🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Quand les agents IA dérapent

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Quand les agents IA dérapent

Un agent IA efface tout le système d'une entreprise en 9 secondes • L’Europe impose batteries remplaçables et USB-C • Google Traduction fête ses 20 ans • Microsoft et OpenAI desserrent leurs liens • L’IA redessine le smartphone.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Agent IA : le crash de PocketOS (0:11)

Nous revenons sur le cas spectaculaire de PocketOS, une entreprise américaine dont une base de données aurait été effacée en quelques secondes par un agent IA utilisé avec Cursor et le modèle Claude d’Anthropic. L’incident illustre les promesses mais surtout les risques des agents autonomes lorsqu’ils disposent de droits trop larges sur des systèmes critiques.

Encadrer les agents IA en entreprise (3:26)

À partir d’un exemple vu lors d’une conférence cybersécurité à Montréal, nous discutons de la nécessité de tracer, limiter et contrôler les permissions des agents IA. Comme l’antivirus hier, des outils de gouvernance pourraient devenir indispensables pour éviter qu’un agent mal cadré ne provoque des dégâts irréversibles.

Batteries remplaçables : l’Europe pousse à la réparabilité (4:29)

Nous décryptons le futur cadre européen sur les batteries remplaçables dans les smartphones, lié au règlement européen sur les batteries. L’objectif est de prolonger la durée de vie des appareils, même si les exceptions liées à l’étanchéité et à la capacité restante pourraient limiter le retour des batteries totalement amovibles.

USB-C obligatoire pour les ordinateurs portables (6:41)

Depuis le 28 avril 2026, les règles européennes sur le chargeur commun s’étendent aux ordinateurs portables, avec l’obligation de supporter l’USB-C pour les modèles concernés. Nous expliquons pourquoi les machines très puissantes, notamment certains PC de gaming, restent en partie à l’écart de cette harmonisation.

Google Traduction a 20 ans (8:55)

Google Traduction fête ses 20 ans et nous rappelle à quel point la traduction automatique a été l’un des premiers contacts du grand public avec l’intelligence artificielle. Avec l’intégration de Gemini, Google ajoute désormais des fonctions d’entraînement à la prononciation, signe du chemin parcouru depuis les premières traductions approximatives.

Microsoft et OpenAI : du mariage à l’union libre (12:15)

Nous analysons la nouvelle étape du partenariat entre Microsoft et OpenAI, désormais moins exclusif, tandis qu’OpenAI peut davantage travailler avec d’autres clouds comme AWS et Google Cloud. Derrière cet accord, nous voyons se dessiner la commoditisation des grands modèles et la montée en puissance des couches applicatives comme Copilot.

AWS devient l’hypermarché de l’IA (13:49)

Avec l’arrivée des modèles OpenAI dans Amazon Bedrock, AWS renforce son rôle de plateforme rassemblant plusieurs grands fournisseurs d’IA. Nous y voyons un signal fort : les entreprises veulent pouvoir choisir entre Anthropic, OpenAI, Amazon et demain peut-être d’autres modèles, plutôt que dépendre d’un seul acteur.

Vers un téléphone sans applications ? (18:39)

Nous imaginons l’avenir du smartphone à l’ère de l’IA embarquée, où l’utilisateur demanderait directement une action à son appareil au lieu d’ouvrir une application dédiée. Cette évolution pourrait bouleverser les écosystèmes d’Apple, Google et des éditeurs d’applications, tandis que des outils comme Lovable accélèrent déjà la création de services sur mesure.


