Jérôme :
[
0:06] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno :
[
0:09] Salut, Jérôme Colombain à Paris. Hey, dis donc, grosse semaine chez vous. On a l'impression que la France a décidé de persécuter Elon Musk.
Jérôme :
[
0:18] Ah là là, oui, effectivement, c'est X qui est dans la tourmente, puisque perquisition au siège de X à Paris, ça fait pas mal de bruit, c'est quand même assez spectaculaire. Et puis, Elon Musk, qui se retrouve convoqué, il devra en principe venir devant un juge au mois d'avril. Il est convoqué en audition libre pour le 20 avril 2026. Lui, ainsi que l'ex-directrice générale de Hicks, Linda Iaccarino, mais qui, elle, a quitté la société, si je me souviens bien.
Bruno :
[
0:53] Tout à fait, oui. Avant le début de l'année.
Jérôme :
[
0:56] Donc oui, la justice française se lève contre X. Alors tu vas me demander pourquoi, j'imagine ?
Bruno :
[
1:03] Ben oui, pourquoi ?
Jérôme :
[
1:05] Ben écoute, en fait, les raisons sont multiples. Les premières raisons qui ont été évoquées, c'est tout ce qui fait que sur X, malheureusement, ce sont souvent les contenus, les pires qui remontent. Et donc, on parle de manipulation d'algorithmes. Alors, moi, j'avoue que le terme m'a un peu fait tiquer parce que, pourquoi manipulation ? C'est-à-dire, oui, programmation, l'algorithme a été développé, activé, et surtout modifié depuis qu'Elon Musk est là, pour faire remonter des contenus qui sont les plus engageants, entre guillemets, et qui donc, malheureusement, sont bien souvent les pires. ceux qui sont les plus clivants, ceux qui font qu'il y a une ambiance de pire en pire sur ce réseau social, c'est vrai. Mais il n'y a pas que ça, il y a aussi des choses quand même plus graves. Il y a une histoire de complicité, de détention ou de diffusion d'images pornographiques.
Jérôme :
[
2:07] En tout cas, ce n'est pas X qui a produit ces images, mais ça s'est passé sur X. Voilà. Et puis aussi, ce qui est, nous, tu le sais, c'est un sujet très sensible chez nous en Europe et notamment en France, qui sont ce qu'on appelle les contenus négationnistes, négation de crimes contre l'humanité. Et on se rappelle, en fait, cette histoire, c'était fin 2025. Eh bien, Grock avait nié l'existence des chambres à gaz en répondant à un poste d'un internaute. Et ça, ça avait été vu près d'un million de fois et ça avait vraiment déclenché un tollé en France. Il y avait eu une plainte de la Ligue des droits de l'homme, etc.
Bruno :
[
2:47] Et ça, c'est intéressant parce que dans cette partie-là de l'histoire, c'est vraiment, je ne dirais pas deux vues qui s'affrontent, mais il y a l'expression, la libre expression française par rapport à celle qui est employée ou qui est exécutée dans un autre pays. Elon Musk aux États-Unis, il peut librement raconter ce genre d'histoire-là lui-même. Il peut faire la promotion ou la distribution de ce genre de propos-là. Mais ces propos-là, en France, ils ne sont pas les bienvenus, ils sont même interdits.
Jérôme :
[
3:20] Tu as raison. Tu as raison, parce que c'est des choses qui, effectivement, chez nous, tombent sous le coup de la loi. Alors, on est en Europe aussi. On est en Europe où il y a eu le passif. C'est là que ça s'est passé. pendant la guerre. Donc effectivement, c'est un sujet hypersensible. Mais c'est vrai qu'une affaire comme ça, ça montre bien la différence de point de vue entre la liberté d'expression à l'américaine, où effectivement il y a une véritable liberté d'expression, et la liberté d'expression à la française ou même à l'européenne, qui s'arrête ou commence la liberté d'expression, ou plutôt commence la bien-pensance. Et c'est vrai qu'il y a des voix qui commence à s'élever pour dire que, mais est-ce qu'on est vraiment dans un système de totale liberté d'expression ? Et c'est très délicat parce que la frontière entre, effectivement, la liberté de toutes ces expressions et puis les appels à la haine, les appels au racisme, les appels à... Ce sont des choses contre lesquelles on a des lois d'abord et puis on est tenu de lutter et on ne veut pas que ça se propage, mais il y a vraiment une différence de point de vue, de conviction.
