Bruno :
[
0:06] Oh, Jérôme! On enregistre? Jérôme Colombain, à Paris, bonjour!
Jérôme :
[
0:12] Salut, Bruno Guglielminetti, à Montréal!
Bruno :
[
0:15] T’es vraiment épuisé, toi, cette semaine! Quelle semaine!
Jérôme :
[
0:17] Excuse-moi, tu m’as réveillé, je suis épuisé!
Bruno :
[
0:21] En train de faire ton petit roupillon de fin de semaine?
Jérôme :
[
0:24] La canicule me tue! Et elle n’est pas encore redescendue. Là, on est entre deux canicules, et c’est le moment le pire, je pense, c’est le moment où l’organisme essaie de se caler, mais il ne sait plus où il habite. Ça y est, oui, il fait un peu plus froid. Maintenant, il fait encore chaud. Mais il faisait chaud. Et c’est très fatigant.
Bruno :
[
0:42] Là, Jérôme, tu fais exprès parce que je sais que tu ne veux pas que je parte sur le sujet de la climatisation. Mais là, tu me titilles avec ton sujet.
Jérôme :
[
0:53] La climatisation, grande cause d’État. Sujet hautement sensible chez nous. Mais on va y arriver, je pense : vers 2030 ou 2035, on autorisera et on encouragera, je veux dire, même la climatisation un peu partout.
Bruno :
[
1:07] Pour l’instant, c’est tabou. Si vous voulez entendre les propos de Jérôme et de François à ce sujet, il y a le grand débrief qui est là. Il y a une bonne partie de la discussion qui est sur la chose.
Jérôme :
[
1:17] Incroyable. On a fait un débrief sur la clim.
Bruno :
[
1:21] Quand même. Un jour, il fallait que ça arrive. Mais si on se parle cette semaine, évidemment, c’est pour faire un clin d’œil à ce qui s’est passé cette semaine et ce qui se poursuivra dans certains cas. Et c’est notamment le cas, je sais que tu en as parlé cette semaine, Mais je voulais quand même revenir là-dessus parce que pour les utilisateurs de WhatsApp, ça les concerne de façon très sérieuse. WhatsApp qui permet maintenant, en pré-lancement du service, de réserver son nom d’utilisateur.
Jérôme :
[
1:50] Est-ce que tu as réservé ton nom d’utilisateur sur WhatsApp?
Bruno :
[
1:54] Oui, monsieur.
Jérôme :
[
1:55] Eh bien, moi aussi, puisque désormais, on peut avoir un identifiant, comme sur les autres réseaux, comme sur Instagram, comme sur Facebook, alors que jusqu’à présent, WhatsApp, ça fonctionnait uniquement avec le numéro de téléphone.
Bruno :
[
2:08] Il fallait partager son numéro de téléphone si on voulait...
Jérôme :
[
2:11] Et voilà. Alors, que penses-tu des justifications de Meta qui expliquent que c’est pour nous apporter plus de protection de la vie privée ? Parce que c’est ça, notamment, qui est mis en avant.
Bruno :
[
2:25] Je trouve que ça ferait une bonne raison, mais je ne suis pas certain que c’est la raison.
Jérôme :
[
2:32] Ben ouais, en fait, je pense qu’il y a une autre raison, c’est surtout que c’est pour les entreprises que ça va être intéressant, parce qu’elles vont pouvoir s’afficher avec un identifiant, comme elles le font déjà sur Insta ou sur Facebook, etc. Et on sait que Meta pousse énormément l’utilisation de WhatsApp pour le monde professionnel, pour les relations avec les entreprises. Et c’est vrai que ça marche.
Bruno :
[
2:54] Les entreprises ou les marques.
Jérôme :
[
2:56] Ou les marques, etc. Mais pour le support technique, le support commercial, je ne sais pas si c’est très développé au Canada. En France, ça existe bien sûr, mais je pense que ce n’est pas très, très utilisé, ce type de relation.
Bruno :
[
3:16] C’est sous-utilisé au Canada.
Jérôme :
[
3:17] La relation client-entreprise. Sous-utilisée aussi.
Bruno :
[
3:19] Dans le contexte de WhatsApp, oui. Non, il y a des parties de la planète où c’est la folie furieuse. Dans la relation client.
Jérôme :
[
3:28] Voilà, tout à fait. Un peu plus aux États-Unis, au Brésil, etc. C’est vrai que c’est très utilisé. Et alors, pour Meta, c’est intéressant parce que, évidemment, les entreprises, elles payent pour avoir accès à ces prestations, plus professionnelles. Mais il faut donc encourager le phénomène, etc. Bon, c’est pas plus mal, je pense que c’est plutôt pas mal. Et puis, c’est vrai que pour les particuliers, ça va, nous, utilisateurs de base, ça va nous permettre de ne pas forcément donner notre numéro de téléphone à tout le monde. Enfin, en tout cas, de ne pas forcément le faire apparaître quand on veut converser avec des gens sur WhatsApp. Après, je pense que le revers de la médaille, c’est ce que j’expliquais notamment dans l’épisode que j’ai fait vendredi dernier, c’est que, c’est aussi un peu la porte ouverte à un risque supplémentaire de harcèlement, en tout cas de spam, et de sollicitations pas forcément désirées, et même aussi des arnaques. Parce que si tu as, je ne sais pas, Air France, par exemple, et qu’on remplace le A ou le N ou je ne sais pas quoi par un chiffre et qu’il y a une petite confusion, on peut se faire avoir. Donc attention, il faut le dire aux gens qui nous écoutent, même sur WhatsApp, si demain on vous demande un code, de l’argent, etc., soyez prudents, c’est un canal qui était très utilisé pour des conversations privées, familiales et autres, et qui va devenir un peu plus public en fait, donc il faut faire un peu attention.
Bruno :
[
4:56] Mais entre-temps, si on vous propose d’aller réserver votre nom, bien, faites-le parce que, ça va arriver plus tard dans l’année, on s’entend, mais si vous avez une marque, un nom particulier ou sinon un nom d’entreprise et que vous voulez absolument réserver ce nom-là pour votre compte, bien, faites-le aussitôt que vous aurez la chance parce que quand on va ouvrir les portes, ça va être la folie furieuse et vous risquez de ne pas être capable de réserver, l’appellation que vous voulez avoir pour votre nom d’utilisateur sur WhatsApp.
