui a été valorisée il y a quelques années plus de 2 milliards de dollars, et qui justement permet aux e-commerçants d'atteindre les clients dans toutes les régions du Brésil, en un jour ou deux, en utilisant de la technologie, en utilisant des algorithmes qui permettent, d'optimiser les routes de livraison. Il y a aussi une start-up qui s'appelle Daki, qui fait de la livraison express en une dizaine, quinzaine de minutes. Et contrairement à la plupart des autres start-up de ce segment qui a survécu et qui reste valorisée comme une licorne. Et après, il y a aussi des filiales de licornes européennes, comme BlaBlaCar, comme Deezer, etc., qui sont présentes au Brésil. Comme... Primalist, nous... Ouais, on est... on est présents en Brésil. Euh... On est pas encore une licorde, mais quelques centaines de millions de valorisation, donc on est... on n'en est pas très loin. Monde Numérique : [12:19] Comment est-ce que tu vois les différences ou aussi les similitudes entre le Brésil et la France ? Il y a un axe franco-brésilien, je crois que c'était l'an dernier, le Brésil était l'invité d'honneur de VivaTech, si je ne me trompe pas, ou l'année d'avant peut-être ? Daniel Topper: [12:32] Parce que l'an dernier, c'était l'année de la culture et de l'amitié France-Brésil. Donc dans les deux sens, il y a eu beaucoup d'événements. Monde Numérique : [12:37] Donc il y a des connexions. Qu'est-ce que tu vois comme fait marquant ? Ne serait-ce qu'au niveau de la mentalité, des usages de la tech, c'est quoi ? Daniel Topper: [12:45] Déjà, le Brésil, c'est un pays qui est très accueillant. Sans rentrer, évidemment, dans des clichés et des généralités, mais c'est un pays d'immigration, d'accueil, où il y a cette culture d'intégrer des nouveaux arrivants. Monde Numérique : [12:58] Oui, il n'y a pas de méfiance. Daniel Topper: [13:00] Non, il n'y a pas de méfiance. La communauté française au Brésil est très importante. D'accord. Et la France est très appréciée par les Brésiliens, malgré quelques succès en Coupe du Monde qui n'ont pas un cas. Ça arrive. Mais la France est très appréciée par les Brésiliens. Et il y a effectivement beaucoup de passerelles, que ce soit des passerelles universitaires, des échanges entre HEC, la FGV et tout un tas d'autres écoles, des passerelles aussi diplomatiques, évidemment, et une certaine proximité culturelle. On est deux pays, finalement, relativement latins. Monde Numérique : [13:31] En termes de mentalité, selon toi, c'est compatible ? Daniel Topper: [13:33] C'est très compatible. On a l'impression. Je ne vois pas de point de friction particulièrement. Je pense que le Brésil est bien plus proche de la France qu'il ne l'est des États-Unis, par exemple. Donc, il y a une... Monde Numérique : [13:46] Moi, je suis là depuis à peine quelques jours et je ne connaissais pas. C'est la première fois que je viens et j'ai l'impression que c'est très carré. Tout est assez bien organisé, de la sécurité pour entrer dans un salon comme ça, à l'hôtellerie, au transport, etc. Monde Numérique : [14:01] Mais il y a un gros problème aussi, malgré tout, où il reste un gros problème, de criminalité, d'insécurité, etc. C'est une réalité. Daniel Topper: [14:09] C'est effectivement un pays de contraste. C'est un pays qui concentre quelques, millionnaires, milliardaires au Brésil. Il y a effectivement une classe riche qui est très aisée, qui va voyager à l'international, etc. Il y a évidemment des inégalités très fortes, beaucoup de pauvreté. Je pense qu'à Rio on le voit particulièrement parce que les favelas sont littéralement au milieu de la ville donc c'est assez un pays de contraste, un pays qui a des défis assez structurels liés à la logistique, liés à tout ce qui est, fiscalité de manière générale qui a essayé de mettre en place des barrières protectionnistes avec plus ou moins de succès la fiscalité au Brésil est très complexe c'est un pays fédéral donc chaque état a ses propres règles, si vous faites du commerce avec tel état ou avec tel autre la politique de fiscalité va différer selon où est situé votre entrepôt quel type de marchandises vous envoyez etc, donc il y a un gros business pour tous ceux qui aiment la fiscalité ici et ça bouge en plus en ce moment, donc il y a quelques barrières à l'entrée pour un français qui arrive et qui se dit « Ah bah tiens, je vais appliquer ma TVA et puis ça va être facile. » Non, ici, il y a un peu plus de subtilité. Mais une fois qu'on a compris les... Monde Numérique : [15:18] Bon, quand on est français, on n'a pas peur de la fiscalité. Non, on n'a pas peur de ça. On est rôdés. Daniel Topper: [15:21] Exactement, exactement. Mais ici, c'est un niveau au-dessus. Monde Numérique : [15:25] Ouais. Je reviens un instant sur la question de