Jérôme :
[
0:06] Salut Bruno Guglielminetti à Las Vegas.
Bruno :
[
0:09] Ben, salut Jérôme Colombain à Las Vegas.
Jérôme :
[
0:11] On s'y était engagé la semaine dernière.
Bruno :
[
0:12] Je te remercie d'avoir justement tenu parole. Et puis pour les gens qui nous écoutaient la semaine dernière, ben c'est ça, je t'ai invité à venir au ReInvent. T'étais pas certain, puis finalement, ben t'as bien fait.
Jérôme :
[
0:23] J'ai bien fait, je suis ravi d'être là. Alors Bruno, il faut qu'on explique exactement ce que c'est que ReInvent. Toi, tu es un habitué, ça fait plusieurs années que tu viens. Compte-nous le décor.
Bruno :
[
0:31] Depuis 2019, j'ai la chance d'être invité année après année. Donc, c'est ça, c'est l'événement annuel pour AWS, d'inviter à la fois des gens qui s'intéressent à ce qu'ils font, mais surtout aussi... Il y a quand même 60 000 personnes qui viennent sur Las Vegas pour ça. C'est des gens qui viennent prendre des formations et c'est surtout des gens qui viennent obtenir aussi des certifications. Donc, c'est un peu comme la semaine de graduation de milliers de gens qui vont chercher des formations. Puis, pour les bons clients et les clients potentiels de AWS, c'est la possibilité de venir voir ce qui se fait, comment c'est utilisé, qui évidemment, par la bande, pour les gens qui s'intéressent un peu comme toi et moi au niveau de la tech, c'est de voir la possibilité et surtout de rencontrer des clients d'AWS qui utilisent les différents, services, les différents outils qui sont annoncés. Ces gens-là, à qui on peut parler, ces gens-là, depuis des mois souvent, utilisent ça et ont déjà commencé à avoir une expérience. Et donc, ça nous permet, outre la publicité, la conférence de presse ou la présentation officielle, de parler avec des gens qui, eux, l'utilisent et de voir comment... Concrètement. Oui, qu'est-ce que ça fait pour leur organisation. Puis ça, c'est précieux.
Jérôme :
[
1:52] Bien sûr. Moi, c'est la première fois, effectivement, que je découvre cet événement. Ce qui est étonnant, c'est que ça se passe au même endroit que là où a lieu le CES de Las Vegas.
Bruno :
[
2:01] Et plus particulièrement, le Eureka Park, c'est juste au-dessus.
Jérôme :
[
2:04] Voilà, exactement. Alors moi, je m'attendais à quelque chose quand même d'un peu plus modeste, mais c'est de la folie. Des marées humaines, on se fait marcher dessus. Il y a des dizaines d'exposants.
Bruno :
[
2:16] Mais c'est top. Écoute, pour des gens comme toi et moi qui ouvrons le CES, c'est un peu, en anglais, on dirait le warm-up. C'est le pré-CES parce qu'il y a beaucoup de monde et il y a aussi une grosse
Bruno :
[
2:30] partie d'exposition qui nous rappelle que le CES, c'est dans un mois.
Jérôme :
[
2:35] Alors, ça, c'est pour l'ambiance. Maintenant, sur le fond, ce n'est pas exactement la même chose. Ce n'est pas le même registre.
Bruno :
[
2:40] Non, c'est une entreprise qui vient présenter, avec ses partenaires, Merci.
Jérôme :
[
2:43] Oui, mais c'est vrai que c'est une entreprise qui est aujourd'hui, qui a plein de dimensions différentes. Donc, c'est tout un écosystème qui est là. Il faut rappeler, moi, je rappelle toujours ce chiffre. AWS, ils font tourner à peu près 30 % des sites web du monde entier. Donc, c'est de la feuille. Et pas que les sites web, en plus, toutes les infrastructures aussi.
Bruno :
[
3:00] Oui, et puis on s'en est rendu compte récemment parce que quand il y a eu une panne, bien là, c'est à la mesure de reconnaître tous ceux qui étaient des clients de AWS et qu'ils ne mentionnaient pas nécessairement.