Bruno :
[
5:30] Meta, je ne sais pas si tu as vu passer ça cette semaine, c’est un peu surprenant. La semaine dernière, on en parlait, Meta lançait sa propre paire de lunettes sous sa propre marque, laissant Ray-Ban et Oakley de côté. Mais là, ce qu’on est en train de découvrir, c’est qu’il y a peut-être une petite entourloupe au passage. C’est que là maintenant, les lunettes connectées de Meta, évidemment, vous aurez la possibilité d’avoir tous les services, mais pour vraiment les utiliser, il faudra payer. Et j’explique. La fonction qui vous permet d’amplifier la voix de quelqu’un qui est devant vous, que vous regardez, elle sera disponible gratuitement. Donc, une fois que vous avez payé votre paire de lunettes et que vous la mettez sur le bout du nez, ce sera disponible seulement 3 heures par mois. Et pour y avoir accès beaucoup plus longtemps, il faudra payer 20 $ par mois pour accéder au forfait Meta One Premium. Et encore là, ça va vous permettre de l’utiliser seulement, je pense que c’est quelque chose comme 15 heures par mois. Alors, avec cette annonce-là, moi, j’avoue que quand j’ai vu ça, je me disais, mais coudonc, je paie une bonne somme pour, ce n’est pas le cas, je ne les ai pas achetées, mais je paierais une bonne somme pour avoir une paire de lunettes connectées intelligentes. Puis là, on est en train de me dire, oui, oui, oui, oui, mais il va falloir payer pour utiliser les fonctions qui sont sur le bout de ton nez après avoir payé pour les lunettes. Je commence à me poser des questions sur ce qu’on paie exactement aujourd’hui pour un produit connecté.
Bruno :
[
6:58] Ce qu’on paie, ou ce qu’on paie exactement quand on paie maintenant pour un produit qui est connecté?
Jérôme :
[
7:03] Oui, mais Bruno, d’abord, je pense que ce n’est pas pour défendre Meta, c’est pour essayer de comprendre la logique et puis d’évoquer tous les aspects de la question. D’abord, c’est une fonction qui ne va pas forcément intéresser tout le monde. C’est une fonction d’amplification, etc., de la voix. et surtout c’est pas nouveau que dans la tech on te vend un produit et puis surtout on te fait payer ensuite, l’usage au mois etc aujourd’hui tous les logiciels qu’on achetait autrefois en boîte, il faut payer tous les ans pour pouvoir continuer à les utiliser on paye tous les mois les services de vidéo à la demande etc, et c’est vrai que c’est surprenant pour ce type de produit mais tu vois moi, ça fait écho à une interview que j’ai diffusée la semaine dernière dans Monde Numérique.
Bruno :
[
7:53] Avec quelqu’un de chez Meta, ouais.
Jérôme :
[
7:55] Oui, Mathieu Sanders, que j’ai rencontré à VivaTech, qui est le responsable des produits connectés et de l’accessibilité, de l’intelligence artificielle dans les produits connectés Meta. Et je lui ai posé la question, je lui ai dit, est-ce que vraiment, vous voulez aller au-delà, en faire une plateforme sur laquelle on pourra installer, ou ne pas installer des logiciels et tout ? Il me dit, oui, bien sûr, à fond, c’est exactement ça, on va faire ça. Donc, si les lunettes connectées deviennent un appareil comme les autres et donc une plateforme, un écosystème comme le smartphone ou l’ordinateur, c’est sûr qu’ils ne vont pas se priver pour fournir des applications gratuites, mais il y en aura aussi des payantes. Et là, oui, c’est sans doute la première.
Bruno :
[
8:35] Oui, mais ce que je trouve, puis je comprends ton point de vue, puis ils ont tout à fait raison de le faire, puis c’est le développement de plateformes, mais sachant que quand on te vend cette paire de lunettes-là, on dit, mais vous savez qu’il y a un système d’amplification de la voix là-dessus. C’est un peu comme si on me disait, bien, regarde, achète ton téléphone et puis tu as le droit de prendre, je ne sais pas moi, 20 appels par mois puis après, si tu veux en recevoir davantage, il faut que tu payes un supplément. À un moment donné, c’est le système de départ. C’est ce qui fait que les gens vont les acheter. Est-ce qu’ils vont se mettre à limiter le nombre de vidéos puis de photos que les gens vont pouvoir prendre? Et si tu veux en prendre plus, bien là, il va falloir que tu prennes le forfait Meta One Premium. C’est là où, tu sais, je comprends. Si c’étaient des produits qui sortaient, une fois le lancement fait, genre dans six mois ou dans un an, là, je serais mal placé pour les critiquer parce qu’il y a des frais qui vont avec eux.
Jérôme :
[
9:30] S’ils apportaient quelque chose de plus, je comprends.
Bruno :
[
9:32] Mais là, dès le départ, ça fait une semaine qu’ils sont en vente et ils disent « oh, en passant… ».
Jérôme :
[
9:38] Bon, ça t’a énervé, ça.
Bruno :
[
9:40] Beaucoup.
Jérôme :
[
9:40] Je vois. Ouais, écoute. Bon, je comprends, je compatis.
Bruno :
[
9:45] Mais bon, je vais attendre mes Nuance Audio d’EssilorLuxottica.
Jérôme :
[
9:50] Eh oui, il faut rappeler que c’est une fonction qui est disponible dans d’autres lunettes, et là, sans abonnement.
Bruno :
[
9:56] Sans abonnement. Alors, tu paies, je pense, c’est autour de 1000 $, et puis après, tu as les lunettes, et tu n’as pas de limite de temps.
Jérôme :
[
10:03] Mais, oui, oui. Enfin, encore une fois, ce n’est pas pour prendre leur défense, Mais t’imagines tout ce qu’ils veulent mettre dans leurs lunettes, Meta? C’est plus des lunettes, quoi. Ça va être aussi sophistiqué qu’un ordinateur. C’est un ordinateur.
