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Que penser de la polémique qui a visé Luc Julia, figure bien connue de l’intelligence artificielle et directeur scientifique de Renault ? Dans ce Grand Débrief de rentrée, nous analysons les rouages de cette « tempête numérique », entre réseaux sociaux, journalisme et querelle d'experts.
Avec François Sorel (BFM B / Tech & Co) et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet).
💥 Polémique Luc Julia : que penser de l'affaire qui a secoué l'été ?
Une vidéo à charge diffusée sur YouTube a accusé Luc Julia d’être un imposteur de l’IA. Pourquoi ce procès médiatique a-t-il pris une telle ampleur ? Entre effet boule de neige sur les réseaux sociaux, manque de rigueur journalistique et fracture idéologique entre pessimistes et optimistes de l’IA, nous décryptons cette affaire en profondeur.
🍏 Apple : une IA qui se fait attendre
La prochaine keynote d’Apple est attendue pour le 9 septembre, avec un iPhone 17 qui suscite peu d’enthousiasme. Les promesses d’Apple Intelligence se font toujours attendre, et Apple pourrait même sortir un assistant intelligent sous forme de robot. Gadget ou révolution ? Face à cette inertie, Google semble avoir pris une longueur d’avance avec son écosystème IA.
📱 Pixel 10 Pro : Bruno a quitté l’iPhone
Bruno Guglielminetti a franchi le pas : il a définitivement abandonné l’iPhone pour le Pixel 10 Pro. Pourquoi ? Pour l’intégration poussée de l’IA, omniprésente dans le téléphone, de la prédiction contextuelle à l’assistant proactif. Une expérience mobile repensée… et un signe des temps.
📰 IA pigiste et réalisateurs augmentés
Des articles rédigés par une fausse journaliste générée par IA ? Des tournages de films dirigés par une IA en Chine ? Nous revenons sur deux histoires édifiantes qui montrent à quel point l’intelligence artificielle s’insinue dans des métiers jusqu’ici profondément humains.
François :
[0:02] Quand tu suis comme ça par pointillé la carrière de ce gars-là, tu te rends compte que ce n'est pas un rigolo. Ce n'est pas un rigolo, Luc Julia, ce n'est pas un imposteur.
Jérôme :
[0:10] On peut ne pas être d'accord avec lui et tout, mais cette vidéo était ultra choquante parce que c'était complètement une vidéo à charge.
Bruno :
[0:19] Ce n'est pas un travail de journaliste. C'est de l'opinion. C'est une vidéo qui a été balancée là. Moi, j'ai l'impression que c'est quelqu'un qui avait le goût d'avoir des clics. Il a été gâté.
[0:29] Monde numérique, le grand débrief.
Jérôme :
[0:33] Et c'est parti pour le grand débrief de Monde Numérique. Chaque mois, on passe en revue l'actu tech du mois écoulé, en podcast audio bien sûr et en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique avec des pointures du secteur. Mes éternels camarades et fidèles amis, François Sorel de BFM Business Takenco à Paris. Salut François.
François :
[0:52] Salut, salut Bruno, salut Jérôme, heureux de vous retrouver.
Jérôme :
[0:55] Il est là, tout bronzé, de retour, il a repris le boulot, donc il est heureux parce qu'il s'embêtait un peu, c'était les vacances, il va nous raconter ça.
François :
[1:01] Je m'embêtais beaucoup, en fait. Il fallait absolument que je reprenne.
Jérôme :
[1:04] Et Bruno Guglielminetti du podcast Mon Carnet à Montréal. Salut, Bruno.
Bruno :
[1:09] Bonjour, messieurs.
François :
[1:11] Salut, Bruno.
Jérôme :
[1:12] Tu ne t'es pas arrêté de travailler.
Bruno :
[1:16] D'ailleurs, on peut le voir, de par le teint.
Jérôme :
[1:19] Tu as ce teint sérieux des travailleurs.
François :
[1:23] Oui, tu as le teint d'une intelligence artificielle.
Bruno :
[1:27] Mais je ne suis pas encore un avatar.
Jérôme :
[1:30] Bon, merci d'être là, les amis, comme chaque mois, comme chaque fin de mois. On ne s'est pas parlé en juillet, c'était prévu. Il fallait bien qu'on lève un peu le pied. Mais on reprend les bonnes habitudes, d'autant qu'il s'est passé pas mal de choses pendant l'été. On ne va pas parler de tout, mais on a retenu pour vous qui nous écoutez, qui nous regardez, quelques petits sujets. Et on va revenir, si vous êtes d'accord, sur ce sujet un peu para-actualité. C'est un peu les à-côtés, mais ça a pris le devant de la scène, une espèce de polémique incroyable contre Luc Julia, Et on va vous expliquer pourquoi on en parle parce que oui, on a des liens finalement professionnels assez réguliers avec nous et Julia, notamment François et moi. Voilà, on va parler de ça. On va parler aussi d'Apple. Je m'aperçois qu'on a parlé d'Apple quasiment dans tous les épisodes de Monde Numérique. Mais à chaque fois, il y a quelque chose. Il y a une keynote qui arrive, il y a des projets en cours, il y a des interrogations, des questions, etc. Et si on parle d'Apple, on parlera aussi de ceux qui ont décidé de se détourner d'Apple. Suivez mon regard. Il a osé, il a fauté, il a quitté l'iPhone au profit. Ne fais pas l'innocent, n'essaye pas de regarder autour de toi Bruno. C'est de toi dont je parle. Tu as opté pour le Pixel Pro.
Bruno :
[2:43] Je me sens sur la bande à un accusé.
Jérôme :
[2:45] Pas du tout.
François :
[2:46] Pas du tout.
Jérôme :
[2:47] Comme je te connais, c'est que tu dois avoir plein de bonnes raisons pour avoir fait ce choix et donc il faut que tu nous racontes tout ça. Et puis, évidemment, il faudra parler d'intelligence artificielle. Alors, il y a une actualité, foisonnante, débordante en IA, mais on s'intéressera à des petites histoires carrément insolites qui montrent que l'IA prend une place très pondérante et de plus en plus dingue, je crois qu'on peut le dire, dans nos vies quotidiennes.
François :
[3:11] Parfois inquiétante aussi un peu.
Jérôme :
[3:12] Parfois aussi un peu inquiétante. Si vous êtes chauds les amis et vous qui nous écoutez, c'est parti pour le grand débrief du mois d'août 2025. Cette émission est parrainée par FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises. FreePro est un opérateur spécialisé pour les pros qui s'adresse à toutes les entreprises, les TPE, PME, mais aussi, on le sait moins, les grandes entreprises à travers les solutions experts, des solutions IT, cloud, télécom et cybersécurité spécifiques pour les directions techniques et informatiques. FreePro dispose d'experts de la connectivité et de la donnée. Là où ils mettent le paquet aujourd'hui, c'est dans l'accompagnement personnalisé des clients via des équipes dédiées présentes dans une dizaine de villes. FreePro, c'est un peu comme ce podcast, sérieux sans se prendre au sérieux. Leur objectif, c'est de bousculer l'ordre établi sur le marché du B2B comme ils l'ont fait dans le grand public, avec un crédo, simplicité et innovation. Pour en savoir plus, rendez-vous sur freepro.com et merci à FreePro de soutenir Monde Numérique. Oui, alors jeudi, mois d'août, parce qu'effectivement, on va parler un peu de ce qui s'est passé, mais vous écoutez peut-être cette émission au mois de septembre. François, qui a un calendrier dans la tête, vient de me le faire remarquer hors micro.
Bruno :
[4:25] Non, mais il y a une bonne pensée pour les retardataires. Moi, je trouve ça généreux de sa part.
Jérôme :
[4:29] Ça s'est bien passé, vos vacances ? Non, j'allais dire vos vacances. Bon, tes vacances, François.
Bruno :
[4:33] Merci.
François :
[4:34] Ouais, écoute, bien passé. Vacances sur mon île. C'était cool.
Jérôme :
[4:39] Son île, c'est la Corfe.
François :
[4:41] Voilà, on s'est reposé. On a profité. C'était bien, c'était bien. Et puis, tu sais, ce qu'il y a d'incroyable avec l'accord, je le dis souvent, c'est que finalement, on est à une heure et demie de vol de Paris et on est totalement dépaysé. C'est ça qui est cool. Donc, voilà.
Jérôme :
[4:57] C'est sympa.
Bruno :
[4:58] Ça vaut au mille cartes de postage.
Jérôme :
[5:02] On ne s'est pas beaucoup parlé cet été. Je sentais qu'il était très occupé, si vous voulez. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la tech qui l'occupe. Je pense qu'il était plutôt dans les cas. T'es toujours dans le plâtre et dans le carrelage, on est bien d'accord. Pas loin, pas loin. Bon, on ne rentrera pas dans les détails, ce n'est pas vraiment le sujet de l'émission. Alors, on va donc commencer avec cette histoire de Luc Julia, histoire de camper le décor et de résumer un peu ce qui s'est passé pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents. En quelques mots, cet été, Luc Julia, directeur scientifique de Renault, spécialiste dans l'intelligence artificielle, et que l'on présente souvent comme co-inventeur de Siri, a donc fait l'objet d'une polémique, une véritable tempête sur YouTube, sur les réseaux sociaux, un petit peu dans les médias également. Car des YouTubers, notamment une vidéo, a tenté d'expliquer que Luc Julia n'était pas vraiment compétent en intelligence artificielle, qu'il racontait n'importe quoi dans ses conférences, dans ses interviews, dans une intervention très remarquée qu'il a faite au Sénat en juin 2025, et au passage à Lonsigément aussi, qu'il ne serait pas co-créateur de Siri, comme on le dit souvent. Donc, une vidéo qui était un vrai réquisitoire, on va peut-être en dire un mot. Et puis ensuite, on peut dire que c'est, enfin moi j'appelle ça le tribunal des réseaux sociaux qui s'est mis en branle. Puis aussi quelques articles dans les médias traditionnels où on l'a quasiment traité d'imposteur, de Raoult de l'IA, etc. Ouais, mais c'est allé très loin.