Jérôme :
[
3:10] Donc, pas de gadgets comme au CES, par contre, pas de trucs grand public. On est vraiment dans du B2B, donc c'est très professionnel.
Bruno :
[
3:18] Et c'est très geek aussi.
Jérôme :
[
3:19] C'est très geek, mais c'est ça qui est intéressant, c'est que c'est quand même une vitrine super intéressante sur l'évolution de la technologie et notamment cette année, l'intelligence artificielle. Cette année encore, l'intelligence artificielle.
Bruno :
[
3:31] Tu vois, là-dessus, moi, c'est ça que je voulais discuter avec toi. Moi, j'ai l'impression que cette année, c'est un peu comme un repositionnement pour eux. Déjà l'an dernier, ils nous avaient présenté la génération Nova. Puis on sentait que l'intelligence artificielle, ça faisait partie de l'offre.
Jérôme :
[
3:44] Alors Nova, il faut qu'on dise aux gens qui nous écoutent, ce sont leurs propres modèles d'IA. Ce qu'on appelle des modèles fondations. Donc, c'est équivalent à un GPT, à un LAMA, etc.
Bruno :
[
3:52] Exactement.
Jérôme :
[
3:54] Qui fournissent pour les entreprises, en fait.
Bruno :
[
3:56] Oui. Et puis, c'est important de dire que dans les solutions qu'ils offrent, ils offrent aussi ces compétiteurs ou les grands noms de l'IA, donc les Claude et compagnie. Sauf que, là, ce qu'on est en train de voir cette année, c'est que l'info nuagique, là, on s'entend, ça prend l'info nuagique pour faire de l'IA.
Bruno :
[
4:16] Donc, ça, c'est de l'acquis. Mais là, ce qu'on est en train de voir cette année, c'est vraiment un repositionnement où, si l'an dernier, on se campait pour AWS de dire, nous, on est la solution de l'IA parce qu'on vous les offre tous, plus les nôtres, là, cette année, le positionnement, c'est vraiment, écoutez, demain, là, Ça va être des agents IA par milliard. Nous, on peut vous aider pour embarquer dans le train. Et c'est ça qui est impressionnant.
Jérôme :
[
4:43] Les agents IA qui sont ces outils d'IA qui peuvent sortir du cadre, aller effectuer eux-mêmes des différentes tâches.
Bruno :
[
4:50] Il y a Sébastien Stromer qui est un des communicateurs d'AWS en Europe. D'ailleurs, qu'on salue parce que c'est quelqu'un qui nous écoute autant sur mon carnet que mon numérique. Et il me disait hier, j'ai bien aimé sa présentation. Un agent IA, c'est un peu comme un passeur de plat. C'est-à-dire que l'IA, en tant que tel, que ce soit une Nova chez AWS ou que ce soit un chat GPT ou un cloud, ça va faire la fondamentale, ça va te faire la stratégie, ça va te faire l'ordonnancement des choses. Sauf que ça te prend des petits soldats pour aller faire des tâches, revenir, mais ça spécialisé sur une tâche, pas avoir la vue d'ensemble. Et les agents IA, c'est un peu ça. Une fois qu'on comprend ça, là, on comprend mieux qu'est-ce qu'un agent y a, pourquoi on peut en avoir besoin, et de l'autre côté, pourquoi les gros modèles, puis les moins gros modèles, on va toujours quand même en avoir besoin pour avoir la vue d'ensemble et être
Bruno :
[
5:46] capable de planifier, d'aller plus loin.
Jérôme :
[
5:49] Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans les annonces qui ont été faites, parce qu'il y a eu plein d'annonces très techniques, etc. Les agents, ils ont même leur processeur, parce que leur stratégie, c'est quand même de tout faire. depuis le processeur qui va servir à entraîner les modèles et puis à les faire tourner, l'inférence, jusqu'aux agents, les modèles fondations, etc. Ils veulent tout faire. D'ailleurs, moi, c'est une question que je leur ai posée, mais à vouloir tout faire, est-ce qu'il n'y a pas un risque de ne pas tout faire très bien ? C'est le syndrome du couteau suisse. Le couteau suisse, il a 10 000 outils intégrés, mais ils ne sont pas bons, les outils, en réalité.
