🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Siri AI bloqué en Europe : à qui la faute ?
Maison Connectée15 juin 202644:28

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Siri AI bloqué en Europe : à qui la faute ?

Apple Intelligence au rabais en Europe : pourquoi ? • Web Summit Rio : gros plan sur la tech brésilienne • Anthropic bride ses modèles les plus sensibles • En France, Mistral AI contre les ayants droit • Le Canada veut limiter les réseaux sociaux aux moins de 16 ans • L’IA bouscule le droit, les médias et l’éducation • VivaTech se prépare à Paris.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Apple Intelligence : qui prive l’Europe du nouveau Siri ?

Nous revenons sur la keynote Apple, marquée par l’arrivée annoncée d’iOS 27 et de nouvelles fonctions d’Apple Intelligence. Mais le vrai sujet, c’est l’absence de Siri AI en Europe : Apple accuse le Digital Markets Act, tandis que Bruxelles renvoie la balle à l’entreprise américaine. Derrière ce bras de fer, une réalité : des centaines de millions d'utilisateurs européens pris en otage.

Zoom sur la tech brésilienne à l'occasion du Web Summit Rio

Depuis Copacabana, nous partons à la découverte du Web Summit Rio et d’un écosystème brésilien encore trop peu observé depuis l’Europe. Le Brésil apparaît comme un terrain passionnant pour parler souveraineté numérique, innovation locale et rapprochements possibles avec le Sud global. L’objectif : sortir du face-à-face habituel entre États-Unis, Europe et Asie.

Anthropic : l’IA puissante, mais sous surveillance

Nous revenons sur le sujet Claude Fable 5, présenté comme une version plus encadrée de Mythos 5, notamment sur les usages sensibles comme la cybersécurité ou la biologie. Les modèles d’IA les plus avancés ne sont plus seulement des produits technologiques : ils deviennent aussi des enjeux stratégiques, politiques et sécuritaires (EPISODE ENREGISTRÉ AVANT LE BLOCAGE DE FABLE POUR POUR LES NON AMERICAINS).

Mistral AI face au droit d’auteur

Mistral AI dans la tourmente avec la loi sur le droit d'auteur de l'IA. Les médias et ayants droit dénoncent un pillage massif, tandis que Mistral craint d’être freiné face aux géants américains. Le débat oppose protection de la création et ambition de bâtir un champion européen de l’IA.

Réseaux sociaux : le Canada veut protéger les jeunes

Le Canada envisage d’interdire ou de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Bruno souligne les limites d’une telle mesure, déjà visibles dans d’autres pays : contournements, faux comptes et migration vers d’autres plateformes. Pour nous, la loi ne suffira pas sans un vrai travail d’éducation numérique.

IA et justice : quand les hallucinations coûtent cher

Nous évoquons l’affaire d’avocats sanctionnés aux États-Unis après avoir déposé des documents contenant de fausses références juridiques générées par IA. L’épisode rappelle que ces outils peuvent aider les professionnels, mais qu’ils ne remplacent ni la vérification, ni la responsabilité humaine. Dans le droit, l’IA doit rester un assistant, pas une source aveuglément copiée.

Médias et école : le faux débat du “sans IA”

Nous discutons de la tentation de revendiquer des contenus “100 % humains”. Cette promesse nous semble trop simpliste, car l’IA peut aussi servir à corriger, traduire, comparer, entraîner ou donner du feedback sans remplacer l’humain. Le vrai sujet n’est pas d’interdire l’outil, mais de savoir comment on l’utilise.

VivaTech à Paris : qui est l'invité vedette ?

VivaTech 2026 aura lieu la semaine prochaine. Cette édition marque le 10ème anniversaire du salon parisien. L’événement s’annonce comme un moment fort pour la French Tech, avec de grands invités attendus et un contexte très marqué par l’IA. La semaine prochaine, le Debrief Transat se fera depuis Paris, en direct de l’écosystème tech français.


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[00:00:03] Le débrief transatlantique Jérôme Colombain à Copacabana, bonjour. Hola Bruno, como vos estás? Non mais je ne fais pas de blague, on te retrouve cette semaine au Brésil, tu as été là pour travailler et puis tu as quand même été assez généreux pour venir du Brésil me visiter dans Mon Carnet. Comment ça se passe là-bas? Qu'est-ce que tu fais?

[00:00:28] Écoute, ça va pas trop mal, ça va bien. Je ne vais pas essayer de singer l'accent brésilien, je ne parle pas du tout portugais, donc c'est un vrai problème parce que les portugais ne parlent pas du tout anglais, donc c'est un peu compliqué. Merci Google Traduction, Apple Traduction, Airpods, etc. Ça rend bien service. En effet, je suis, tu vois, ce magnifique arrière-plan.

[00:00:52] Pour les gens qui regardent la vidéo, en audio, tu nous décris la plage de Copacabana qu'on voit derrière toi. C'est la célèbre plage de Copacabana, exactement, que je ne connaissais pas moi personnellement, c'est la première fois que je viens au Brésil. Mais tu avais quand même entendu la chanson de Barry Manello qui l'a rendue célèbre. Oui, bien sûr, il tourne en boucle ici. C'est vrai? Il y a A Girl from Ipanema et puis Copacabana. Non, surtout la musique brésilienne, ça c'est super, j'adore la musique brésilienne. Et donc tu es là pour quoi?

[00:01:21] Ben ouais, c'est vrai pourquoi je suis là. Tu avais besoin d'un décor différent, tu dis bon, on va aller. Ouais, ben écoute, en fait, tu sais, il y avait la keynote Apple cette semaine dont on va parler là. Je savais que ce serait nul. Ouais, ça, ça, oui, on s'attendait. Bon, non, je me vante. Mais j'ai voulu un peu prendre le contre-pied et surtout, surtout, eh bien en fait, je suis venu pour recouvrir le Web Summit. Et le Web Summit, c'est un salon qui se tient à Rio pour la quatrième année.

[00:01:49] Alors, on connaît le Web Summit original qui a lieu à Lisbonne, au Portugal. C'est là qu'il a été créé. Mais depuis 2023, eh bien, il y a, ou depuis, oui, c'est ça, 2023, je crois, il y a une édition brésilienne ici. Donc, c'est vachement intéressant. J'avais envie de faire quelque chose, voilà, de m'intéresser à un écosystème, un pays que je ne connaissais pas du tout,

[00:02:16] qu'on traite, auquel on s'intéresse très peu quand on est en Europe. On ne parle que des États-Unis, de l'Asie, etc. Et ça me paraissait intéressant de venir voir un peu comment ça se passe ici. À la fois la tech au Brésil, le salon lui-même. Alors, j'ai rencontré des Français parce qu'il y a pas mal de Français qui vivent ici. Donc, ça m'a permis de faire des interviews que je vais diffuser cette semaine dans Monde Numérique. Une vidéo également, une vidéo longue, une vidéo courte. Et l'idée, c'est vraiment de s'immerger dans la tech brésilienne.