Bruno : [0:06] Jérôme Colombain à Paris, bonjour. Jérôme : [0:08] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Bruno : [0:11] Écoute, cette semaine, un des trucs qui a attiré ton attention et tu voulais absolument parler, c'est le calvaire d'une entreprise qui en 9 secondes a vécu le chaos. Jérôme : [0:21] Ah oui, je trouve ça incroyable cette histoire. C'est une entreprise américaine qui s'appelle Pocket OS et en fait, dont l'activité consiste à faire des applications et des bases de données pour les agences de réservation de location de voitures. Et en fait, qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, ils ont déployé des agents. Et il y a un agent IA qui est devenu fou et qui a effacé la base de données de l'entreprise. En neuf secondes à peine, il a bousillé tout le cœur du système d'information de Pocket OS. Alors, c'est un agent qui était propulsé par la startup Cursor que les développeurs connaissent bien. Bruno : [1:03] Qui est basé sur… Qui a récemment été racheté par Elon Musk. Jérôme : [1:07] Absolument, pour 60 milliards, c'est ça ? Quelque chose comme ça. Bruno : [1:10] Je crois bien. Jérôme : [1:12] Qui vient d'être racheté par Elon Musk, tout à fait, qui ressort, et qui utilise notamment le moteur Claude, enfin le modèle Claude d'Enthropic, et qui a été utilisé par cette société Pocket OS. Donc, c'est incroyable. Ils ont tout effacé. L'IA a supprimé la base de données, les sauvegardes, en tout cas les sauvegardes qui étaient connectées, Et heureusement, ils ont réussi à récupérer une vieille sauvegarde qui était déconnectée du système, mais qui avait quand même trois mois d'ancienneté. Donc, ils ont fait la mise à jour, mais avec trois mois de décalage. Alors, il y a eu des conséquences très concrètes, parce qu'il y a au moins une agence de location de voiture qui a été affectée tout d'un coup. Il paraît que les gens étaient au comptoir et impossible de donner suite aux réservations. Toutes les réservations qui remontaient à trois mois avaient disparu du système. Il leur a fallu 48 heures pour tout remettre en place. Et alors, le plus fou, c'est quand ils ont demandé des explications à l'IA, l'agent s'est excusé. Jérôme : [2:14] Donc, on ne peut pas lui en vouloir, quelque part. Il est très poli. Il s'est excusé et il a dit, ah oui, oui, non, c'est vrai, en effet, j'ai outrepassé des autorisations. Alors, en plus, il a fait un truc très compliqué. On ne va pas raconter les détails, mais il est allé, en fait, il butait sur une première difficulté. Donc, il est allé fouiller à des endroits où il n'aurait pas dû. Il a trouvé des identifiants et il s'est servi de ces identifiants pour lui donner les droits ensuite de détruire la base de données. Mais c'est anecdotique. Et en même temps, je pense que les gens qui ont vécu ça n'ont pas dû tellement rigoler. Jérôme : [2:51] En plus, ce n'est pas la première fois que ça arrive, visiblement de la part de Cursor, qui a déjà fait des trucs, qui a détruit des sites web, etc. Et ça illustre parfaitement bien, je trouve, les risques, les potentialités, mais également les risques, auxquelles sont confrontées aujourd'hui les entreprises, qui, elles sont poussées à utiliser ces agents IA qui peuvent faire des trucs absolument fantastiques, mais si on les installe et si on les développe sans prendre en compte la cybersécurité, eh bien, ça peut créer ce genre de catastrophe. Bruno : [3:26] C'est tellement intéressant parce que cette semaine, j'étais à Montréal à la cyberconférence et grosse rencontre sur deux jours qui parlaient de cybersécurité. Et il y avait une entreprise californienne qui, justement, elle se positionne dans, c'est très de son temps, elle se positionne dans le segment de marché qui est un système pour encadrer les agents IA dans une organisation. Jérôme : [3:51] C'est essentiel. Bruno : [3:52] Oui, et donc, mesurer, encadrer le type de permission qu'il a, la sensibilité, à quel moment elle va arrêter, elle va vérifier avec un humain, puis elle va repartir. Et donc, c'est vraiment de suivre à la trace un agent IA et ça, je trouve que minimalement, c'est comme à une certaine époque, Bruno : [4:12] on a besoin d'un antivirus sur un ordinateur pour que ça fonctionne. Bien là, aujourd'hui, on aurait besoin de ce type de logiciel-là pour nous protéger des agents IA qui peuvent faire des merveilles et qui peuvent vraiment foutre le bordel en moins de neuf secondes. Jérôme : [4:25] Exactement. C'est complètement fou. Bruno : [4:29] Autre chose qui change, en Europe, vous vous préparez à avoir une véritable révolution dans le monde de la batterie et des appareils électroniques. Jérôme : [4:37] Oui, alors révolution, il ne faut pas exagérer, c'est juste un énième… Je ne parle pas de la France. Bruno : [4:41] Je parle de l'Europe. Jérôme : [4:42] Oui, oui, non, mais c'est juste un énième règlement européen qui va entrer en vigueur, qui est entré en vigueur en réalité, mais la disposition va entrer en vigueur en février 2027. Tous les smartphones