🎤 Google mise sur une IA qui anticipe vos besoins (Anthony Cirot, Google Cloud)
Monde Numérique29 avril 202619:49

🎤 Google mise sur une IA qui anticipe vos besoins (Anthony Cirot, Google Cloud)

À l’occasion de Cloud Next 2026, Google accélère l’intégration de l’intelligence artificielle dans tous ses services. Anthony Cirot détaille une vision où les machines deviennent proactives, tout en promettant un contrôle renforcé pour les utilisateurs et les entreprises.

Interview : Anthony Cirot, vice-président Europe du Sud chez Google Cloud

Punchlines

  • La machine va vous solliciter sans que vous la sollicitiez.

  • L’IA devient un assistant personnel transversal.

  • Les agents ont des droits et des devoirs.

  • Les données des clients restent leurs données.

  • L’humain garde la validation finale.

Vous parlez d’une IA qui devient proactive. Qu’est-ce que cela change concrètement ?

Aujourd’hui, c’est l’utilisateur qui interroge la machine. Demain, la machine va prendre l’initiative. Elle va analyser les emails, l’agenda, les documents, et me suggérer directement les actions à mener. Elle va me dire ce que je dois faire dans la journée. L’idée est d’avoir un assistant personnel qui comprend tout mon environnement de travail et m’apporte de la valeur sans que je le sollicite.

Cette évolution pose-t-elle des questions sur la vie privée et les données ?

Le choix reste entièrement à l’utilisateur. C’est lui qui décide de donner ou non accès à ses données. Dans un cadre professionnel, les données restent strictement celles du client. Elles ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles. L’environnement est cloisonné et sécurisé, avec un engagement clair sur la confidentialité.

Vous évoquez aussi l’essor des “agents IA” dans les entreprises. Quel est leur rôle ?

Les agents permettent d’automatiser des tâches, d’optimiser les գործընթաց internes et d’améliorer la productivité. Par exemple, répondre à des appels d’offres prend désormais quelques heures au lieu de plusieurs jours. Mais il ne suffit pas de créer des agents : il faut aussi les gouverner. Ils ont une identité, des droits, des devoirs, et les entreprises doivent garder le contrôle sur leur fonctionnement.

Jusqu’où ces agents peuvent-ils aller dans la prise de décision ?

Les agents peuvent proposer et exécuter des actions, mais la validation finale revient toujours à l’humain. C’est une règle importante. Dans des environnements critiques, comme la production industrielle, il est essentiel que l’humain puisse intervenir à tout moment. L’IA assiste, mais ne remplace pas la décision finale.