Bruno :
[
10:16] Oui, mais là, ce que Meta, et c’est gros comme ça, moi, quand je les vois arriver, ils ont raté le téléphone. Ils ont raté le virage du téléphone. Tu as raison. Puis après, ils ont dit, bon, on va aller créer le Metavers, puis tout le monde va projeter dans le Metavers, et, on va contourner le web et on va avoir accès à ça. C’est un peu ce qu’ils ont fait avec Facebook. Ils ont créé un web à côté du web. Oui, un web dans le web, bien sûr. Un peu comme AOL avait fait à l’époque, ils n’ont pas réinventé la roue. Puis là, j’ai l’impression qu’avec les lunettes, ils sont en train de vouloir créer la prochaine plateforme connectée pour prendre la place. Parce que ça va être ça, avec la miniaturisation des processeurs. À un moment donné, ils vont devenir indépendants des téléphones et tu sais, un appel, tu pourras le prendre là-dessus. Ça chauffera probablement un peu le cerveau, mais tu pourras prendre ton appel là-dessus et c’est vers ça qu’on s’en va. Donc, ce sont des appareils sérieux. Ce sont des petits ordinateurs montés sur des branches qui se tiennent au bout du nez.
Jérôme :
[
11:21] Absolument.
Bruno :
[
11:24] Tu veux nous parler de robots émotionnels. Tu les as vus cette semaine.
Jérôme :
[
11:28] Mais oui. Alors, parce que tu sais que moi, je n’ai pas d’amis, je n’ai pas d’amoureuses. Je n’ai personne autour de moi.
Bruno :
[
11:34] Ce n’est pas vrai.
Jérôme :
[
11:35] Donc, j’envisage d’acheter un robot émotionnel. Surtout qu’elles sont mignonnes, ces petits robots émotionnels. C’est assez incroyable. C’est une entreprise chinoise qui s’appelle UBTech, qui a fait une présentation assez incroyable. Un robot humanoïde. Alors, il y a deux versions. Il y a un homme et une femme, qui ont la taille d’êtres humains.
Bruno :
[
12:00] C’est 183 cm pour le monsieur.
Jérôme :
[
12:06] La femme, elle fait 1,68 m. Il n’est pas lourd, le monsieur. Il fait 42 kg. C’est un petit gabarit quand même.
Jérôme :
[
12:15] Et alors, pourquoi ils appellent ça robot émotionnel ? Parce qu’ils ont énormément soigné les émotions et tout ce qui est sur le visage. Alors, c’est vrai que quand on voit les expressions de visage, c’est étonnant. Les femmes, on peut... Enfin, les femmes, tu imagines, déjà, on parle d’une machine. Les robots genrés féminins, on va dire, ils peuvent se maquiller, on peut les maquiller. Elles ont le mouvement des cils, comme ça, tu sais, pour t’émouvoir. Enfin, elles battent des paupières. Elles peuvent même faire des clins d’œil. Elles peuvent interagir. après j’ai pas l’impression je crois que la présentation s’est pas super bien passée il y avait des journalistes et tout et les gens étaient assez perplexes parce que c’est très lent c’est assez limité etc mais ils en ont quand même, vendu, déjà pré-vendu, a priori, 10 000 précommandes de gens qui avaient même payé, ils ont payé environ 380 euros pour réserver le robot émotionnel qui n’est pas encore disponible et qui va coûter selon les versions, entre 15 000, ça c’est pour le petit modèle, je ne sais pas lequel c’est d’ailleurs le petit modèle, mais ce sera le moins évolué, et jusqu’à 120 000 euros. Il y en a un qui n’a pas de jambe, c’est ça, il n’a que le haut, et il y en a un, et le super modèle, Il coûtera 125 000 euros. Donc, je pense que, ça y est, on est en train de basculer dans un nouveau truc, quoi.
Bruno :
[
13:44] Dans le genre, il y avait déjà, quelque part, ça vient dans le milieu, il y avait déjà tout ce qui était compagnons haut de gamme pour adultes. Ça, c’était une chose qui existait, et ils commencent à proposer des produits assez raffinés. Puis de l’autre côté, ils avaient des compagnons, des toutous, des jouets.
Jérôme :
[
14:05] Oui, c’est vrai, il y avait les chiens, etc.
Bruno :
[
14:06] Il y avait Aibo.
Jérôme :
[
14:08] Aibo de Sony.
Bruno :
[
14:09] Ah oui, ça, ça remonte aux origines. Ah oui, moi, ça me rappelle l’histoire. Donc, de voir, des troncs de personnes, en tout cas, pardon, des troncs d’humanoïdes ou un humanoïde complet, genré, féminin ou masculin. Là, on est en train de créer un autre segment. Mais je lisais quelque part, puis en t’écoutant, je cherchais, puis je n’arrive pas à retrouver l’information. On nous dit que c’est pour les célibataires et pour les gens de 60 ans et plus. C’est le premier marché qui vise, là ? C’est le truc, non ?
Jérôme :
[
14:44] Il est clairement positionné comme, un support émotionnel, quoi. On va pouvoir discuter avec lui, créer une relation, lui faire des petites caresses. Alors, on ne sait pas trop jusqu’où ça va aller. Je pense qu’on n’a pas d’informations à ce sujet-là. Et ça rappelle, tu sais, la série qui s’appelait Real Humans ?
Bruno :
[
15:06] Oui.
Jérôme :
[
15:07] Je ne sais pas si tu as vu cette série où c’était, tu pouvais acheter ton robot, tu le faisais entrer à la maison, il était plus vrai que nature il allait se recharger tout seul la nuit il dormait jamais et puis il pouvait faire plein de choses, il était tout le temps très sympathique, et évidemment, il y a beaucoup de gens qui s’y attachent, Et puis, il y a quelques résistants qui essayent, au bout d’un moment, qui disent, mais vous êtes complètement fous, ce ne sont que des machines, etc.
Bruno :
[
15:32] C’est le cas de le dire, avec ça, dans une maison, tu entres dans une autre dimension.
Jérôme :
[
15:37] Ah ben, absolument. Parce que, bien sûr, qu’il y a des gens qui vont développer des relations avec ça. Enfin, moi, j’imagine, là, ça va faire des... Chez nous, en France, on pourra faire plein d’émissions, des conférences à la Sorbonne. Faut-il tomber amoureux d’un robot? Oui, non.
Bruno :
[
15:52] On va légiférer, c’est certain.
Jérôme :
[
15:53] C’est certain. On va sûrement légiférer. On va interdire les sentiments à l’égard des robots.
Bruno :
[
16:00] Mais imagine-toi, la loi des robots.