[00:02:46] Ça me permettait de faire un pas de côté et de laisser un peu tous les grands sujets dont on parle habituellement et puis de rafraîchir un peu tout ça. Il y a des trucs assez intéressants à raconter. Il y a des similitudes, il y a des ponts entre l'Europe et le Brésil et le Sud, le Sud global d'une manière générale. L'Europe essaye un peu de se rapprocher du Brésil parce qu'on a les mêmes préoccupations. Une quête de souveraineté numérique, essayer de ne pas se faire dévorer par les Américains.

[00:03:14] Et les Brésiliens, ils y arrivent pour certaines choses, pour certains aspects, pour d'autres, pas du tout. Donc, voilà, il y a pas mal de choses intéressantes à raconter à ce niveau-là. On en parle dans Monde Numérique cette semaine. Donc, une énorme carte postale. Plein de soleil. Et tech. Plein de soleil. Allez, bon, j'enlève les lunettes de soleil malgré tout. Parce que c'est pas vraiment nécessaire, là, on est entre nous. Voilà. Revenons à des choses normales. Ouais, mais déjà, il fait moins beau, là. C'est vrai? Oui, bon, il y a un petit nuage qui passe. C'est pas grave.

[00:03:44] Mais donc, non, mais sans blague. Évidemment, t'étais là pour couvrir le Web Summit, sauf que ça t'a pas empêché de regarder ce qui se passait en Californie avec la keynote d'Apple. Qu'est-ce que t'en penses? Incroyable, cette keynote. Alors, incroyable, enfin, je sais pas. Il y a beaucoup de choses à dire. Le problème, c'est que ce sont les aspects négatifs qui ont un peu pris le pas sur les annonces. On va les bosser ensemble. Mais je pense qu'il faut vraiment, pour les gens qui nous écoutent, déjà qu'on résume un peu ce qui a été annoncé.

[00:04:14] Je t'ai laissé aller, vas-y. Ah, c'est moi qui y vais encore. Ah oui, parce que j'ai pris des notes, je te connais. Oui, j'ai pris des notes. J'ai regardé la keynote, j'ai regardé plein de vidéos, j'ai lu plein de choses, etc. Bon, alors, c'était notamment la présentation d'iOS 27 qui arrive en bêta très rapidement, qui arrivera sur les iPhones et sur tout l'écosystème iOS à partir de l'iPhone 11. Ça donne un coup de jeunesse à beaucoup d'appareils, ça. C'est dans le fond, c'est les six dernières générations.

[00:04:43] Voilà, c'est quand même pas mal, de iPhone 11 à aujourd'hui iPhone 17. Tous ces produits seront compatibles avec iOS 27. Donc, on pourra faire la mise à jour à la rentrée prochaine, vers septembre probablement. Après, qu'est-ce que c'est comme nouveauté ? Il y a un peu de design. Ils ont relooké un petit peu le liquid de glace, mais franchement, c'est cosmétique. Non, je ne sais pas ce que tu en penses. Oui, mais ce qu'ils ont fait, en tout cas, ce qu'ils nous ont montré qu'ils vont faire avec la nouvelle version, c'est ce qu'ils auraient dû faire la première fois.

[00:05:12] C'est-à-dire moins douloureux et moins tragiques comme changement, comme interface. Oui, oui, exactement. Bon, en tout cas, c'est anecdotique. Là où on les attendait, c'était sur l'intelligence artificielle, bien entendu. Donc, ils ont présenté Apple Intelligence et surtout les fonctionnalités liées à Apple Intelligence. Alors, il y a des choses, il y a des tas de choses, des améliorations, par exemple, sur la photo, la retouche photo. Le système de retouche photo de l'iPhone était l'un des plus mauvais du marché. C'est-à-dire que tu prends une photo, tu veux effacer quelqu'un ou effacer…

[00:05:42] Tu effaces l'objet et il a quelqu'un. Voilà. Samsung fait ça très bien, Google fait ça très bien et Apple, c'était une catastrophe. Bon, ben là, maintenant, ça marche très bien. Ils ont vraiment amélioré les choses. On peut noter aussi un contrôle parental. Ça, ce n'est pas l'intelligence artificielle, mais ce que j'ai noté, c'est sur le contrôle parental. Ils vont très, très loin et ça, ça intéressera beaucoup les familles. C'est-à-dire que quand il y a plusieurs iPhones dans une famille rattachés à un compte familial,

[00:06:09] les parents vont vraiment pouvoir encore plus contrôler le contenu, les temps de connexion, etc. Et ça, c'est très habile de leur part. Parce que plus on va et puis plus… C'est un peu la folie sur les internets en général. Alors, de pouvoir permettre à des parents qui donnent un appareil, le premier appareil à leur enfant, ça va les rassurer. Ça, j'avoue que c'était dans les bonnes nouvelles et ce n'est pas sorti tant que ça un peu partout.

[00:06:37] Non, il faut le signaler parce que c'est effectivement des fonctions très pratiques qui sont super utiles pour des millions de gens. Bon, alors après, je reviens sur Apple Intelligence. Donc, on rappelle que c'est vraiment le moteur qui va faire fonctionner toutes les fonctions d'IA et notamment le fameux Siri AI. C'est-à-dire ce qu'on attend depuis deux ans, un Siri boosté à l'intelligence artificielle

[00:07:05] qui sera capable de fouiller dans nos mails pour savoir quand arrive Mamie par le train en fonction du mail qu'elle m'a envoyé le mois dernier pour aller retrouver Bruno. Quel est ton avion pour venir à VivaTech ? À quelle heure il arrive pour que je t'envoie la fanfare, les majorettes, etc. Donc, une espèce de super recherche, super assistant. Vraiment un assistant, c'est ça. Vraiment un assistant, voilà. Donc, ça sera basé sur Apple Intelligence.

[00:07:34] Sauf que, il y a un problème. Nous, on pleure en Europe. Alors, pas moi, c'est pour ça que j'ai quitté l'Europe. C'est pour ça que je suis venu. C'est pour ça que je suis au Brésil. C'est en septembre, Jérôme. Mais ça ne fait rien. Tu vas devoir revenir au Brésil en septembre. Ben, peut-être. Écoute, par défi, j'ai quitté l'Europe. Mais c'est ça, la catastrophe pour vous, c'est qu'une fois de plus en Europe, ce n'est pas tout ça qui sera disponible. Et voilà. Apple Intelligence va être disponible en Europe. Il va falloir encore attendre la localisation, la traduction en langue française.

[00:08:04] Ce qui n'est pas fait. Mais bon, on pense que ça va arriver. Donc, les fonctions dont on a parlé, et puis d'autres, plein d'autres, plein d'autres trucs, mais qui ne sont pas des trucs révolutionnaires. Je veux dire, générer un emoji avec IA en promptant. Pardon, mais ce n'est pas ça qu'on attend d'Apple aujourd'hui. Mais tout ça, ça va être disponible en Europe. Il n'y a pas de problème. Le truc, c'est le fameux Siri AI qui, lui, n'arrivera pas. Et ça, c'est un coup de massue énorme. C'était une petite phrase dans la keynote.