neufs qui seront vendus dans l'Union européenne à partir de l'année prochaine. Donc, devront avoir, tiens-toi bien, une batterie que l'utilisateur peut retirer lui-même, qu'il peut changer si cette batterie tombe en panne. Bruno : [5:07] Alors, au nom du reste de la planète, je tiens à vous remercier parce que c'est comme évident qu'ils ne vont pas faire des téléphones pour l'Europe et le reste pour le reste de la planète. Alors, je te remercie parce que ça veut dire que de facto, nous aussi, peu importe où on habite sur la planète, mais sauf en Europe, on pourra changer bientôt notre batterie. Jérôme : [5:26] Alors, c'est possible, effectivement, que ça fasse tâche d'huile et que ça se répande aussi dans d'autres pays. Maintenant, je ne te cache pas que ça a provoqué un peu d'émotion ces derniers jours parce que les gens se demandent, mais ça veut dire quoi ? On va revenir à des vieux smartphones, tu sais, les vieux trucs où tu pouvais, avec ton ongle, retirer le capot arrière pour changer la batterie. C'est bien gentil, c'était pratique, mais c'était des gros machins. Et on n'en est plus là aujourd'hui. Aujourd'hui, on a des appareils qui sont totalement intégrés. Les batteries, c'est des fines couches qui sont cachées sous de la colle, sous des trucs et des machins. Alors, il y a quand même quelques exceptions, apparemment, si on a bien décodé le règlement européen. Les appareils qui seront étanches, qui auront une certification IP67 et qui auront une batterie pouvant conserver 80% de sa capacité après 1000 recharges, ces smartphones-là, eux, n'auront pas l'obligation d'avoir un système amovible. Quant au système amovible, en fait, c'est l'histoire du capot arrière. Apparemment, ce ne sera pas ça. Simplement, il faut qu'on puisse ouvrir soi-même le téléphone, soit avec des outils classiques, soit il faudra que, si c'est des outils spécifiques, il faudra qu'il soit dans la boîte ou qu'il soit fourni pour que les gens puissent Jérôme : [6:40] le faire eux-mêmes, en fait. Bruno : [6:41] Aïe, aïe, aïe. Tu sais, poursuivons dans le monde législatif européen. Il y a une... Ce n'est pas une nouvelle loi parce qu'elle a déjà été votée et mise en place, Mais c'est cette semaine que vous aviez maintenant la mise en place concernant les nouveaux ordinateurs portables qui devront avoir une prise comme celle des téléphones? Jérôme : [7:05] Oui, un port USB-C. Au passage, tu salueras ChatGPT que j'entends miauler derrière toi, c'est bien ça ? Bruno : [7:13] C'est ton petit chat ? C'est pas ChatGPT, c'est bien GPT le chat. Jérôme : [7:17] Ah, c'est GPT le chat, voilà. GPT le chat de Bruno qui miaule, donc tu le salues de ma part. Bruno : [7:23] T'as pas plaisir. Jérôme : [7:25] Oui, c'est le chargeur, la prise USB-C qui s'est répandue, c'est vrai, partout sur les portables et sur beaucoup d'appareils, et depuis le 26 avril, donc c'est tout jeune, c'est tout frais, eh bien tous les ordinateurs, mais alors il y a des subtilités, les ordinateurs d'une puissance inférieure ou égale à 100 watts doivent avoir cette prise. Alors c'est déjà le cas pour pas mal d'ordinateurs en fait. Par exemple, tu prends les nouveaux MacBook, depuis plusieurs générations, ils ont à la fois un connecteur propriétaire et ils peuvent aussi être alimentés via une prise USB-C. et donc il y a des constructeurs qui avaient déjà anticipé ça. Les autres vont devoir se mettre ou pas. Et encore une fois... Bruno : [8:06] Jérôme, dans les occlusions, ça veut dire que c'est quoi? On parle de gros portables pour des gamers? Jérôme : [8:11] Voilà, c'est ça. Les gros portables de gaming, etc., qui font plus de 100 watts, eux, ils auront le droit de garder une prise propriétaire. Bruno : [8:18] Et puis, est-ce que ça réagit fortement là-dessus ou c'est passé sous le radar? Jérôme : [8:23] Non, ça s'est un peu passé sous le radar, moins que pour les batteries de smartphone, il me semble. Parce que je te dis, c'est quand même le cas sur beaucoup d'ordinateurs récents. Tu peux déjà les recharger avec une prise USB-C. C'est ça la magie de la réglementation européenne, c'est que bien souvent, elle vient enteriner des situations technologiques qui existent déjà, qui ont été anticipées parfois par les constructeurs, soit parce que les constructeurs savaient qu'il y aurait une réglementation qui allait arriver, soit parce qu'ils avaient fait ce choix pour des raisons technologiques ou industrielles. Bruno : [8:55] Et ça nous permet de dire qu'effectivement, les fabricants de biens électriques ou électroniques, ils ont leur antenne dans les différentes administrations. Et donc, ils savent en amont ce qui est en train de se préparer. Ils peuvent se retourner. Jérôme, je fais appel à la nostalgie qui existe à l'occasion en toi pour te ramener il y a 20 ans. Il y a 20 ans, en avril... En 2006, c'était Google Traduction qui arrivait dans l'univers de l'Internet. Jérôme : [9:27] Dingue! Tu avais huit ans à l'époque, non? Bruno : [9:30] Oui, sept ans et demi, oui. Est-ce que tu