Jérôme :
[6:31] Qu'est-ce que vous avez pensé de tout ça l'un et l'autre sachant évidemment que Luc Julia intervient régulièrement dans ton émission François sur BFM Business, On le connaît depuis longtemps. Il intervient aussi dans le monde numérique. Et je crois, Bruno, que tu l'as interviewé également peut-être une fois. Qu'est-ce que ça vous a inspiré ? Est-ce que vous avez suivi un peu cette histoire estivale ?
François :
[6:53] Déjà, c'est un sujet que moi, je n'apprécie pas trop parce que c'est vrai que quand tu te focusses sur la tech, vraiment, ce n'est pas un sujet tech. C'est vraiment une polémique liée à la technologie et à la personnalité de quelqu'un qui a marqué quand même de son empreinte Lilia et qui est francophone. Donc, en plus, c'est quelqu'un qu'on interview souvent, qui est très disponible, Luc Julia. Et c'est vrai, tu disais, Jérôme, on le connaît très, très bien. C'est pour ça que c'est compliqué, moi, de rentrer dans ce débat parce qu'on, est proche de Luc Julia, il faut le dire, avec Jérôme. On le côtoie, on le voit régulièrement. Alors, on n'est pas amis, vraiment, mais vous savez, le fait de faire des interviews régulièrement qui se succèdent depuis des années, ça crée des liens. Forcément, et on échange sur plein de sujets liés à la tech et moi, j'ai rarement vu, alors, avec mon humble... Passé dans le monde de la tech, j'ai rarement vu Luc raconter des bêtises, si tu veux. Voilà, vraiment.
Jérôme :
[7:56] Alors là, déjà, parmi ceux qui nous écoutent, il y en a plein qui font des bons. Mais c'est pas grave, c'est fait exprès et on va rentrer dans le détail après.
François :
[8:03] Ce que je veux dire par là, c'est que parfois, je n'étais pas d'accord avec ce qu'ils disent. D'accord ? C'est autre chose.
Jérôme :
[8:08] Tout à fait.
François :
[8:09] C'est pas tout à fait pareil.
Jérôme :
[8:10] Tu as entièrement raison de préciser ce point.
François :
[8:12] Et voilà, si tu veux, le respect de son de son histoire dans la tech. Rappelons qu'il a travaillé, évidemment... Enfin, il a créé plein de boîtes dans les années 90 et 2000, dans une que j'aimais beaucoup qui s'appelait Orb. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette boîte qui était top, qui inventait le streaming avant l'heure, en fait. Depuis ton PC, tu arrivais à streamer du contenu que tu avais sur le PC depuis un smartphone. Et les smartphones, à l'époque, c'était des Q-Tech sous Windows Mobile, et ça marchait. Donc, c'est quelqu'un qui a créé des choses, qui a fait des trucs. Alors, Orbs n'a pas marché. Mais bon, si on commence à pointer du doigt tous les inventeurs qui ont sorti des trucs qui n'ont pas marché, on ne va pas s'en sortir. Après tout ça, bien sûr, il y a eu l'épisode Apple qui a été longuement contesté aussi. Mais le fait est qu'il a travaillé chez Apple pendant un an, qu'il s'occupait de Siri. Alors après, il y a des problèmes de, on va dire, de temporalité dans tout ça. Mais malgré tout, à un moment ou à un autre, il travaillait pour Siri chez Apple. Ça, c'est une certitude. Et puis, auparavant, même si ça ne s'appelait pas Siri, on sait que Luc a bossé sur tout ce qui touche à la reconnaissance vocale. D'une manière ou d'une autre, mais même à la préhistoire de la reconnaissance vocale à la fin des années 90. Donc, quand tu suis comme ça par pointillé la carrière de ce gars-là.
François :
[9:40] Tu te rends compte que c'est pas un rigolo. C'est pas un rigolo, Luc Julia, c'est pas un imposteur, d'accord ? Après, Après, il y a des choses, et je le disais tout à l'heure, des propos pour lesquels je n'étais pas d'accord. C'est-à-dire que je trouvais qu'il avait, je trouve qu'il a toujours un peu, un peu trop de, comment dirais-je, de recul par rapport à l'innovation de Chagipiti, de Claude, etc. Je trouve qu'il ne se rend pas trop compte de la vitesse à laquelle va aujourd'hui l'IA générative. Et je pense que c'est lié à son socle de connaissances qui le conforte,
François :
[10:15] en fait, dans ses certitudes, si tu veux. Mais qui aurait pu imaginer que ChatGPT, avec GPT-5, aujourd'hui, arrive à soutenir une conversation intéressante, à te questionner, à relancer les choses et tout ? Personne, personne. et je pense que c'est ce qu'on peut reprocher peut-être à Luc, c'est le fait que, des fois il se déconnecte un peu de la réalité et des innovations voilà, et tout ça si tu fais une boule de tout ça et que tu te balances à des, on va dire des youtubeurs je parle pas de leur talent là, tu vois, après c'est des points de vue et bien tout ça tu peux démonter tout ce qu'il a fait parce qu'on peut avoir des points de vue différents Et moi, ce que je reproche à certaines de ces vidéos, c'est que je trouve qu'elles sont parfois à charge, vraiment.
Jérôme :
[11:08] C'est ça le problème.
François :
[11:09] Tu vois, sans prendre en compte que malgré tout, ce gars-là a inventé des choses, a apporté sa pierre à l'édifice de la tech. Et je trouve que ce n'est pas très respectueux. Voilà. Et au-delà de ça, soutenir une conversation sur l'intelligence artificielle avec lui, c'est passionnant. Combien de fois, Jérôme, on s'est retrouvé à discuter avec lui. de ces sujets, et tu vois tout de suite que c'est quelqu'un d'intéressant. Donc voilà ce que je pouvais dire. Euh... Il y a un souci, je pense, de compréhension de la vitesse à laquelle va la technologie de la part de Luc, qui s'est un peu trop assis dans son confort de connaissance. C'est compliqué à expliquer, mais je pense que c'est l'une des raisons qui a fait un peu péter la mèche, si tu veux. Et puis, il y a un autre problème aussi, je pense, c'est qu'à vouloir trop simplifier tout ce qu'il dit, pour le qui-dam, en fait, parce que l'intelligence artificielle, c'est très, très compliqué. À vouloir le simplifier au maximum, eh bien, parfois, il se retrouve avec des biais et avec des... Comment dirais-je ? Avec des interprétations qui peuvent être fausses, tu vois. Et surtout, si ces interprétations sont faites par des spécialistes qui, eux, sont tellement pointus qu'ils ne vont pas en laisser passer une. Tu vois ce que je veux dire ? C'est comme tu vas prendre un jardinier professionnel, tu vas commencer à dire.
François :
[12:34] S'il écoute un jardinier amateur, ou en tout cas qui veut pas amateur, mais quelqu'un qui va simplifier au maximum pour une grande audience, il va dire vous allez arroser deux fois par jour, ce truc-là mais forcément, le spécialiste va dire mais non, c'est pas possible, parce que c'est pas la bonne variété parce que tout dépend de la météo, de la température etc. Je schématise mais c'est un peu ça, finalement et ce qu'on reproche à Lux, de vouloir si tu veux dédramatiser l'IA, la démocratiser et la simplifier, c'est retourner un peu contre lui. Après, il y a aussi la polémique des chiffres. Il y a certains chiffres qu'il utilise dans ces conférences.
Jérôme :
[13:13] On va peut-être y revenir.
François :
[13:16] Je parle beaucoup parce que c'est vrai que c'est un sujet qui... On en a parlé un petit peu hier avec Bruno dans Tech & Co. On en parlera lundi pour tous ceux qui regardent cette émission. Lundi, Luc sera avec nous sur le plateau.
Jérôme :
[13:28] Il sera aussi dans le monde numérique. Sous-titrage ST' 501.
François :
[13:30] Et bien voilà, exactement. Et on va essayer de, si tu veux, de faire notre job de journaliste, parce que c'est compliqué. Malgré tout, on va essayer d'être le plus neutre possible pour essayer de comprendre pourquoi on en est arrivé là.
Jérôme :
[13:43] Alors, bon, François, juste avant de donner la parole à Bruno pour avoir un peu son ressenti. En plus, c'est intéressant parce que Bruno, il est plus loin, etc. Moi, juste un mot, mais je suis tellement aligné avec ce que tu dis. C'est tellement ça, si tu veux. On peut ne pas être d'accord avec lui et tout, mais cette vidéo était ultra choquante parce que c'était complètement une vidéo à charge qui, au lieu de dire sur ce point, on n'est pas d'accord avec Luc Julia là-dessus, on pense qu'il se trompe, ça a été une entreprise de déstabilisation. On a remis en question son CV, son parcours, ses compétences, avec des effets en plus, vidéo, se baser sur la répétition.