[00:08:34] Disponible uniquement aux États-Unis. Je ne sais plus comment ils ont tourné la phrase, mais ils ont annoncé que ce n'est pas… Disponible d'abord aux États-Unis, puis par la suite avec un déploiement international. Oui, mais en fait, quand on creuse, on sait que ça n'arrivera pas chez nous, en Europe, Siri AI. Alors, pourquoi pas disponible en Europe? Et là, et là, c'est la guerre. Le bras de fer qui apparaît au grand jour entre Apple et l'Union européenne. Et là, donc, on attaque la deuxième partie de notre émission.

[00:09:03] On est parti pour 45 minutes de débrief, n'est-ce pas, Bruno? Parce que c'est quand même très compliqué. En fait, Apple dit que c'est à cause du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques, qu'il préfère ne pas le sortir. Il tourne ça en disant qu'on les empêche de sortir. Mais très vite, l'Union européenne a réagi et a expliqué. Oui, dès le lendemain. Voilà, sur un ton un peu moqueur, un peu polémique. Alors, il y a quelqu'un qui a pris la parole.

[00:09:32] Ça, entre parenthèses, moi, je trouve que ça pose une vraie question. La personne qui s'est exprimée à la tribune du Parlement, ce n'est même pas qui s'est. Enfin, moi, je ne l'avais jamais vue de ma vie. Je ne suis pas du tout les affaires européennes. Personne en France ne connaît les représentants. On connaît un peu nos eurodéputés français. On connaît un peu les grands commissaires. Mais ce monsieur qui a pris la parole pour expliquer à l'Europe entière qu'on n'aurait pas Apple Intelligence, je ne sais pas qui c'est. Bref.

[00:10:02] Et donc, il a expliqué ce qu'il a dit. Il a dit, mais attention, l'Europe n'interdit pas à Apple de venir et de déployer Apple Intelligence sur le continent. Non, simplement, nous imposons des règles. Et c'est Apple, parce qu'il ne souhaite pas se conformer à ses règles, qui décide de ne pas déployer le truc. Donc voilà. En fait, c'est... C'est un bras de fer. C'est un bras de fer. C'est un bras de fer. Et si on rentre un peu plus dans le détail, je ne sais pas si tu t'es intéressé aussi à ce...

[00:10:30] Je pense que oui, mais le fond du problème, il est intéressant. En réalité, c'est quoi ? C'est que la promesse d'Apple, c'est qu'Apple Intelligence puisse vraiment avoir accès à tout notre écosystème, toutes nos données personnelles que l'on confie à iOS. Et on sait que la promesse d'Apple, c'est de protéger notre vie privée. Donc, cloud sécurisé, tout est chiffré, aucun accès tiers,

[00:10:58] les compagnies externes ne peuvent pas accéder à ces données-là et toute l'IA fonctionne là-dessus. Et en gros, l'UE dit, ouais, mais bon, nous, ça ne nous va pas parce que pour le respect de la concurrence, il faut ouvrir à la concurrence, il faut permettre à d'autres outils d'intelligence artificielle d'accéder à ça. Et Apple dit, mais vous êtes fous. Nous, c'est la protection de la vie privée de nos utilisateurs. Ah ben non, on ne veut pas le savoir, etc. Mais là où Apple est un petit peu perfide, c'est qu'ils ont développé, d'après ce que j'ai compris,

[00:11:26] et là, je rends hommage à notre confrère Nicolas Lelouch, de Numérama, qui a couvert la keynote, à San Francisco, qui a fait un boulot extraordinaire, encore une fois, sur cette keynote, aussi bien en articles, en vidéos, etc. Un travail de décryptage super. Nico, je te salue. Nico, je le connais bien, je l'ai connu comme stagiaire il y a très longtemps à Zéro 1Net. Maintenant, c'est un grand monsieur de la tech. Ah oui, c'est un grand journaliste. C'est un grand journaliste tech. Et il expliquait ça très bien.

[00:11:55] Il dit que c'est un peu leur choix technologique qui les emprisonne, parce qu'ils ont décidé d'adopter un truc qui s'appelle un index sémantique, qui va collecter toutes nos données, qui va ensuite les faire mouliner par l'IA, etc. Et donc, du coup, c'est ça qui fait que, pour que ce soit efficace, ça va tellement en profondeur, eh bien, s'ils ouvrent la porte à des tiers, mais ça va être la gabegie. Ça veut dire que n'importe quelle petite boîte d'IA de Singapour ou de je ne sais où

[00:12:24] va avoir accès à mes mails, à mes données personnelles. Ah, elle va être capable de tout décrypter. Ça va être une horreur. Et d'ailleurs, Apple a beau jeu de dire c'est quand même bizarre. D'un côté, il y a le RGPD, Reglement Européen sur la Protection des Données, et de l'autre côté, il y a ces obligations d'ouvrir à tout va. C'est un peu dingo. Mais j'aimerais bien avoir un peu ton avis là-dessus aussi, mais juste un mot encore, si tu veux. J'ai fait un petit calcul. Il y a 450 millions d'habitants dans l'Union Européenne.

[00:12:53] iOS, ça représente environ 40% du marché. Donc, on peut dire grosso modo qu'il y a à la louche 180 millions d'utilisateurs d'iPhone ou d'appareils iOS en Europe. Ça veut dire que là, aujourd'hui, il y a 180 millions d'utilisateurs qui sont pris en otage. Ils sont pris en otage. Est-ce qu'ils sont pris en otage par l'Union Européenne, qui, pour des questions idéologiques, pour des questions d'application hyper strictes de la réglementation qui a été mise en place,

[00:13:23] ferme la porte à l'innovation technologique pour ces 180 millions d'utilisateurs ? Ou bien, est-ce que c'est Apple ? Parce qu'Apple n'est certainement pas blanc blanc dans l'histoire. Et c'est Apple qui nous prend en otage en espérant qu'on va protester, qu'on va se rebeller, parce que eux, ce qu'ils veulent, c'est une amélioration de la réglementation. Et d'ailleurs, on voit, il commence à y avoir déjà des pétitions. J'ai vu un site qui s'appelle Siri4EU, Siri4EU.com, qui lance une pétition

[00:13:51] pour réclamer l'Apple Intelligence en Europe. Donc, c'est vraiment deux logiques qui s'affrontent. Moi, j'ai le plus grand mal à prendre parti, me dire que c'est comme ci ou comme ça qu'il faudrait faire, parce que peut-être que l'Europe a raison à long terme, peut-être qu'à long terme, elle a raison, finalement, et on se dira, ouais, putain, heureusement qu'ils ont fait ça. Et peut-être que non, qu'en fait, on va dans le mur, c'est complètement idiot, on va encore prendre du retard technologique. Donc, c'est pas simple, mais le résultat, c'est ça. Moi, je le dis, il y a 180 millions d'utilisateurs qui sont pris en otage par l'Union européenne