Jérôme :
[
16:02] C’est parce que ça s’en vient.
Bruno :
[
16:04] Donne-toi, quoi, trois ans.
Jérôme :
[
16:05] Quatre ans? Oui, t’imagines. Le robot te quitte. Tu es triste. C’est un choc émotionnel.
Bruno :
[
16:14] Disons qu’il décide de prendre...
Jérôme :
[
16:16] Est-ce que le robot a le droit de te quitter, d’ailleurs?
Bruno :
[
16:18] Oui. Ou si tu vends ton robot à quelqu’un d’autre?
Jérôme :
[
16:21] T’imagines?
Bruno :
[
16:22] Quels sont les droits qui partent avec? Est-ce que les souvenirs, tu dois, je ne sais pas moi, effacer la mémoire? Qu’est-ce qui se passe? Quelle partie de la mémoire appartient au robot? Laquelle appartient à l’utilisateur? Ça va être intéressant, ça.
Jérôme :
[
16:36] Ah ben, écoute, moi j’avais vu une pièce de théâtre à Paris qui traitait exactement ce sujet-là et qui avait été écrite par des chercheurs en intelligence artificielle. En l’occurrence, c’était Serge Abiteboul et comment s’appelle-t-elle ? Laurence, Laurence, Laurence, Laurence que je salue, je la connais, que j’ai interviewé plein de fois et son nom m’échappe et c’était très intéressant parce qu’effectivement ce sont toutes les questions que ça pose, par rapport à... C’est Laurence Devillers, je cherchais son nom, Laurence. Désolé Laurence, si tu nous écoutes. Et c’est toute la personnalité des robots. Et puis même la mémoire, en fait, quand ça passe d’une famille à une autre. Il avait été soi-disant réinitialisé, mais en fait, dans la famille suivante, il ressortait des souvenirs de la première famille. Tu imagines? C’est incroyable, c’est incroyable.
Bruno :
[
17:29] En passant, ne vous en faites pas. Si vous entendez un chat, c’est GPT. C’est ton chat robot? C’est un chat GPT.
Jérôme :
[
17:34] C’est ton chat robot? Non, c’est pas un robot.
Bruno :
[
17:35] Non, non, c’est le vrai chat GPT qui s’exprime et qui voulait prendre la parole par rapport à ses souvenirs-là.
Jérôme :
[
17:43] Écoute, il est bienvenu.
Bruno :
[
17:45] Est-ce que tu vas acheter ce genre de choses-là, toi?
Jérôme :
[
17:49] Franchement, non. Je n’ai pas, dans l’immédiat, besoin de soutien émotionnel, peut-être un jour. Mais après, juste pour conclure, c’est vrai que moi, aux gens qui disent, qui auraient tendance à dire, mais c’est terrible, il vaut mieux s’occuper des humains, ne pas se détourner. Bien sûr, mais il y a, et on l’a déjà évoqué ensemble plusieurs fois, il y a des gens qui n’ont pas la chance d’être entourés, qui vivent dans la solitude. Est-ce qu’un robot, à défaut d’autre chose, peut être un moyen de combattre la solitude ? Franchement, ce n’est pas facile à trancher comme débat.
Bruno :
[
18:23] Et la question est lancée et on arrête là-dessus.
Bruno :
[
18:28] Je vais t’emmener ailleurs parce que cette semaine, j’ai écrit là-dessus, mais ça fait un moment qu’on en parle, mais je me suis dit que ça valait la peine de ramener le sujet. Ce sont les entreprises qui ont comme un moment d’épiphanie par rapport à l’intelligence artificielle, à leur utilisation de l’intelligence artificielle, et qui décident, que pour la rentrée, peut-être qu’où on va couper l’utilisation de l’IA ou du moins on va rationaliser l’utilisation de l’IA parce que ça commence à coûter cher, ces pelletées de tokens, c’est l’argent qu’on investit dans l’utilisation de l’IA.
Jérôme :
[
19:05] Mais oui, tu as fait un papier sur ton carnet qui est très intéressant qui, effectivement, rappelle qu’aujourd’hui, c’est des millions qui sont engloutis là-dedans. Il y a des boîtes qui se sont même complètement laissées dépasser, qui se sont retrouvées à la fin du mois avec, des factures à payer surréalistes.
Bruno :
[
19:29] Il y a des boîtes qui ont passé en trois mois leur budget annuel qu’ils avaient planifié.
Jérôme :
[
19:33] Oui, exactement.
Bruno :
[
19:34] Tu imagines ?
Jérôme :
[
19:35] Je ne sais plus quelle boîte.
Bruno :
[
19:36] Je pense que c’est Uber qui avait eu cette situation. Quelqu’un d’autre, tu sais.
Jérôme :
[
19:42] Oui, ça pose une sacrée question. D’autant plus que le retour sur investissement n’est pas toujours là. C’est-à-dire que oui, ça permet d’aller plus vite dans pas mal de choses, notamment essentiellement pour le développement, pour le développement informatique. mais est-ce qu’ils récupèrent en business tous les milliards ou les millions engloutis, dans les tokens ça m’étonnerait et je ne sais pas si tu as vu il y a une personnalité de la Silicon Valley qui est montée au créneau pour évoquer ce sujet et ça fait beaucoup de bruit c’est le patron de Palantir Alex Karp, qui effectivement c’était une interview sur la chaîne CNBC qui dit mais arrêtez vous êtes complètement fou et lui il attaque carrément les labos d’IA en fait, les big tech d’IA, et principalement OpenAI et Anthropic essentiellement. Et il dit, il parle de token maxxing. Le token maxxing, c’est la tendance justement à pousser les entreprises vers une consommation excessive de tokens, alors que ça ne leur rapporte pas forcément grand chose, et le retour sur investissement est loin d’être tangible, et en plus de ça, il y a des problèmes de données sensibles qui se retrouvent sur les serveurs de ces boîtes-là. Donc, il dit attention, arrêtez, ce que vous faites n’est pas possible, ça ne va pas durer cette histoire.
Bruno :
[
21:03] Alors là, est-ce qu’on va parler de token Aguedo ?
Jérôme :
[
21:06] Je pense qu’on sera obligé d’ouvrir le dossier Tokenageddon, probablement la semaine prochaine ou le mois prochain, après le RAMageddon.