Bruno :
[
6:22] Ça dépend de ton Keneff.
Jérôme :
[
6:24] Oui, ça dépend. Tu peux avoir un très gros couteau suisse.
Bruno :
[
6:26] Il ne faut pas la publicité pour ça.
Jérôme :
[
6:27] Voilà, il faut dire les choses comme elles sont. Mais qu'est-ce qui s'en est répondu? Non, c'était des dimensions qu'ils avaient développées, etc. Et puis, il faudra aller écouter l'interview du directeur général d'AWS France pour en savoir plus.
Bruno :
[
6:40] Ça, c'est bien joué, ça.
Jérôme :
[
6:41] Dans la suite du podcast Monde numérique, bien sûr.
Bruno :
[
6:44] Oui, mais je reviens sur les processeurs. Tu sais qu'AWS, c'est un des plus fidèles partenaires d'affaires de NVIDIA.
Jérôme :
[
6:51] Oui, oui. Microsoft? Oui.
Bruno :
[
6:55] Et puis, ça fait plus longtemps. Et donc, bien qu'ils aient leurs processeurs qui répondent à leurs besoins et qui sont taillés dans de la fine pierre pour répondre à ce qu'ils ont de besoin, parallèlement, il y a quand même du NVIDIA qui est là, qui est disponible pour les purs et durs qui voudraient travailler dans l'environnement NVIDIA. Un peu comme on le trouve d'ailleurs ailleurs. Moi, je regarde chez OVH. OVH, ils ont leurs processeurs, mais parallèlement, ils ont du NVIDIA aussi.
Jérôme :
[
7:23] Donc, le fait qu'ils sortent leurs propres processeurs, les Traniums.
Bruno :
[
7:27] Ça, c'est la nouvelle génération.
Jérôme :
[
7:29] Oui. Tu crois que c'est quoi? C'est quand même une volonté d'émancipation, comme Google qui fait la même chose aussi.
Bruno :
[
7:36] C'est sûr qu'eux, moi, je les trouve intelligents, mais comme Google aussi, d'être capables d'être, pas autosuffisants, mais d'être capables de répondre. On revient toujours avec l'histoire de la souveraineté numérique.
Jérôme :
[
7:48] On va y venir.
Bruno :
[
7:49] Oui, mais pour un gros joueur comme AWS ou comme Google… C'est important d'avoir ces processeurs. Mais tu as aussi le fait. Apple a joué là-dedans aussi. Parce que, ultimement, c'est le cœur du système. Alors, si tu n'es pas capable de faire ça, si tu dépends toujours de NVIDIA, parce que c'est comme l'incontournable, à un moment donné, tu vas te faire prendre par un endroit. Puis, si il te manque de processeurs, tu vas avoir l'air fou. Alors, si toi, tu es capable de les produire, de les avoir, tu es autonome et tu es capable de… C'est ça.
Jérôme :
[
8:21] S'ils ne font pas que ça, ils peuvent s'ils veulent être autonomes, en fait. Oui, oui. Mais les clients, est-ce qu'on sait s'ils sont plus portés vers du NVIDIA ou vers du processeur maison, justement? Et est-ce qu'ils regardent ça, en fait?
Bruno :
[
8:36] Pas nécessairement. Parce que moi, quand je parlais avec un monsieur qui est en charge d'une division qui travaille sur les processeurs, je lui demandais, mais concrètement, est-ce qu'il y a des gens qui vous en demandent? Puis, il dit non, parce que c'est transparent pour l'utilisateur.
Jérôme :
[
8:50] Oui, bien sûr.
Bruno :
[
8:51] Tu sais, par exemple, Alexa. Alexa, aujourd'hui, Alexa Plus, dont tout le monde parle, mais peu l'ont essayé, ça fonctionne sur du Nova et ça fonctionne sur les processeurs de AWS.
Jérôme :
[
9:03] D'accord.
Bruno :
[
9:03] C'est transparent. On ne le voit pas, ça.
Jérôme :
[
9:06] Après, c'est logique. C'est la même maison, donc c'est sûr.
Bruno :
[
9:10] Ils ne vont pas se bouder.
Jérôme :
[
9:11] Non, non, non, c'est sûr. Sur la souveraineté… Ah.