Anthony Cirot: [0:01] En fait, l'idée, parce que là, c'est vous qui demandez des choses à la machine Anthony Cirot: [0:05] aujourd'hui, c'est finalement la machine qui va vous solliciter. Anthony Cirot: [0:08] La machine va vous faire remarquer un certain nombre de choses. Donc, on voit un peu l'automatisation qui va vers l'utilisateur, qui va vous pousser à prendre des décisions, sans que vous sollicitiez la machine. Monde Numérique : [0:26] Bonjour Anthony Cirot. Anthony Cirot: [0:28] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:29] Vous êtes vice-président Europe du Sud chez Google Cloud. Google qui organisait cette semaine à Las Vegas son événement Cloud Next 2026, un rendez-vous international dédié aux technologies cloud, comme son nom l'indique. Vous êtes sur place et beaucoup d'annonces cette année. Il y a des annonces grand public et il y a des annonces plus destinées aux entreprises. Si vous êtes d'accord, je propose qu'on commence peut-être par le grand public. Il y a eu pas mal de choses notamment qui ont été dévoilées et qui concernent tous les utilisateurs de Google, notamment des outils bureautiques de Google. Vous allez mettre de l'IA partout, si on a bien compris. Anthony Cirot: [1:08] Oui, absolument. On a notamment annoncé ce qui s'appelle Workspace Intelligence. En fait, ça revient à un peu casser les silos dans nos différentes briques Workspace. Quand vous êtes un client de Google Workspace, vous avez Gmail, vous avez Google Drive, vous avez le chat. et en fait, on va infuser l'intelligence artificielle pour qu'elle comprenne ce que vous faites à toutes les étapes. Par exemple, quand vous créez un document, il va falloir stocker ce document. Il faudra que l'intelligence artificielle Gemini se souvienne de toutes ces tâches qui ont été effectuées pour l'utilisateur. Par exemple, quand vous allez vous connecter le matin, vous allez avoir une fonction Gemini dans le chat qui va vous dire, voilà, aujourd'hui, parce que ça va regarder votre agenda, justement, c'est transverse, ça va regarder dans vos emails, ça va regarder dans les différentes personnes qui vont nous demander de faire quelque chose. Et le tchat va vous dire, aujourd'hui, voilà ce que vous devez faire. Donc, on voit tout de suite pour le grand public l'avantage d'avoir un assistant quasi personnel qui va parcourir un peu toute votre vie dans la bureautique Google pour vous amener de la valeur. Monde Numérique : [2:08] C'est ce qui a commencé à être déployé aux États-Unis avec l'intelligence personnelle ? Anthony Cirot: [2:13] Oui, c'est ça. C'est vraiment l'assistant personnel intelligent qui va vous aider dans votre quotidien. Monde Numérique : [2:21] Oui. Alors, cela dit, Gemini est déjà connecté à tous les outils Google. Moi, je l'ai testé. Enfin, je veux dire, sur des problèmes très précis, on lui demande, tiens, je ne sais pas quoi, c'est quoi le dernier devis que j'ai reçu pour les travaux que j'avais envisagés il y a trois ans, etc. Et il est capable de retrouver tout ça, de faire une traçabilité, de nous résumer tous les échanges de mails interminables. Donc, il y a déjà des choses, mais l'idée, c'est d'aller encore plus loin, en fait. Anthony Cirot: [2:53] En fait, l'idée, c'est... Parce que là, c'est vous qui demandez des choses à la machine, aujourd'hui. C'est finalement la machine qui va vous solliciter, en fait. La machine va vous faire remarquer un certain nombre de choses. Donc, on voit un peu l'automatisation qui va vers l'utilisateur, qui va vous pousser à prendre des décisions, sans que vous sollicitiez, en fait, la machine. Monde Numérique : [3:09] Ça paraît super en apparence. Est-ce que ça ne pose pas un peu des problèmes de vie privée, d'accès aux données ? Parce que là, il faut qu'on donne accès à toutes nos données personnelles, finalement, à tous nos échanges de documents, de mails, etc. Anthony Cirot: [3:25] Alors, je dirais comme toujours, c'est vous qui choisissez. C'est-à-dire que quand vous allez activer ces fonctionnalités intelligentes, vous allez choisir de donner ou non accès à la machine, à votre drive, à votre chat, à votre email, etc. Le point est que quand vous êtes un utilisateur, on va dire payant une entreprise typiquement, vous avez votre propre environnement. Et évidemment que les données qui sont vos données restent