[00:14:21] ou par Apple, mais en tout cas, on l'a dans l'os. Ben non, mais ça, c'est la situation actuelle et je partage ta lecture, toute la chose. Mais parallèlement, il y a quand même des joueurs, je pense à Google, je pense à Samsung, qui proposent des appareils augmentés avec l'IA et ces gens-là, ils ont à vivre avec la législation que vous avez, mais leurs produits sont quand même, j'allais dire, plus 2026. Il y a des fonctionnalités là-dessus

[00:14:50] qui ressemblent à ce que Apple Intelligence veut faire et ils sont déjà disponibles sur leur continent. Moi, moi, c'est vraiment plus... C'est un peu bizarre ça. De ma lecture, moi, c'est vraiment, c'est une grande, un géant, mondial qui dit, non, nous, on veut le faire à notre façon, avec notre méthode, notre approche, on ne va pas changer les choses. Le plus loin qu'ils ont été, c'est de changer le connecteur avec USB-C et ça s'arrête là. Pour le reste,

[00:15:20] on marche à notre rythme et à notre façon. Ils ne veulent rien savoir. Après, il y a cette notion, c'est très juridique tout ça. C'est à la fois idéologique parce qu'on en est vraiment à une posture idéologique de la part de l'Union européenne aujourd'hui. C'est les grands principes d'un côté comme de l'autre. Exactement. Et c'est aussi juridique. Et tu sais, il y a cette notion de gatekeeper, comment on appelle ça, de gardien d'accès. En fait, c'est-à-dire, à partir du moment où le marché dépasse, je ne sais plus combien, un certain seuil, eh bien,

[00:15:49] ces obligations s'appliquent, mais elles ne s'appliquent pas en dessous. Ce qui fait que, si j'ai bien compris, Apple Intelligence ne sera pas disponible sur iPhone, mais il sera disponible sur Mac, sur Mac OS. Ah tiens donc. Oui. Ah tiens donc. Parce que, eh bien, Mac OS n'est pas en position, en situation dominante, en position de domination. Et donc, le DMA ne s'applique pas. Pardon, je dis Apple Intelligence, en fait, non, c'est Siri AI qui ne sera pas dispo en Europe. Bon. Voilà. Et puis la question… Tout ça pour me dire que tu pourrais l'avoir sur ton Mac, mais pas sur ton téléphone. exactement.

[00:16:19] Tout à fait. Wow. Après, voilà, est-ce que… Enfin non, ce serait bien que tout soit intégré. Et puis c'est ça, les utilisateurs d'iPhone, c'est ce qu'ils veulent. C'est ce qu'ils veulent depuis toujours. Les utilisateurs d'Apple, c'est ce qu'ils aiment. Il y en a quelques-uns qui t'expliquent « Eh, c'est une prison dorée, etc. » Ok, mais c'est cet écosystème fermé où on se sent sécurité, où tout est homogène, c'est ça qui plaît. Donc là, on est privé de ce confort-là. Ah, mais regarde, si ça te va, moi je t'amènerai sur le prochain sujet

[00:16:49] parce qu'on continue à parler d'intelligence artificielle, de risque et de possibilités. Attends, mais Bruno, juste un mot avant. Comment ça se passe au Canada chez vous ? Vous savez s'il y aura des restrictions ou pas ? Non, il n'y en aura pas pour le moment. Écoute, la seule restriction qu'on va vivre, c'est par rapport à la voix, à la langue, pardon, parce que c'est sûr qu'aussitôt qu'il est disponible aux États-Unis, c'est une question de temps avant qu'il soit déployé au Canada. Puis là, on parle de moi et puis après, sauf qu'il va être déployé

[00:17:19] en version anglaise et l'adaptation en version canadienne-français, elle prendra probablement plus de temps parce que la version française ne sera pas nécessairement faite aussi rapidement due à ce qu'il propose législatif, mais ça va arriver à un moment donné. Mais donc, moi, je m'en fais pas comme un peu, comme la plupart des fonctionnalités lorsque c'est lancé et tous fabricants confondus, quand ça sort aux États-Unis, c'est une question de mois sinon de semaines

[00:17:49] avant que ça arrive chez nous. Oui, vous, ça arrivera. plus tard, mais ça arrivera. Tandis que nous, franchement, il n'y a pas d'espoir à court terme ou à moyen terme que ça arrive. Il faudrait des changements législatifs. Oui. Et ça ne sera pas. Ça ne sera pas. Et ça ne sera pas parce que c'est ce qu'Apple demande. Ils sont venus l'année dernière à Bruxelles pour présenter leur truc, etc. et ils ont demandé en fait une espèce de dérogation. Et ça,

[00:18:18] l'Union européenne a dit mais vous êtes fou, nous sommes le rap. Enfin, allez, entre chez vous. Non, je pense que ça va prendre une génération avant que ça puisse changer. Je pense que c'est un tournant. Du coup, c'est vraiment un tournant ce truc-là. Alors, ça peut, peut-être que ça donnera j'en sais rien. Peut-être que ça permettra à un Apple français de voir le jour. Je veux qu'on parle d'Entropique. Oui. Ils ont lancé, ils ont rendu disponible le Fable 5 qui est un modèle

[00:18:48] qui est, je veux dire, c'est un mythos moins-moins ou un mythos sans les stéréoïdes. Donc, le mythos, c'est le modèle spécial cybersécurité, c'est ça? Exactement. Un super modèle très puissant qui est vraiment capable de faire des pirouettes. Mais là, donc, on en arrive avec une version qui est bridée, qui est sécurisée, qui carrément va changer. C'est ça que je trouvais intéressant parce que j'ai commencé à jouer avec.

[00:19:18] Chez Anthropic, quand tu utilises le Fable 5, aussitôt que tu lui poses des questions qui ont à voir avec la cybersécurité, la biologie et un autre sujet dont je ne me souviens plus, il change automatiquement lui-même de modèle plutôt que de dire non, je ne peux pas te répondre. Ah, c'est bien ça. Il va aller chercher un modèle précédent, donc une génération précédente qui, elle, va pouvoir te répondre avec des informations moins dangereuses, en guillemets. Et ça,

[00:19:48] j'avoue que c'est habile de leur part. Et puis, donc, Anthropic qui sort ce modèle-là sur la vague de notoriété de mythos en disant c'est mythos mais un peu bridé. Donc, ça veut dire au quotidien. Oui, ça veut dire que les entreprises vont pouvoir passer au crible tout leur système informatique. Ils vont lâcher le mythos. Non, c'est ça. Non, c'est ça. C'est ça l'affaire parce que comme le fable 5, c'est une version bridée de mythos, tout ce qui est cybersécurité, il ne touche pas. Ah,

[00:20:18] carrément. Oui. Ah bon? Tu peux lui demander de vérifier certains accès mais pas de façon aussi pointue que ce que les gouvernements et les services de renseignements américains et les amis les Américains ont eu accès. On est dans une autre génération. On utilise la puissance de traitement de mythos mais ça n'a pas du tout le même rendu. D'accord, d'accord. Donc, il n'est pas axé cybersécurité en fait. Non. Ben non.