te souviens de ça? Jérôme : [9:36] Écoute, pas trop, non. Rappelle-moi, rafraîchis-moi la mémoire. Oui, je connais bien Google Traduction, bien sûr. C'est vrai que ça avait quand même... Bruno : [9:45] On a l'impression que ça a toujours été là. Jérôme : [9:47] Oui, on a l'impression que ça a toujours été là. Bruno : [9:49] Et même des débuts de l'Internet, mais c'est arrivé beaucoup plus tard. Et j'avoue que moi, je ne me souvenais plus que ça avait 20 ans. Quand j'ai vu, j'ai reçu le communiqué de chez Google, je disais, ah, quand même, 20 ans. Et c'est tout le chemin que ça fait. Et puis, c'est probablement, c'est drôle parce que j'en parle de temps en temps. Jérôme : [10:08] Avec émotion, je vois que tu en parles avec émotion. Bruno : [10:10] Oui, oui, parce que je dis aux gens quand je fais des conférences sur l'IA que c'est probablement le premier contact que les gens ont eu avec des algorithmes et à quelque part avec l'IA. Et donc, d'arriver à mettre un texte et demander à une machine de travailler le texte pour arriver à une traduction. Et ça, c'est justement, c'était fait par des machines. Et aujourd'hui, bon, on est à des années-lumière de ça, mais c'était vraiment les premiers, pour le consommateur, pour le citoyen lambda, c'était la première fois qu'il pouvait contacter et utiliser un outil qui accédait à l'intelligence machine. Jérôme : [10:43] Mais rappelle-toi, Bruno, à l'époque, ce n'était pas parfait. C'était incroyable, mais ce n'était pas parfait. Il y avait des erreurs. Et du coup, tu avais beaucoup de gens qui te disaient « Ah oui, oui, c'est super, mais ça ne remplacera jamais les traducteurs. Bruno : [10:55] » Oui, et puis il y a été les premiers à rire de ça. Les interprètes, les traducteurs. Bien sûr. Puis on voyait la différence. Mais aujourd'hui, tu vois tout le chemin qu'on a fait. Jérôme : [11:06] Oui, mais pauvres aujourd'hui, je pense qu'ils ont bien compris que ça y est, l'histoire est rapée. Après il faut encore des professionnels pour affiner pour des traductions très spécifiques pour contrôler les IA mais c'est plus le même métier non. Bruno : [11:21] Disons qu'ils risent moins. Jérôme : [11:23] Oui. Enfin, c'est une innovation, c'est une invention absolument fantastique qui a permis, qui était utilisée aussi bien par les professionnels, qui est utilisé aussi bien par les professionnels que par les particuliers. C'est un truc cool. Bruno : [11:36] Et Google voulait marquer le coup. Ils ont voulu faire un cadeau aux utilisateurs et aujourd'hui, ce qu'ils te permettent de faire, c'est en déploiement. Pendant qu'on se parle, ils sont en train de déployer ça sur la planète. C'est la possibilité maintenant de vérifier ta prononciation, parce que ça fait un bout de temps que tu peux vérifier la prononciation, tu peux l'entendre. Mais là, maintenant, tu as la fonctionnalité, et ça, c'est parce que Gemini a été embarqué dans GoGo Traduction. Là, tu peux essayer de prononcer le nom, et on va dire si tu l'as correctement et sur quoi tu devrais travailler. Ça, j'avoue que c'est comme la belle évolution pour les 20 ans. Jérôme : [12:13] Pas mal, pas mal. Bruno : [12:15] Ah là là. Autre, je suis allant sur un autre sujet qui n'a rien à voir avec ça, mais il y a quand même de l'IA au centre de cette nouvelle. C'est Microsoft et OpenAI qui, à quelque part, ce n'est pas le divorce, mais disons que c'est quoi, ils font un ménage libre? Jérôme : [12:31] Oui, tu as vu. Alors, apparemment, on sait qu'ils étaient très liés, OpenAI et Microsoft, puisque Microsoft est actionnaire d'OpenAI. Et OpenAI utilisait essentiellement le cloud Azure de Microsoft, pour faire fonctionner ChatGPT et puis tous ces modèles. Et oui, ils ont signé un amendement à leur contrat de partenariat et désormais, ils vont reprendre chacun leur liberté. Alors, il y a des tas de clauses, etc. Et en fait, on se demande, depuis que ça a été annoncé cette semaine, Jérôme : [13:03] si c'est une bonne ou une mauvaise chose pour l'un ou pour l'autre. Qu'est-ce que tu en penses, toi? Bruno : [13:07] Moi, j'ai l'impression que, tu vois, on avait déjà entendu parler. J'ai l'impression de parler d'un couple parce que, tu vois, OpenAI avait déjà été voir ailleurs. Ils ont fait des ententes avec Google pour aller chercher la capacité de calcul. Ils avaient fait des approches avec AWS. Donc, ils commençaient à danser la base avec un autre partenaire. Jérôme : [13:27] À s'émanciper, oui. Bruno : [13:28] Et du côté de Microsoft, ils s'étaient rapprochés d'Entropique récemment. Mais là, on a l'impression qu'ils sont passés devant chez le notaire et ils ont signé leur papier en disant « bon, on fait chacun notre chemin ». On est quand même liés un peu. Jérôme : [13:45] Ce n'est pas un divorce, mais ils passent du mariage à l'union libre, en fait. Bruno : [13:49] Ou quelque chose comme ça. Et ce qui permet même, le lendemain de l'annonce de cette nouvelle entente entre Microsoft et OpenAI, l'évolution de cette entente-là, on apprend que, quand même, bon