Bruno :
[
9:15] Attends une minute. Mais moi, ce que je voulais... Parce qu'on parlait de leur modèle, il y a un truc, moi, que je trouve drôlement intéressant, mais je ne l'ai pas encore essayé. Et c'est une question de temps. Et à la maison, en tout cas, les gens qui nous écoutent, qui nous regardent, moi, je porte votre attention là-dessus. C'est le modèle Omni qui a été présenté. Et lui, là, si vous êtes un créateur, vous travaillez avec du texte, avec de la vidéo, avec du son, avec de l'image, avec de la voix, Ça, ça devrait attirer votre attention parce qu'on m'a montré des tests, on m'a montré des exemples et c'est vraiment intéressant et c'est puissant. Ça peut tout faire. C'est un multimodal. Ça peut tout faire. Alors, quand on est dans le domaine de la création, tu le sais, quand on travaille sur des images ou des textes ou de la vidéo ou des photos, on en prend un, on en prend l'autre. Ils ont chacun leur spécialité. Mais lui, Omni, il est vraiment fait pour les gens qui font la création, notamment des gens de pub. Et moi, je suis allé sur mon modèle.
Jérôme :
[
10:14] Tu recommandes Omni.
Bruno :
[
10:15] Je veux vraiment l'essayer. Puis voir concrètement si à travers une semaine, dans mes tâches, je suis capable d'utiliser seulement un modèle. Et ce serait celui-là.
Jérôme :
[
10:25] Tu es un explorateur, Bruno. Ah oui, qu'est-ce que tu veux. Oui, non, je voulais t'amener sur la question de la souveraineté numérique qui est une notion qui veut dire beaucoup de choses. Mais c'est vrai que moi, c'est ça que je trouve intéressant. C'est intéressant d'être ici au cœur de l'événement d'AWS. On est aux États-Unis, tu as plein de start-up qui sont là, qui veulent innover, faire du business, etc. Et puis, moi, j'arrive avec mon regard de petit français et je me dis, mince, mais on est dans la... Enfin, tu vois ce que je veux dire. On ne pourra jamais rivaliser.
Bruno :
[
10:53] C'est pour ça que ton président est en Chine, en train de parler aux Chinois pour leur dire, amenez votre technologie chez nous.
Jérôme :
[
11:01] Oui, alors je ne sais pas s'il y a une bonne idée d'aller se rapprocher des Chinois pour essayer de s'affranchir des Américains.
Bruno :
[
11:05] Mais c'est pour te montrer comment vous êtes dans la...
Jérôme :
[
11:08] Oui. Alors, il ne faut pas se laisser impressionner par le show, par le gigantisme qu'on vient de décrire. Mais en revanche, sur la force de ces entreprises, là, c'est AWS. Mais alors, les trois géants du cloud, c'est AWS, Google et Microsoft. Mais où sont les Européens, où sont les Français ? Ils sont morts. Et c'est normal. Et on y arrivera, on ne pourra jamais. Et moi, je suis une startup française ou américaine aujourd'hui. J'ai besoin de cloud parce que tu ne peux rien faire si tu n'as pas du cloud. Tu développes une solution, quelle qu'elle soit. Il faut que tu la fasses héberger, que tu aies les meilleurs outils, etc. Mais c'est logique qu'ils aillent finalement chez l'un de ces acteurs. Et on pourra, c'est terrible à dire, mais il ne nous restera que des miettes.
Bruno :
[
11:51] Oui, je pense que des acteurs européens peuvent exister.
Jérôme :
[
11:55] Mais ils n'auront que les miettes.
Bruno :
[
11:57] Tout à l'heure, je mentionnais OVH, c'est un peu la réalité. C'est-à-dire que quand on tombe dans le domaine de la souveraineté numérique, on se dit qu'on va garder l'essentiel précieux chez nous sur des serveurs européens, branchés sur de l'européen.
Jérôme :
[
12:11] Oui, alors après, parce qu'il y a certains domaines où on ne va pas mettre ça sur des clouds américains. Tout ce qui est défense, tout ce qui est finance, etc.
Bruno :
[
12:18] Oui, mais données sensibles.
