Jérôme :
[
0:06] Salut Bruno Guglielminetti.
Bruno :
[
0:08] Salut Jérôme Colombain.
Jérôme :
[
0:10] Bruno, je ne te vois pas dans ton environnement normal. Tu es dans ta voiture. Qu’est-ce qui se passe, Bruno ? Tu es sur la route ?
Bruno :
[
0:17] J’ai mon amoureuse qui m’a foutu dehors.
Jérôme :
[
0:19] Non, mais ça devait arriver.
Bruno :
[
0:22] Ça devait arriver.
Jérôme :
[
0:23] Mais pourtant.
Bruno :
[
0:24] J’avais passé trop de temps à tourner.
Jérôme :
[
0:25] Mais tu es le plus charmant des garçons. Non, je ne le crois pas.
Bruno :
[
0:28] Non, je suis en route. Je suis en Gaspésie. Et je suis dans la chic Fiat. Donc, tu sais, il existe la Fiat 500. Moi, j’ai la Fiat 120, pour *120 secondes de tech*. Je vais la baptiser comme ça en chemin. Quel beau nom, la Fiat 120 ! Et puis, bien, cherchez pas chez le concessionnaire, elle n’existe pas. Il n’y en a qu’une et c’est la mienne. Et donc, je suis en Gaspésie. Il me reste environ...
Jérôme :
[
0:53] C’est où la Gaspésie ? Rappelle-nous, nous, petits Français.
Bruno :
[
0:56] Ah, la Gaspésie. Vous imaginez la carte du Québec. Bien, vous voyez, il y a comme une grosse péninsule qui ressemble à quelque chose qui est une péninsule, un poisson ou peu importe. Et puis...
Jérôme :
[
1:08] Vers le nord, plus vers le nord.
Bruno :
[
1:10] Oui. Et ce que je fais, moi, puis ça s’en va vers l’Atlantique. Et donc, cette péninsule-là, bien, tout en dessous, au bas, il y a la baie des Chaleurs. Et moi, c’est là où je suis en train de me diriger. C’est vraiment la mer. C’est l’eau salée. D’ailleurs, je cherchais l’information en chemin, Ça, à un moment donné, il faut en parler. J’avais une conversation avec Gemini sur la route et je lui demandais des informations sur ma destination. Et là, il m’a sorti l’historique du village. Ça, c’est génial. Et je lui ai demandé, j’ai dit, mais d’ici à là-bas, est-ce qu’il y a des endroits, un restaurant réputé où je peux arrêter pour grignoter un peu ? Puis là, il m’a donné des adresses. Il voulait même reprogrammer mon trajet. Et puis, il m’a même généreusement donné l’heure des marées. marée haute, marée basse. Alors, je vais être bon pour voir la marée haute quand je vais arriver.
Jérôme :
[
2:03] C’est à quelle distance de chez toi et à quelle durée ?
Bruno :
[
2:06] C’est de Montréal en voiture. C’est environ 8h30 de voiture en ligne droite.
Jérôme :
[
2:12] D’accord.
Bruno :
[
2:12]
Jérôme :
[
2:13] Oui, c’est Paris-Marseille, quoi.
Bruno :
[
2:15] Genre. Et puis, c’est un peu comme une université du journalisme. C’est une rencontre de trois jours, mais c’est vraiment très loin de Montréal ou de Québec pour s’assurer qu’on est vraiment débranché de tout. Et puis...
Bruno :
[
2:30] Je ne parle pas de moi, je suis humble, mais il y a toutes les vedettes de la télé, de la presse écrite, tout le monde qui s’intéresse à ça. Et puis, ce qui est intéressant là-bas, c’est qu’en plus, il y a du public. Et ça, c’est rare dans les genres de rencontres comme ça, de médias, de journalisme. Et donc, je te dirais qu’il y a probablement le deux tiers des gens qui sont là, c’est du public. Et c’est tellement intéressant quand il y a des panels, parce que tu as des journalistes connus qui sont sur le panel, puis après, tu as du public qui vient participer. Alors, il y a des discussions. Tu sais, quand on dit être critique par rapport aux médias, il y a des bonnes discussions franches, puis les gens sont là. Ils ne sont pas derrière un écran à dire n’importe quoi. Ils sont devant toi, puis ils parlent. Et si moi, je suis là, c’est que c’est la deuxième année que je participe pour aller, d’une part, participer. J’ai trois ateliers qui concernent l’intelligence artificielle, l’avenir du journalisme avec l’IA et des trucs comme ça. Et puis, parallèlement, je vais aller créer trois émissions spéciales de Mon Carnet qui vont être diffusées vendredi soir, samedi soir et dimanche soir, heure du Québec, pour revenir avec des gens qui participent à l’événement sur les différentes thématiques, évidemment qui ont un lien avec ou le futur, ou la technologie, ou l’IA dans le monde des médias.