Bruno :
[
21:16] Oui, mais c’est vrai, c’est un vrai problème, c’est une vraie réalité que plusieurs entreprises sont en train de réaliser. Et d’autant plus que, et c’est peut-être ça qui est pernicieux là-dedans, c’est qu’avant de le faire, de commettre ce travail-là, on n’a aucune idée de ce que ça va prendre comme budget de production. Moi, je regarde la production de 120 secondes qui est faite par, une fois que j’ai fait ma partie, mais une fois qu’elle doit être produite dans neuf autres langues.
Jérôme :
[
21:49] Ben oui, ça te coûte un pognon de dingue. Il paraît que tu as déjà été obligé de vendre des meubles et tout. Tu envisages de vendre tes chats.
Bruno :
[
21:55] Oui, puis même d’ouvrir une pizzeria.
Jérôme :
[
21:58] Une pizzeria, bien sûr.
Bruno :
[
21:59] Pour financer mes 120 secondes.
Jérôme :
[
22:01] Évidemment.
Bruno :
[
22:03] Mais tu sais que quand on parle d’entreprises qui réalisent que finalement, l’IA, ce n’est pas la panacée.
Jérôme :
[
22:11] La panacée.
Bruno :
[
22:12] C’est le fabricant de voitures Ford qui, cette semaine, confirmait qu’il a été, qui a réintégré 350 ingénieurs.
Jérôme :
[
22:23] Oui, j’ai vu ça. C’est dingue.
Bruno :
[
22:24] Parce que finalement, leur expérience ne pouvait pas être remplacée par une IA. Alors là, on leur a demandé de revenir, évidemment, contre forte rémunération. Et puis, il y en a d’autres qu’on a même promus pour les encourager à rester dans l’entreprise, pour aider les IA à progresser et à apprendre d’eux pour être meilleures. Et un jour, probablement, les remplacer. Mais avoue que c’est assez amusant comme scène.
Jérôme :
[
22:50] Mais ce n’est pas facile pour les entreprises. Regarde, il y a eu le côté, il faut passer à l’IA. Bon, d’accord, on ne sait pas trop ce qu’on va en faire, mais OK, allons-y. « Allez, on prend le chéquier et on achète des tokens par millierss. » Il y a eu la promesse de ce que ça allait apporter. Du coup, paf, on licencie les pauvres mecs par milliers. Finalement, on s’aperçoit que l’IA coûte beaucoup plus cher que les humains. Mais remettez-nous les humains. Et hop, tu rappelles les humains pour qu’ils reprennent leur place et tu lèves le pied sur les tokens. C’est très amusant.
Bruno :
[
23:23] Tu sais, quand tu dis que l’IA coûte beaucoup plus cher que les humains, Ça, c’était la petite confession d’un des patrons de chez NVIDIA qui disait, en faisant le calcul, on s’est rendu compte qu’on payait beaucoup plus l’utilisation de l’IA au sein de notre entreprise que la valeur qu’on avait accordée aux humains. Il faut le faire. Les humains coûtent moins cher que l’IA.
Jérôme :
[
23:48] Oui, mais il faut saisir l’occasion. Il faut revaloriser les salaires. et du coup tu vois tous ceux qui vont être embauchés chez Ford moi si j’étais eux je demande à ce que mon salaire qu’il soit doublé.
Bruno :
[
24:00] Là, j’entends les syndicats qui vont te téléphoner.
Jérôme :
[
24:02] Oui. Bon, enfin. Non, mais c’est l’histoire de l’IA qui est en train de s’écrire. C’est ça, c’est des soubresauts, des ajustements. On se cherche et on sent bien que c’est le début de l’histoire. Les trucs sont en train de se mettre en place et ce n’est pas facile. J’imagine que ça doit être très difficile pour les dirigeants qui prennent des décisions.
Bruno :
[
24:24] Ah, écoute, l’enfer. On poursuit dans l’actualité de la semaine. Est-ce que toi, je sais que tu es parmi tous les gens que je connais, tu es probablement l’un des plus gros gamers, un des plus gros joueurs de jeux vidéo. Est-ce qu’il te reste encore dans tes cartons, quelque part, des boîtiers de jeux vidéo que tu aimais?
Jérôme :
[
24:42] Oui, il me reste plein de boîtes. Je ne suis pas du tout gamer. J’ai lâché le jeu vidéo il y a des années. Je suis désolé.
Bruno :
[
24:49] Mais donc, c’est ça. Je ne sais pas si tu as vu passer cette nouvelle-là de Sony Interactive Entertainment.
Jérôme :
[
24:54] Donc, c’est fini.
Bruno :
[
24:56] Oui, qui confirme qu’en janvier, 2028, donc pas janvier prochain, mais l’autre d’après, c’est fini pour la production de disques physiques pour les nouveaux jeux de PlayStation. Ça va être uniquement disponible ou sur le, magasin en ligne de PlayStation ou chez des détaillants tiers, mais ça veut dire qu’il y a toute une chaîne de distribution du jeu vidéo, qui va disparaître, et avec ça, parce que là, Sony vient de lancer sonner la cloche, mais on peut être sûr que les autres, je pense à Xbox notamment, mais d’autres fabricants de jeux, vont commencer à dire, peut-être qu’effectivement, nous autres, en janvier 2028, on va laisser tomber. C’est un peu comme la disparition des disquaires à une certaine époque.
Jérôme :
[
25:41] Oui, exactement. Mais en fait, cette histoire-là, la dématérialisation des jeux vidéo, écoute, on en parle depuis 15 ans, vraiment depuis l’apparition des consoles connectées à Internet. Parce qu’à partir du moment où il y avait du haut débit, tu avais la console avec toute la puissance, la mémoire qu’il faut, la connexion haut débit pas chère, mais on se dit, mais pourquoi garder les boîtes ? Et ça a été gardé pendant très longtemps parce qu’il y a une économie derrière, tu l’as dit. Et puis, il y a même une deuxième économie aussi, c’est l’économie du marché d’occasion. Et le jour où il y aura une dématérialisation totale, c’est dommage parce que tu as plein de gens qui achètent des jeux d’occasion un peu plus tard, après les sorties et qui les payent deux fois ou trois fois moins cher. Tout ça, ça disparaîtra, mais inévitablement, c’est quelque chose vers lequel on va aller. Ça paraît absurde. C’est presque paradoxal. Le jeu vidéo, il est intrinsèquement très lié à la tech, donc à la modernité, au progrès et tout. Et on est sur un modèle très physique qui est un modèle d’un autre âge.