Jérôme :
[
12:19] Mais tout ce qui est business, allons-y, mais...
Bruno :
[
12:23] Mais c'est pour ça que je trouve intéressant la formule qui a été annoncée, on vient avec AWS, de leur AI Factory, ou eux.
Jérôme :
[
12:33] Oui, alors ça, voilà, il faut qu'on en parle.
Bruno :
[
12:34] Parce que tous les deux...
Jérôme :
[
12:35] Mais ils font tous ça. Microsoft va faire ça aussi. Et je crois Google, peut-être.
Bruno :
[
12:39] Oui, bien, probablement, parce qu'il va suivre. Mais l'idée là-dedans, c'est ça.
Jérôme :
[
12:42] Vas-y, explique-nous ça, oui.
Bruno :
[
12:43] Mais l'AI Factory, l'idée, c'est d'aller s'installer chez... On s'entend, ce n'est pas la petite PME qui commence, mais c'est vraiment que ce soit un gouvernement ou que ce soit une grande entreprise. AWS, ce qu'ils disent, c'est que, écoutez, vous montez une infrastructure de serveurs, vous payez la facture d'électricité, et nous, on arrive avec notre équipement, puis on vous permet d'utiliser nos services. Alors, s'arrachez-vous, c'est sur votre territoire, c'est sur vos appareils, mais vous pouvez profiter, évidemment, moyennant paiement, de notre savoir-faire. Ça, je trouve ça intéressant comme piste. Oui, parce que ça clôt le bec à plein de gens qui disaient, « Ouais, mais c'est sur des serveurs américains. » Non, ça, ça règle cet aspect-là. Sauf qu'il y a quand même un branchement et il y a sûrement des tests qui vont être faits pour voir l'étanchéité de la chose.
Jérôme :
[
13:34] Est-ce que vraiment, il y a un pare-feu entre l'Europe et les États-Unis avec un système comme ça?
Bruno :
[
13:38] Oui. Parce qu'à un moment donné, il va y avoir du data, des données qui vont être traitées, qui vont travailler. Puis à un moment donné, si ça part sur le réseau et que ça sort du territoire français, pour prendre votre exemple, bien là, on commence à aller tourner sur le réseau d'ailleurs. Donc, il y aurait un droit de regard qui serait là.
Jérôme :
[
13:56] Il y a une histoire récente, Bruno, qui est complètement fou.
Bruno :
[
13:59] Ah, je suis en train d'OVH, là.
Jérôme :
[
14:00] Complètement fou avec OVH. Mais alors, ça, c'est dingo. C'est vous, les Canadiens, qui nous tirez une balle dans le dos, là.
Bruno :
[
14:06] Pas du tout, on teste.
Jérôme :
[
14:07] Vous nous tirez une balle dans le dos.
Bruno :
[
14:09] Non, pas du tout. L'idée là-dedans, c'est qu'il y a une entreprise qui a hébergé des données chez OVH. Les serveurs de ce client-là, les données résident sur des serveurs qui sont en Europe. Et donc, à un moment donné, il y a eu un différent, il y a eu une cause et il y a un juge canadien qui a dit, je veux avoir accès à ces informations-là.
Jérôme :
[
14:32] Dans le cadre d'une enquête, pour des crimes, etc.
Bruno :
[
14:35] Et là, ce qui arrive, c'est qu'OVH, qui lui se dit l'unique porteur du flambeau de la souveraineté numérique, est dans une belle situation. Parce qu'il est en train de vivre ce dont on parle depuis longtemps, c'est-à-dire la possibilité de voir un gouvernement « étranger » demander à avoir accès à des données qui sont sur un autre territoire, mais à un fournisseur qui offre le service localement dans le pays où le juge réclame ça.
Jérôme :
[
14:59] C'est ça le problème.
Bruno :
[
14:59] Et c'est ça le problème. Et donc, qu'il réponde par la positive au juge et lui donne accès à ces informations-là, il est dans la merde. Mais de l'autre côté, s'il ne le fait pas, au Canada, il va être dans la merde. Parce que là, il travaille contre la justice canadienne.
Jérôme :
[
15:18] Ce n'est pas tenable.