Jérôme :
[
3:45] Oui, parce que c’est un univers, les médias, où on se pose plein de questions. C’est intéressant que tu en parles parce que parfois, c’est un peu violent quand même, l’arrivée de l’IA dans les rédactions.
Bruno :
[
3:57] Chez vous, vous avez ça.
Jérôme :
[
3:59] Exactement. Cette semaine, il y a eu pas mal de mouvements. Il y a eu une menace de grève au sein du quotidien L’Équipe, qui est quand même une institution. Et puis même dans d’autres titres un peu moins connus, parce qu’à cause de l’intelligence artificielle, en fait, par exemple à L’Équipe, c’est parce qu’il y a un projet de remplacer, enfin, de faire ce qu’on appelle bâtonner des dépêches. Alors, bâtonner, c’est un terme journalistique on va dire en deux mots ce que c’est c’est à dire que tu prends la dépêche AFP brute et puis tu la réécris pour qu’elle ressemble à un petit article en fait c’est ce qu’on fait quand on est jeune journaliste pour se former, voilà c’est un exercice de réécriture ce n’est pas de l’enquête et tout mais c’est intéressant, c’est formateur et ça maintenant évidemment l’intelligence artificielle fait ça très bien et donc, ça pose problème et il y a un préavis de grève contre ce phénomène-là. Et puis dans un groupe de presse qui a réuni un certain nombre de petits titres, là c’est les secrétaires de rédaction qui vont tous être virés, remplacés par des intelligences artificielles. Ça pose plein de questions parce que, évidemment, c’est douloureux pour ces personnes, mais c’est inévitable. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais ce n’est pas à toi que je vais expliquer que, bien entendu, c’est normal que ce soit l’IA qui réécrive des dépêches aujourd’hui.
Bruno :
[
5:24] Oui, tout à fait. La machine peut le faire. Mais c’est ça qui est intéressant, puis ça, c’est une des discussions que je vais avoir en fin de semaine. C’est le fait que tu as des journalistes qui sont très bons pour faire du terrain, pour faire de l’enquête, pour aller chercher l’information, les témoignages, mais qui ne sont pas vraiment très forts dans leur écriture. Bien là, imagine-toi que mon texte, et de plus en plus les outils peuvent faire ça, c’est que le journaliste va chercher l’information, la ramène, et puis après se fait assister par une IA pour travailler sur son texte.
Jérôme :
[
5:57] Mais ça correspond beaucoup plus au vrai métier de journaliste, qui est le reportage, l’enquête.
Bruno :
[
6:06] Couvrir des histoires, aller couvrir une conférence de presse. Après, tu parles avec les gens, tu t’enregistres, tu fais des entrevues sur le côté. De pouvoir tout prendre ça, de ramener ça, puis dire à l’IA, « Regarde, fais-moi une première version avec les éléments que je t’ai donnés. Après, tu prends le texte, puis tu travailles dessus. Moi, c’est comme ça que je fonctionne. » La première version, le document martyr, c’est l’IA qui me la travaille à partir de toute l’information que je lui donne. Puis après, je repasse et je lui dis, tu n’as pas parlé de ça. Je voudrais que tu mettes l’accent plus là-dessus, sur cet angle-là. Et puis, je vais rajouter des trucs pour donner la valeur de l’expérience que j’ai, que l’IA n’a pas dans le domaine de la technologie. Et c’est comme ça qu’on arrive à travailler. Mais donc, passer moins de temps sur un clavier à travailler sur ton article pendant que tu peux passer plus de temps à faire de la cueillette d’informations.
Jérôme :
[
6:55] Et je pense qu’en fait, ces mouvements de grève, ces préavis, etc., ils sont plus là pour mettre la pression pour qu’il y ait des systèmes d’accompagnement pour les personnes qui sont concernées, pour pouvoir soit les former à autre chose, soit les accompagner vers de la reconversion, etc. Voilà, qu’on ne les laisse pas sur le bord du chemin sans rien dire, sans s’occuper d’eux. Mais in fine, il est évident que c’est des postes qui vont disparaître.