timing, OpenAI maintenant s'installe chez AWS. Tu sais, comme un programme de communication, c'est assez fort. Jérôme : [14:08] Comme par hasard. Oui, parce que pour eux, à priori, on peut penser que c'est plutôt positif. Ils vont pouvoir maintenant passer des partenariats avec AWS ou aussi avec Google, avec Google Cloud. Bruno : [14:22] Oui, déjà avec Google, ils avaient certains liens, mais là, ça veut dire qu'ils peuvent vraiment y aller à fond. Et dans le cas d'AWS, ça signifie que tous les produits d'Open&Hive vont maintenant être accessibles dans leur espace d'IA, le bedrock, qu'ils ont depuis deux ans environ. Jérôme : [14:39] Qui parle d'AWS, là. Bruno : [14:40] Oui, d'AWS. Et là, c'est énorme parce qu'Entropic était déjà là. AWS avait déjà leur solution, Nova et compagnie, que tu connais. Et puis, là, en plus, ils offrent du Open&Hive. C'est vraiment l'hypermarché d'AWS. Quand tu cherches de l'IA, tout est là, contrairement à d'autres entreprises qui font de la sélection. Maintenant, AWS a décidé d'avoir un endroit où tous les grands joueurs sont présents. Je pense qu'il manque juste Gemini et puis le tableau serait complet. Jérôme : [15:10] Oui, donc en fait, on s'aperçoit que ces espèces d'accords bilatéraux ne tiennent pas et ils sont obligés d'aller vers plus d'ouverture. Alors après, la grande question, c'est pour Microsoft, qu'est-ce que ça change ? Et les avis sont assez partagés parce qu'on était chez François Sorrel cette semaine dans Tech & Co et on en parlait justement de ce sujet-là et on n'était pas tous d'accord parce que moi j'avais tendance à me dire, à penser que Microsoft, enfin ce n'est pas que ça allait l'affaiblir, mais ça ne lui apportait pas grand-chose. Et au contraire, d'autres estiment que c'est une très bonne chose pour Microsoft parce que finalement Microsoft garde le contrôle, Microsoft a un produit qui est copilot, qui vont pouvoir alimenter avec d'autres IA, etc. Et OpenAI, de son côté, est toujours en recherche de débouchés. OpenAI, OK, ils ont le LLM. Et derrière tout ça, et ça, c'est super intéressant, alors c'est un peu complexe comme idée, mais je trouve que c'est vraiment quelque chose qu'il faut avoir en tête, c'est ce qu'on appelle la commoditisation. Jérôme : [16:14] Probable des modèles d'intelligence artificielle, c'est-à-dire ces outils qui nous paraissent aujourd'hui au top du top de la technologie absolument incroyables, et on se dit que c'est OpenAI qui est assis sur le toit du monde et qui vont tout faire, eh bien, on voit bien que très vite, ces trucs-là, et notamment aussi sous la pression chinoise avec DeepSync, etc., ça va se banaliser en quelque sorte, et ceux qui vont faire de l'argent, c'est plus forcément les gens qui auront les LLM de base, mais c'est toutes les couches qu'il y aura, par-dessus, et notamment Microsoft avec Copilot. Bruno : [16:48] Mais tu me permets d'ajouter que dans les avantages de cette nouvelle entente-là pour Microsoft, c'est quand même le fait qu'ils n'auront plus à payer des revenus pour l'utilisation d'OpenAge. Ça, c'est quand même énorme. On parle de centaines de millions de dollars qui étaient reversés. Alors ça, ça reste dans la caisse. Mais de l'autre côté, tu as tout à fait raison d'amener ça. Et je pense que le plus bel exemple, normalement, et je croise les doigts pour les utilisateurs de l'univers à Apple, c'est ce qu'Apple Intelligence a annoncé qu'il deviendrait. C'est-à-dire qu'Apple Intelligence, où on va parler de Siri, va carburer à l'IA, mais à moyen terme, on pourra mettre l'IA qu'on veut. Donc, si vous, depuis un an, deux ans, trois ans, vous avez investi vos billes dans OpenAI, bien, vous pourrez raccorder OpenAI dans Siri. Si vous avez mis vos billes dans Gemini, parce que votre univers de travail, c'est du gourou, vous pourrez brancher ça sur Siri. Et donc, vous allez pouvoir bénéficier de la plupart des joueurs, des tiers parties dans l'IA. Et ça, évidemment, on le sait, Apple va prendre un petit pécule à chaque fois que ça va se passer. Et bien, c'est ça. C'est une approche comme Apple prévoit faire. C'est une approche comme Microsoft. S'ils sont intelligents, ils vont faire autant dans les solutions pour entreprises qu'autant dans les systèmes pour consommateurs. Ça pourrait faire une différence. Cette petite taxe-là, ça va finir par des milliards à chaque année. Jérôme : [18:13] Mais tu as raison. Vraiment, on va voir ce que va faire Apple, mais on sent que là, c'est un mouvement de plaque tectonique en ce moment. C'est en train de se mettre en place. On a longtemps dit, souvent dit, toi, moi, etc., qu'Apple était en retard en matière d'IA. C'est vrai, à ce jour, ils sont en retard. Mais avec cette stratégie-là, tu as tout à fait raison. Ils pourraient non seulement rattraper le retard, en réalité, en réinventant autre chose, en partant dans une autre direction. Bruno : [18:39] Et en se positionnant comme courtier de l'IA, dans le fond, c'est ça. Jérôme : [18:43] Oui, en quelque sorte. Et c'est pour