Bruno :
[
15:19] Non. Et là, c'est la première entreprise dans le genre qui se retrouve avec la patate chaude à décider qu'est-ce qu'on fait.
Jérôme :
[
15:26] Mais c'est fou. Tu es d'accord qu'on s'attendait à ce que ces problèmes d'intrusion comme ça, on disait, regardez, c'est des serveurs des sociétés américaines implantés en Europe. hop, la justice américaine va venir nous prendre nos données, etc. Qu'est-ce qui se passe ? En fait, c'est une entreprise française, avec des serveurs en France, qui se fait attaquer par un pays étranger, puis alors même par les États-Unis, le Canada, qui est notre ami, en principe, plus presque que les Américains aujourd'hui.
Bruno :
[
15:53] Oui, mais on s'entend que le client qu'ils hébergent est dans une histoire criminelle.
Jérôme :
[
15:57] Le problème, c'est parce qu'OVH a une représentation officielle, une filiale officielle au Canada, donc de droits canadiens, etc.
Bruno :
[
16:06] Mais donc, c'est la première fois où on retrouve un cas de figure qui va illustrer le reste. Alors évidemment, ça va être intéressant de voir. Est-ce que ça va se terminer en cours? Est-ce que ça va être un jeu d'avocaterie? Il faudra voir comment ils vont sortir de ça. Mais en attendant, c'est ça. Alors, AWS et puis d'autres vont arriver maintenant avec leur solution, la cavalerie qui va débarquer chez vous.
Jérôme :
[
16:26] Et iFactory. Ça ne va pas être bon pour les entreprises locales de cloud,
Jérôme :
[
16:30] mais ce sera bon pour le business. Revenons à reInvent, Bruno, et puis il faut qu'on avance un peu. Tu l'as dit, il y a plein de clients, il y a plein de startups, d'entreprises, de grosses entreprises, etc., avec lesquelles on a discuté, on a fait des interviews. Je ne sais pas, tu as un coup de cœur. Il y a quelque chose qui t'a particulièrement intéressé?
Bruno :
[
16:47] Oui, il y a quelque chose que j'ai... Puis, je les ai rencontrés dès le premier jour. Et j'ai dit, je pense que vous allez être mon coup de cœur. Puis, on termine la semaine. Et c'est toujours mon coup de cœur. Ça s'appelle Shop Travel. Ce n'est pas encore lancé. C'est une question de semaine. Ça va être un service de voyage au Canada d'abord. Mais après, ils veulent aller un petit peu partout à travers la planète. Ils sont dans le B2B et dans le B2C. C'est-à-dire que dans le B2B, ils offrent leur savoir-faire aux agents publics. de voyage et ils offrent directement le service aux clients. Qu'est-ce que c'est ce service-là? C'est carrément un agent, un assistant personnel qui te suit dans ta démarche d'achat, de magasinage, de voyage. Après, il s'occupe de faire les billets et les arrangements pour toi, les réservations. Et puis après, il te suit tout le long de ton parcours, de ton voyage. Le plus concret, c'est que bon, il t'a servi, tu voulais aller à quelque part, t'as dit que c'était un couple, il y avait la belle-mère qui était là avec des enfants. Ben là, il va demander est-ce que vous voulez avoir deux chambres séparées pour la belle-mère d'un côté, puis le couple de l'autre côté? Puis après, à quelle date vous voulez partir? Dans quel coin vous voudriez aller? Alors, c'est l'IA qui demande vraiment, puis tu peux y aller en mode textuel ou par vocale.
Jérôme :
[
17:58] C'est vraiment interactif.
Bruno :
[
17:59] Oui. Et la réponse, c'est vraiment t'as l'impression de parler à quelqu'un, à un agent. Alors, une fois que c'est acheté, Voilà la date de départ. Puis là, c'est l'agent qui te recommunique sur ton téléphone pour s'assurer que tout va bien. C'est vraiment le suivi. Tu as vraiment l'impression d'avoir un assistant qui est à côté de toi tout le long. Et là, le plus beau dans l'affaire, c'est que si malheureusement, comme ça arrive souvent, ton vol est décalé, il y a un problème, c'est annulé, tu dois reprendre un nouvel appareil. l'IA, elle est branchée sur les données du transporteur qui va te prendre et peut t'aviser en temps réel avant que ça soit affiché, avant que ça soit annoncé qu'il y a une annulation de vol mais qu'il est en train de, te réserver des places sur un autre appareil qui s'en va au même endroit et il va t'aviser qu'il va vérifier si c'est beau avec toi et après il va faire des démarches.