Jérôme :
[14:23] Moi, j'ai trouvé, je l'ai écrit dans un papier, ça ressemblait à une vidéo de complotiste, tu sais, où on sort des petits bouts, on va isoler des petits bouts sur des photos, ou bien on isole des petites phrases ici et là, et puis on les répète, et puis on pose des questions. Mais quand même, c'est un peu bizarre. Non, est-ce que vraiment ? Et surtout, surtout, surtout, et c'est là où toi, comme moi, et comme beaucoup de journalistes, on est extrêmement choqués, c'est que On n'a pas cherché, cette vidéo n'a pas cherché à donner la parole à Luc Julia pour essayer d'aller plus loin, parce que cette vidéo n'est pas faite par un journaliste. Alors, pas de problème, il n'y a pas que les journalistes qui ont le droit de s'exprimer sur YouTube, ce n'est pas le sujet, mais c'est là aussi où on voit la différence. Pourquoi est-ce qu'on dit journaliste, pas journaliste ? Parce que quand tu es journaliste et que tu t'attaques à quelqu'un, eh bien, tu as des règles, tu le fais selon des règles qui font qu'on ne tue pas les gens comme ça, on n'essaye pas de les tuer médiatiquement, parce qu'après, après une telle vidéo, il y a l'effet de meute et il suffit de voir les commentaires qui sont un déluge. En plus, je trouve ça fantastique comme mécanique, c'est-à-dire qu'il y en a un, deux, trois qui vont poster des commentaires rageux et derrière, ça va être des dizaines de personnes qui vont dire exactement la même chose, mais je ne sais pas pourquoi, ils ont besoin de le dire eux aussi, donc ils vont répéter. Et donc, ça fait une espèce de boule de neige comme ça, où on en vient à essayer de faire croire que Luc Julia est un imposteur, un nul, etc. Et donc, c'était un problème de méthodologie de la vidéo au départ. Maintenant, on va effectivement parler un peu du fond.
Jérôme :
[15:51] Tu l'as dit, il sera dans ton émission lundi, il sera également dans la mienne.
Jérôme :
[15:56] Parce que nous, on fait un boulot de journaliste, on va l'interroger avec le recul qu'on va essayer de mettre en place entre lui et nous, bien qu'on ait, comme tu l'as rappelé, des relations régulières de travail.
Jérôme :
[16:08] Et on va lui poser toutes les questions. Et moi, ça y est, l'interview est déjà enregistrée, je sais les questions que je vais poser. Je vais poser toutes les questions et tu feras évidemment pareil lundi. Cela étant, et avant de rentrer encore plus un peu dans les détails pour ceux qui, peut-être, prennent le train en marche et qui veulent savoir ce qu'on reproche concrètement à Luc-Julien, et en attendant les interviews. Bruno, quel est ton sentiment à toi sur cette affaire?
Bruno :
[16:31] Écoute, je ne le regarderai pas tellement de l'œil d'un gars de tech, mais beaucoup plus des quatre ans que j'ai passés dans une grande firme de relations publiques canadiennes, nationales, pour ne pas la nommer. Et c'était le scénario parfait pour avoir une crise. Parce qu'il y a une vidéo qui est mise en ligne par quelqu'un qui n'est pas d'un organe journalistique, ce n'est pas un média, Donc, il peut y aller de la façon qu'il veut. Il fait une déclaration avec des montages, avec des choix bien trouvés. Et puis après, il dépose ça. Et là, après, ce qu'on voit arriver, puis évidemment, c'est du rentre-dedans, mais après, ce qu'on voit arriver, c'est le phénomène des « moi aussi ». Ce que j'appelle la communauté des « moi aussi ». Et ces gens-là sortent de nulle part, on ne sait pas, ils n'ont jamais été là, sauf que là, ils se sentent le besoin d'en ajouter. Et ils ont une petite frustration à quelque part, on appellerait ça une grotte sur le cœur.
Bruno :
[17:24] Et puis, bon, ils embarquent dans le train en disant « Ouais, moi aussi, je trouve qu'ils disent des conneries. » Ou « Ouais, ouais, moi aussi. » Sauf qu'il faut se ramener, on était en plein été. Si vous étiez au beau milieu d'une campagne électorale, s'il y avait de l'actualité vraiment forte, Et qu'on n'était pas en été, cette histoire-là aurait probablement duré 24 heures, peut-être même qu'elle n'aurait pas existé. Mais on est en plein été et là, tu as des gens qui se demandent quoi faire. Et c'est pour ça que c'est un excellent décor planté pour donner de la place à cette histoire-là. Puis quand vous regardez le traitement des… c'est drôle parce qu'ici au Canada, j'en parlais avec des gens qui connaissaient un peu puis qui suivaient puis qui t'avaient entendu Jérôme en parler dans le cadre de mon carnet puis qui me disaient.
Bruno :
[18:09] Mais c'est quand même fascinant parce que là, ça reste autour de la blogosphère, la podcastosphère, on est dans ce domaine-là. Un peu les réseaux sociaux, bien pas un peu, sur les réseaux sociaux. Mais là, attendons de voir si les médias vont le reprendre. Et qu'est-ce qu'ils ont fait, je pense, c'est dans l'Express et dans le Point, je pense que j'ai vu passer ça. C'était de mettre de l'éclairage sur une situation. Mais je n'ai pas senti qu'il y avait du travail de journaliste qui était fait. Et c'est ça où, moi, je le trouve malheureux, parce que François, tu as tellement bien planté le décor. Puis Jérôme, tu as endormi. Mais l'idée là-dedans, c'est que ce n'est pas un travail de journaliste. C'est de l'opinion. C'est une vidéo qui a été balancée là. Moi, j'ai l'impression que c'est quelqu'un qui avait le goût d'avoir des clics. Il a été gâté. Et c'est ça, mais il ne faut pas accorder...
Jérôme :
[19:00] C'est une vidéo, enfin, c'est un détail, mais la vidéo était sponsorisée. Je ne sais pas, quand tu fais une... Non, mais on fait des vidéos sponsorisées, toi et moi, etc. Mais quand tu te payes quelqu'un, donc tu déverses ton fiel, et tu sais que ça va marcher d'une certaine manière. Parce que quand tu es méchant, ça marche. Et du coup tu monétises ta méchanceté, voilà, moi ça m'a un petit peu gêné Oui.
Bruno :
[19:23] Mais dans ce temps-là, il faut peut-être se retourner vers le commanditaire et dire ah bon, vous appuyez ces faits-là et là tu vas voir que la boule de neige va dans l'autre sens, elle peut rouler de l'autre côté.
François :
[19:34] Oui, parce que c'est vrai. Comment réagit le sponsor, tu vois ? Peut-être que le sponsor n'est pas d'accord sur le contenu.
Bruno :
[19:41] C'est ça.
François :
[19:42] Tu vois, donc bon.
Bruno :
[19:43] Il y a des questions à poser de ce côté-là.
François :
[19:46] Oui, c'est clair.
Jérôme :
[19:46] Juste sur les médias, il y a eu quelques articles dans la presse, tu l'as dit, Bruno, mais alors là, il y a un truc, si tu veux, il y a un piège. Il y a un piège parce que les médias qui en ont parlé, quasiment tous les médias ont interviewé Luc Julia. Et donc en fait t'as des médias qui qui pensent que Luc Julien n'est pas un imposteur, mais on est face à une affaire où il y a des questions qui sont posées donc oui, il faut en parler, il faut le creuser, il faut dire est-ce que peut-être serait-il un imposteur ? Donc on décrypte mais c'est un travail journalistique on se remet en question et on essaye d'aller plus loin, mais comment c'est perçu ça ? Comme ce n'est pas une adhésion totale au parti pris de la vidéo initiale C'est-à-dire que ce n'est pas pour autant que les médias vont se mettre à désinguer Luc Julia et décider « non, eh bien, ok, la vérité a été révélée et nous ne l'inviterons plus jamais ». Aucun média n'a dit ça. Du coup, c'est perçu comme « ah, regardez-les, ces médias complices qui n'arrivent pas à se remettre en question ». Parce que moi, je vois les commentaires sur X, etc. C'est ça, c'est « ah, ces journalistes, évidemment, ils n'arrivent pas à se remettre en question, ces copains et compagnie, etc. » Enfin, bref, ça, c'est un peu toute l'horreur des réseaux sociaux. François, tu voulais intervenir ?
François :
[20:55] Non, mais parce que pour revenir à la haine sur les réseaux sociaux, Jérôme, on a bien connu ça tous les deux, quand on a fait des vidéos, des trucs où on se faisait démolir sur les réseaux. Tu t'en souviens ? Il y a eu la période Windows, quand on se moquait de Windows Vista. Tu te rappelles, le site Clubix, c'était une déferlante de haine. Et le truc c'est que si tu veux, moi personnellement j'arrive à me déconnecter de tout ça et je trouve que le risque aussi c'est d'en parler trop, ça ne fait qu'amplifier aussi tout ça si tu veux parce que ça légitimise en quelque sorte tout ce qui a été dit, je pense qu'il faut en parler mais il ne faut pas en parler trop, il faut, comme un match de ping-pong, tu vois, tu ramènes la balle mais tu fais un smash et après, tu passes à l'autre point. Là, on en parle aujourd'hui, on en parlera lundi, mais après, j'évoquerai plus cette histoire-là.