Bruno :
[
26:51] Mais, de l’autre côté, il y a comme un attachement. Je refais mon parallèle avec la musique. Il y a des musicophiles qui ont de superbes discothèques dans leur salon ou dans leur pièce dédiée pour la chose, avec tous leurs albums. Pour la vidéo aussi.
Jérôme :
[
27:06] Oui, aussi. Moi, je connais des tas de gens qui ont des DVD, qui ont des murs entiers de DVD. Et puis, les pauvres, ils pleurent parce qu’ils avaient dans une autre pièce, c’était les cassettes VHS en plus.
Bruno :
[
27:18] C’est ça, mais il va arriver la même chose avec toute une nouvelle génération de joueurs qui n’auront plus rien. Ça va être sur la console. Puis, quand la console ne sera plus bonne, qu’est-ce que tu vas faire avec ?
Jérôme :
[
27:31] Bon, écoute, moi, j’avoue que je n’ai pas beaucoup de fétichisme par rapport aux produits physiques, dans la mesure où le produit physique ne sert qu’à véhiculer du contenu. Et que ce soit, moi, quand les CD, enfin, quand la musique dématérialisée, MP3, etc.
Bruno :
[
27:47] En train de donner ton âge, toi, le CD-ROM.
Jérôme :
[
27:48] Oui, voilà. Non, mais tu sais que moi, j’ai vendu tous mes vinyles. Je suis un peu idiot parce qu’aujourd’hui, je me souviens, j’ai vendu une caisse entière de vinyles pour 50 euros à l’époque. et le type était super content il est parti en courant de peur que je le rattrape j’imagine et que je change d’avis peut-être que c’était idiot parce que tous ces disques que j’ai vendus à l’époque, aujourd’hui coûteraient 50 euros pièce mais, moi j’ai pas de fétichisme par rapport à ça je pense que c’est inévitable et même pour les livres c’est pareil, bien sûr on va me dire, la bibliothèque, une bibliothèque c’est merveilleux, j’ai plein d’amis qui ne parlent que de bouquins, qui rêvent de vivre au milieu des livres pour moi une bibliothèque c’est, un enfer parce qu’il n’y a pas de moteur de recherche et chaque fois que tu cherches un livre alors j’ai des livres à la maison chaque fois que je recherche un livre je ne le trouve pas, où est-ce qu’il est passé, à qui je l’ai prêté à moins d’être un psychomaniaque, un psychotique et d’avoir des codes sur les livres, quand t’as une énorme bibliothèque il faut qu’elle soit hyper bien rangée mais je respecte les gens qui sont attachés au support physique. Puis, on voit aussi que les jeunes se sont remis au disque vinyle, etc. On a besoin quelque part, d’un point de vue émotionnel, de support physique.
Bruno :
[
29:10] Ou sinon de s’acheter un robot humanoïde.
Jérôme :
[
29:13] Exactement. Donc, si vous avez un choc émotionnel à cause de la disparition des jeux vidéo physiques, commandez tout de suite votre robot émotionnel à qui vous allez pouvoir raconter ça le soir au coin du feu.
Bruno :
[
29:25] Il n’y a pas un coupon de réduction sur le site de Monde Numérique, pour son robot émotionnel ?
Jérôme :
[
29:30] Non, parce que je ne touche absolument aucune commission sur la vente de ces robots.
Bruno :
[
29:33] Ah d’accord. Dernier sujet, puis après, je vais te laisser aller parce que je sais que tu as un horaire de ministre cette semaine.
Jérôme :
[
29:41] Ah oui, j’ai du boulot. J’ai des auditeurs qui m’attendent. Allez, dépêche-toi.
Bruno :
[
29:44] Puis moi aussi, j’ai la suite de mon carnet.
Jérôme :
[
29:47] Je sais.
Bruno :
[
29:48] Je voulais te parler d’Amazon Leo. Tu sais, cette constellation de satellites qui offriront le service Internet aux entreprises, pas aux particuliers. C’est un moment important. Ils ont atteint cette semaine près de 400 satellites pour cette constellation. Ça vient d’être confirmé par les gens d’Amazon Leo. Et donc, ça veut dire qu’à partir de maintenant, le service peut officiellement commencer à offrir un service commercial dans certaines régions du monde. Je ne sais pas ce que ça a fait comme réaction chez Elon Musk, mais c’est la première fois qu’il a un vrai concurrent.
Jérôme :
[
30:26] Oui, mais enfin, il le voit arriver depuis longtemps. Elon Musk, il sait qu’il va avoir un concurrent. Puis tu sais, je pense qu’il fait partie de ces gens qui se réjouissent quand il y a des concurrents. on sait bien que quand il y a de la concurrence ça prouve qu’il y a un marché donc, c’est mieux que de rester tout seul sur son marché ok il a 400 satellites et puis c’est très bien c’est bien à tout point de vue cette histoire-là y compris pour les consommateurs, etc. après 400 satellites ok, Starlink, ils sont à 1 300 ils sont plus que ça là, Ah oui, ils sont plus que ça aujourd’hui. Oui, tu as raison.
Bruno :
[
31:01] On a dépassé les 6 000.
Jérôme :
[
31:03] Oui, OK. Après, je ne me souviens plus. J’avais travaillé un peu là-dessus, mais peut-être que toi, tu t’en souviens. Ce n’est pas la même chose. Il y en a qui sont en orbite très basse. Non, ceux d’Amazon, ils sont quoi? Ils sont en orbite plus haute, je me souviens.
Bruno :
[
31:18] Non, c’est en orbite basse aussi.
Jérôme :
[
31:19] Ce n’est pas bien haut. C’est aussi de l’orbite basse. OK, OK. D’accord. Donc, c’est comparable. C’est vraiment comparable.
Bruno :
[
31:25] Sauf qu’eux sont vraiment...
Jérôme :
[
31:26] Mais moi, je m’en fous de tes trucs américains. Nous, on a le nôtre qui est en train de... On est en train de développer aussi notre réseau satellitaire. Et il s’appelle... Je crois que je vais arrêter cette émission parce que j’ai que des trous de mémoire.