Jérôme :
[
4:38] Et cette affaire-là, elle met vraiment en exergue ce problème. Et alors la question aussi, ça va être de savoir si un pays comme la France peut bien faire plier, ou en tout cas poursuivre, ou en tout cas une entreprise américaine et un responsable de big tech comme Elon Musk. Alors il faut se rappeler quand même qu'Emmanuel Macron lui-même avait évoqué le fait que si on n'arrivait pas en gros à faire rentrer X dans les rangs, eh bien... La question de l'interdiction en France pourrait se poser. Interdire un réseau social, si un jour ça doit arriver, ce qui aujourd'hui commence à être du domaine des choses possibles, ce serait quand même quelque chose. C'est d'un côté, il y aurait deux façons de voir les choses. C'est oui, regardez, en France, on ne fait pas n'importe quoi. On ne peut pas dire n'importe quoi. Et de l'autre côté, c'est quand même, c'est une entrave claire à une liberté d'expression.
Jérôme :
[
5:35] Donc, ce n'est pas simple, cette histoire-là.
Bruno :
[
5:37] Ah non, c'est ça, ça soulève beaucoup de questions. Et au même moment où se passait cette histoire-là à Paris, de l'autre côté de l'océan, il y avait quand même, et toujours dans la cour d'Elon Musk, il y avait quand même un mouvement des plaques tectoniques où on découvrait qu'il avait été de l'avant. Et donc, XAI et SpaceX, maintenant, ne faisaient plus qu'un. Et ça aussi, ça surprend presque l'imaginaire de voir la taille de cette entreprise-là.
Jérôme :
[
6:08] Oui, c'est incroyable. Donc, il veut fusionner SpaceX, les fusées, avec XAI, la boîte d'intelligence artificielle, qui est peut-être l'activité d'Elon Musk, la moins connue, en tout cas, ici en Europe. On l'évoque un petit peu comme ça, mais elle n'est pas du tout connue dans le grand public. Et qui est pourtant probablement l'une des activités qui va le plus se développer et qui va être la plus stratégique pour Elon Musk. C'est étonnant parce qu'en plus, D'abord, il y a l'aspect économique. Si j'ai bien compris, ça va être monstrueux, cette fusion.
Bruno :
[
6:41] Là, écoute, on est dans l'ordre. Moi, j'utilise l'expression « trillion » rarement. Mais là, je pense qu'on est dans l'ordre de la valeur de ces entreprises-là remises en un seul endroit. C'est 125 trillions.
Jérôme :
[
6:55] Trillions, oui. Ça fait 1250 milliards de dollars.
Bruno :
[
6:59] C'est énorme.
Jérôme :
[
7:01] C'est énorme. Oui, non, vas-y, pardon. Non, et ce qui est fou, c'est que cette valorisation, qui serait donc la valorisation de la fusion des deux, serait supérieure aux valorisations actuelles séparées de SpaceX et de XAI, qui sont respectivement de 800 milliards et de 230 milliards.
Bruno :
[
7:18] Puis on rappelle quand même au passage que dans XAI, il y a cette activité évidemment de l'intelligence artificielle, Mais on retrouve aussi son réseau X qui a été pris par XCA il y a un moment maintenant. Et il y a aussi Grock qui est à l'intérieur de ça. Il y a d'autres opérations. Et ça, ça arrive dans un contexte où on apprend aussi que parallèlement, je ne dis pas qu'il est en train de retirer ses billes du monde de l'automobile, mais pas loin. Il y a probablement des gens qui ne sont pas contentes d'avoir appris ce qu'ils ont appris cette semaine. Puis parallèlement, qu'est-ce qu'on voit?
Jérôme :
[
7:51] Tu veux dire quoi? Tesla va arrêter les voitures? Non, on n'est pas là encore. Ils ont arrêté deux modèles. Ils arrêtent deux modèles. Le modèle 3, c'est ça?
Bruno :
[
8:00] Oui.
Jérôme :
[
8:00] Et le modèle, je ne sais plus lequel, le X?
Bruno :
[
8:03] Les modèles standards de base, oui. Mais donc là, ce qu'on est en train de voir, c'est que vraiment Tesla est en train de bifurquer et de mettre tous ses œufs du côté des robots. La robotique est là. Puis, il ne s'est pas gagné non plus. Parce qu'ils ont énormément de concurrence qui vient de Chine. Aux États-Unis, il commence à avoir des joueurs qui sont sérieux, qui semblent aller aussi vite, sinon plus vite que Tesla. Dans le domaine de la robotique, on s'entend toujours. Et donc, moi, j'ai hâte de voir. En tout cas, c'est pour ça que j'ai l'impression que, sachant que SpaceX a des contrats, mais jusqu'au calendre grecque tellement, il y a du va-et-vient dans l'espace, et c'est eux maintenant qui sont au cœur du voyage. C'est le transporteur officiel, si tu es un astronaute, à part que c'est des Chinois. Mais sinon, tout le monde passe avec eux autres.
Jérôme :
[
8:48] Non, on a une fusée aussi, nous.
Bruno :
[
8:49] Ah oui, pour lancer des satellites à l'occasion, quand ça ne pète pas au sol, c'est ça?