[00:20:47] Il peut rouler sur d'autres choses. C'est marrant ce que tu viens de dire là. Oui, les Américains on sait, ont demandé à, enfin les autorités américaines ont demandé à Claude de ne pas le lâcher etc. Moi, j'ai vu passer des réactions de gens qui disent tu vois, dans le côté fantasme oh là là, il est tellement puissant ça y est, l'intelligence artificielle générale est là et donc regardez, même les Américains se sont rendus compte du danger et ils ne veulent pas qu'on les... Oui, ils se sont surtout rendus compte qu'effectivement le truc était tellement puissant que ça pouvait donner

[00:21:17] véritablement un avantage stratégique et qu'ils ne veulent pas donner un tel avantage stratégique à d'éventuels concurrents. C'est-à-dire que... Exactement. Et c'est pour ça que le patron d'Anthropic dit, mettons en pause le développement... Je trouve ça tellement épocule. Tellement épocule. Mettons en pause le développement de l'IA parce qu'il faut réfléchir. Oui, non, c'est juste parce que là, cette semaine, tu es le plus puissant et tu ne veux pas que les autres avancent. Exactement. Non, mais il faut remettre tout ça dans le contexte à chaque fois. C'est sûr. Enfin.

[00:21:46] Mais donc, oui, alors salutations aux gens d'Anthropic qui nous écoutent. Je sais qu'il y en a qui nous écoutent. Non, mais l'Anthropic est super. Et puis c'est marrant. Oui. Maintenant, l'an dernier, tout le monde était sur Chagipiti. Maintenant, tout le monde est sur Claude. Ah ouais, Claude, Claude et Chagipiti, c'est... Ben, Claude et Gemini, c'est les deux. On s'entend, Claude a pris le devant ce mois-ci, mais... Claude, c'est tendance. Dans la conversation, tu ne dis pas j'ai demandé à Chagipiti, tu dis j'ai demandé à Claude. Si tu dis Gemini... Non, Claude m'a dit. Ah quoi, Claude? C'est comme tu dis ouais, j'utilise Safari.

[00:22:15] Toi, tu demandes encore à Claude. Non, Claude te dit. Claude te dit, Claude te devine, devine la question que tu vas lui poser. Bien sûr. Exactement. Ben moi, c'est la relation que j'ai avec Gemini. Mais oui. Gemini sait ce que je veux. Gemini me propose les choses avant même que j'y accède. Mais toi et moi, on est des gens fidèles, c'est pour ça. Ben oui. On est fidèles en amitié, on est fidèles en amour et on est fidèles en IA aussi. Chacun son... Ben voilà. On reste accroché à nos moteurs. Pardon de fidélité,

[00:22:44] je pense que la semaine dernière, on a presque commencé une nouvelle rubrique qui s'appelle Des nouvelles de Mistral. Et Mistral, rebelote, cette semaine, ça va mal du côté encore du gouvernement? Oui. Le Mistral souffle ou le vent souffle contre Mistral. Ah oui, il y a une espèce de petite tempête antimistral qui est en train de naître et qui est une tempête politique. Il y a français, je rappelle, pour les gens qui ne connaissent pas. Exactement, Mistral AI, qui est le open eye français. Pour faire court, oui, on parlait de ce projet

[00:23:14] de loi qui est en discussion concernant les droits d'auteur pour demander à ce que les big tech qui entraînent leur modèle avec tous les contenus trouvés sur Internet, la musique, les livres, la presse aussi, les médias, les contenus d'information, eh bien... Tous les contenus. Tous les contenus, qu'il y ait une rémunération parce que jusqu'à présent, c'est vrai que c'est un peu open bar, ils récupèrent tout, ils aspirent tout, ils entraînent leur modèle, ensuite ils commercialisent, ils vendent des tokens, donc ils se font un business à partir d'une matière première qu'ils n'ont pas payé. Et ça, en France, eh bien, les ayants droit,

[00:23:44] quels qu'ils soient, donc aussi bien les ayants droit des œuvres artistiques que surtout des médias, ce sont les médias qui aujourd'hui montent au créneau, disent, c'est plus possible, maintenant, il faut arrêter, il faut nous payer. En fait, c'est aussi lié à... Il y avait une réunion, un sommet spécial presse la semaine dernière à Marseille et c'est le patron du New York Times qui était là et qui a poussé un coup de gueule phénoménal qui a dit c'est le plus gros pillage du siècle,

[00:24:14] etc. Il faut arrêter de se faire piquer toutes nos infos, etc. Donc, tous les médias sont comme ça, ils se sentent très, très forts. Et pourquoi on en revient à Mistral ? C'est que Mistral, il fait partie du... Il fait comme les autres, quoi, si tu veux. Il a besoin pour devenir fort, pour s'entraîner. Donc, Mistral essaye de résister à ce projet de loi et ils ont sorti la grosse artillerie et la grosse artillerie, elle est politique et ça passe par du lobbying avec énormément d'actions politiques pour essayer

[00:24:43] d'infléchir la loi. Quand on s'est parlé la semaine dernière, c'était en discussion au Sénat. Cette semaine, ça a été adopté au Sénat et c'est en discussion à l'Assemblée nationale et à l'Assemblée nationale, comme ils ont vu que ça risquait de passer, alors Mistral et tout le groupe a réussi à mobiliser notamment tous les députés macronistes qui ont trouvé comme moyen pour freiner le truc de déposer des centaines d'amendements pour bloquer la discussion. Donc, on est dans un petit jeu politique si tu veux. Mais la question de fond,

[00:25:13] c'est celle qu'on a déjà évoquée. Bien sûr que le droit d'auteur c'est important et les médias et la prévice, etc. Mais qu'est-ce qu'on veut aussi aujourd'hui ? Est-ce qu'on veut oui ou non développer un champion européen ou français en tout cas de l'intelligence artificielle et si on veut, on ne lui met pas des bâtons dans les roues alors que les Américains, eux, n'en ont pas eu et que déjà, il part au départ avec un certain nombre de handicaps par rapport à ses concurrents américains. Donc, voilà le sujet.