vos données. C'est-à-dire qu'on n'utilise pas ces données, par exemple, pour entraîner nos propres modèles d'intelligence artificielle. Donc, on est vraiment sur quelque chose qui est encapsulé, qui est pour vous, qui est pour le monde de l'entreprise, avec un engagement de notre part, que ces données ne sont pas utilisées ni par nous, ni par qui que ce soit d'autre. Monde Numérique : [4:13] C'est le grand défi, ça, pour les agents IA, d'arriver à offrir un maximum de fonctionnalités tout en respectant quand même la confidentialité, en évitant les fuites éventuelles. Parce qu'on a l'impression qu'avec les agents, c'est formidable, mais on perd un peu le contrôle ou on risque de perdre le contrôle. Anthony Cirot: [4:31] Et c'est pour ça qu'on a annoncé à Next des fonctionnalités de défense agentique donc les aspects de cybersécurité sont clés pour nous comme pour les clients, et ça va permettre finalement un agent c'est quelque chose qui a une identité, c'est ce qu'on a annoncé donc on va gérer l'identité des agents et comme toute personne, cet agent a des droits et des devoirs donc il a des droits d'accès à un certain nombre de systèmes et c'est vous qui décidez à quel système l'agent peut utiliser il a des devoirs qui sont les tâches que vous allez lui assigner Et au-dessus de cet environnement où vous allez pouvoir contrôler l'agent, on vient d'annoncer des briques d'agents de sécurité par-dessus qui vont vous permettre d'identifier qui est en train potentiellement d'essayer de pénétrer via un agent AI votre système pour vous protéger. Et on relie ces agents de sécurité avec le Dark Web, donc c'est une annonce assez unique où on va utiliser les données du Dark Web, donc qui sont des données actualisées en temps réel, tous les jours il se passe des choses, il y a des. Monde Numérique : [5:39] Nouveautés c'est toutes les données qui sont piratées par les cybercriminels et qui sont ensuite revendues, etc. Ah, vous allez surveiller monitorer tout ça. Anthony Cirot: [5:50] Donc on va enrichir nos agents de défense de ce qui se passe dans le dark web. C'est-à-dire qu'en connaissant les techniques des attaquants, on va pouvoir protéger les systèmes d'information et vos données aussi. C'est-à-dire qu'il va vous défendre contre les nouvelles attaques. Monde Numérique : [6:05] Alors, je crois qu'aussi à l'occasion de cette manifestation, donc Cloud Next, vous avez évoqué un partenariat qui a été signé et qui est déjà quasiment un partenariat historique, puisque Google a signé avec Apple. Apple qui n'arrive pas à développer son intelligence artificielle, et c'est donc Google qui va fournir cette force, la force de Gemini. Est-ce qu'on peut en savoir un petit peu plus sur, justement, cet accord, puis en quoi ça va consister exactement ? Anthony Cirot: [6:34] Parce que ça a été évoqué. Monde Numérique : [6:36] Visiblement. Anthony Cirot: [6:37] Oui, Apple va utiliser nos capacités globales d'infrastructure de cloud et nos capacités aussi en intelligence artificielle. Donc, basés sur les modèles Gemini, ils vont développer leur propre intelligence artificielle. C'est-à-dire que nous, finalement, on va servir d'accélérateur pour Apple pour qu'ils aillent plus vite, parce qu'effectivement, il y a une forte attente des clients. C'est un partenariat historique, puisque nous, on porte aussi l'ensemble de nos briques collaboratives, Gmail, Enco, on les a toujours portés sur iOS, puisque notre philosophie est d'utiliser finalement l'ensemble de l'écosystème pour servir ces solutions d'intelligence artificielle ou de cloud. On a une approche extrêmement ouverte, et c'est pour ça que c'est très enrichissant aussi pour nous d'être le fournisseur d'intelligence artificielle pour Apple aussi. Monde Numérique : [7:27] D'accord. Donc en fait, vous allez être le moteur, mais ça n'apparaîtra pas sous la marque Gemini dans les terminaux Apple. Anthony Cirot: [7:35] Donc, c'est vraiment Apple, effectivement, qui va définir sa propre intelligence artificielle. Après, quels noms ils vont donner ? Est-ce qu'ils vont renommer Siri en autre chose ? Ça, je n'ai pas ce type d'information. On est vraiment positionné en fournisseur de moteurs. Si on imagine qu'ils sont en train de construire une voiture, quel est leur nouveau modèle d'AI ? On fournit le moteur, en fait. Monde Numérique : [7:54] OK. Et ça veut dire que, par exemple, les requêtes se feront sur vos serveurs aussi ? Anthony Cirot: [7:59] Ça peut se faire sur nos serveurs s'ils utilisent des API Gemini, mais ça peut être aussi des infrastructures de cloud, puisque nous, vous savez qu'on a nos fameux chips, nos TPU, qui peuvent aussi être mis à disposition d'Apple pour qu'ils entraînent, ce modèle basé sur Gemini qui va devenir leur modèle, sur nos chips aussi. Et on voit un peu dans les grandes boîtes de l'EI, les grandes boîtes de la tech, les Anthropik et tous ces gens-là, on voit ce modèle où on source à la fois en API dans le cloud pour un certain nombre de services, mais aussi ils peuvent utiliser nos services de TPU, Anthony Cirot: [8:33] nos clusters de TPU en fait, pour aussi entraîner leur modèle. Monde Numérique : [8:37] Alors ça, c'est pour les annonces grand public. Anthony Siro, il y a l'autre volet qui est plus entreprise cette fois, avec là encore beaucoup d'annonces. Et notamment, un nouveau concept que vous mettez en avant, qui est celui de l'entreprise agentique. En quoi ça consiste exactement ? Anthony Cirot: [8:54] En fait, on a trois grands volets qui sont attendus par les entreprises. Le premier sujet, c'est d'améliorer les processus de l'entreprise. Donc, dans ce que je fais dans mes opérations quotidiennes, comment je peux, à base d'agents finalement, utiliser tout ce qui est tâches répétitives, améliorer ma supply chain, améliorer la gestion de la demande de mes clients tous ces sujets-là qui sont l'intérieur du système d'information des entreprises il y a beaucoup d'attentes sur l'optimisation la simplification, la modernisation donc la transformation à base des entreprises, ça c'est un premier axe le deuxième axe c'est sur le business des entreprises qu'elles vendent des choses c'est comment j'utilise les AI pour vendre plus ou vendre mieux. C'est-à-dire comment dans mes activités internet, comment j'ai un taux de conversion qui est supérieur auprès de mes utilisateurs. Et le troisième volet, c'est les employés. Comment j'améliore finalement le quotidien de mes employés. Anthony Cirot: [9:57] Comment j'améliore leur productivité, donc sur tout ce qui est tâches répétitives, c'est aussi un peu ce qu'on discutait tout à l'heure sur l'aspect grand public, comment je leur donne des outils pour qu'au quotidien, quand ils ont une présentation à faire, quand ils ont besoin d'un dashboard, plutôt que de passer une demi-journée, voire une journée à faire des slides, avec un talk to my data, donc en utilisant le langage naturel, ils vont demander à ce que la machine finalement génère les slides, génèrent un tableau de bord pour leur direction. Donc, on a vraiment trois grands volets. Donc, le système agentique doit permettre aux entreprises et donc aux utilisateurs de créer des agents par rapport à leurs besoins, mais aussi, parce que des agents, ils vont y en avoir des tonnes, du coup, des agents pour vendre, des agents pour optimiser. Ces agents vont devenir des milliers d'agents. Donc, ce qu'on a aussi annoncé, c'est qu'il va falloir gouverner ces agents. Il va falloir réguler ces agents. Tout à l'heure, on disait qu'ils ont des droits et des devoirs, ils ont une identité. Donc, il faut savoir ce que font ces agents, à quoi ils servent et comment sur des milliers, voire même des dizaines de milliers d'agents, je vais avoir finalement dans ce bruit d'agents, je vais avoir le contrôle. Donc, on veut aussi aider les entreprises à garder le contrôle de ces agents et à savoir ce qui s'y passe, en fait. C'est un peu une séquence complète de « je crée mes agents, je régule mes agents, je les gouverne », et tout ça dans un environnement qui est totalement sécurisé, en évitant effectivement que mes données soient accessibles à travers ces mêmes agents. Monde Numérique : [11:26] Et vous dites que les entreprises pourront créer leurs propres agents. Anthony Cirot: [11:31] Ah oui, par exemple, on a des grandes sociétés de services avec lesquelles on travaille, qui ont des moteurs d'automatisation des propositions. Donc, ils ont l'habitude de faire des propositions tous les jours. Tous les métiers, on fait des propositions commerciales, des devis, ce genre de choses. Tout ça, pas mal de sociétés ont déjà développé des agents pour générer des propositions. Alors, ce