Bruno :
[
31:39] Non, mais c’est pour te montrer comment il est bien connu.
Jérôme :
[
31:44] Non, non, mais il s’appelle un truc avec un carré. C’est un truc avec un carré. Google, aide-moi.
Bruno :
[
31:53] Mais Jérôme, entre-temps et pendant que tu fais ta recherche.
Jérôme :
[
31:56] IRIS².
Bruno :
[
31:57] Ah, ben, ouf, ouais.
Jérôme :
[
31:59] IRIS². IRIS², tu sais, 2 en exposant.
Bruno :
[
32:02] Oui, mais ça va être fonctionnel en quelle année, ça?
Jérôme :
[
32:05] Ça va arriver, ça va arriver. Non, non, non, c’est en train de se mettre en place. Et puis, de toute façon, ce n’est pas le sujet. Nous, on fait les trucs après vous, après les Américains même. Mais après, ça marche bien. Regarde Galileo. Service Galileo, il fonctionne très bien.
Bruno :
[
32:21] Disponible sur toutes les Renault?
Jérôme :
[
32:23] Non, mais en France, on ne le sait pas forcément, mais quand on regarde un itinéraire, quand on suit un itinéraire avec les satellites sur son smartphone, on utilise en partie Galileo.
Bruno :
[
32:37] Mais est-ce qu’on sait à quel moment on quitte le réseau? Non, on ne sait pas.
Jérôme :
[
32:40] Non, non, c’est complètement… Il n’y a pas de transparence là-dessus? Non, non. Non, non, c’est complètement… Non, mais après, ça n’a pas vraiment d’intérêt.
Bruno :
[
32:47] Mais la raison pour laquelle j’aurais cru que tu aurais été plus heureux de voir Amazon Leo s’installer comme ça et de commencer à offrir, c’est qu’il y a ce jeu de bras de fer entre Elon Musk et l’Europe, qui commence à menacer de retirer, le service de satellite, par exemple, à l’Ukraine, s’il n’arrive pas à s’entendre avec l’Europe. Je me dis, si Amazon Leo qui arrive dans le décor et qui est capable d’offrir le service, disons que le jeu de négociation, la chanson durera moins longtemps que prévu.
Jérôme :
[
33:21] Tu as raison, bien sûr. Et c’est pour ça que la concurrence est excellente pour tout le monde. Parce qu’il aura moins de leviers de pression. Après, il aura toujours... C’est-à-dire, si aujourd’hui, par exemple, il décide de... Je dis n’importe quoi, un scénario, il dit « Oui, je vais couper Starlink pour les Français, par exemple. » Starlink en France, c’est à la fois très peu développé, il y a peu de gens qui l’utilisent, mais ceux qui l’utilisent peuvent te dire qu’ils y sont bien accrochés. Et les derniers, c’est Air France. Air France qui a choisi Starlink, bon, voilà, il n’y aura pas mort d’homme, l’économie ne va pas s’arrêter, mais ce sera un peu douloureux pour les personnes concernées, quand même. Et effectivement, s’il y a un concurrent qui fait que, du coup, ce genre de menace est moins réaliste, eh bien, écoute, tant mieux, tout le monde est content. Et nous, en tout cas, on s’en fout parce qu’on est en train de préparer IRIS², qui sera mis en service en 2028, à partir de 2028, mon ami. Donc, on aura l’occasion d’en reparler.
Bruno :
[
34:20] En attendant, tu pourras utiliser Léo ou Starlink.
Jérôme :
[
34:23] Non, mais vous pourrez l’utiliser, notre IRIS². Ah oui? Vous êtes nos amis, vous, les Canadiens.
Bruno :
[
34:29] Ah oui, ça va tourner autour du Canada, repartir vers l’Europe, retourner au Canada, repartir vers l’Europe. Mais déjà que maintenant, on va faire l’Eurovision, j’ai tellement hâte.
Jérôme :
[
34:38] Ah bon?
Bruno :
[
34:38] Tu n’as pas su ça? Non, je n’ai pas su ça. Cette semaine, il a été confirmé que le Canada… On fait tous les sujets maintenant.
Jérôme :
[
34:44] Dans ce débrief. La climatisation, l’Eurovision… Non.
Bruno :
[
34:48] Mais écoute, c’est quand même une grosse nouvelle. Parce qu’on vous a fourni des Céline Dion pour que la Suisse gagne à un moment donné à l’Eurovision. Mais là, à partir de la prochaine édition, le Canada participera officiellement de l’Eurovision.
Jérôme :
[
35:02] Vous n’y étiez pas?
Bruno :
[
35:03] Non, c’était uniquement l’Europe. Ah oui, c’est Europe. Je te rappelle. mais de plus en plus le Canada commence à faire partie de l’Europe ici et là.
Jérôme :
[
35:11] Ah, OK, OK. Non, mais excuse-moi, ma femme m’engueule, mais moi, l’Eurovision, ça me donne des boutons, donc ce n’est vraiment pas mon truc.
Bruno :
[
35:19] Bon, ben écoute, maintenant que j’ai été capable de dire que le Canada fait partie de l’Eurovision… Ah bien.
Jérôme :
[
35:23] Je suis très heureux de l’apprendre, Monsieur le chroniqueur.
Bruno :
[
35:25] Ah, voilà, je suis heureux d’entendre ta joie.
Jérôme :
[
35:28] Voilà, mais parle-moi… Oui.
Bruno :
[
35:30] Pardon.
Jérôme :
[
35:31] Parle-moi plutôt de ton podcast.
Bruno :
[
35:33] Et puis moi qui allait te demander la question pour toi.
Jérôme :
[
35:35] Ah bon, d’accord.
Bruno :
[
35:35] Ouais, ben écoute, on va te donner des nouvelles.
Jérôme :
[
35:37] Je vous en prie, je n’en ferai rien. Non, mais je vous en prie.
Bruno :
[
35:39] Ah non, non, mais j’assiste quand même, monsieur. Cette semaine, on prend des nouvelles de l’Afrique avec Muriel Edjo, qui est rédacteur en chef de We Are Tech Africa. On va parler de podcastologie.
Jérôme :
[
35:52] Oh, ça m’intéresse, ça.