[00:25:55] Voilà le sujet canadien qui a déposé dans le milieu de semaine un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux 16 ans et moins. Ça y est, donc c'est... Le projet de loi vient d'être déposé. En entrevue, il y avait le ministre de l'IA canadien qui m'en parlait cette semaine mais donc ça a été fait officiellement et on va voir ce qui va se passer. Mais évidemment, ici, c'est mal reçu parce que quand on regarde l'expérience australienne où la loi, le projet fait force de loi maintenant,

[00:26:25] on s'est rendu compte que les jeunes, qu'est-ce qu'ils ont fait? Ils ont filé vers des réseaux qui n'étaient pas encore marqués et puis ça, c'est sans parler de ceux qui essayent de retourner sous des fausses identités pour être capables de se brancher. Donc, en tout cas, j'ai l'impression que ça passera plus par l'éducation que par la loi mais on verra ce qu'il va en advenir. Oui, tu allais dire? Non, mais oui, surtout sur ce sujet-là qui est une loi ou pas, enfin, c'est bon, peut-être que d'après ce que tu dis,

[00:26:55] il y aura sans doute probablement une loi mais après, c'est comme on l'a fait appliquer. Voilà, il faut des outils d'identification tout en préservant l'anonymat, on retombe sur des questions techniques. Les protagonistes, mis à part TikTok, les protagonistes sont tous américains. Ici au Canada, le gouvernement canadien a encore très froid quand vient le temps de s'adresser au gouvernement, à des joueurs américains qui ont l'oreille du président américain. Encore récemment, il y avait l'organisme

[00:27:25] qui gère les télécommunications ici qui a dit on va changer le règlement et donc de 5 % de revanche, on va devoir donner 15 % de revanche par les grands joueurs, les Netflix et compagnie, pour permettre à la culture canadienne de trouver sa place. Bien, ça a été quoi la réaction du gouvernement canadien? Il dit non, non, on ne touche rien, on n'augmente pas. Les grands géants américains n'ont pas à payer plus, on garde ça comme c'est. Ils ont froid, ils ont peur. Alors, est-ce que tu penses vraiment qu'il y a une loi

[00:27:54] qui va passer et qu'après, il va y avoir des dents pour obliger des Facebook et des Google et des Snap à répondre aux actes? Oui, mais il ne faut pas s'avouer vaincu, Bruno. Regarde, faites comme l'Europe, je veux dire, tu sors les crocs, tu fais chier tout le monde, mais tu tiens bon. Au moins, tu es protégé. Oui, puis tu résistes, tu résistes. Les géants américains, on peut aussi leur tenir tête.

[00:28:24] C'est compliqué, cette histoire. Parlant de loi, tu as suivi cette histoire-là du juge au Mississippi, une cour fédérale a décidé de sanctionner deux avocats. J'adore. J'ai lu ça sur ton carnet. Raconte-nous, c'est génial. C'est génial, c'est étonnant. C'est ça, mais c'est l'histoire où ce n'est pas qu'un, mais c'est les deux parties dans un procès. À un moment donné, le juge s'est mis à vraiment faire son travail, donc à lire des documents

[00:28:53] qui avaient été déposés. Puis à un moment donné, il s'est rendu compte que lorsque, des deux côtés, quand on amenait des jurisprudences, donc des choses, des cas qui étaient arrivés ou même des lois, des articles dans la loi, bien l'IA avait été fortement utilisée, avait probablement été utilisée pour tout rédiger le brief, ce qui avait été donné au juge. Puis finalement, il y avait des hallucinations là-dedans. Il y avait des jurisprudences qui n'existaient pas, ce qui est le cauchemar des cabinets d'avocats qui utilisent ça en disant, bien on ne veut pas qu'ils nous sortent un truc comme ça.

[00:29:23] Il y avait même des articles de loi qui n'avaient pas rapport, qui n'avaient rien à voir avec ça. Et puis là, le juge a dit, bien là, vous me prenez pour une valise, alors il est retourné. Vous me prenez pour une valise, c'est quoi cette expression? Je ne le cite pas textuellement, mais c'est ce que ça veut dire. Alors, il les a amenés devant lui et il a dit, messieurs, ça ne marche pas cette affaire-là. Alors, il les a retournés, il les a sanctionnés. Il y en a même un des deux qui n'a plus le droit de se présenter devant une cour pendant deux ans. Ils ont des amendes aussi à payer, mais essentiellement,

[00:29:53] le message que ça envoie à ces gens du Mississippi, mais partout dans la pratique juridique, c'est faites attention à comment vous utilisez l'intelligence artificielle pour préparer vos dossiers et pire encore, pour déposer des documents à la cour. Ben ouais, ben ouais. Mais c'est fou parce que, je veux dire, c'est quoi la réponse à ça? Ce n'est pas forcément de ne plus utiliser l'IA, c'est que... Mais c'est de valider. Mais voilà, ils s'y sont mal pris. Ils n'ont pas utilisé le bon modèle.

[00:30:22] Il commence à y avoir des modèles d'IA spécialisés dans le juridique. Oui, c'est au Canada, on en a là. Ouais, en France aussi, ça commence à avoir le jour. Mais il faut... Bien sûr, il faut valider l'arrière, il faut qu'il y ait de la cohérence. Alors, c'est vrai que dans le droit, c'est compliqué si tu dois aller checker toutes les sources. Mais bon, si c'est connecté à des bases de données fiables, tu demandes qu'ils te sortent les références et puis tu jettes un coup d'œil, tu vérifies. Et minimalement, si tu n'utilises pas un outil spécialisé,

[00:30:52] ben tu demandes à deux, trois IA de valider l'information qui est sortie. Oui, tu as raison. Et de passer à travers tous les faits, minimalement. Exactement, tu as raison. Pour te sécuriser. Tu as raison. Ça serait sorti en disant, ben non, ça, je ne vois pas de redondance nulle part par rapport à ça. Ça, ce n'est pas vérifié. Ça, c'est une affirmation qui est gratuite. Ils l'auraient vu, mais là, c'est des gens qui ont été à la va-vite. Puis tu le sais, aux États-Unis, quand on se promène, les méga panneaux publicitaires de bureaux, ils doivent traiter des centaines,

[00:31:21] sinon des milliers de cas tous les jours dans leur bureau. Les pubs pour les avocats, oui. C'est ça, il y en a deux. Ça existe chez vous? Ça existe au Canada, les publicités pour les avocats? Non, c'est comme chez nous, ce n'est pas autorisé. Ils n'ont pas le droit, les avocats, de faire des pubs comme ça. Mais tu imagines, ici un jour, il y a longtemps, on avait un truc qui s'appelait les pages jaunes ou les pages blanches. C'était un gros, gros, gros annuaire. À l'époque où vous aviez le Minitel, c'est ça? Oui, mais on avait aussi les pages jaunes et les pages blanches. On a eu.

[00:31:51] Bon, mais nous, on a eu ça longtemps et il y avait un avocat qui avait décidé d'acheter la page de derrière. Ah oui? Le ressac qu'il avait eu et à partir de ce moment-là, il n'y a plus personne qui a acheté nulle part de publicité pour présenter son avis. C'est-à-dire que c'est mal reçu mais ce n'est pas forcément interdit. Il faudrait voir avec la loi. Je pense que maintenant, le barreau l'interdit. Je dis ça sous toute réserve, mais ça ne se fait plus dans l'usage. S'il y a des avocats canadiens qui nous écoutent, dites-le nous. Il faut envoyer un petit mot. Il y en a quelques-uns, je sais, qui nous écoutent. Pour notre culture personnelle, ça nous intéresse.