Bruno :
[
7:18] En tout cas, ça va être intéressant de voir comment les écoles, les grandes écoles de journalisme vont préparer les jeunes. Moi, je le vois un peu à Montréal avec l’Université du Québec à Montréal, le Centre des médias où ils font de la formation. Je pense qu’ils ne les forment pas encore assez à cette nouvelle réalité. C’est là, mais il y a vraiment une réflexion, puis il faut vraiment se préparer parce que c’est la nouvelle génération. Ça va être ça, leur réalité.
Jérôme :
[
7:41] Il y a des réticences encore. Il y a des réticences. On est plutôt sur le côté, ah ben non, nous, on est un bon média, on est de bons journalistes, on ne travaille pas avec l’IA. Le non-IA est brandi comme un gage de qualité. Ça, c’est un message que je n’arrive pas à comprendre.
Bruno :
[
7:58] Jérôme, à ces gens-là, tu devrais leur redonner la bonne vieille dactylo. Ah oui, toi, tu veux vraiment travailler à l’artisanat. Prends ta dactylo et allez, avec le formulaire en six copies pour pouvoir partager à tout le monde.
Jérôme :
[
8:14] Mais on a pas mal de discours. Il y a encore un bouquin qui est sorti cette semaine pour expliquer que l’IA, c’est le mal absolu, l’IA générative. Il ne faut surtout pas s’en occuper, il ne faut surtout pas s’en servir, etc., etc. Et moi, j’ai l’impression aussi qu’il y a souvent de la part de certains écrivains, il y a une espèce de petite peur, tu sais, de se faire concurrencer. Parce qu’aujourd’hui, tu as quelques idées en tête avec de l’IA, et bien tu peux arriver à faire un bouquin tout à fait intéressant, sans être un super écrivain avec des références incroyables et un style fabuleux. Juste avec les bons inputs, avec malgré tout de l’intelligence, de la connaissance et puis une méthode, bien sûr. Mais tu peux arriver à faire des choses. Et bosser avec de l’IA, ça ne veut pas du tout dire appuyer sur un bouton et attendre que ça sorte. Tu le sais comme moi. Ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe.
Bruno :
[
9:04] Ah, Jérôme, mais pour les conflits de travail, est-ce que tu as suivi un peu l’actualité,
Bruno :
[
9:09] par exemple, des États-Unis ?
Jérôme :
[
9:12] Alors, j’ai vu que ça bougeait un peu chez Google. Il y avait des annonces. Là, on est un peu dans un entre-deux avec Google parce que la semaine prochaine, ça va être la Google I/O C’est leur grande messe, toutes les annonces Google. Mais là, cette semaine, c’était l’Android Show avec toutes les annonces concernant Android et notamment Android 17 qui va arriver bientôt. Et alors, tu vas être heureux parce que t’as vu, ils vont mettre de l’intelligence artificielle partout.
Bruno :
[
9:34] Écoute, déjà que je trouvais qu’on en avait pas mal, là, ça va déborder. Je ne sais pas ce qu’il va y avoir comme appareil, mais tu te souviens, on a déjà eu une conversation à un moment donné où on disait un jour, quand on parlait du téléphone intelligent d’OpenAI, en disant qu’il n’y aura plus d’application, ton IA va être ta façon de pouvoir avoir des fonctionnalités sur ton téléphone. C’est exactement ce qu’ils sont en train de faire dans le contexte de Gemini intelligence. Ça, c’est un méchant beau clin d’œil à Apple Intelligence. Mais ce qu’ils vont faire, c’est que maintenant, Gemini intelligence va te permettre de faire tes propres widgets, Ça, c’est génial. Ça veut dire que tu as une application que tu utilises, mais tu ne veux pas l’ouvrir et tu ne veux pas l’avoir en pleine grandeur parce qu’il y a juste une information que tu vas avoir là-dessus. Tu vas lui dire, va chercher telle information et mets-le sur la première page de mon téléphone. ou, je ne sais pas, moi, tu es en train de faire quelque chose, il n’y a pas d’application pour le faire, tu vas pouvoir lui demander de te faire une petite application pour ton téléphone. C’est fou parce qu’on en parlait il n’y a pas tellement longtemps, mais là, avec Gemini intelligence, on est rendu là.