Jérôme :
[
8:54] Ah, ça suffit, monsieur.
Bruno :
[
8:56] Mais donc, c'est ça. Mais SpaceX a le gros du marché, on s'entend.
Jérôme :
[
9:00] C'est vrai.
Bruno :
[
9:00] Et eux, de juste à position.
Jérôme :
[
9:01] Il y a Amazon qui arrive.
Bruno :
[
9:02] Oui, bien sûr. S'ils ont la permission du FCC américain d'avoir deux ans de prolongement. Mais pour le moment, ce n'est pas leur 3-4 satellite dans le ciel qui fait une différence.
Jérôme :
[
9:13] Non, c'est sûr. Non, mais tu as raison. Mais ce qui est étonnant, alors pourquoi ils veulent fusionner?
Jérôme :
[
9:17] Il y a l'aspect financier qu'on évoquait, mais il n'y a pas seulement ça. La vraie logique, c'est donc de faire converger tout ça et notamment d'aller installer des data centers dans l'espace. Oui, exactement. De l'intelligence artificielle avec XAI et GROC qui ont besoin de toujours plus de puissance, qui serait dans l'espace ? Alors moi, j'étais un peu énervé cette semaine. J'entendais dans les médias français, en fait, on démolissait parce que c'est Elon Musk. Donc, on démolit par définition, sans même se poser de questions. en expliquant que c'est absurde à tout point de vue, etc. Et en réalité, quand tu veux dire que c'est totalement cohérent, c'est totalement cohérent. Pourquoi aller dans l'espace ? Parce que tu as de l'énergie, tu peux te rapprocher du soleil, on a déjà évoqué ces sujets-là. Tu peux gagner de la place, alors que le foncier commence à manquer dans certains pays, à certains endroits, pour installer des data centers dont on a absolument besoin. Alors, bien sûr, ce gigantisme fait peur et certains voudraient tirer le rideau et arrêter. Mais là, ce n'est pas possible qu'on arrête parce que celui qui va arrêter cette course à l'intelligence artificielle, il va devenir un nain qui va se faire manger par les autres.
Bruno :
[
10:32] Donc, on n'a pas le choix. Souviens-toi, Jérôme, c'est intéressant parce qu'il y a plusieurs années, quand on commençait à avoir l'intérêt de ces gros joueurs-là, je pense à Elon Musk, mais aussi à Jeff Bezos d'Amazon, de se lancer dans la course à l'espace pour voir qui était le premier qui allait envoyer une fusée qui reviendrait sans la perdre ou avec un amérissage perdu. On se demandait, mais qu'est-ce qu'ils veulent faire?
Jérôme :
[
10:54] Tout le monde rigolait.
Bruno :
[
10:55] Oui, mais c'est exactement le plan qui se poursuit. Et l'idée là-dedans, c'est justement d'avoir une constellation de serveurs qui vont héberger tout ce savoir-là de leur clientèle qui va être utilisé autant dans le commercial que dans le gouvernemental que dans le militaire. C'est clair. Puis ça, c'est en attendant qu'on commence à aller installer des trucs sur la Lune et ça va être ça. Donc là, ils sont vraiment en train de regarder dans le, tu disais, le foncier, le real estate de disponible, l'espace qui est disponible pour faire de l'installation comme celle-là à des coûts moindres, C'est ça. Maintenant, on est rendu à, en guillemets, exploiter, j'aime pas le mot, mais exploiter l'espace.
Jérôme :
[
11:36] Mais alors, c'est ça que certains ne comprennent pas, c'est qu'aujourd'hui, c'est pas à coût moindre, c'est à coût surdimensionné, au contraire. Aujourd'hui, ça coûte beaucoup plus cher. Mais demain, tu as raison, ça coûtera sans doute moins cher d'aller mettre un data center dans l'espace. Et moi, ce qui me fascine, enfin, je trouve que c'est incroyable, c'est la cohérence de tout ça. tu as l'impression qu'Elon Musk dans son esprit tout est tout est prévu et il est juste en train d'assembler les briques.
Bruno :
[
12:03] Mais tu vois dans son cas c'est pas pour dire que.
Jérôme :
[
12:05] Tout s'appelle X en plus.
Bruno :
[
12:07] Mais non exactement mais ça c'est ça et ça il faut lui donner c'est la vision qu'il a.
Jérôme :
[
12:12] Ah c'est hallucinant.
Bruno :
[
12:13] Puis de temps en temps ça fait pas notre affaire puis on partage pas nécessairement son opinion bien sûr que non puis de temps en temps il bifurque dans un endroit il devrait probablement pas aller pour le bien de sa business Mais le mec fait peur.
Jérôme :
[
12:24] Il a un côté effrayant, un côté repoussant, etc. Mais on ne peut pas retirer cette vision et la manière dont il avance comme ça à marche forcée vers le futur.