ça qu'OpenAI cherche un peu… Alors, OpenAI, ils n'auront plus les revenus de Microsoft, donc ils estiment que ce qu'ils pourront gagner avec AWS et Google et d'autres devront compenser. Et puis, OpenAI, tu sais, tu as peut-être vu passer cette info cette semaine, qui aurait l'intention de lancer son propre smartphone. Bruno : [19:03] Oui. Jérôme : [19:03] Alors, il n'y a rien de fait. Bruno : [19:05] Mais voilà, ils auraient la volonté de… C'est tellement intéressant parce qu'il y a un mois, évidemment, je ne vais pas nommer qui parce que c'est une entreprise qui m'avait embauché pour aller parler à leur directeur de leur succursale, leur filiale. Mais c'est ce que je racontais dans l'avenir pas si lointaine de l'industrie du téléphone. C'est ça qui va arriver. Alors, est-ce que ça passera par un joueur tiers comme OpenAI qui va sortir son téléphone ou est-ce qu'ultimement, ça ne va pas passer par Google ou Apple qui va évoluer? Jérôme : [19:37] Bien sûr. Bruno : [19:38] Mais ça va être un appareil sur lequel l'IA va être embarqué et tu n'auras plus d'applications. Tu n'auras plus besoin d'aller charger 200 applications. Tu vas demander à ton téléphone de faire quelque chose, ce dont tu as besoin dans le moment présent, et il va le faire. Et c'est là-dessus qu'on s'en va, là. Jérôme : [19:54] Mais tu imagines le tremblement de terre ? Bruno : [19:56] C'est un écosystème qui va s'écraser. Jérôme : [19:59] Mais oui, tous les éditeurs d'applications, etc., c'est complètement fou. Et quand tu vois que tu peux déjà te faire, sur le web, ta propre application avec des outils comme Lovable, etc.. Bruno : [20:11] Du truc de MyFody. T'as vu, cette semaine, Lovable qui arrive sur iOS et Google. Jérôme : [20:16] Oui, sous forme d'appli, oui. Bruno : [20:17] Non, mais c'est débile parce qu'on est vraiment, déjà aujourd'hui, avec ça, on est très près de pouvoir, pas une application, parce qu'Apple ne va pas le permettre, mais une fonctionnalité à même le web-book qu'on va être capable de développer. Mais ultimement, c'est une question de temps, puis peut-être un an, peut-être deux ans, avant qu'on ait le téléphone d'une grande maison qui va fonctionner comme ça. Jérôme : [20:39] Tu veux ton appli qui, je ne sais pas quoi, qui vous dit n'importe quoi, qui suit les résultats de ton équipe de foot préférée et puis qui intègre la météo. Tu fais ton truc à toi. Bruno : [20:51] Et tu vas avoir le feed vidéo du match quand il y a les buts importants. Si tu as un abonnement qui va avec ça, il va aller chercher tes images, il va être les rapporteur. Techniquement, on n'est pas tellement loin de ça. Jérôme : [21:04] Je pense qu'on n'y est pas encore. Ça n'existe pas, tout ce dont on parle. On n'est pas loin. Mais on y va. Bruno : [21:11] Moi, je vais te dire, on parle d'Apple, on parle de Google, mais qui dit que ça ne viendra pas d'un joueur comme Huawei ? Qui encore cette semaine annonçait que DeepSeek, la dernière version de DeepSeek, est embarquée maintenant dans le nouveau système de Huawei. Jérôme : [21:26] Exactement. Bruno : [21:27] Non, les Américains se font chouer les fesses. Jérôme : [21:30] Mais ce ne sera pas disponible aux États-Unis, ça. Bruno : [21:33] Non. Jérôme : [21:34] Un smartphone Huawei avec DeepSeek dedans. Mais bon, cela dit, il n'y en avait pas un pour attraper l'autre entre les Américains et les Chinois. Parce que tu as vu que là, cette semaine, aussi, les Chinois avaient tout fait pour faire annuler la vente, le rachat par... Bruno : [21:50] Avec la méta, là. Jérôme : [21:52] Oui, la rachat par méta. Comment elle s'appelle ? Ça s'est... T'emus, tamus, je ne sais plus quoi, là. Bruno : [21:58] Oui, j'oublie le nom. Jérôme : [22:00] Bref. Bon, voilà. Ça, c'est un sujet qu'on n'avait pas préparé. Donc, on n'a pas les noms sous la main. Désolé pour ceux qui nous écoutent. Bruno : [22:07] Mais c'était quand même une transaction de 2 milliards. Jérôme : [22:09] Oui. Bruno : [22:10] Et ça, ça tombe dans les chutes parce que ça n'a pas lieu. Jérôme : [22:12] Et alors qu'ils avaient fait ça, mais c'était un truc d'espion. Les dirigeants étaient partis à Singapour discrètement pour pouvoir signer avec Meta. Ils savaient que les autorités chinoises ne laisseraient pas faire. Et ils se sont fait rattraper par la patrouille. Bruno : [22:29] Et ça, j'avoue que ce n'est pas très fort. Parce qu'une fois que c'est annoncé dans les médias, bonjour. Jérôme : [22:34] Oui, bien sûr. Mais bon, ils ne pouvaient pas le garder secret. Bruno : [22:37] Ah non, c'est ça. Jérôme : [22:39] Une fois que c'était signé, ils étaient bien obligés de l'annoncer aussi. Bruno : [22:41] Ils auraient dû déménager avant d'essayer de vendre leur entreprise. On ne commencera pas à les conseiller. Jérôme : [22:47] Enfin, c'est fou de voir à quel point aujourd'hui ces intérêts géopolitiques s'interfèrent avec les technologies. Je ne sais pas si tu as vu, cette semaine aussi, il y a Google qui a annoncé qu'ils allaient fournir des technos avec l'armée