Jérôme :
[
10:45] C’est ce qui commençait à arriver sur ordinateur. Tu m’en avais parlé ces dernières semaines. Et là, on rentre sur le mobile. Et donc, c’est encore plus proche de soi, en fait. c’est vraiment cette notion d’assistant. Et comme tu dis, c’est un clin d’œil, Apple, enfin un clin d’œil, un clin d’œil ou une belle saloperie, en fait. C’est plutôt le... Je ne sais pas comment on peut appeler ça, mais une peau de banane, parce que comme c’est Google qui va fournir l’intelligence d’Apple Intelligence, en fait, c’est ça, ils se sont dit, tiens, avant d’aller s’occuper d’Apple Intelligence, si on faisait la même chose chez nous, c’est ça ?
Bruno :
[
11:24] C’est pas faux comme non, peut-être qu’on peut faire la même chose.
Jérôme :
[
11:27] Ouais, ils ont même pris le nom, c’est formidable ! Enfin, presque le même nom, quoi.
Bruno :
[
11:33] Tant qu’à faire.
Jérôme :
[
11:35] Ça s’appelle comment ? Gemini intelligence, c’est ça ? Ouais. Sinon, quoi d’autre cette semaine ?
Bruno :
[
11:42] Alors, c’est quoi cette histoire de pédophile qui s’est fait prendre par l’intelligence artificielle ou un hyper-trucage, comme on dit chez nous ? Un deepfake ?
Jérôme :
[
11:52] Oui, un deepfake. C’est une histoire incroyable qui s’est passée en France ces dernières semaines. Effectivement, c’est un pédophile présumé, on va dire, qui s’est fait piéger par un Twitcher qui pensait discuter avec une jeune fille de 14 ans. Et en fait, il discutait avec un adulte, un homme, qui avait mis des filtres, tu sais, et qui arrivait à se faire passer aussi bien au niveau de l’image qu’au niveau de la voix, pour une petite fille, pour une gamine, pour une ado, en fait. Et il a fait ça en direct sur Twitch, devant 40 000 personnes. La personne qui s’est fait piéger, elle, ne savait pas qu’elle était diffusée, mais tout le monde l’a vue. Et ensuite, ça a été relayé sur les réseaux sociaux.
Jérôme :
[
12:35] Et il y a eu inévitablement des suites judiciaires parce que c’est allé très loin, en fait, c’est horrible cette histoire-là, et on voit cette espèce de bonhomme, un mec qui a plus de 60 ans, et qui est là et qui fait des propositions à la jeune fille en disant « Oui, oui, mais si tu veux, t’as qu’à mentir à tes parents et moi je t’emmènerai voir un match de foot et puis on sera tranquille, on pourra s’embrasser, est-ce que t’as déjà embrassé un garçon et est-ce que je pourrais voir ton épaule, etc. » Enfin, le truc crade au possible. Et, Ça a fait tellement de bruit qu’il est allé se livrer lui-même à la gendarmerie le lendemain. Et il se trouve que c’était quelqu’un qui avait déjà été condamné pour des faits similaires. Je ne sais pas comment... C’est un entraîneur de sport, je ne sais pas comment il s’était retrouvé encore à ce poste. Mais au-delà de ça, du point de vue, ce qui nous intéresse, nous, on va dire technologique, c’est ce côté deepfake. Et on a beaucoup parlé ensemble, déjà, toi et moi, des deepfakes qui peuvent être très dangereux en générant des images pédophiles. Mais on s’aperçoit aujourd’hui que ça permet aussi de faire l’inverse. Ça permet de piéger des criminels, en fait. Bon, le problème, c’est que là, c’est pas la police qui l’a fait, c’est un particulier. Donc, c’est un peu hors cadre, y compris même avec peut-être des erreurs judiciaires, enfin, des erreurs qui pourraient avoir des conséquences judiciaires. Bon, voilà. Mais ça fait pas mal de bruit. Oui, c’est assez étonnant, cette histoire-là.
Bruno :
[
14:01] Jérôme, à la limite, on verra dans le temps qu’est-ce qui va arriver à ce monsieur-là, mais c’est une méchante bonne leçon qui a été faite comme service public. De rappeler aux gens d’une part, ils n’ont pas à faire ça, mais qu’ils risquent de se faire prendre.
Jérôme :
[
14:19] Oui, ça peut avoir un effet dissuasif, effectivement.