Bruno :
[
12:37] J'évoquais, puis je veux revenir là-dessus, c'est la même chose pour Jeff Bezos. Il a compris ça aussi. Il y a longtemps, à quelques mois de différence, il demandait les mêmes permissions à l'administration américaine pour envoyer ses premières fusées, puis après ses premiers satellites. Lui, il a eu un retard parce qu'il y a d'autres choses qui l'occupent, semble-t-il. Mais c'est vraiment impressionnant de voir ces deux-là. Puis tu vois, parallèlement, tu as des gros joueurs comme Google ou Microsoft qui aura pu aussi jouer là-dedans. Et dans ce moment-là, ils ont décidé de ne pas jouer.
Jérôme :
[
13:11] Ils sont beaucoup plus timides.
Bruno :
[
13:12] C'est une question de temps. Parce qu'à un moment donné, ils vont se rendre compte que la planète est petite et puis il va falloir aller voir ailleurs. C'est fou de parler de ça, mais c'est ça. Ce n'est pas demain, c'est après, après, demain.
Bruno :
[
13:26] Mais il faut penser, il faut regarder loin et c'est exactement ce que... Puis ça, pour ça, au moins, je lève mon chapeau à Elon Musk pour ça. Il voit loin et ça vaut la peine.
Jérôme :
[
13:35] J'adore ton optimisme nord-américain, mais ce n'est pas comme ça chez nous. Nous, on est terrorisés, on a peur de tout. On a peur de notre ombre, on a peur de nous, on a peur de tout le monde aujourd'hui.
Jérôme :
[
13:48] On est dans une posture ultra défensive, voire rétrograde. C'est dingue, c'est dingue. Même dans les médias, de plus en plus, on diabolise l'IA alors qu'on devrait la déifier au contraire.
Bruno :
[
14:02] Oui, mais heureusement.
Jérôme :
[
14:03] C'est vrai que ça fait peur, c'est vertigineux, ça fait peur. On va y laisser des plumes, il y a des emplois qui vont disparaître, il y a des industries qui vont disparaître. Mais on est dans une posture totalement attentiste où on est paralysé par la peur.
Bruno :
[
14:18] Oui, mais imagine-toi...
Jérôme :
[
14:19] On est incapable de... Enfin, pas tout le monde, mais beaucoup.
Bruno :
[
14:21] Jérôme, imagine-toi retourner dans le temps et aller raconter à l'homme ou à la femme qui tirait sa charrette qu'un jour, il y aurait des camions pour transporter ça. Ben non, c'est faux.
Jérôme :
[
14:31] Des avions, des avions cargo. Oui, oui, oui.
Bruno :
[
14:34] Mais c'est ça. Mais c'est à ça qu'on est en train de se préparer. Mais tu vois, quand même... Peu importe, pas peu importe, mais malgré le regard pessimiste que tu portes sur la France, je veux quand même te dire que quand je regarde l'actualité récente, vous marquez encore des points et vous avez presque envoyé un ballon d'essai avec la législation. Quand c'est la semaine passée qu'on parlait de cette loi qui est en train d'être promue pour encadrer l'utilisation par les jeunes des réseaux sociaux, qui est en train de faire la même chose? Votre voisin du sud, l'Espagne, quand même.
Jérôme :
[
15:12] Exactement. C'est vrai que l'Espagne a annoncé cette semaine qu'ils allaient essayer de faire la même chose, d'interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans, c'est ça. Et ce n'est pas très surprenant parce qu'en réalité, on savait bien que l'action de la France, elle était presque plus destinée à ça. Elle est symbolique en quelque sorte parce que la France n'a pas véritablement... On a les moyens de dire les réseaux sociaux sont interdits, mais on n'a pas les moyens de contraindre les grandes plateformes. C'est l'Europe qui a le droit de faire ça et qui a les seuls les prérogatives pour faire ça. En revanche, l'Europe n'écoutera les pays que si les pays sont nombreux à tirer la sonnette d'alarme. Et donc, l'objectif de la France, c'était vraiment ça, c'était de réveiller les autres. Et ça n'a pas de traînée, puisque aujourd'hui, c'est l'Espagne. Demain, ce sera sans doute d'autres pays, je ne sais pas, l'Italie, l'Allemagne, etc., qui vont faire la même chose. Ce qui devrait, en toute logique, pousser les institutions européennes à se bouger les fesses, si on peut dire, pour arriver à faire quelque chose dans ce domaine.
Bruno :
[
16:17] J'ai l'impression que d'ici la fin de l'année, on va entendre quelque chose de Bruxelles.
Jérôme :
[
16:21] Oui, alors le problème, c'est que les institutions européennes, c'est très, très long. C'est des délais. Mais oui.