Bruno :
[
35:54] Ou de baladodiffusion, si tu veux. Je sais que tu aimes le terme. Il y a une nouvelle étude qui concerne le podcast au Canada. Et puis, il y a Stéphane Berthomet qui a passé à travers l’étude. Sinon, on va parler, d’une association québécoise qui regroupe les conseillers en informatique indépendants. Et donc, ils faisaient le point ce mois-ci sur l’industrie. Alors, on va se faire une idée de à quoi ressemble ce domaine-là au Québec. Et puis finalement, je rejoins aussi Alexandre Théodore, qui est un membre de l’exécutif de la Ville de Montréal. Ils ont lancé une initiative. Ils se sont dit, cet été, on aimerait inviter des startups à la ville de Montréal pour résoudre des problèmes qu’on a. Mais il y a eu une cinquantaine de startups qui ont été retenues. Et là, ils sont en train de commencer à leur présenter les différents problèmes de la ville de Montréal, que ce soit la mobilité ou autre chose.
Jérôme :
[
36:57] Un hackathon municipal, en fait.
Bruno :
[
37:00] Oui, mais sauf qu’on va plus loin que l’hackathon, parce qu’un hackathon, ça dure une fin de semaine, trois, quatre jours.
Jérôme :
[
37:05] Oui, tu as raison.
Bruno :
[
37:06] Mais là, c’est sur plusieurs mois. Et l’idée là-dedans, c’est vraiment qu’il y ait une rencontre entre les startups et le personnel de la ville pour parvenir réellement à trouver des solutions. C’est vraiment chouette comme intégration.
Jérôme :
[
37:16] Comme projet.
Bruno :
[
37:17] Alors, je les suis sur mon radar. Et là, donc, avec Théodore Esco, on fait le point sur où ils en sont dans le processus. Je trouve que c’est une bonne idée pour les municipalités, peu importe la taille. Et je me dis que s’il y a une grande ville comme Montréal qui peut le faire, bien, peut-être que des plus petites pourraient le faire ou des villes de même taille. Bon, alors voilà, ça, c’est ce qu’on pourra écouter, notamment dans mon carnet. Mais de ton côté, Jérôme, de quoi tu vas parler dans Monde Numérique?
Jérôme :
[
37:44] Cette semaine, dans Monde Numérique, je parle de data centers, les data centerss qui sont au cœur des questions indispensables pour l’intelligence artificielle, pour l’économie du futur, mais, ça fait un peu peur, des questions environnementales, etc. Puis comment ça fonctionne un data center ? Eh bien, j’ai rencontré, c’était à VivaTech, l’un des plus gros constructeurs de data centers, c’est la société Data4, donc on fait le tour du problème. C’est très instructif.
Bruno :
[
38:14] Très instructif. Il y a de la climatisation aussi, c’est d’actualité.
Jérôme :
[
38:17] Exactement. Et puis, très instructif aussi, on va s’intéresser à l’IA au service des finances, mais de manière très, très poussée avec un exemple qui, pour l’instant, n’est qu’américain, qui n’est pas encore disponible en France. Mais j’ai rencontré le responsable du laboratoire IA de l’entreprise américaine qui s’appelle Ramp. Ramp, c’est une start-up qui a explosé, qui connaît une croissance phénoménale. C’est une fintech qui propose des services financiers pour les entreprises et qui développe plein de produits IA, et notamment pour les experts comptables. Ils viennent de lancer un nouveau produit. C’est super éclairant et c’est une interview pas banale, puisque c’est donc une interview d’un Américain à propos de choses qui, pour l’instant, n’existent pas en France, mais je crois que ça intéressera beaucoup les gens qui, éventuellement, sont dans ce secteur et qui nous écouteront.
Bruno :
[
39:13] Et l’Américain, tu l’as traduit ou il parle français?
Jérôme :
[
39:15] Alors, il parle français, parce qu’en plus, il n’est pas vraiment Américain, il bosse dans une boîte américaine et il a la bonne idée d’être Canadien. En tout cas, d’avoir fait ses études. Non, il a fait ses études à Montréal, chez toi.
Bruno :
[
39:26] Les meilleurs.
Jérôme :
[
39:27] Voilà, c’est les meilleurs.
Bruno :
[
39:28] Ce sont les meilleurs Américains.
Jérôme :
[
39:32] Et puis, je parle aussi de cybersécurité, bien sûr à propos de l’intelligence artificielle avec la question des agents IA. Qu’est-ce que ça pose comme problème de cybersécurité? Et je reçois Jérôme Bouvet de la société Check Point qui me dit qu’il faut que les agents IA aient une identité numérique et qu’on les considère comme des collaborateurs dans les entreprises pour pouvoir les suivre, les encadrer, les gronder quand ils font des bêtises et, si possible, éviter qu’ils fassent des bêtises.
Bruno :
[
40:00] Et, à terme, payer des impôts. Ça, c’est le scénario de Bill Gates.
Jérôme :
[
40:04] Alors ça, ça va être plus compliqué peut-être de leur demander de payer des impôts.
Bruno :
[
40:06] Mais Bill Gates, c’est exactement ce qu’il avance. C’est d’avoir une identification pour chaque robot et agent IA. Et donc, puisqu’ils génèrent un service, qu’ils soient imposés comme on impose un contribuable.
Jérôme :
[
40:20] Oui, il génère de la valeur, etc. Mais bon, voilà. Après, l’agent IA ou le robot, il n’utilise pas l’hôpital, il n’utilise pas les routes, il n’utilise pas tout ce qui est du service public, en fait.
Bruno :
[
40:35] Jérôme, pour la maintenance ?
Jérôme :
[
40:37] Oui, sans doute. Mais le jour où les robots demanderont à être défendus par des avocats, à aller en justice, à se faire soigner, effectivement.
Bruno :
[
40:44] Ça sent bien.
Jérôme :
[
40:46] Voilà. Bon, écoute, on en reparlera dans mon carnet et dans Monde numérique en 2044. On donne rendez-vous à tous nos auditeurs.
Bruno :
[
40:53] C’est un rendez-vous. Entre-temps, écoute, bonne suite de ta programmation. Moi, je poursuis dans la mienne.
Jérôme :
[
40:59] Tout pareil.
Bruno :
[
41:00] On se retrouve la semaine prochaine.
Jérôme :
[
41:01] À la semaine prochaine, Bruno. Ciao, ciao.