Bruno :
[
14:24] Jérôme, tu me permets d’arrêter l’actualité de toute la planète ? Parce que toi, tu as une actualité, et je voulais absolument qu’on en parle cette semaine. T’as pondu un livre.
Jérôme :
[
14:35] C’est pondu.
Bruno :
[
14:36] Non, non, t’as pondu un livre. Je te traite pas de poule quand même. Mais t’as pondu un livre sur le podcast. Mais ce que je trouve très intelligent, c’est qu’on est en 2026 et t’as été plus brillant que la plupart des auteurs sur le sujet. C’est le podcast, mais aussi l’IA. Et t’as lié les deux là-dedans.
Jérôme :
[
14:55] Ouais, ben écoute, merci. C’est gentil d’en parler. Tiens, je te montre la couverture. Il vient de sortir.
Bruno :
[
15:02] Ceux qui ne nous regardent pas, je vois la couverture et c’est écrit, Lancez votre podcast à l’ère de l’IA.
Jérôme :
[
15:09] Exactement. En fait, c’est un peu, si tu veux, tu sais, l’an dernier, j’avais fait une formation en vidéo pour le podcasting.
Jérôme :
[
15:17] Qui est toujours disponible. Qui est toujours disponible, oui, oui, tout à fait. Et ça, c’est un peu la déclinaison écrite. C’est complémentaire, c’est pas du copier-coller. Il y a beaucoup d’infos différentes, etc. Puis c’est pas la même chose de regarder des vidéos que de lire un livre. Ça permet parfois de retrouver plus facilement. C’est pour raconter tout cet univers qu’on connaît sur le bout des doigts, toi et moi. C’est comment fabriquer un podcast du début jusqu’à la fin, à la fois sur l’aspect technique et sur l’aspect éditorial, comment préparer des interviews, etc. Mais... À l’ère de l’IA, c’est-à-dire avec aujourd’hui tous les outils d’intelligence artificielle disponibles. Donc, c’est un peu ce que toi, tu fais, et ce que je fais aussi avec ChatGPT pour préparer une interview, pour retraiter une interview après coup, pour faire du traitement sonore. Il y a plein d’outils qui existent. Alors, ce n’est pas un passage en revue de tous les services disponibles, ce n’est pas ça, parce que ça, ça évolue trop vite, et puis on trouve ça très bien sur Internet. C’est beaucoup plus pour donner une vision globale, remettre un cadre, remettre de la perspective pour les gens qui ont envie de se lancer dans l’aventure du podcasting parce qu’il y a quand même de plus en plus de gens qui ont envie de faire ça. Et ce qui est fantastique du podcast, c’est que tu peux le faire à tous les niveaux. Ça peut être une entreprise du CAC 40 qui veut lancer un podcast, ça peut être un média ou bien ça peut être un passionné dans sa chambre tout seul. Et comme beaucoup de choses dans le numérique, tous ces gens-là peuvent le faire chacun à leur niveau et peuvent arriver à des résultats géniaux.
Bruno :
[
16:46] Je trouve ça noble de ta part de donner des… c’est un peu comme un chef qui décide de montrer comment il fait sa popote, sa cuisine.
Jérôme :
[
16:55] Oui, il a tout ça.
Bruno :
[
16:57] Oui, je trouve ça généreux de ta part. Mais avant de changer de sujet, je veux juste revenir sur le fait. Comment tu as fonctionné ? Parce que te connaissant, dans la rédaction du livre, j’imagine que t’as aussi utilisé l’IA pour t’assister. Comment tu as roulé avec ça ?
Jérôme :
[
17:13] T’as tout à fait raison. Parce qu’en fait, le livre, c’est ce qu’on appelle de l’auto-édition. Donc, je l’ai édité moi-même parce que ça me plaît trop de faire ça moi-même. Je veux dire, moi, j’adore tout faire.
Bruno :
[
17:23] T’as l’expérience là-dedans aussi pour en faire quelque chose comme ça.