Bruno :
[
16:29] Mais là, on est dans le concret. Là, on parle d'une génération.
Jérôme :
[
16:33] Oui, c'est vrai. Macron a dit que ce serait interdit en France au moins de 15 ans à la rentrée prochaine. Mais encore une fois, ce sera interdit. Il faut des sanctions. Il faut pouvoir contraindre les réseaux sociaux à appliquer cette loi. Et c'est là où… Ça.
Bruno :
[
16:52] Ils ont besoin de l'Europe.
Jérôme :
[
16:53] Et là, ils ont besoin de l'Europe. Oui, tout à fait.
Bruno :
[
16:55] Non, ça va être intéressant de suivre ça. Hé, je veux te ramener dans le monde de l'intelligence artificielle parce que les réseaux sociaux.
Jérôme :
[
17:01] C'est tellement… En plus, avec tout ce qui se passe en ce moment,
Jérôme :
[
17:03] c'est extraordinaire. On a vécu une super semaine.
Bruno :
[
17:06] Est-ce que tu as vu la pub ou même est-ce que tu as lu les propos du patron d'Entropic qui dit que finalement, évidemment en réaction à OpenAI qui va mettre la publicité sur le chat GPT, Anthropique, eux, ils disent non, ce n'est pas le bon endroit, c'est trop personnel comme expérience, on ne met pas de publicité dans l'autre.
Jérôme :
[
17:26] Alors, je n'ai pas lu la profession de foi de... c'est qui? C'est Dario Amodei, c'est ça? Mais j'ai vu... enfin, pas là-dessus, pas sur la pub, en tout cas. Mais j'ai vu les pubs, les spots de pub qui vont être diffusés au Super Bowl et qui sont assez marrants. On peut les raconter. C'est Donc, quelqu'un qui consulte une IA, par exemple, un coach sportif. Et puis, le coach qui est donc une intelligence artificielle, mais là, qui est représenté par un vrai coach, et qui commence à donner des conseils. Oui, bien sûr, alors tu dois faire comme si, tout ça. Et tout d'un coup, hop, il change un peu de voie. Et hop, au milieu, il te glisse une pub pour je ne sais plus quoi, une salle de sport, je ne sais pas quoi. Et pareil, il y en a une qui est encore pire.
Bruno :
[
18:10] Ah, c'est le fils.
Jérôme :
[
18:11] C'est le fils qui demande comment arriver à avoir des bonnes relations avec sa mère.
Bruno :
[
18:19] Et là, il y a l'IA qui lui balance une publicité pour un site de femmes d'âge mûr. Et là, lui, il réagisse, il dit « Ben voyons donc !
Jérôme :
[
18:27] » De quoi tu me parles ?
Bruno :
[
18:29] Ben oui, c'est ça. Mais c'est ça. C'est un bel exemple. Évidemment, il se fout un peu de la tête de Tchad GPT, mais c'est pour montrer... dans la dérive où ça pourrait aller et le malaise que ça pourrait créer.
Jérôme :
[
18:42] Alors, je trouve que c'est très malin, mais c'est un peu hypocrite. Parce que c'est dégueulasse, parce que justement, OpenAI a dit qu'il ne ferait pas ça. Ça veut dire que là, il laisse entendre que la publicité dans l'IA, elle va être dans les contenus et dans les résultats. Et eux, ils ont expliqué que non, ce serait des trucs à part. C'est-à-dire que normalement, les réponses de Chajipiti ne seront pas influencées par la pub. En tout cas, c'est la promesse.
Bruno :
[
19:05] On verra l'usage. Mais écoute, moi, je trouve que c'est de bonne guerre, un peu comme les fameuses… En Amérique, ici, on a eu ça beaucoup encore récemment, la guerre de pub on Coke et Pepsi. C'est vraiment le truc où un se tape sur la gueule de l'autre en riant. Bien là, nous, ça a été ça. J'ai hâte de voir, avec l'usage, on va voir s'il n'y aura pas des dérives, s'il n'y aura pas une influence. Parce qu'évidemment, c'est un peu, tu sais, je fais le lien, la parenthèse, puis elle vaut ce qu'elle vaut, mais c'est un peu la pression à l'éditorial quand il y a une équipe de vente dans une salle de rédaction. Peut-être pas dans une grande entreprise de presse, mais dans une plus petite. À un moment donné, quand on a quelque chose comme, je ne sais pas, 12 pages, 24 pages à remplir. Et puis, il y a un annonceur qui dit, ben là, moi, je trouve que vous ne parlez pas souvent de mon produit. Et puis là, comme par hasard, il y a un article qui parle des bons sentiments du propriétaire de l'annonceur. C'est pour ça, là. Jusqu'où ça va se jouer, il faudra voir.