n'est pas juste simplement de changer le nom et l'adresse, c'est-à-dire qu'on est basé sur 100 précédents devis ou propositions qui ont été faites et on en tire un bon devis par rapport à une consultation qu'on a reçue, par exemple. Vous savez, même nous, on reçoit des consultations. Anthony Cirot: [12:06] Ce qu'on appelle des RFP, des Request for Proposal, en bon français, et on a l'habitude on passe 2-3 jours à y répondre d'habitude, moi les équipes elles passent 1-2 heures maintenant à répondre puisque ça va. Anthony Cirot: [12:20] Évidemment donner un bon format mais surtout prendre les informations sur les produits le pricing des produits, mettre tout ça dans les cases, souvent reçoivent aussi des tableurs associés à ça, donc on voit c'est un cas simple, des sociétés qui auto-remplissent finalement tous ces phénomènes de réponse à appel d'offres, ça c'est un agent qui est très populaire, vous avez aussi des agents où vous allez avoir besoin de connaître le taux d'utilisation à tel endroit de la planète de vos équipes qui est sur le qui est sur le banc de touche actuellement qui n'a pas de projet pourquoi peut-être pouvoir aussi les réaffecter à d'autres endroits. Ça amène beaucoup de productivité dans les entreprises, ce type d'agents. Il y a vraiment les agents que les sociétés vont construire, mais il y a aussi des agents que vous allez trouver sur l'étagère. C'est aussi ce qu'on a annoncé. On a annoncé une marketplace d'agents au sein de notre produit flagship, qui est Gemini Enterprise, où vous allez avoir tous les grands éditeurs du marché, les Salesforce, SAP, ServiceNow, et j'en peux pas au Workday. Anthony Cirot: [13:23] Qui vont proposer des agents pour notre plateforme. C'est-à-dire, quand vous allez vous voir, finalement, vous connecter avec votre workday pour trouver des informations de ressources humaines, de paye, de congés, ce genre de choses, typiquement, vous demandez à la machine combien de jours de congés il me reste, plutôt que d'aller cliquer 52 fois avant de trouver le nombre de jours de congés qui reste accessible. Donc, on va automatiser toutes ces tâches et les rendre utilisables en langage naturel par tout un chacun. Monde Numérique : [13:51] Oui. Quand on parle d'agents, on parle aussi d'outils qui sont capables véritablement d'agir, pas seulement de répondre à des questions, mais presque de prendre des décisions. Où vous en êtes à ce niveau-là ? Il y a aussi ce type de proposition ? Anthony Cirot: [14:07] Oui, on a effectivement ce type de proposition, mais surtout on demande toujours à l'utilisateur, à l'humain, de valider la décision à l'issue. Ça reste notre recommandation dans les projets qu'on implémente. C'est toujours de laisser le libre choix, parce qu'il y a beaucoup de choses dans les chaînes de production l'automatisation des usines, vraiment dans la gestion de production on a pas mal de choses aujourd'hui qui tournent et donc il faut pouvoir effectivement s'il faut arrêter une chaîne de production il faut que l'humain puisse le faire donc on garde le contrôle en fait de toutes les étapes. Monde Numérique : [14:43] Oui, et l'humain devient un vérificateur du travail effectué par l'agent, en fait. Anthony Cirot: [14:50] Oui, exactement. Monde Numérique : [14:53] Et pareil, en termes de sécurité, de cybersécurité, ce sont les mêmes types d'outils que ceux dont vous parliez tout à l'heure pour le grand public ? Oui, en fait… Comment est-ce que la sécurité est garantie avec tout ça ? Anthony Cirot: [15:09] Donc nous, on a annoncé il y a maintenant un an l'acquisition d'une société qui s'appelle Whiz. Donc ça a été vraiment amplifié lors de l'événement Next. Cette société est spécialisée dans la protection des applications cloud, donc des applications nées dans le monde de l'Internet et aussi des agents. C'est-à-dire que vraiment notre spécialité, c'est avec des agents, de protéger les agents des entreprises. Mais ce sont des agents de protection défensive. ça va vous défendre contre les attaques externes et dans ce brouillard d'attaques ça va ressortir vraiment, un peu des offenses ça va corréler un certain nombre d'événements en temps réel pour vous dire attention il y a probablement quelque chose qui est en train de se passer On. Monde Numérique : [15:54] Parle beaucoup en ce moment du modèle Mythos d'Anthropic