Jérôme :
[
17:26] Oui, j’avais un peu eu d’expérience, je l’avais déjà fait, j’ai publié déjà quelques livres, certains chez des éditeurs traditionnels et d’autres comme ça en auto-édition, mais précédemment, il n’y avait pas d’IA et là, je l’ai fait entièrement avec l’IA et en fait, si tu veux, pour expliquer, pour faire court, quand tu t’adresses à un éditeur, le métier d’éditeur, moi, je dirais que c’est trois choses le métier d’éditeur, c’est un TD au niveau éditorial, rédactionnel, Alors, c’est lui qui va te conseiller sur la structure du livre, le titre, l’angle, les réécritures, etc. Deux, il y a l’aspect technique, parce que c’est extrêmement technique, l’édition. On ne soupçonne pas, mais c’est incroyable. Ça va de la correction jusqu’à la mise en forme, les règles typographiques. Il faut toujours commencer un chapitre sur la page impaire. Il faut respecter des marges. Enfin, c’est des trucs de fou. Il y a des règles pas possibles. Et trois, bien sûr, c’est la distribution, la promotion. Alors, moi, c’est surtout pour les deux premières étapes que j’ai utilisé complètement l’intelligence artificielle. D’abord, pour mettre en forme, pour structurer, etc. Et puis, surtout, ça ne va pas faire plaisir aux éditeurs, mais en même temps, pour faire comme si j’étais un éditeur. Parce que moi, je n’y connais rien.
Bruno :
[
18:42] Mais c’est ça.
Jérôme :
[
18:43] Mais j’ai posé plein de questions. Voilà.
Bruno :
[
18:48] Oui, mais là, tu es en train de faire trembler les éditeurs. Parce que là, tu es en train de montrer qu’une IA pourrait...
Jérôme :
[
18:54] Une IA peut aider à le faire. Quelqu’un qui n’est pas éditeur peut le faire. Mais franchement, je ne le conseille pas. C’est un boulot énorme. C’est un boulot énorme. Parce que c’est un vrai métier, éditeur. Ça ne rigole pas. Et donc, ça m’a pris beaucoup de temps. Ça m’a pris autant de temps à fabriquer le livre qu’à l’écrire, en réalité. Et après, pour le diffuser...
Bruno :
[
19:17] On s’entend que toi, dans ta démarche, c’était la recherche et développement aussi.
Jérôme :
[
19:21] Oui, bien sûr. Moi, c’est parce que ça me fait kiffer de faire ça. C’est l’expérience qui m’a plu. Et puis après, pour ce qui est de la publication, j’avais déjà publié un livre comme ça directement sur Amazon. Je me souviens, ce n’était pas très facile à l’époque. Là, ça s’est un peu simplifié. C’est comme le podcast. Maintenant, il commence à y avoir des intermédiaires qui simplifient les choses. Et je suis passé par une plateforme française. Je peux la citer. Elle s’appelle Bookelis. Qui se charge d’une partie qui est encore extrêmement difficile aussi, qui est la diffusion sur toutes les plateformes pour que ton livre, on puisse le commander sur Amazon, sur Fnac.com, en version numérique, en version papier, et puis qu’on puisse le trouver aussi en librairie via Hachette, qui est le plus gros distributeur français de livres. Et ça, ce n’est pas facile. Et puis, si tu publies seulement sur Amazon, tu ne peux pas être en librairie parce que les libraires et Amazon, ils se détestent. Et donc, c’est absolument impossible. Tandis que là, en prenant un intermédiaire tiers, là, ça devient possible, en fait, parce que lui, il fait la jonction entre tout ça. Mais c’est d’une très grande complexité. Mais c’est très amusant à faire. Et comme tu le dis, c’était plus une expérience. Mais je renouvellerai un jour l’expérience parce que c’est assez sympa.
Bruno :
[
20:37] Alors, tu rappelles le titre du livre pour les gens qui sont curieux ?
Jérôme :
[
20:41] Voilà, ça s’appelle Lancez votre podcast à l’ère de l’IA. Et voilà, pour tout savoir sur comment fabriquer un podcast, pour ceux que ça intéresse.
Bruno :
[
20:50] Je vous le recommande.
Jérôme :
[
20:52] Tu veux que tu l’envoies ? Je ne peux pas te l’envoyer. Enfin, si, je pourrais te l’envoyer par la poste, mais ça va me coûter quatre fois le prix du bouquin. Mais par contre, tu vas pouvoir le commander au Canada.
Bruno :
[
21:02] C’est ça, c’est ce que j’allais dire. Ça se commande maintenant partout sur la planète où on nous écoute.
Jérôme :
[
21:06] Tout à fait.