[00:32:21] On va voir le détail, oui. Exactement. Donc, c'est ça. Mais ce qui amène à quelque part peut-être, puis je sais que cette semaine, je pense que c'est dans le monde des médias, chez vous, en France, où on en a parlé, c'est cette notion de peut-être commencer à certifier des choses comme des choses créées par l'humain. Voilà, 100 % humain. Zéro IA. Tu sais, c'est comme le bio. Donc, il y a le Nutri-Score de AC et il faut un Nutri-Score IA il y a 10 %, 20 %, 50 %, 0 % d'IA.

[00:32:52] Oui, et nous, il y a des médias qui commencent à dire oui, alors nous, il n'y a pas d'IA. C'est des médias un peu spécialisés, je crois, il y a des médias écolo et compagnie qui se targuent de faire de l'info entièrement sans IA. Moi, franchement, je trouve ça très bizarre. Je ne vois pas comment tu peux prétendre fabriquer de l'information aujourd'hui sans aucun recours à l'intelligence artificielle. Ça me paraît débile. Mais quand on dit avec ou sans IA, tout dépend de ce qu'on entend. C'est vrai que souvent, aux yeux du grand public,

[00:33:20] c'est soit c'est TchadjpT qui a écrit l'article, j'ai fait un copier-coller et je l'ai diffusé. Ah, ben ça, c'est de l'IA. Ou bien, il y a zéro IA, mais pas du tout. Il y a toute une palette. Il y a tout un niveau d'utilisation. Il y a tout un niveau d'utilisation. Il y a toute une palette de trucs. Tu peux l'utiliser par petits morceaux, un peu, corriger, etc., etc. Et faire du 100 % IA, je suis très perplexe, je ne vois pas l'intérêt. C'est comme si tu disais, je veux dire, au moment où le moteur explosion est arrivé, de la publicité

[00:33:50] pour les calèches, 100 % cheval, tu sais. Ouais. 100 % tapé à la dactylo. Oui, voilà, exactement. Au moment de l'arrivée du traitement de texte, 100 % tapé par un humain. Ouais, génial. Top. Extra. Ah non, ça, ça. Non, c'est un peu du bullshit, ça, je trouve. Il faut utiliser l'IA, mais il faut comprendre quand on dit avec de l'IA, ça dépend de ce qu'on fait, etc. Et ton idée de faire valider par d'autres IA, et ça, c'est très intéressant parce que, je sais que c'est parce que toi, tu le pratiques,

[00:34:20] mais c'est vachement bien. Tu peux, aujourd'hui, il y a des outils qui sont tellement sophistiqués, c'est que tu peux faire monter des architectures où tu vas demander à des IA de corriger d'autres IA et vraiment, ça permet d'affiner les choses, quoi, c'est top. Et l'an dernier, moi, j'avais parlé avec un ingénieur et c'est vraiment là où j'avais compris c'était quoi l'importance. Ça fait un an et demi, j'avais parlé à un ingénieur qui, lui, dans sa pratique, faisait travailler trois IA différentes. Ah oui? Et oui, et donc,

[00:34:48] il développait des systèmes puis après, avec une IA qui est bien corrigée. Puis depuis, il y a des gens avec qui je travaille chez Productivia qui me permettent de faire mon podcast en 10 langues. Ces gens-là, c'est comme ça qu'ils fonctionnent. Ils ont un coffre d'outils d'IA et dépendamment des tâches, ils affectent une IA ou un agent IA dépendamment du travail, de la subtilité du travail. Et de temps en temps, par exemple, sur la version de 120 secondes de tech en 10 langues,

[00:35:17] c'est cinq agents IA qui travaillent là-dessus et qui valident systématiquement le travail de l'un et de l'autre. Puis à la bout, en fin de montage, il y a une IA qui passe pour revoir tout le travail comme un humain le ferait puis en disant si ça ne va pas, je redonne un travail à faire. Oui, c'est le contre-mètre qu'il y a, si tu veux. Bon, après, est-ce que ça garantit 100 % sans hallucination, ça? Non, ça ne garantit jamais, mais un peu comme l'humain. À un moment donné, quand il passe,

[00:35:45] est-ce que la faille, elle existe aussi chez l'humain? Évidemment. Et moi, tous les jours, pour le 120 secondes de tech, j'ai un tableau et je vois le pourcentage parce que chaque version est comparée avec la version française et on me le dit et rarement, ça arrive, mais rarement, c'est des 100 %. Ça va être du 98, 97, 95. Moi, je vis bien à partir de 91, 92. Ma note de passage,

[00:36:15] parce que ça veut dire qu'une intonation, oui, non, non, mais ça veut dire qu'une intonation est moins là. Tous les mots sont là, toutes les informations sont là, mais c'est au niveau du livrage, du rythme de montage où ça joue. Bien sûr. Mais les IA sont vraiment fines dans leur détection des différences. Mais voilà, le vrai débat et le vrai sujet, il est là, il est dans cette approche technique, enfin, je veux dire, il faut rentrer dans les détails, il ne faut pas dire n'importe quoi, sans IA, avec IA, sans IA,

[00:36:45] avec IA. C'est comme dans l'enseignement. Bien sûr que les collégiens ne doivent pas faire faire leur dissertation par l'IA, mais tourner le dos complètement à ça, c'est tout aussi absurde. Bon, Bruno. Non, non, attends, tu donnes cet exemple-là. L'autre fois, je présentais à des profs une conférence et je leur disais, mais pourquoi vous n'invitez pas vos étudiants à utiliser une IA, une IA genre Gémini

[00:37:15] ou Tchagipité pour leur faire la dissertation? Donc, ils la font puis après, ils demandent à l'IA de valider leur livraison en mode vocal. Et puis, j'ai eu la rétroaction d'un prof qui me disait on l'a essayé en classe. Et ça a été très drôle parce que plutôt que ce soit moi, le prof qui donne une réaction, c'était le jeune qui avait un truc à faire de cinq minutes, un genre de pitch et puis l'IA l'écoutait et l'IA lui a donné ses observations par rapport à son livraison, par rapport aux informations

[00:37:44] qu'il s'est amenées. Alors, tu vois, c'était un exercice qui permettait d'utiliser l'IA pas pour faire le travail, mais pour avoir une rétroaction. Bon, enfin, ça veut dire que là, c'est pas l'étudiant qui est remplacé par l'IA, mais c'est le prof quand même. Oui, à quelque part. Non, mais c'est pour montrer comment on peut utiliser l'IA comme coach dans certains domaines. Là, la question, Jérôme, parce que là, je rappelle qu'on te rejoint sur la Coupa-Gabana à Rio,

[00:38:14] en train de te faire bronzer. Et puis, mais là, Vivatech, ça commence la semaine prochaine. Est-ce que tu vas être de retour à Paris? Mais c'est la question que j'allais te poser surtout. Ça y est, toi, tu es prêt? Parce que tu as pris ton billet, ton accréditation. Le billet est là, l'hôtel est réservé, oui. Yes, génial. Donc, la semaine prochaine, on se parle en vrai. On ferait un vrai débrief parisien. On va faire un vrai débrief de visu parisien. Oui, oui, bien sûr, je me prépare pour Vivatech. Alors, j'espère que ça va être intéressant.