Jérôme :
[21:57] Je suis d'accord. Pareil.
François :
[21:59] Parce que ce n'est que donner du crédit à quelque chose qui, à mon humble avis, n'en vaut pas la peine. Si. Non, mais ça vaut la peine de le faire pour remettre un petit peu l'équilibre dans le truc. Mais si tu veux.
François :
[22:16] C'est compliqué. C'est compliqué parce qu'on aura toujours, on aura toujours, tu vois, suite à cette vidéo, il y aura toujours des commentaires qui seront haineux envers nous. C'est obligé de voir ce que je veux dire. C'est comme ça. On s'en sortira pas. Je pense qu'il faut qu'on dise ce qu'on a à dire, qu'on défende ou qu'on accuse Luc Julia. C'est pas ça le problème. C'est qu'on argumente et qu'on le dise intelligemment avec lui en présent. Tu vois ? Parce que c'est ça qui est important. C'est ce qu'on va essayer de faire. Mais après, tu vois, bon... Et puis, il y a aussi un autre sujet, c'est que nous, on est journalistes tech. On évoque des milliers de sujets tout au long de l'année. On a des centaines d'invités, d'accord ? Après, tu te retrouves avec des Youtubers qui, parfois, ont une expertise dans un domaine que nous, on n'a pas. Que moi, personnellement, je n'ai pas, tu vois. Mais moi, mon métier, ce n'est pas d'être Youtuber spécialisé dans l'IA générative. Moi, mon métier, c'est d'être journaliste, tech, présentateur d'une émission pour essayer d'endosser le plus de monde à cette passion que j'ai. Mais je n'ai pas, tu vois, tu vas me dire combien il y a de capteurs dans la Tesla, je ne sais pas. Mais en revanche, je sais que la Tesla est plutôt bonne en autonomie.
François :
[23:27] En IA, j'ai quelques notions, mais je n'aurai jamais les notions d'un spécialiste qui ne fait que ça, si tu veux. Donc je pense qu'il faut qu'on se resitue dans le débat, que nous, on assume notre rôle et que, surtout, on essaie, toujours en étant journaliste parce que ça, c'est la base, de remettre l'église au milieu du village et d'expliquer et d'essayer de comprendre, ce que les gens n'ont pas compris concernant Luc Julia, tu vois. Mais voilà, gros sujet compliqué.
Bruno :
[23:56] Et Jérôme, si tu me permets juste d'ajouter un truc. Moi, quand il y a une histoire comme ça, je dis toujours que c'est une façon aussi de voir les questions. C'est-à-dire que le verre, tu le regardes, il est à moitié plein, il est à moitié vide. Alors, sur une question, quand tu parles à deux spécialistes, souvent, ils n'ont même pas le même point de vue sur une question. Ce sont deux spécialistes, mais ils n'ont pas le même point de vue.
Jérôme :
[24:16] Bien sûr.
Bruno :
[24:16] C'est quoi ? Tu balances un en disant « non, c'est l'autre qui a raison ». Ben non, c'est pas ça le boulot.
François :
[24:21] Et puis tu sais, je pense qu'il y a, alors là peut-être que je me trompe, mais encore une fois, en tant qu'humble observateur de ce qui se passe. Aujourd'hui, tu commences à avoir deux catégories. De gens qui s'intéressent à l'IA, t'as ceux qui vont dire, l'IA va nous tuer, l'IA va démolir la planète, va détruire tous les.
François :
[24:45] Emplois, va remodeler la société, etc. Avec une connotation quand même assez grave, voire même négative. Et puis tu as les autres. Tu as les autres qui, soit parce qu'ils ont un tempérament qui est plus optimiste, plus positifs vont voir, comme tu le disais Bruno, très justement, voir le verre à moitié plein. Et je pense que c'est cette confrontation aussi qu'il y a entre un Luc Julia qui dit « Attendez, non, vous ne pourrez jamais faire je ne sais pas quoi avec l'IA générative, elle n'en a pas les capacités, etc. » Et il le dit avec un aplomb qui doit énerver ceux qui sont de l'autre côté. Et je pense que c'est ça. C'est la confrontation d'un verre à moitié plein et d'un verre à moitié vide. Tu vois, et nous on est où ? On est au milieu parfois on est du côté du verre à moitié plein et puis parfois on va se dire, pétard quand même, ça va bouleverser notre quotidien, l'intelligence artificielle on sent qu'il va avoir du grabuge mais malgré tout, on essaie de garder tu vois, cette, en toute humilité on essaie de garder quand même un certain équilibre. Je pense que là sur les réseaux et sur tous ces médias on n'a plus d'équilibre, C'est ou tout est noir, ou tout est blanc, et il n'y a pas de subtilité, il n'y a pas de nuance. Mais je suis en mauvais jeu de mots avec l'une des boîtes de l'UQ, il y a.
Bruno :
[26:09] Mais le meilleur exemple, quand on parle d'IA, puis là, c'est deux sommités qu'on ne peut pas remettre en doute, tu as Lockein et tu as Benjo. Exactement. Deux visions complètement différentes par deux personnes qui ont été honorées au même moment pour l'équivalent du prix Nobel par rapport à ce qu'on a aujourd'hui. Mais t'es d'un camp ou t'es de l'autre, ou peut-être que tu te retrouves dans le milieu. Mais c'est sûr, moi, c'est fou. À chaque fois qu'on parle d'un ou on parle de l'autre, là, t'as les mois-ci qui ressortent de l'autre côté en disant « ouais, mais c'est ça ». Alors, écoute, t'as deux sommités, là. Il n'y a personne qui va les remettre en question, ces gens-là. Mais t'as toujours quand même deux camps.
Jérôme :
[26:47] Mais c'est exactement. Moi, c'est ce que j'ai appelé dans un papier que j'ai fait, les doomers contre les bloomers. Les doomers, c'est un phénomène. Aux États-Unis, c'est des gens qui sont sur une vision collapsologique, de fin du monde. Ça va même au-delà de l'intelligence artificielle, mais ça inclut l'intelligence artificielle qui serait pour une bonne part. En gros, c'est les pessimistes, d'une certaine manière. Et puis, en face, tu as peut-être les doux rêveurs.
Bruno :
[27:15] Jovialistes.
Jérôme :
[27:16] Les jovialistes comme tu l'as expliqué François qu'on appelle les bloomers donc c'est vraiment ça et tu as parfaitement résumé la chose nous on est entre les deux on donne la parole aux uns, on donne la parole aux autres sans avoir de religion tranchée mais là on est au coeur de la guerre de religion et je pense que c'est vraiment ça qui a mis le feu aux poudres parce qu'en fait qu'est-ce qui a mis le feu aux poudres c'est l'audition au Sénat de Luc Julia c'est ça qui les a énervés parce qu'il y a une espèce de communauté comme ça quand tu remontes le fil de la vidéo du prof de philo. Derrière, il y avait une autre vidéo qui avait été faite avant qui était un débat auquel Luc avait participé d'ailleurs, contre quelqu'un qui représente une association qui s'appelle Pauzia.
François :
[27:57] Et qui s'est fait un peu malmener d'ailleurs.
Jérôme :
[27:58] Il s'est fait malmener, ouais, absolument. Luc a été un peu hautain et tout.
François :
[28:03] Mais c'est ça ce qu'on peut reprocher aussi à Luc.
Jérôme :
[28:05] Oui, sur la forme, le caractère, parfois il va fort, quoi. Et c'est très mal perçu.
François :
[28:10] Mais il est comme ça, il est comme ça, tu vois. Et est-ce qu'il faut juger quelqu'un sur son caractère.
Jérôme :
[28:14] Non, exactement.
François :
[28:16] Je ne pense pas. Mais peut-être faudrait-il qu'il mette un peu d'eau dans son vin et qu'il soit un petit peu plus à l'écoute et moins dans ses certitudes aussi.
Jérôme :
[28:29] Moi, c'est la question que je lui ai posée, que tu lui poseras et tu vas voir la réponse qu'il te fait. Je pense qu'on ne le changera pas vraiment.
François :
[28:37] Non, on ne le changera pas vraiment et on ne changera pas nous non plus. Tu vois ce que je veux dire.
Jérôme :
[28:42] Ça ne va pas changer Juste pour revenir par rapport à l'audition au Sénat il y a beaucoup de gens qui ont dit mais pourquoi on invite ce mec au Sénat, c'est pas un spécialiste de l'IA, alors, toute la vidéo c'était un peu ça c'était pour prouver que c'était pas un vrai spécialiste et qu'il avait rien à foutre au Sénat, alors et d'une c'est pas un vrai spécialiste, on vient d'expliquer longuement que selon nous, si, il a un regard sur l'IA qui compte et de deux, l'audition au Sénat, mais attention les sénateurs, ok c'est eux qui sont censés avoir notre destin entre leurs mains et donc il faudrait qu'ils s'entourent des plus grandes compétences et des plus grands experts. Mais quand ils n'y connaissent rien. Et au contraire, ils avaient besoin d'un Luc Julia pour leur débroussailler le terrain.
François :
[29:21] Et d'ailleurs, on l'a regardé, cette vidéo. Ils étaient tous très contents.
Jérôme :
[29:25] Mais bien sûr.