américaine. Ils ont signé un accord confidentiel pour fournir des solutions d'intelligence artificielle. Bruno : [23:10] Et c'est intéressant parce que Google a envoyé une lettre, un mémo à leurs employés pour dire qu'ils étaient fiers de travailler avec la Défense et qu'ils devaient être fiers eux autres aussi. Jérôme : [23:22] Mais ça n'a pas plu parce qu'il y a 600 employés de Google qui sont montés au créneau pour dire qu'ils n'étaient pas d'accord. Alors, 600 employés, ça ne fait pas beaucoup. Chez Google, ils sont 200 000, je crois. Mais c'est peut-être les mêmes qui s'étaient déjà mobilisés en 2018 lorsque Google avait, s'était rapproché du projet Maven, la défense américaine, et là, ils avaient fait plier la direction, parce que Google avait laissé tomber, mais ce coup-ci, ils ne laisseront pas tomber. Et juste un mot, moi ça m'a pas mal intéressé cette histoire-là cette semaine, parce que je trouvais que ça rentrait complètement en résonance avec un autre événement qui s'est passé, je ne sais pas si tu as vu, ce manifeste de Palantir, ou plus exactement d'Alex Carp, le patron de Palantir. Bruno : [24:07] T'as pas un invité cette semaine qui parle de ça ? Jérôme : [24:09] Si, et j'ai un invité, effectivement. Je reçois Tariq Krim, et on revient un peu là-dessus, sur les rapports entre la tech et l'armée, la défense, etc., parce qu'en réalité, c'est pas nouveau. C'est quelque chose qui existe depuis très longtemps, et même tout le monde, aux États-Unis, dans la tech, a travaillé avec l'armée. Ça a toujours fait partie du système. Mais là, ça fait plus de bruit, parce qu'il se manifeste d'Alex Karp, qui est un personnage, Alex Karp. Et Palantir, c'est cette... Bruno : [24:38] Il ne faut pas se mentir non plus. Quand tu travailles, peu importe le pays, quand une entreprise en cybersécurité ou autre chose travaille avec l'armée, c'est un saut de qualité sur ton produit. Et ça, ça fait toute la différence pour une entreprise. Jérôme : [24:52] C'est un saut de qualité, c'est des revenus, c'est fantastique. Le problème, c'est que là, on est à l'intelligence artificielle et qu'avec l'IA, tu peux faire des super trucs et tu peux faire des trucs cracra. Mais justement, ce que dit Alex Carpe dans son manifeste, il dit que la question n'est pas de savoir si on va fabriquer des armes automatiques pilotées par l'intelligence artificielle. La question est de savoir si on va pouvoir être les premiers à le faire ou si c'est d'autres qui vont le faire avant nous. Donc, la messe est dite, c'est évident. Il ne faut pas se voyer la face et être prude. Il va y avoir des robots tueurs pilotés par IA. Bruno : [25:31] Oui, mais ce n'est pas pour rien qu'il y a autant de fascination et d'intérêt et de capitaux qui sont investis dans l'IA physique. Pourquoi? Parce qu'on veut embarquer ça dans des petits bonhommes humanoïdes, mais aussi des petits chiens à quatre pattes et puis autres robots et qu'ils vont être capables d'aller sur le front, qu'ils vont être capables de faire des missions. Tu sais, c'est quoi? Il y a deux semaines, il y avait l'armée ukrainienne qui avait confirmé qu'ils avaient réussi. Jérôme : [25:55] Oui, qui a envoyé des humanoïdes au front. Bruno : [25:57] Exactement. Avec des robots et des drones, ils avaient réussi à reprendre du territoire. C'est ça, on est rendu là. Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que dans le monde de l'armement ou dans l'industrie de l'armement, c'est en train de pivoter. Tu as les grands constructeurs d'avions et de missiles qui, eux, c'était à coût de millions pour chaque unité, de plusieurs millions, on s'entend. Là, maintenant, ils sont en train de faire prendre le marché par des gens qui font des drones à quelques dizaines de milliers de dollars. Alors là, évidemment, il y a, puis même je regardais, je parlais avec des gens de l'armée canadienne, il y a des gens qui sont en train de travailler sur le dossier, et c'est de voir comment le paradigme, pour utiliser le mot, est en train de changer dans le monde militaire. Bruno : [26:46] C'est pour te dire comment l'IA vient tout chambarder. Jérôme : [26:48] Tout chambardé. Et ce qui est fou, c'est que la guerre en Ukraine, c'est tragique pour les Ukrainiens et même les Russes qui ne voulaient pas forcément et qui ont été embarqués là-dedans. Mais c'est un terrain d'expérimentation aujourd'hui pour toutes ces armes qui est incroyable. Et il y en a plein dans les États-majors aux États-Unis ou ailleurs. Puis d'avoir regardé ça en se frottant les mains, on se dit « Ah, ça intéresse, ça va pas mal. Bruno : [27:11] » Et d'ailleurs, il y a eu quoi? Il y a eu Zelensky, le grand patron de l'Ukraine, qui s'est rendu dans les Émirats arabes unis parce qu'eux veulent faire appel à son savoir-faire comme système de défense pour protéger leur raffinerie dans un contexte où l'Iran les attaque. Ah non, écoute, la géopolitique et la tech, c'est assez… C'est incroyable. Jérôme : [27:31] Incroyable. Bruno : [27:32] Jérôme, t'étais bien