[00:38:43] C'est le dixième Vivatech, c'est la dixième année. Quand même. Et puis, tu sais, comme chaque année, Vivatech, c'est aussi l'anniversaire de Monde Numérique. Oui, et pour l'occasion, on le rappelle, tu fermes les Champs-Élysées dimanche pour permettre à des gens de venir présenter des choses. Exactement. Pour souligner l'anniversaire de Monde Numérique. Je privatise les Champs-Élysées et ça fait cinq ans que j'ai lancé Monde Numérique. Je crois. C'est fou. 2021. On est en 2026.

[00:39:12] Oui, c'est la cinquième année qui se termine. Et tu ne fais pas ces cinq ans ? Écoute, c'est gentil. Bon, voilà. Mais alors, je ne sais pas trop. Je pense que ça va être bien. Ça va être plus grand. Tu verras, ce n'est pas dans le même hall de la Porte de Versailles parce que... Alors, l'organisateur, Maurice Lévy, dit que c'est parce qu'on a besoin de plus de place. En fait, c'est surtout que je crois qu'il y a des travaux dans le grand hall. Donc, on est dans un autre espace mais qui est vachement bien. Mais rassure-moi, toujours à la Porte de Versailles. Toujours Porte de Versailles. Toujours Porte de Versailles. C'est-à-dire dans Paris

[00:39:42] pour les gens qui connaissent un petit peu. Voilà, c'est vrai que c'est avantageux pour l'instant. Heureusement, Vivatec n'est pas suffisamment gros pour être relégué à l'extérieur. Donc, c'est très pratique pour les Parisiens. Quand même, ça reste ancré dans la capitale. Voilà, on attend de savoir qui sera le, là ou les guest stars puisque chaque année, il y a quand même une personnalité marquante. Et là, à l'heure où on enregistre en tout cas, Bruno, on ne sait pas qui ce sera

[00:40:12] mais Maurice Lévy a dit attention, c'est du lourd. Il nous promet une très grosse pointure de la tech. Et ce n'est pas le président parce qu'on sait déjà qu'il va être là le président français. Macron, il sera là. C'est un peu normal parce que c'était un peu leur cheerleader il y a dix ans quand ils ont lancé le truc. Tout à fait. Là, maintenant, dans le fond, il vient faire son coaching après dix ans plus tard. C'est habitué. Un vivatex sans Macron, ce n'est pas possible. Je pense que même quand il sera plus président, il continuera à venir. Ce n'est pas son bébé mais c'est vrai

[00:40:41] qu'il avait pulsé. C'est dans la vague des French Tech et des compagnies. Oui, la French Tech, la Startup Nation, tout ça, machin, etc. Et à chaque fois, il est accueilli. Il est super bien accueilli. Oui, je sais, on se fait tasser à chaque fois qu'il passe. Ah oui, c'est une erreur. Quand il vient, c'est une erreur. Tu te fais... L'expression, c'est violent. C'est violent. Les services de sécurité qui se poussent sur les côtés, c'est hardos. Donc, pour un simple Canadien, c'est plutôt surprenant. Mais là, je veux revenir à ce que tu disais.

[00:41:11] Oui, la geste art. Je ne sais pas. Moi, j'ai des petites idées. Moi, je miserais assez sur Dario Amodei dans Tropique. Parce que c'est un peu le gars qui monte, qui a fait parler de lui. Ou Sam Altman, peut-être ? Ou Sam Altman, surtout que Sam Altman était à Paris ou il était en Europe il n'y a pas très longtemps, ces jours-ci, où il va y être. Ce ne serait pas incohérent, l'un ou l'autre, Sam Altman ou Dario Amodei. Alors, oui, ce serait super qu'il soit là.

[00:41:41] Je me demande un peu si... L'un comme l'autre, c'est un peu sulfureux aussi. Tu vois ? Parce que Sam Altman, c'est aussi un peu... OK, c'est Sam Altman, c'est Oponea, mais c'est aussi un peu le côté bad guy et anthropique Dario Amodei qui veut se faire passer pour le gentil, le chevalier blanc. Oui, non, mais moi, avec moi, Lian ne fera jamais la guerre, etc. On l'a dit, on en a parlé ensemble. C'est une posture... Bad guy, il pourrait avoir Elon Musk et ça ne devrait pas être lui. Mais Elon Musk est déjà venu. Non, non. Oui, je sais, il y a longtemps, mais je ne peux pas croire que ce serait lui.

[00:42:12] Mais bon, écoute, je ne sais pas. Ça serait décevant presque. Voilà, peut-être qu'à l'heure où nos auditeurs ont été révélés. Vous le savez et vous riez de nous. Voilà, vous le savez et nous, nous ne le savons pas. En tout cas, nous, on sera là, toi et moi. Oui, oui. Et pour vous rapporter dans vos oreilles ce qui s'est passé. Jérôme, je te souhaite un excellent moment encore pour le tentier à Rio. Écoute, il me reste 48 heures, je vais en profiter.

[00:42:42] Je vais surtout beaucoup travailler pour préparer mon podcast spécial Rio de Janeiro et Web Summit en 2026. Bon. Et puis moi, je vais juste dire que si les gens, après avoir entendu toutes ces belles choses qui viennent de l'Amérique du Sud, s'ils sont intéressés à entendre autre chose, je parle notamment des verres nuances qui arrivent au Canada et je parle avec le grand patron de SLR, les CETICA, ici au Canada. Et puis, on parle aussi de l'histoire des centres de données

[00:43:12] au Québec, au Canada. Ça fait quelque temps puis j'étais curieux et j'ai parlé, j'ai eu avec une discussion avec les deux premiers messieurs qui ont lancé un centre de données au Québec. C'était quoi? C'est vraiment intéressant de voir c'était quoi la perception à l'époque. Oui, écoute, juste après Christophe Collard. Ah oui! Ça fait longtemps les centres de données ici. Et puis, sinon, j'ai une entrevue. Tu connais PPC? Oui, bien sûr. Pierre-Philippe,

[00:43:41] tu sais qu'il vient de lancer une application avec son fils? Non, je ne le savais pas. Il vient de lancer une application avec son fils et puis, je les accueille aussi. C'est la première fois que j'ai une entrevue père-fils sur mon caméra. Ah, c'est sympa ça. Tu es très accueillant. On fait beaucoup de doublés cette semaine. Bon, écoute, super, joli programme. Donc, bonne écoute de ton carnet. Et puis, je te remercie pour cette première heure passée avec toi. Ah mais là, on a explosé tous les compteurs. Voilà,

[00:44:11] 45 minutes, tranquille. Et on se dit rendez-vous la semaine prochaine à Vivatech alors. Oui, pour autant de plaisir. Salut Géraud. Salut Bruno. Salut à tous. Salut.

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