François :
[29:25] J'avais l'impression que la plupart comprenaient un petit peu les enjeux.
Jérôme :
[29:27] Mais enfin, ils comprenaient. Et surtout, quand on leur parle de...
François :
[29:30] Alors que pour certains, ils ne savaient même pas ce que c'était l'IA.
Jérôme :
[29:32] Et même, quand on leur parle de données au lieu de leur parler de paramètres, eux, ça leur dit quelque chose. Parce que si tu commences à expliquer ce que c'est que des paramètres, tu en perds la moitié et tu perds le fil du raisonnement et ainsi de suite, et la sénatrice qui a invité Luc Julia, elle l'a dit, elle a dit mais moi je vous ai invité parce que je vous ai lu dans le Figaro je trouvais ça intéressant, il fallait qu'on vous entende voilà, c'est fait, mais Edune, ça veut pas dire qu'il sera le seul expert à être entendu moi je dis, maintenant que les sénateurs fassent venir, Yann Le Cun s'ils veulent aller plus loin, Joshua Bengio s'ils veulent avoir une vision, beaucoup plus aussi un peu, peut-être un peu plus inquiétante de l'intelligence, qu'ils les fassent venir De toute façon, ce n'est pas exclusif. Mais s'indigner contre le fait que Luc Julia ait pu être reçu au Sénat, c'est absurde.
Jérôme :
[30:17] L'Assemblée nationale, les parlementaires avaient écouté Laurent Alexandre. Laurent Alexandre, qui est aussi une personnalité hyper clivante, hyper exagérée, avec un discours hyper violent, qui n'est pas un spécialiste de l'IA, puisqu'il est médecin au départ, mais qui, derrière cette espèce de verve un peu débridée, dit parfois des choses très intéressantes, parce qu'il avait été le premier à mettre le doigt sur le concept de colonie numérique, de dépendance aux États-Unis, etc. Donc voilà, c'est ça le débat démocratique aussi, c'est écouter tous ces gens-là. Et pourtant, cette fichue audition au Sénat a mis le feu aux poudres, en fait. Mais je me demande si au-delà de ça, il n'y a pas quasiment presque une fracture générationnelle. Aussi une question entre un, une fracture générationnelle et une espèce de, on voit ressurgir cet éternel mouvement un peu, tu sais, anti-élite.
Jérôme :
[31:11] Quasiment quasi-populiste où tout ça c'est les élites, ils ne comprennent rien, ils sont nuls, ils sont corrompus et alors que nous on est au cœur du système et nous on a tout compris et ça les rend fous. C'est ça un peu le truc.
Bruno :
[31:25] Voilà. Oui, le truc où j'accroche et je fais un tout petit peu de millage là-dessus, c'est sur le générationnel parce que j'écoutais François tout à l'heure mettre la table et c'est vrai que tu ferais une entrevue avec quelqu'un qui a inventé, pas qui a inventé, mais qui a travaillé dans les premières heures avec le langage HTML. ML. Et là, maintenant, tu lui demanderais de parler d'où on est rendu avec la programmation des sites web, des blogs, des choses comme ça. Il a sa vision, il a sa perception des choses. Il était là au début, donc il y a une certaine carrure par rapport à la chose. Mais c'est sûr que dans certains cas, je ne dirais pas qu'il va être dépassé, mais il y a des choses, il y a des concepts qui lui ne l'intéressent pas parce qu'il arrivait à faire des choses de la façon qu'il le fait à l'époque. Et il y a un jeu. Alors, oui, il y a de la génération, puis ça, je le vois, systématiquement, justement parce que ça fait trop tard que je trouve ça, quand tu parles à des plus vieux qui regardent la situation aujourd'hui, c'est sûr que de temps en temps, il y a des concepts qu'ils laissent sur le bord de la route, sur le côté. Puis ils n'en parlent pas parce que ça ne les intéresse pas. Puis eux sont dans la fondamentale, ils ne sont pas dans l'anecdotique du quotidien.
Jérôme :
[32:36] Mais en plus, on oublie une chose, la communication, ça dit bien ce que ça veut dire. Il faut pouvoir communiquer. Moi, j'ai écouté le journaliste Julien Pain de France Info qui a fait trois heures, de live sur Twitch où il a diffusé des morceaux d'interview de Luc Julia et il y avait un professionnel de l'intelligence artificielle aussi qui était là il essayait un peu de comprendre il a fait un boulot qui était très propre, très neutre, etc. Et sur chaque point soulevé par Luc Julia Julien Pain donnait la parole aux spécialistes qui étaient là pour se faire préciser les choses mais on ne comprenait rien. Les explications étaient interminables. Elles étaient certainement, j'imagine, très exactes, mais ça allait tellement dans le détail, dans la nuance, dans le truc, on ne comprenait rien. Et c'est un peu le problème des experts.
François :
[33:30] Mais parce qu'on n'est pas des ingénieurs IA aussi. C'est ça le problème. Il faut avoir plusieurs lectures sur cette technologie.
Jérôme :
[33:37] Mais bien sûr.
François :
[33:38] Et sur cette révolution. Tu ne peux pas... Voilà. Si tu commences à expliquer comment fonctionne un Airbus au journal de 20 heures, t'es pas couché, tu vois. Alors, en revanche, tu dis, il y a deux réacteurs et deux ailes avec un cockpit et un commandant de bord, tu comprends à peu près ce que c'est. Non, mais je schématise et on rigole. Mais c'est ça, en fait. Et après, nous, et je le dis humblement, je ne suis pas ingénierieur IA. Moi, des sujets, on en évoque, comme avec Bruno et avec Jérôme, des centaines par an. Nous, notre job, ce n'est pas d'être spécialiste hyper pointu de sujet, c'est de pouvoir aller, naviguer à peu près dans tous les domaines que l'on évoque tout au long de l'année. Ils sont larges. Moi, ça va être la santé à l'agriculture tech, à la voiture autonome, au Google, au GAFAM, etc. Et évidemment, à l'intelligence artificielle. Tu ne peux pas... Il faudrait que j'ai huit cerveaux, mais ce n'est pas possible. Des fois, je me pose la question de savoir si j'en ai vraiment un. Donc, c'est compliqué.
Jérôme :
[34:36] Et puis, tu ne fais pas des conférences de la Sorbonne, quoi. C'est des émissions pour informer des gens que tu cueille comme ça, entre deux rendez-vous, entre deux trucs, et tu vas essayer de leur raconter une histoire pour les intéresser.
François :
[34:48] C'est ça, et puis c'est surtout, nous, on est la mèche, en fait. Quand on parle d'IA, et avec notre niveau, c'est le fait d'intéresser le maximum de gens pour ne pas les perdre, parce qu'on est là aussi pour toucher le maximum de gens, pour fédérer le maximum de gens, mais après, t'allumes des mèches. Il y en a plein qui vont se dire « Ah ben tiens, c'est intéressant ça, il y a eu ce mot-là, je n'ai pas compris, je vais aller voir. » Ah ben tiens, combien de... Enfin, on l'a vu, on a même suscité des vocations, Jérôme. Combien de jeunes qui nous ont suivis depuis 20 ans et qui sont devenus soit ingénieurs en IA, soit commandants de bord, etc. C'est notre job aussi. Donc, tu vois, on ne peut pas, on ne veut pas, on ne veut pas avoir des débats hyper pointus, hyper spécialisés sur des sujets. Ce n'est pas possible. On ne pourrait pas. Tu vois, on n'est pas youtubeurs. Nous, on est sur des médias généralistes. OK, mais on essaie de faire ce qu'on fait. et on essaie de le faire sérieusement et proprement.
Jérôme :
[35:44] Tout à fait. Écoutez, on a passé une demi-heure sur l'affaire Luc Julia. Je pense que, comme tu l'as dit, François, on a dit ce qu'on avait à dire, et puis on va maintenant s'arrêter là.
François :
[35:54] Il faut passer à autre chose. Moi, je passerai à autre chose lundi soir, parce qu'on ne voit pas lundi, on ne voit pas ce sujet, mais il faut passer à autre chose.
Jérôme :
[36:00] Il faut passer à autre chose. En tout cas, on invite évidemment les gens qui nous écoutent à aller suivre ces interviews de Luc Julia, et notamment pour rentrer plus dans les détails. Moi, je l'ai beaucoup interrogé sur l'histoire des 64%, du paramètre par rapport aux données et tout, qui faisait partie du problème. Mais c'est un peu des épiphénomènes. Parce que ce qu'il faut retenir aussi, c'est tous les thèmes que Luc Julia a mis sur le tapis. Je veux dire, c'est les questions des biais, des hallucinations, du coût énergétique, du retard de l'Europe. C'est lui qui a permis de mettre tout ça dans la discussion parmi d'autres.
Jérôme :
[36:33] Mais voilà, c'était ça aussi ce qu'il a contribué à faire. Voilà, merci à tous les deux. Et on passe tout de suite à un autre sujet.
Jérôme :
[36:47] Avant de passer à la suite de Monde Numérique, un mot d'une technologie innovante qui permet de diffuser du contenu d'une manière complètement nouvelle sur Internet, en dehors du cadre d'un navigateur. Il s'agit de frogans, partenaire de Monde Numérique. frogans permet de créer des sites légers, fonctionnants sur tous les appareils, quel que soit le système d'exploitation, ordinateur, tablette, casque de réalité virtuelle, etc.