Jérôme :
[
18:51] C'est vraiment ton assistant.
Bruno :
[
18:53] Et ça, ça s'appelle Shop Travel et j'ai l'impression, et la belle affaire, Donc, comme client, comme consommateur, tu peux l'utiliser, mais les agents de voyage pourront l'utiliser aussi pour faire un suivi. Une fois qu'ils auront vendu le billet, ils pourront faire le suivi d'expérience avec leurs clients. Ça, je trouve ça intéressant.
Jérôme :
[
19:10] L'avantage, c'est que c'est un méta-outil. Il est au-dessus des compagnies, de tout ça. C'est ce qui lui permet de...
Bruno :
[
19:17] Toi, tu as vu quoi?
Jérôme :
[
19:18] Moi, j'ai vu une start-up française vachement intéressante, je trouve, qui s'appelle le Pianot, P-Y-A-
Jérôme :
[
19:25] Deux N-O-T-E. Ils font un truc qui est assez... C'est pas de la musique, mais c'est du son. Ils font quelque chose qui est assez spécifique, qui s'intéresse plutôt aux professionnels ou en tout cas aux créateurs de contenu. C'est pas pour tout le monde, mais ils font un truc qui s'appelle la diarisation vocale.
Bruno :
[
19:42] C'est-à-dire ?
Jérôme :
[
19:43] Et la diarisation vocale, c'est le fait de reconnaître et d'identifier quand il y a différents locuteurs dans une conversation. Par exemple, là, notre conversation, elle est enregistrée. À la fin, tu as un fichier. Tu donnes ça à une machine. La machine, aujourd'hui, elle est capable de faire de la transcription de tout ce qu'on dit. Maintenant, ça se fait, c'est banal. Mais pour savoir que ça, là, c'est Bruno qui parle, là, c'est Jérôme qui parle, là, c'est Bruno qui parle, là, c'est Jérôme qui parle.
Bruno :
[
20:06] Je n'ai rien dit.
Jérôme :
[
20:07] Si, si, tu as beaucoup parlé. Il faut un système spécial qui va reconnaître nos voix et qui va pouvoir séparer nos voix, en fait.
Jérôme :
[
20:18] Et ça, ce n'est pas évident à faire. Et donc, ils ont développé un modèle d'IA qui est capable véritablement de faire le distinguo, de faire la part des choses, etc. Donc, c'est fait pour être intégré dans un outil de transcription de speech to text. Typiquement, comme c'est un outil open source, ils travaillent avec Whisper, qui est lui aussi un outil open source de transcription.
Jérôme :
[
20:39] Et ça permet ensuite d'assigner des locuteurs plus facilement à des conversations. C'est vachement intéressant. C'est vrai que moi, je vois ça en plus avec mon regard de podcasteur, puisque nous, en tant que podcasteur, on fait de la transcription de contenu. Mais aujourd'hui, avec les outils qu'on a, la plupart du temps, si tu ne donnes pas à la machine les contenus sur des pistes différentes au départ, il n'est pas capable de dire qui parle. Et bien là, c'est possible. Et c'est un système qui va être de plus en plus utilisé, notamment pour le doublage de films, le doublage, le sous-titrage, etc. Donc, c'est une petite brique qui vient s'insérer dans toute la chaîne logistique du traitement de la voix. Ils peuvent même aller encore plus loin. Ils sont en train de travailler sur des systèmes de reconnaissance des émotions, des non-dits. Tu vois, une voix chevrotante, une voix qui exprime de la confiance, etc. Et avec tout ce que ça peut signifier derrière et de toute la manière, tous les éléments d'analyse que ça peut apporter en plus, par exemple, pour de la relation client, etc. donc c'est Pianote et tu ne seras pas surpris si je te dis que l'interview du responsable de Pianote est à écouter dans Monde Numérique cette semaine ?