Jérôme :
[
20:04] En théorie, dans les médias qui sont suffisamment solides, il y a des sociétés, des journalistes qui bloquent ce genre d'influence.
Bruno :
[
20:13] Ça, c'est chez vous. Mais ailleurs dans le monde, ce n'est pas le cas.
Jérôme :
[
20:16] Chez nous, en général, quand même, grosso modo, la règle dans la plupart des rédactions, encore une fois, c'est les rédactions qui peuvent se le permettre, qui sont assez fortes économiquement, etc. Il y a un mur. Moi, je sais, quand j'étais à Radio France, c'était comme ça. Il y avait un mur entre la régie publicitaire et les contenus, a fortiori les contenus journalistiques. Il n'y avait aucune communication. C'était totalement indépendant. Mais c'est vrai que ce n'est pas partout pareil.
Bruno :
[
20:41] Ah, c'est ça. Tu me permets de faire un petit clin d'œil de Nord-Américain?
Jérôme :
[
20:47] Je t'en prie. Vas-y, Xilin.
Bruno :
[
20:48] Écoute, grosse nouvelle cette semaine aussi. Alexa Plus, qui finalement voit le jour, pour de vrai. Là, c'est d'abord aux États-Unis. Et donc, ça permet... Puis c'est chouette, parce que ça va vraiment, Écoute, c'est un peu ce que Siri aurait dû être quand il y a presque dix ans, quand ça a été annoncé. Mais là, donc, Alexa, évidemment, elle peut répondre comme...
Jérôme :
[
21:09] C'est ce que Siri devrait être aujourd'hui. Enfin, c'est normal qu'il ne l'ait pas été il y a dix ans, mais aujourd'hui, ça devrait être ça, Siri, oui.
Bruno :
[
21:16] Je te rappelle les petites publicités qu'on nous jouait il y a longtemps. Ça allait être formidable, Siri. Puis finalement, quand tu l'utilisais, il fallait que tu portes son langage pour qu'il arrive à faire quelque chose.
Jérôme :
[
21:28] Mais oui, il ne comprend que des mots-clés. Et donc, Alexa Plus, il comprend aussi bien que ChatGPT, c'est ça?
Bruno :
[
21:32] Elle comprend aussi bien que ChatGPT, ou que Claude ou que Gemini. Et donc, l'intérêt… Donc.
Jérôme :
[
21:38] Tu peux te tromper, tu peux faire des phrases compliquées.
Bruno :
[
21:40] Tu peux revenir. Mais donc, ce qui est intéressant avec Alexa Plus, c'est que maintenant, ça te permet même de lui demander des trucs, de gérer des choses, de gérer des listes. Avant, tu pouvais ajouter des éléments sur une liste. Mais là, maintenant, tu peux lui donner la responsabilité de tenir la liste et de te faire des rappels à un moment donné en disant, bien là, est-ce que tu as toujours besoin de ça? Donc, elle est beaucoup plus interactive par rapport à la relation que tu avais auparavant où elle attendait bêtement que tu envoies une commande. Là, ça joue des deux côtés et puis elle a accès à beaucoup plus de connaissances. Et la fluidité de l'expérience est très près de ce qu'on connaît déjà avec Tchad GPT. C'est une belle histoire.
Jérôme :
[
22:25] Ça arrive, ça arrive.
Bruno :
[
22:27] Mais… C'est justement, là, ça arrive aux États-Unis, ce déploiement complet, puis c'est disponible si les Américains qui sont membres de Prime, du programme Prime, ont accès au service gratuitement, sinon c'est 20 $ par mois. C'est accessible à partir des petits bidules, mais aussi à partir du web.
Bruno :
[
22:44] Et très prochainement, c'est le Canada et c'est l'Europe qui va suivre.
Jérôme :
[
22:48] Bien, on a, toi. Moi, je l'ai testé aux États-Unis. Vous l'avez entendu ici.
Bruno :
[
22:51] D'abord.
Jérôme :
[
22:51] Je l'ai testé aux États-Unis la dernière fois. À l'hôtel? Non, pas à l'hôtel. C'était... Non, non, écoute, c'était chez mon fils. Et on avait... On a réservé au restaurant avec Alexa. Et ça a super bien marché. C'était bon? Juste en conversant oralement, en lui demandant... Au départ, on ne sait même pas où on voulait aller. Propose-nous des restos. Ah ouais, OK, ça, ça a l'air bien. Ce n'est pas trop loin et tout. Et on a fait la réservation avec Alexa+. Ça a très bien marché.
Bruno :
[
23:18] Mais tu sais qu'à l'époque, il y a deux ans maintenant, quand j'avais été avec François Sorel à Nashville, on avait demandé à Tchad GPT un bon restaurant pour goûter le poulet local. Et il nous avait donné le nom d'un endroit. On s'était rendu et on avait dit à la géante de l'endroit, vous savez que vous avez été recommandé par Tchad GPT? La dame, elle n'en revenait pas.