Jérôme :
[37:11] frogans est une technologie libre et ouverte qui repose sur un protocole technique entièrement nouveau, sécurisé et respectueux de la vie privée. frogans fait actuellement l'objet d'une offre de titres qui vous permet d'acquérir, si vous le souhaitez, des parts de la société F2R2 à l'origine de cette innovation. Pour mieux comprendre à quoi ressemble frogans, retrouvez mon interview du cofondateur
Jérôme :
[37:32] Alexis Tamas en audio sur le fil de ce podcast ou en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Et pour tout savoir sur frogans, rendez-vous sur le site f2r2.fr f2r2.fr On va parler d'Apple car comme je l'ai dit, on ne peut pas faire un grand débris sans parler d'Apple, quasiment. C'est plus un hasard qu'une volonté délibérée, malgré tout. Mais à chaque fois, il y a une actu. L'actu, c'est donc la prochaine keynote. Ce sera le 9 septembre et on va enfin, enfin, je ne sais pas si on peut dire enfin parce qu'il y a peut-être un truc qui est carrément très peu attendu, c'est le c'est cet iPhone 17. Mais en revanche, Apple est quand même dans une période un peu étrange. On a déjà évoqué dans un épisode précédent leurs soucis avec l'intelligence artificielle. Et puis, il y a des nouveaux trucs qui sont arrivés et notamment, est-ce que vous avez vu cette rumeur, Bruno t'a fait un papier là-dessus, selon laquelle il pourrait lancer une espèce de robot. Alors, je ne sais pas bien pourquoi on appelle ça un robot, parce qu'en fait, ce serait plutôt une espèce d'assistant, si j'ai bien compris, d'assistant intelligent, mais sous forme de device, d'appareil qui serait...
François :
[38:40] Oui, ça serait plutôt un iPad robotisé, quoi.
Jérôme :
[38:42] Oui, un truc comme ça. Voilà, vous y croyez, vous? Ça pourrait être annoncé le 9 septembre?
Bruno :
[38:48] N'importe quoi pour attirer l'attention hors de Apple Intelligence.
Jérôme :
[38:53] Oui. Après, Apple Intelligence, il va bien falloir qu'ils mettent du charbon dans la machine.
Bruno :
[38:57] Oui, mais l'on dit que ça va être l'an prochain.
François :
[39:01] Mais moi, tu sais, ça me fait penser à un produit qui avait lancé Amazon il y a quoi, deux, trois ans, tu sais, cette espèce d'un énorme écho chaud qui était sur un bras robotisé qui tournait comme ça, qui suivait en fait la personne dans la cuisine.
Bruno :
[39:14] J'allais dans mon bureau et il fonctionne toujours.
François :
[39:17] Ben voilà.
Jérôme :
[39:18] Moi j'ai un écho juste haut avec la caméra mais en fait on a désactivé la caméra, c'est un peu flippant le truc qui te suit tout le temps.
François :
[39:25] Oui, mais ce qu'ils disent, enfin en tout cas les rumeurs qu'il y a concernant ce produit, ça serait pour ça.
Jérôme :
[39:30] Oui, c'est vrai.
François :
[39:31] Voilà. Donc, À mon avis, c'est un non-événement. Je pense qu'Apple, il travaille, mais pour faire quoi ? Ça serait un hub de l'intelligence artificielle. Le seul souci, c'est que pour l'instant, ils sont vraiment dans les choux. Ça serait dommage de le sortir maintenant, tu vois. Il vaut mieux qu'ils attendent et qu'ils peaufinent un peu leur IA et après sortir ce type de produit. Mais là, ça me paraît… Oui.
Jérôme :
[39:56] Ce ne sera pas pour la keynote de septembre.
Bruno :
[39:59] Mais c'est le même problème qu'avec l'iPhone 16. quand ils nous l'ont vendu, c'était Apple Intelligence là-dessus. Finalement, tout le monde l'achète. Les intéressés l'achètent. Finalement, ils ne livrent pas Apple Intelligence ou deux fonctionnalités qui n'avaient même pas besoin d'être marqués par intelligence. C'est ça. Donc, moi, j'ai l'impression... S'ils sortent un appareil, il faut vraiment qu'il soit wow. Il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe avec ça.
Jérôme :
[40:27] En tout cas, il faut faire quelque chose. Je ne sais pas vous, mais Non, mais il faut faire quelque chose. Moi, je veux un chat GPT ou équivalent accessible tout le temps, partout, sans avoir à lancer des applications, etc.
Bruno :
[40:45] Là, mon Gérôme, il va falloir que tu changes de téléphone.
Jérôme :
[40:48] Ah, ça y est.
Bruno :
[40:49] Non, mais ce que tu dis, c'est exactement ce que Google vient de présenter.
Jérôme :
[40:54] Oui. C'est une IA qui est transversale.
Bruno :
[40:56] Qui est à travers ton téléphone, qui est partout, si tu le veux, évidemment.
Jérôme :
[40:59] C'est ça, le truc.
Bruno :
[41:00] Si tu ne veux pas que… Mais un peu comme je racontais chez François, bon, Google, c'est déjà tout de nous. Alors là, c'est juste de cocher les cases pour officialiser le fait que oui, oui, tu peux vraiment savoir tout de moi. Et c'est ça. Après, bon, tu te jettes dans le vide du monde merveilleux de l'automatisation et de l'intelligence artificielle. Mais après, tu as de l'IA partout dans ton téléphone.
Jérôme :
[41:22] Alors, raconte-nous ton vécu, ton expérience. Donc, toi, tu as coupé le cordon, tu avais un iPhone, mais tu étais aussi sur Android. Voilà. Et tu l'as jeté à la poubelle, tu as marché dessus.
Bruno :
[41:35] Non, non, non.
Jérôme :
[41:35] Tu as sauté à pieds joints.
Bruno :
[41:37] Non, je vais le garder probablement pour faire des images, mais pas comme téléphone, pas comme outil.
Jérôme :
[41:43] Voilà. Et tu as opté pour le nouveau Pixel 10 Pro de Google.
Bruno :
[41:49] Oui.
Jérôme :
[41:50] Pour quelle raison, alors?
Bruno :
[41:52] Parce qu'à l'heure actuelle, j'en essaie des téléphones comme vous autres à chaque fois qu'il y a des nouveaux modèles qui arrivent, Samsung et compagnie. Mais là, c'est la première fois que je... C'est mon moment d'épiphanie. Je vois un téléphone qui enfin propose de l'IA embarqué, mais vraiment partout. C'est transversal. C'est dans les courriels. C'est dans les photos. Ça fait longtemps qu'il y a des trucs comme ça. Mais c'est aussi dans les communications rapides, que ce soit des textos que tu reçois, et automatiquement, on va dire, est-ce que c'est cette information-là que tu aurais besoin? Elle est dans la... Il y a un mot pour ça, pas dans la prévoyance, dans l'heure.
Jérôme :
[42:30] La prédiction?
Bruno :
[42:31] Oui, on est proche de ça. Mais donc, elle est toujours un coup en avant de toi. Aussitôt qu'elle reçoit de l'information, elle l'analyse. Et puis, dans le contexte, si tu veux, elle peut te pousser des trucs. Même chose, c'est bête. Mais maintenant, on t'offre systématiquement pour chaque personne avec qui tu parles au téléphone ou par courriel, mais idéalement plus par téléphone, d'avoir une carte, une fiche, un profil personnalisé. Bon ben ça c'est en fonction de ce que tu aimes, donc l'expérience elle est vraiment complète et son intégration moi je me dis qu'on est en 2025, on s'en va sur 2026, on est rendu là et c'est pas vrai que je vais me promener encore avec un téléphone qui date du début des années 2020.
Jérôme :
[43:21] C'est vrai c'est ce qu'on est en droit d'attendre en fait.
Bruno :
[43:24] Ben oui.
Jérôme :
[43:25] Ben oui ça fait envie hein François, tu trouves pas.
François :
[43:28] Oui, ça fait envie. Ça fait envie. Ça fait envie parce que... Mais bon, après, moi, je suis Bruno régulièrement. Et quand on a la chance de se retrouver physiquement, je le vois. C'est vrai qu'il a deux téléphones depuis un moment. Tu avais un Pixel aussi avant.
Bruno :
[43:42] Sur lequel je faisais de la production.
François :
[43:45] Voilà. Et tu avais ton iPhone.
Bruno :
[43:46] Oui, sur lequel je prenais des appels.
François :
[43:47] En plus, toi, tu es un... Comment dirais-je ? Tu es un super utilisateur de l'IA. Pour tes podcasts, pour tout ce que tu fais. tu maîtrises tous ces outils à la perfection. Et c'est d'autant plus intéressant de voir que tu es passé sur Google sur Pixel. Ça veut dire que, en fait, tout ça est beaucoup mieux implémenté. Parce que finalement, sur un iPhone, tu peux avoir l'IA, tu peux avoir le Gemini, tu peux avoir l'appli Gemini, tu peux avoir ChatGPT, tu peux avoir Cloud, tu peux tout avoir sur l'iPhone. Sauf que ce n'est pas aussi bien intégré. C'est ça le truc.
Bruno :
[44:21] Tu dois toujours passer d'une application à l'autre. Tandis que là, tu sais dedans.