Jérôme :
[
21:51] Si, bien sûr. Alors, ce qui nous amène justement à nos sommets respectifs, de quoi tu parles dans ton carnet cette semaine?
Bruno :
[
21:57] Je ne suis pas original de ReInvent.
Jérôme :
[
21:59] Évidemment.
Bruno :
[
21:59] Alors, d'un bord à l'autre. Évidemment, j'étais content d'avoir cette partie-là avec toi pour faire le survol. Mais je parle avec un des dirigeants canadiens pour parler de AWS au pays, au Canada. Et puis aussi, je parle notamment d'IA et d'Info Nuagic dans le monde du jeu, dans le monde du sport, avec Carl Edwin Michel qui a fait le voyage pour venir courir ces angles-là. Et puis aussi, des invités, notamment des clients d'AWS, pour parler vraiment de ce que ça veut dire, ces nouveaux changements qui sont annoncés. Eux les ont vécus, je pense notamment à un développeur qui nous dit comment ça a changé sa façon de travailler et comment ça remet en question sa façon de travailler comme développeur. Parce que ça soulève des questions dans maintenant ce que ça peut amener à faire. Alors, ça sert. Bref, ça vous permet d'aller encore plus loin dans la discussion qu'on a eue.
Jérôme :
[
22:55] Super. Moi, dans mon numérique cette semaine, pour ceux qui nous écoutent, c'est pareil, déclinaison française de cet événement, avec une interview super intéressante avec le directeur général de AWS France, où je pose toutes les questions, y compris sur ces questions de souveraineté et autres, Julien Grouès. Et puis, comme tu me connais et malgré tout, moi, je suis pluraliste et je donne la parole à tout le monde, bien entendu. Eh bien, il se trouve que la même semaine se tient à Paris un événement d'un autre acteur du cloud qui est Scaleway. Et eh bien, je donne la parole au directeur général de Scaleway, Damien Lucas. Donc, c'est un peu la même thématique et avec ce qui me permet de faire une émission un peu spécial cloud, avec les représentants de deux acteurs et de deux entreprises évidemment assez différentes, mais c'est super intéressant d'avoir...
Bruno :
[
23:49] Donc, édition Info Nuagique.
Jérôme :
[
23:51] Édition spéciale Info Nuagique et puis aussi plein de startups, notamment Pianote et d'autres à découvrir cette semaine dans Monde Numérique.
Bruno :
[
23:58] J'aimerais vraiment te laisser. Je veux absolument te faire un clin d'œil sur... Il y a eu plein d'annonces.
Jérôme :
[
24:02] Tu vas me donner rendez-vous pour...
Bruno :
[
24:04] On va où?
Jérôme :
[
24:05] À Pékin la semaine prochaine?
Bruno :
[
24:06] Non, je te retrouve à Paris. Moi, je reste à Montréal.
Jérôme :
[
24:08] OK.
Bruno :
[
24:08] Mais non, je veux juste faire un clin d'œil. Il y a eu plein d'annonces parallèlement à l'événement, mais une annonce très importante qui va changer la façon des gens d'utiliser l'Internet, c'est cette entente entre AWS et Google, qui maintenant va assurer la redondance du réseau Internet sur les sites qui sont hébergés chez eux. et l'an prochain, Microsoft se joint à ce duo. Donc, ça sera un trio et ça veut dire que des arrêts comme on a connu avec les Cloudflare ou le problème d'AWS. Ça ne devrait plus arriver. Ça ne devrait plus arriver et ça, c'est une bonne nouvelle.
Jérôme :
[
24:43] Ah ben, tant mieux. Voilà. Merci, Bruno. Je renvoie mes auditeurs à l'écoute de ton carnet et n'hésite pas à faire de même de ton côté.
Bruno :
[
24:50] Écoute, puisque tu m'obliges, j'invite les gens qui sont en train de nous écouter sur mon carnet d'aller faire un tour du côté de chez vous. Et puis à tous, je vous dis à la semaine prochaine et à toi aussi.
Jérôme :
[
25:00] Et on se retrouve la semaine prochaine dans le débrief transatlantique comme chaque semaine. Salut.