l'insécurité, de la criminalité. Oui, beaucoup de pauvreté qui engendre tout ça. Également de narcotrafic, qui est une réalité. Est-ce que c'est un handicap lourd ou bien... bon ben on fait avec quoi. Moi j'ai été impressionné par une chose quand même à Rio, toutes les résidences, que ce soit des villas, des immeubles, etc. Tout est ultra sécurisé, il y a des gros portails, du contrôle biométrique, des caméras partout. Bon alors du coup, il y a la police partout dans les rues. Alors du coup, on n'est pas forcément confronté à la criminalité, mais on sent qu'elle est présente, il y a cette menace. Daniel Topper: [16:08] Oui, la criminalité existe, évidemment. Après, comme tu le disais, ça génère aussi tout un écosystème et tout un business de la sécurité, etc. Donc, encore une fois, sans nier la réalité de la criminalité, je pense qu'il y a quand même un business qui crée une sensation de panique, notamment pour quelqu'un qui ne connaît pas le pays. Monde Numérique : [16:28] C'est bon pour le business, quoi, finalement. Daniel Topper: [16:29] C'est bon pour certains business, évidemment. Monde Numérique : [16:31] Et c'est pire qu'avant ou ça s'est amélioré ? Daniel Topper: [16:33] Alors, je pense qu'à Rio, à San Paolo, etc., la tendance s'améliore. Disons que les crimes graves, quand on regarde les statistiques de mortalité, etc., ne sont pas foncièrement différents de beaucoup d'autres mégalopoles. En revanche, tout ce qui est vol de téléphone portable à la tire, etc., ce sont des choses qui arrivent. Monde Numérique : [16:52] Et quand on vient, d'ailleurs, on nous... Daniel Topper: [16:54] Il faut faire attention. Monde Numérique : [16:55] Il y a plein de recommandations. On nous dit surtout, surtout vous, ne sortez pas vos téléphones portables dans la rue. Daniel Topper: [17:00] Peut-être pour te donner une idée, en 12 ans ici, je me suis fait une fois voler mon téléphone en attendant un taxi. Bon, ça aurait pu arriver à Paris. Ça pourrait arriver à Paris, tout à fait. Mais effectivement, il faut être un peu plus prudent. Et ici, il y a une criminalité cyber aussi qui est très active. D'accord. Le Brésil est parmi les pays où les hackers sont les plus à la pointe, avec la Russie notamment. Et donc, du coup, on se méfie aussi parce qu'une fois qu'on se fait voler son téléphone, le téléphone, est transmis à des personnes en quelques minutes qui arrivent à rentrer dans les applis bancaires, à faire des virements ça c'est un peu le revers de la médaille du PIX, même si le PIX a justement aussi mis tout un tas de couches de protection pour éviter ce genre. Monde Numérique : [17:37] De choses et malgré toutes les sécurités qu'il peut y. Daniel Topper: [17:38] Avoir de biométrie etc, les hackers sont très très forts ici. Monde Numérique : [17:42] Ah ouais, c'est pas simplement l'appareil c'est tout ce qu'il y a derrière. Daniel Topper: [17:44] C'est tout ce qu'il y a derrière. Monde Numérique : [17:45] Bon je t'ai emmené un peu au-delà de la tech et au-delà de la French tech mais c'est vrai que c'est intéressant, encore on a encore quelques minutes, est-ce que tu conseillerais à des entrepreneurs français de venir tenter leur chance au Brésil ? Daniel Topper: [18:00] Alors, oui. La réponse en un mot, ce serait oui. Pour nuancer, je pense qu'il faut être assez résilient. C'est un marché qui, comme tu le vois, est relativement complexe, qui n'a pas attendu les entrepreneurs français pour se développer. Donc, très certainement, si vous avez une techno en France, elle a déjà son concurrent ou une alternative ici. Donc, l'enjeu, c'est de trouver le bon positionnement, d'être assez résilient et de ne pas se dire, tiens, j'ai quelque chose qui marche en France, je vais faire un copier-coller et ça va marcher au Brésil. C'est plus compliqué que ça, il faut s'adapter à la réalité du marché qui est différente et être prêt à être relativement patient pour que ça prenne forme. Monde Numérique : [18:38] Et après, dans la réalisation, etc., on peut trouver des financements locaux ? Daniel Topper: [18:44] Pour une boîte française, je pense que l'idéal, c'est d'avoir des financements, européens ou français, notamment par les effets de taux de change, etc. Mais oui, il y a des financements locaux, que ce soit des financements institutionnels, des aides, etc., qui sont à disposition. Monde Numérique : [18:58] Merci beaucoup Daniel Topper de la société Primelis donc merci de nous avoir, fait se découvrir de manière rapide et hyper précise en même temps La Tech au Brésil à l'occasion de ce Web Summit 2026 bienvenue Jérôme. Daniel Topper: [19:16] Merci un petit mot en portugais pour finir ? Obrigado a todos Obrigado, c'est le seul mot que je connais merci.
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