François :
[44:26] Et puis Gemini, comme tu le disais sur Google, va aller farfouiller dans tout ton téléphone et toutes tes données personnelles pour en tirer la quintessence, en tout cas la chose qu'il faut au bon moment. Ce qui n'est pas le cas chez Apple, puisqu'Apple, on le sait, ne donne pas beaucoup de terrain aux applications tierces. Donc, c'est sûr.
Bruno :
[44:48] C'est l'aspect, c'est le mot que je cherchais, c'est l'aspect prédictif. Et moi, c'est ce que j'adore. Et à une certaine époque, Apple avait commencé à jouer.
Jérôme :
[44:55] Tu as un exemple?
Bruno :
[44:57] Oui, mais ça, tu vois, ça existe déjà dans le monde Apple. Il connaît ton horaire. Il sait ce qui se passe. Alors, si tu as un iPhone, déjà, tu pouvais l'avoir. Si tu mariais vraiment et tu faisais toutes les connexions, tu regardes ton téléphone et il sait que le soir, tu as un avion à prendre. Il va te dire, est-ce que tu veux commander un verre tout de suite? Parce qu'il est habitué de te voir que c'est la compagnie que tu prends. Ou il sait que tu vas aller faire un lunch. Alors, est-ce que tu penses à réserver? Et il va t'offrir des choix de restaurant en fonction de toi, ce que t'aimes, mais de où vous avez déjà été si t'as déjà été avec quelqu'un. Et donc, on est vraiment dans la méta-information qui est gérée par un assistant qui se trouve dans le téléphone.
François :
[45:50] Est-ce que c'est pas troublant, ça, parfois? Ou non?
Bruno :
[45:53] Non. Non, parce que moi, l'idée là-dedans, c'est que je veux gagner du temps. J'ai pas de temps à perdre. Mais tu le disais, puis c'est gentil, la façon que tu le présentais, mais j'ai pas de temps à perdre. Moi, je produis. Alors là, si je peux avoir un adjoint qui est dans mon téléphone puis qui gère... Tu sais, à une autre époque, il y aurait eu quelqu'un. J'aurais eu un assistant en vrai, en chair et en os, puis plus vieux que ça, j'aurais eu un secrétaire, une secrétaire qui aurait occupé de... Fait tout ça. Mais là, maintenant, ça se fait à partir de mon téléphone. Il roule tout seul et puis il me demande des permissions de temps en temps.
Jérôme :
[46:24] Est-ce que tu as, du coup, utilisé les dernières fonctions de traduction et de doublage quasiment?
Bruno :
[46:32] Moi, je peux parce que j'ai pris avant ça. C'était en juin quand ils avaient fait la grande présentation. J'avais pris le forfait Google AI Pro à 20 dollars.
Jérôme :
[46:43] À 20 dollars par mois?
Bruno :
[46:44] Et ça, ça me permet d'accéder à des outils et à une partie de ce sur quoi ils sont en train de bisouner. Oui, mais tu vois, j'y ai accès, mais je ne l'ai pas encore essayé, parce qu'il faut encore que je me trouve quelqu'un qui va me parler dans une langue étrangère au téléphone.
Jérôme :
[47:03] Voilà, et qui a lui-même l'abonnement, parce qu'il faut que l'abonnement soit payant des deux côtés. Mais ça, ça a l'air assez fou, d'après les tests que j'ai vus passer. La traduction, le doublage en temps réel avec la voix de l'interlocuteur sur Google Meet.
Bruno :
[47:18] Et ça, c'est exactement ce que j'avais. Et ça, je trouve ça intéressant parce que là, on parle de mécanique. Et moi, je le faisais déjà il y a comme deux ans où je parlais avec un anglophone. Je le passais dans ma moulinette. Et puis, avec la même ADN de voix, le même timbre de voix, j'étais capable de reproduire sa voix, mais en français. À un tel point, je pense que je vous l'avais déjà raconté, que j'avais eu une invitée de chez AWS qui était de descendance haïtienne mais qui ne parlait pas le français. Et je lui ai retourné le fichier de l'entrevue en MP3. Elle l'envoyait à sa mère et la dame m'a écrit en disant « Vous avez fait pleurer ma mère. Elle ne croyait jamais pouvoir m'entendre parler en français. » Incroyable. Mais il y a deux ans, on était déjà là. Mais là, ça se fait en temps réel.
François :
[47:59] Oui, c'est ça. Tout va plus vite.
Bruno :
[48:02] Alors, ce téléphone-là peut faire ça.
Jérôme :
[48:06] Donc, c'est le Pixel Pro X.
Bruno :
[48:08] Pixel 10 Pro.
Jérôme :
[48:09] Pixel 10 Pro, oui, d'accord.
Bruno :
[48:11] Et très important à dire, je ne suis pas payé par Google, ce n'est pas une commandite.
Jérôme :
[48:16] Non, non.
Bruno :
[48:16] Parce qu'il y a des gens qui disent, oh, mais coudonc, il vient d'embrasser ça. Non, c'est vraiment, c'est un outil que je cherchais depuis longtemps.
François :
[48:22] Et puis, alors peut-être que toi, il te correspond, peut-être qu'à d'autres, ça ne correspond pas. Donc, c'est pour ça. On ne sait pas.
Bruno :
[48:29] Oui.
Jérôme :
[48:30] Mais cette histoire d'assistant, je trouve qu'elle est quand même super importante. Elle est au cœur. C'est exactement ça. C'est ce qu'on veut aujourd'hui, parce que c'est ce qu'on nous promet depuis pas mal de temps. C'est notamment la promesse d'Apple. Ils se sont un peu plantés, mais c'était ça. Et on pensait vraiment que ce serait Apple qui ferait ça, puisque le roi de l'intégration et du tout intégré, c'est quand même Apple. Bon, ce n'est pas le cas. Et c'est vraiment ce qu'on est en droit d'attendre aujourd'hui. Moi, j'avoue que je jongle entre Chagipiti, qui est celui qui a la réponse au
Jérôme :
[49:02] plus grand nombre de questions, mais qui malheureusement n'est intégré dans rien. Donc il ne peut pas aller te lancer des applis, etc. Siri, un petit peu, mais il ne comprend rien, mais, Finalement, pour lancer un appel téléphonique, ça reste le plus évident.
Bruno :
[49:17] Laborieux.
Jérôme :
[49:18] Voilà. Ou encore Alexa. Moi, je suis très branché à Alexa, notamment à la maison. Et je suis tellement branché que je l'ai mis dans la voiture. En fait, je l'ai remis dans la voiture, je veux dire, avec le... Vous savez, le Echo Auto, je crois que ça s'appelle comme ça. C'est un truc que tu branchais.
Bruno :
[49:32] Qui n'est plus en bande, d'ailleurs.
Jérôme :
[49:33] Il y a une... Si ? Ah oui ? Oui, il y a une deuxième version qui est sortie. Et je crois qu'elle est toujours... Non, c'est n'importe quoi. Là, j'ai dit Siri. il veut appeler Alex Good. Je ne crois pas que ce soit vraiment... Ce n'est pas vraiment l'objet du moment. Et donc, Alexa dans la voiture, c'est bien. Moi, ça me permet, par exemple, pour la liste des courses, tu vois. Tiens, Alexa, fais-moi penser à acheter ceci, cela et tout. Mais ça ne va pas beaucoup plus loin, malheureusement.
Bruno :
[50:03] Oui, mais là, c'est une question de temps parce qu'avec Alexa Plus, tu vas avoir le même genre de relation qu'avec ChatGPT en moins de cas.
Jérôme :
[50:09] Qu'avec ChatGPT. J'attends ça avec impatience pour répondre à des questions un peu plus élaborée. Voilà. Comment optimiser ma déclaration fiscale? Non, je plaisante.
Bruno :
[50:20] Ou est-ce que je devrais vraiment aller faire un changement d'huile si on a une voiture de cette époque-là?
Jérôme :
[50:24] Voilà. J'ai plus d'huile, moi.
Bruno :
[50:27] Non, je sais.
Jérôme :
[50:28] C'est pour ça que... Ah, s'il te plaît. Par contre, j'ai des problèmes de batterie de voiture, mais c'est un autre sujet. Oui, oui.
Bruno :
[50:34] Où devrais-je vendre ma Tesla?
Jérôme :
[50:36] Donc, merci. Comment?
François :
[50:38] Ça, c'est une question qui doit revenir souvent en ce moment.
Bruno :
[50:40] Oui, surtout sur groc.
Jérôme :
[50:45] De quoi? De vendre la Tesla? C'est ça que tu as dit?
Bruno :
[50:47] Oui, de vendre sa Tesla.
Jérôme :
[50:49] C'est fini. La crise est terminée, non? Les gens, ils l'ont...
Bruno :
[50:53] Regarde les derniers rapports.
Jérôme :
[50:55] Ah, ça continue? Ah bon, d'accord. Ils la vendent pour acheter une BYD ou un truc comme ça?
Bruno :
[51:00] Exactement.
Jérôme :
[51:01] Mais oui, on sait que tu rêves d'acheter une voiture chinoise.
Bruno :
[51:03] L'avenir est chinois. C'est écrit dans le ciel.
Jérôme :
[51:08] Merci pour cette prédiction, Bruno Guglielminetti de Montréal, c'est absolument fantastique. Je vous propose qu'on passe à un troisième volet rapide de cette émission, juste pour se détendre. Est-ce que vous connaissez Margot Blanchard ? Connaissez-vous Margot Blanchard ?