qui est capable de passer en revue des programmes entiers et de détecter des failles qui n'avaient jamais été vus auparavant. Vous avez également ce type d'outil ? Anthony Cirot: [16:10] Alors nous, en fait, on fournit des offres basées sur l'intelligence artificielle qui vont permettre d'aider en cas de détection de failles, en fait, ce que pourrait trouver un Mythos. Nous, notre travail, c'est de le trouver en même temps ou avant. C'est pour ça qu'on est dans ce consortium qui a accès en preview à Mythos pour regarder un peu ce que Mythos est capable de faire et regarder comment nous, on propose des solutions défensives pour nos clients. Donc, on a un coup d'avance, en fait, par rapport à des offres comme Mythos qu'ont un peu choqué le marché, en fait. Ça a créé beaucoup de stress auprès des entreprises. On a eu beaucoup, beaucoup d'appels, beaucoup d'appels entrant, en disant « Mais qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui va nous arriver ? » Et on est prêts, en fait. Monde Numérique : [16:56] C'est-à-dire que… Vous êtes sereins ? Anthony Cirot: [16:57] On est assez sereins par rapport à ça, oui, effectivement. Monde Numérique : [17:00] Dernière question, Anthony Sirot. On se rappelle qu'au début de ce boom, surtout de l'intelligence artificielle générative, on a l'impression que Google était un peu perdu. On peut dire aujourd'hui que Google a rattrapé son retard en intelligence artificielle. Anthony Cirot: [17:14] Je ne pense pas qu'il y ait eu un retard particulier. C'est vrai qu'il y a eu un moment de flottement dans la perception. Vous savez qu'on a, depuis 2017, sorti énormément de langage à la communauté open source, parce que c'est notre philosophie, Transformers notamment. Monde Numérique : [17:31] En plus, vous êtes à la base des LLM. Anthony Cirot: [17:35] C'est très bien et c'est notre philosophie, dans ce monde ouvert, de fournir les technologies aussi à des potentiels concurrents ou compétiteurs. Encore une fois, on fait tourner sur nos plateformes des solutions comme Anthropik, comme Mistral. Donc, on est vraiment sur une approche ouverte de ce marché. On n'est pas dans une approche conflictuelle du tout du marché. Par contre, on a aidé énormément de clients à construire les fondations. Qu'est-ce que ça veut dire ? Et c'est notamment ce qu'on a encore annoncé avec ce qu'on appelle maintenant de la genetic data cloud. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut que les données soient prêtes pour utiliser ces modèles d'intelligence artificielle. Ça veut dire qu'il y ait finalement une couche, qu'on appelle une couche sémantique, qui va se mettre entre vos grands data lake et cette intelligence artificielle pour que cette intelligence artificielle comprenne vos données. C'est-à-dire qu'il y a un peu le décodeur ou le transcodeur pour savoir parler à vos données. Donc, on a vraiment travaillé sur les trois, quatre dernières années énormément. Anthony Cirot: [18:31] Avec les grandes entreprises notamment pour qu'ils soient prêts à recevoir l'IA. Et à côté de ça, on a effectivement travaillé énormément, on a investi énormément en ingénierie pour que nos modèles soient très puissants, ce qui est le cas aujourd'hui, et rendent le service. Mais on a vraiment les deux axes. On a de transformer la gestion des données des entreprises et les rendre prêtes. Et à côté, on fournit notre propre modèle Gemini, qui est effectivement plutôt reconnu par les clients, avec des particularités, notamment sur la chaîne digitale, sur tout ce qui est génération de vidéos, génération d'images. Anthony Cirot: [19:07] On voit vraiment beaucoup de projets sortir. On fait par exemple de l'essayage virtuel pour des grands de la mode sur leur site, qui leur a amené un taux de transformation qui est très élevé. C'est-à-dire que tout simplement, ils vendent plus, ils ont une meilleure gestion des retours. Avant vous commandiez deux tailles, maintenant vous commandez une seule taille parce que c'est exactement votre taille donc on est vraiment sur des innovations très très transformatives pour les clients et il y a un taux de satisfaction qui est très élevé sur les plateformes aujourd'hui. Monde Numérique : [19:35] Merci beaucoup Anthony Cirot, vice-président Europe du Sud de Google Cloud.
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