Jérôme :
[
23:39] C'est ça.
Bruno :
[
23:40] On est rendu là.
Jérôme :
[
23:40] Et ce n'était pas de la pub.
Bruno :
[
23:42] Non, exactement. Tandis que là, dans un cas pareil, Qui tu penses qui prioriserait ? La chaîne cachée de la pub ?
Jérôme :
[
23:50] Ah, ben, chez Alexa. Oui, mais après, s'il te le dit. Non, mais c'est comme sur les plateformes où tu réserves, où tu as les établissements qui payent, c'est marqué, c'est sponsorisé.
Bruno :
[
24:03] Oui, mais là, on est en mode vocale, on s'entend. Alors, il va y avoir un ding, ding, ding.
Jérôme :
[
24:07] Oui, un ding, ding. Ce contenu est sponsorisé.
Bruno :
[
24:11] Ah, j'ai hâte de voir.
Jérôme :
[
24:12] Moi, j'ai hâte, parce que moi, je suis full Alexa depuis dix ans. Ma maison ne fonctionne qu'avec Alexa, donc il ne faut pas qu'elle s'arrête, parce que sinon, il n'y a plus rien qui marche.
Bruno :
[
24:21] Bon, on ne parle pas de ta maison, parce que sinon, on est reparti pour une autre demi-heure. Hé, Jérôme, tu voudrais me dire de quoi tu parles cette semaine dans mon Amérique?
Jérôme :
[
24:28] Oui, alors cette semaine, je crois qu'Alexa s'est déclenchée, d'ailleurs.
Bruno :
[
24:32] Au nombre de fois qu'on a prononcé son nom, oui.
Jérôme :
[
24:35] Alexa, stop ! Cette semaine, mon cher Bruno, eh bien, écoute, avec Julien Villeray d'EDF, on parle de souveraineté technologique dans le domaine de l'énergie, parce que la souveraineté, ça passe aussi par l'énergie. Et pour une fois, c'est plutôt bien pour nous, parce qu'on a la souveraineté énergétique, en tout cas, pour l'électricité nucléaire, forcément. Et tout ce qu'il y a derrière, donc qu'est-ce que ça ouvre comme perspective pour le déploiement des data centers dont on parlait tout à l'heure, etc.
Jérôme :
[
25:07] Et puis, je reviens sur ce phénomène que j'ai trouvé fascinant cette semaine. C'est le phénomène Moltbook.
Jérôme :
[
25:14] Moltbook, ce réseau social pour les agents IA. C'est des IA qui discutent entre elles. Et derrière ça, il y a Open Claw que tu as dû suivre, bien évidemment. Open Claw qui est donc un agent IA que tu peux installer sur ton ordi. Et enfin, je pense qu'il s'est passé quelque chose. Là, c'est un truc de fou. Alors, ça existe depuis l'automne dernier, en fait, OpenCla, mais on commence à en parler au-delà des cercles très, très, très spécialisés que maintenant. Et avec Nicolas Guillon, qui anime un podcast sur l'intelligence artificielle, eh bien, on décrypte tout ce phénomène et c'est hallucinant. C'est-à-dire qu'il me raconte comment lui, il a programmé une IA qui mène sa vie aujourd'hui, qui se fait des copains, qui fait des postes et surtout tout ce qui peut y avoir derrière. C'est-à-dire que l'étape d'après, c'est que les agents IA aillent encore plus loin et puissent faire des choses, puissent faire tourner un business. C'est ce rêve d'une batterie d'agents IA qui travailleront pour une seule personne et c'est ce que prédit Sam Altman, il attend la première start-up et le premier milliardaire qui sera seul avec ses agents IA en fait et ça pourrait arriver plus vite qu'on ne croit je pense.
Bruno :
[
26:34] J'ai hâte de voir si dans le cas des IA, la théorie de Bill Gates qui est revenue dans le paysage en disant que si un robot remplaçait quelqu'un, peut-être que le robot devrait aussi payer des impôts puisque ce quelqu'un-là n'aura plus. Est-ce qu'on va faire la même chose avec les IA?
Jérôme :
[
26:49] Ah ben c'est… oui, mais qui va payer? C'est-à-dire, les IA commencent à avoir de l'argent. Les agents IA, t'en as qui peuvent avoir de l'argent. Et ça, c'est un autre truc dont j'ai… Mais il y en a qui en demandent. Oui, mais il y en a qui ont un portefeuille de crypto et comme ça, elles peuvent acheter des choses très concrètement. Et ça, c'est un autre sujet que j'ai traité cette semaine, vendredi. C'est ce site complètement fou qui s'est créé, qui s'appelle Rent-A-Human, qui permet à des IA de payer des humains pour aller faire des choses dans le monde réel. Donc, c'est à écouter aussi sur le fil du podcast Monde Numérique.