Bruno :
[51:25] Non.
Jérôme :
[51:26] Non, vous ne la connaissez pas.
François :
[51:27] Je ne sais pas qui c'est.
Jérôme :
[51:27] Eh bien, Margot Blanchard, c'est une journaliste brillante qui a un nom français, mais qui écrivait dans des articles, dans des titres américains, notamment Wild, Business Insider, etc. Voilà, sauf qu'il y a un petit problème, c'est que Margot Blanchard n'existe pas. Margot Blanchard est une intelligence artificielle, une prétendue pigiste qui a complètement trompé ses rédactions. Elle a proposé sa collaboration à ses journaux en leur disant, ben voilà, moi je peux vous écrire des papiers sur tel et tel sujet. Elle a envoyé ça par mail, elle a envoyé des trucs. Et les sites en question ont publié des articles jusqu'au moment où ils se sont aperçus que, en fait, tout ça était complètement bidon. Alors, je n'ai pas l'histoire complète, complète, parce qu'il devait y avoir quelqu'un derrière, mais Mais la personnalité de Mario Blanchard n'existe pas, son expertise non plus. En fait, en gros, c'était Chad Gepity qui était déguisé. Qui opérait Chad Gepity? J'avoue que je ne sais pas.
Bruno :
[52:24] Là, il y a la question.
Jérôme :
[52:25] Là, il y a la question. Mais voilà, c'est une belle histoire ou bien c'est une histoire complètement flippante, d'après vous?
Bruno :
[52:33] Je dirais que c'est la version 2025 des journalistes qui inventaient des histoires.
Jérôme :
[52:38] Ça n'arrivera qu'à la presse écrite et peut-être à la presse audio. Toi, François, ça ne t'arrivera pas. Tu ne pourras pas prendre un pigiste pour Tech & Co s'il n'a pas un minimum de... s'il n'a pas au moins 50% d'humanité, on va dire.
François :
[52:53] Tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce qui va se passer dans cinq ans. Peut-être que tu auras une IA Génératif qui fera des super papiers, qui montra ses vidéos toute seule. Enfin, franchement, ça, tu vois, bien malin celui qui peut prédire ce qui va se passer dans cinq ans dans ce domaine-là.
Bruno :
[53:07] Je vous rappelle qu'il y a deux ans, on nous annonçait une chaîne d'information continue piloté par l'IA. Vous vous en souvenez de ça?
François :
[53:16] Oui, je ne me souviens pas.
Bruno :
[53:17] C'était un projet américain. Donc, 24 heures sur 24, il y allait y avoir des reportages qui étaient générés par de l'IA, par des présentateurs d'IA. Et les reportages allaient mixer images d'agences de presse et compositions faites par probablement ChatGPT au Mid-Journey. Mais non, il y a deux ans, on n'a plus de nouvelles d'eux.
Jérôme :
[53:38] On n'a plus de nouvelles. C'est bizarre.
Bruno :
[53:40] Pour la télé, ça va être difficile. Pour la radio, à la limite, on pourrait peut-être. Il y a déjà Juice qui existe et qui a prouvé le concept.
Jérôme :
[53:51] C'était Channel One à Los Angeles.
Bruno :
[53:54] Merci beaucoup.
Jérôme :
[53:55] Et je ne sais pas ce que c'est devenu, Challenge One. Je crois que c'est là où travaille Margot Blanchard.
Bruno :
[54:02] Elle n'est pas la rédactrice en chef ?
Jérôme :
[54:04] Oui, c'est ça, voilà, elle est rédactrice en chef de Challenge One. Ou productrice. Non, mais c'est dommage, les journalistes ne se sont pas intéressés à la suite de ce truc-là. Et un peu dans le même ordre d'idées, l'IA prend la place, mais ça se passe aussi sur les plateaux de cinéma. Et là, c'est en Chine, c'est un autre article. D'ailleurs, je vais le préciser, ces deux infos sont tirées de la newsletter de notre consoeur Émilie Turtini, qui est journaliste.
Bruno :
[54:31] Suisse qui travaille très bien.
Jérôme :
[54:33] Exactement. Et qui est une vraie journaliste. Elle est une vraie journaliste, tout à fait. Elle existe en vrai. Et elle fait un super boulot de veille sur l'IA avec une histoire passionnante tous les jours. Et donc, elle a une newsletter sur LinkedIn. Abonnez-vous, c'est très sympa. Donc, Émilie Turtini. Et donc, autre histoire que j'ai découvert grâce à elle, c'est sur les plateaux de tournage en Chine. C'est une intelligence artificielle qui donne les instructions pour affiner les tournages et c'est complètement fou. Ça va des positions des acteurs. Par exemple, si un acteur qui à un moment doit gifler un autre acteur, l'IA lui conseille en même temps de lever sa jambe parce que ça rendra mieux à l'écran, etc. L'IA analyse les performances émotionnelles et elle donne un score d'expression émotionnelle du personnage du personnage en lui conseillant d'être plus sobre ou d'être plus expressif, etc. Et voilà. Et en fait, tout le truc est piloté par un outil d'IA.
Bruno :
[55:32] Mais il ne dit pas dans l'histoire si on peut dire à la façon de Tim Burton ou de Denis Villeneuve.
Jérôme :
[55:38] Je ne sais pas si ça va jusque-là, mais tu as raison, c'est vrai. Oui, absolument.
François :
[55:44] Ce métier, c'est quoi? C'est un réalisateur, en fait?
Bruno :
[55:47] Exactement.
François :
[55:47] C'est qui qui dirige des comédiens sur le plateau?
Jérôme :
[55:52] C'est le directeur, enfin le directeur.
Bruno :
[55:55] Le réalisateur en français, le réalisateur en anglais.
Jérôme :
[55:59] En fait, il se fait assister par une IA. Il est toujours là, il y a toujours un réalisateur, mais il a son...
Bruno :
[56:04] Mais tu as deux rôles qu'on peut faire. C'est au premier assistant qui peut vraiment donner un coup de main au réalisateur dans sa direction comédien, ou sinon, c'est un consultant. Lui, il peut dire, ça, ça fait plus vrai s'il bouge de telle façon. Mais quand même, je pense que les réalisateurs doivent avoir un petit frisson dans le dos.
Jérôme :
[56:23] Non, mais là, ça ne remplace personne. Ça augmente. Tu sais, c'est l'éternel débat. Est-ce que l'IA va nous remplacer, nous augmenter? Ça, c'est l'approche de l'aquin. Oui, tout à fait.
François :
[56:34] Est-ce que tu as besoin d'une IA qui doit dire comment se positionne un comédien ? Est-ce que ce n'est pas au réalisateur de le faire ? Tu le fais dans la foulée de ce que tu es en train de tourner. C'est bizarre cette histoire.
Jérôme :
[56:46] Ça part du principe que l'IA a accès à des...
François :
[56:49] Parce que le réalisateur, tu es d'accord qu'il est là, il est derrière sa caméra, il tourne.
Jérôme :
[56:52] Oui, mais il a peut-être oublié...
François :
[56:54] Quand il a son truc, il a son moniteur, il est obligé d'avoir une IA qui va le dire à sa place. Oui, alors lève le pied si on te fout une claque parce que comme ça, ça fera plus vrai.
Jérôme :
[57:03] Oui, mais parce que peut-être qu'il a remarqué que sur tous les films où il y avait des mouvements un peu plus marqués, eh bien, ça plaisait plus aux spectateurs.
Bruno :
[57:11] Le box-office...
Jérôme :
[57:12] Tu vois, c'est basé sur le...
François :
[57:15] Oui, oui, oui. D'accord.
Jérôme :
[57:17] Sur le succès, sur les succès précédents, d'une certaine manière. C'est un peu l'idée.
Bruno :
[57:22] Mais ça soulève des questions.
Jérôme :
[57:24] Ça soulève plein de questions.
Bruno :
[57:25] Non, mais on est loin de l'art. Là, on est beaucoup plus dans la productivité pour le profit.
Jérôme :
[57:32] Je ne sais pas si on est loin de l'art aussi. Ce n'est pas aussi une question dans la question qui est qu'est-ce que l'art ?
François :
[57:38] Ouh là là ! Si on attaque ça, on est mort les amis.
Jérôme :
[57:41] Eh bien, c'est pour ça qu'on ne l'attaquera pas et on va finir sur toutes ces questions existentielles qui vont certainement faire réfléchir tous ceux qui nous écoutent. Merci beaucoup François Sorel, BFM Business, Takenco, Bruno Gugliel-Minetti du podcast Mon Carnet à Montréal. C'était super les amis de vous avoir ce mois-ci encore.
François :
[58:02] Et bonne rentrée à tout le monde. Que tout se passe bien.
Jérôme :
[58:07] Bonne rentrée à tous. Et vous qui nous écoutez, continuez bien sûr. Merci pour votre idélité. On se retrouve le mois prochain pour un nouvel épisode du Grand Débrief. Et puis d'ici là, ne ratez rien de nos productions audiovisuelles respectives les uns et les autres. Et pour ma paroisse, je vous invite bien sûr à suivre tous les épisodes de Monde Numérique. Voilà. Un bon mois de septembre. plein de tech et à très vite. Salut.
François :
[58:31] Salut.
Jérôme :
[58:36] Quelle émission. Le grand débrief de Monde Numérique vous était proposé en partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises.