parti. On parlait donc d'un de tes invités. Qui vont être les autres? Jérôme : [27:37] Alors, écoute, je suis embêté pour te répondre. Je ne sais pas encore parce que j'ai plein de choses. Bruno : [27:43] Tu ne veux pas nous dire, c'est ça ? Jérôme : [27:44] Non, je ne vais pas vous dire. Je vais faire un peu de suspense. J'ai plein de choses en boutique là, mais je n'ai pas encore vraiment décidé ce que j'allais mettre cette semaine. Donc, écoute, ce sera là. Bruno : [27:54] On dit que tu as plusieurs poils sur le… Oui. Jérôme : [27:57] Voilà. J'ai des choses qui se préparent. J'ai eu une interview de ma série Innovateur qui est en train d'arriver. On parlera d'exosquelettes mais je ne t'en parle pas pour l'instant D'accord. Bruno : [28:09] Il faudra écouter pour savoir Bon allez. Jérôme : [28:11] Je peux te le dire je vais recevoir bientôt Jean-Louis Constanza qui est le patron de la société Vandercraft qui est en fait le seul exosquelette, médical européen et en plus le seul ou quasiment le seul et en plus de cet exosquelette ils ont fait un robot humanoïde capable de transporter des charges lourdes et c'est le seul produit européen de ce genre à ce jour. Bruno : [28:36] Ça valait la peine de le mettre de l'avant. Et donc, c'est dans la prochaine édition. Jérôme : [28:40] C'est à venir sur le monde numérique, mais pas tout de suite. Bruno : [28:43] D'accord, soyons patients. Jérôme : [28:45] Et toi, Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet? Bruno : [28:49] Bien, tu es bien gentil de demander. On va aller faire un tour en Afrique pour avoir des nouvelles de ce qui se passe là-bas avec Muriel Edjou, qui est le rédacteur en chef de We Are Tech Africa. Jérôme : [28:59] Tout ça en Afrique, parce que c'est grand l'Afrique. Bruno : [29:02] Oui, mais on va le rejoindre à Dakar, au Sénégal. Puis après, on va aller se promener un petit peu partout sur le continent. Justement, c'est parce qu'il y a plein de choses à présenter. On va parler de l'histoire du jeu vidéo au Québec. Il y a des universitaires qui partent vraiment, ils se donnent trois ans pour arpenter le Québec, pour aller chercher la petite histoire qui entoure ça. J'avoue que j'ai eu un coup de foudre pour leur affaire. La petite histoire qui entoure l'industrie du jeu vidéo. Alors, on connaît l'industrie des grands joueurs au Québec et leur impact, mais la petite histoire, comment ça a commencé? L'époque où, quand j'étais jeune, ça fait quoi? Bruno : [29:40] Il n'y a pas longtemps, j'étais jeune, je m'en souviens encore. On allait dans des clubs vidéo, ça c'est quelque chose de distinct au Québec, où dans certains marchés, les consoles de jeux vidéo, les premières Xbox, les PS1, PS2, compagnie, c'était cher, ce n'est pas tout le monde qui avait accès à ça. Tandis qu'ici au Québec, rapidement, il y a eu des clubs, des commerces qui les louaient. Et donc les gens passaient le vendredi soir à prendre 5 $, 10 $. Ils avaient la console pendant toute la fin de semaine avec une pile de jeux. Ça s'amusait avec ça. Puis le dimanche, ils allaient retourner la console avec les jeux. Alors ça, c'est quelque chose de distinct. Donc, c'est toute l'histoire, le folklore autour du jeu vidéo au Québec. Alors eux, ils vont arpenter le territoire pour aller chercher des témoignages de gens. Ça a été quoi leur premier contact avec le jeu vidéo? Le rôle des femmes à la maison qui, eux, étaient un peu garants de l'équipement et puis s'assurait que les jeunes jouaient, mais ils ne jouaient pas trop longtemps. Alors, il y a toute une histoire autour de ça. Ah, c'est génial. Et ils ont eu du financement pour aller faire des recherches dans ce sens-là. Puis sinon. Bruno : [30:47] Évidemment, on va parler de streaming. Et tu sais que là, on est en train de rebrasser les cartes dans l'industrie entre les Disney, Apple TV, Amazon Prime et tout ça. Et pour parler un peu de l'écosystème et comment c'est en train de se replacer, il y a Luc Dupont, le prof en communication à l'Université d'Ottawa qui vient nous visiter pour nous parler de cette histoire-là. Jérôme : [31:10] Eh bien, écoute, super. Bruno : [31:12] J'ai le programme. Oui, je suis pas mal fier. Jérôme, je te remercie d'être passé sur mon carnet comme ça. Jérôme : [31:19] Eh bien, un plaisir partagé. Merci d'être passé dans Monde numérique pour ce rendez-vous hebdo qui devient de plus en plus XXL. Voilà. 30 minutes maintenant. Bruno : [31:31] Bon, bien, regarde, c'est ma foi. Jérôme : [31:32] Tu te souviens quand on faisait 10 minutes de débrief transat? Bruno : [31:35] Écoute, ça fait tellement longtemps que je ne m'en souviens plus. Non, moi, j'aime bien ce format-là. Et je vais te dire, cette semaine, j'ai croisé une dizaine d'amateurs de ces moments-là. Alors, ces gens-là, ils se reconnaissent. On les salue. Puisqu'ils nous écoutent, je les salue. Ouais. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine. Jérôme : [31:52] À la semaine prochaine, Bruno. Ciao.
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