Bruno :
[
27:22] Ça commence à devenir un peu psychédélique ton podcast.
Jérôme :
[
27:24] C'est la dystopie totale. On ne se rend pas compte, mais on est en train de basculer dans un monde complètement fou. Moi, je comprends que certains soient un peu paniqués. Mais vraiment, vraiment, les amis, si ça vous fait peur, oubliez votre peur et jetez-vous là-dedans. Sinon, c'est vous qui allez rester sur le bord de la route. Mais c'est sûr et certain. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ?
Bruno :
[
27:43] Écoute, cette semaine, j'accueille l'ex-évangéliste en chef de Google, Nicolas Darvaux-Garneau, qui vient de sortir un bouquin où il nous parle d'entreprises avec qui il a travaillé sans nécessairement les nommer. Et il nous raconte un peu les clés dans le fond depuis, ça fait quoi, une trentaine d'années qu'il travaille dans le domaine, et les clés californiennes américaines de la réussite. Alors, c'est vraiment, il a résumé ça, c'est bien fait.
Jérôme :
[
28:08] Je vais écouter ça alors. Tu crois que je peux encore aller refaire ma vie aux États-Unis?
Bruno :
[
28:13] Je pense que tu pourrais encore aller.
Jérôme :
[
28:15] Non, ce n'est pas le moment, là. En ce moment, on n'est pas très bien vus. Les U.S. ne sont pas très bien vus de France.
Bruno :
[
28:20] Bon, mais sinon aussi, Étienne Haley, je reste en Californie. C'est un Québécois qui est là-bas, qui conseille des grosses boîtes. Et lui, je lui ai demandé, parce que de temps en temps, il revient au Québec pour essayer de pousser sur l'intelligence artificielle pour inciter les entreprises qui hésitent encore à faire le premier pas. Shakespeare disait « cueillir le low-hanging fruit », donc le fruit le plus près, pour commencer à s'initier.
Jérôme :
[
28:48] Ah, pour une fois, c'est une vraie citation de Shakespeare que tu me fais.
Bruno :
[
28:51] Non, je ne sais pas.
Jérôme :
[
28:52] Non? Ah, c'est bidon.
Bruno :
[
28:53] Cherche-la pas, elle n'est pas vraie.
Jérôme :
[
28:54] Mais tu es pire que Chagipiti, toi. Tu hallucines tous azimuts.
Bruno :
[
28:57] Ah non, mais je les prends sur Chagipiti. Puis sinon, tu sais, juste à côté de toi, cette semaine, c'était le Paris Radio Show.
Jérôme :
[
29:05] Oui, c'est vrai.
Bruno :
[
29:06] Ah, alors moi j'en parle. Il y a Stéphane Bertomet qui était sur place et qui a tout vu pour nous.
Jérôme :
[
29:11] C'est un événement pour les professionnels de la radio, c'est ça?
Bruno :
[
29:14] Oui, mais aussi les gens qui font du podcast. Alors, on trouvait ça intéressant d'aller faire un tour de ce côté-là. Puis sinon, je te parlais de Bill Gates tout à l'heure. Il y a Stéphane Récoule qui justement revient sur cette fameuse théorie de Bill Gates qui dit que finalement, si les robots nous remplacent, ils devraient aussi payer des impôts.
Bruno :
[
29:31] Et ça, c'est en train de revenir dans l'actualité.
Jérôme :
[
29:34] C'est une idée qui avait été reprise en France par certains responsables politiques.
Bruno :
[
29:38] Et qu'est-ce qui est arrivé à ces responsables politiques-là?
Jérôme :
[
29:40] Ils ne sont plus dans le circuit, notamment un qui s'appelle Benoît Hamon, mais qui avait beaucoup mis en avant cette idée-là.
Bruno :
[
29:47] Est-ce que tu penses que c'est les robots qui les ont mis de côté?
Jérôme :
[
29:51] Peut-être, peut-être.
Bruno :
[
29:52] J'entends une musique, là.
Jérôme :
[
29:56] Écoute, on verra. Mais oui, de toute façon, il va falloir réinventer aussi l'économie. On va basculer petit à petit dans une économie hybride et on va s'apercevoir que demain, on devra traiter avec des IA ou avec des robots. Donc, il faudra que chacun ait son argent et défendre son bout de gras, en fait.
Bruno :
[
30:15] Jérôme Colombin, je te souhaite une bonne suite et puis je te laisse poursuivre ton chemin. Et j'invite tes auditeurs à venir écouter. Mon carnet, c'est quand ils ont le temps.
Jérôme :
[
30:25] Pareillement, mon cher Bruno, et on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau débrief. Salut!