Bruno :
[
21:06] Et de l’autre côté, je veux revenir sur ce que je disais. Je le recommande parce que je connais l’auteur et je sais comment il travaille. Et si il vous a partagé ces informations-là, vous allez gagner du temps. C’est fou. Et puis, votre podcast va être de bien meilleure qualité. Donc, on dit chez nous, la preuve est dans le pouding.
Jérôme :
[
21:25] Oh, c’est adorable, Bruno. Merci pour cette séquence d’autopromo et d’autopromo réciproque.
Bruno :
[
21:33] Écoute, on poursuit dans l’autopromo. Tu parles de quoi cette semaine dans ton podcast ?
Jérôme :
[
21:39] C’est une bonne question. Tu me prends un peu au dépourvu, là.
Bruno :
[
21:44] Chacun sa semaine.
Jérôme :
[
21:45] Non, non, non. Oui, chacun sa semaine. Alors, je parle aussi d’un truc sympa. Tiens-toi bien, le nouveau Google arrive, il est français. Non, je plaisante.
Jérôme :
[
21:55] Je parle d’un moteur. Ça te fait rigoler. Pourquoi tu rigoles ? Oui, je sais. En plus, ça fait juste 20 ans qu’on l’a fait, la blague. La blague du nouveau Google. Mais voilà, il y a une équipe de Français qui s’est dit qu’on pouvait lancer un moteur de recherche, aujourd’hui encore, en France, et ça s’appelle iBou [à vérifier].
Jérôme :
[
22:18] Ce qui est intéressant, c’est que c’est évidemment de la recherche assistée par l’intelligence artificielle, ce qui fait que c’est moins un nouveau Google qu’un nouveau Perplexity. C’est une espèce de Perplexity à la sauce française qui a pour ambition de se libérer de casser les bulles de filtre, d’élargir et de faire des systèmes de recommandations un peu plus équitables. on va dire. Et puis sinon, je parle aussi d’un sujet plus entreprise, c’est l’IA en entreprise, mais pour une application très spécifique, c’est l’accès aux données. Les entreprises qui ont des milliards de données à traiter, aujourd’hui, elles utilisent l’intelligence artificielle, c’est super, ça peut leur permettre de faire plein de choses, mais ça pose aussi de gros problèmes de sécurité, typiquement quelqu’un dans une entreprise qui crée un document, il ne devrait le partager qu’à quelques personnes, et hop, il le partage avec tout le monde, et tout le monde le sait. Par exemple, aujourd’hui, dans une entreprise, de plus en plus, si tu utilises le chatbot interne pour dire « quel est le salaire de mon patron ? », eh bien, on trouve la réponse, bien souvent, alors qu’on ne devrait pas forcément la trouver. Parce que tout est en bordel, si je puis dire. Donc voilà, il y a des dispositions à prendre.
Bruno :
[
23:32] Et tu me fais penser à une conférence que j’avais donnée, à un moment donné, dans un grand groupe pharmaceutique, et c’était où il y avait le président mondial avec des vice-présidents de tous les continents. Et à la blague, pour détendre l’atmosphère, je leur avais dit, mais faites attention si vous utilisez l’IA pour écrire votre lettre de démission, parce que le président pourrait l’avoir avant que vous l’ayez finie.
Jérôme :
[
23:54] Ah oui, exactement. C’est exactement ça.
Bruno :
[
23:56] Vous avez dû voir des visages autour de la table. Je me suis dit, est-ce qu’il y en a un ou une qui a déjà fait le truc ?
Jérôme :
[
24:03] Oui, oui. Incroyable. De quoi parles-tu cette semaine, Bruno, dans ton podcast ?
Bruno :
[
24:09] Bien que je sois en Gaspésie, je vais parler de sujets qui ne touchent pas nécessairement que la Gaspésie. On va parler notamment de quand doit-on utiliser des IA génératives pour faire de la recherche plutôt qu’un bon vieux Google. On va faire réfléchir les gens là-dessus. Et ça, c’est avec le partenaire R2i. C’est Benoît Martel, le grand patron de R2i. qui est là cette semaine avec nous. Et puis aussi, je vais parler d’un... Comment ça s’appelle ? Tu sais, ces Nuance, les fameuses lunettes d’EssilorLuxottica qui permettent de mieux...
Jérôme :
[
24:49] Oui, Nuance Audio.
Bruno :
[
24:50] Exactement. Donc, des lunettes qui permettent de mieux entendre. Voyez le jeu. Ça sort au Canada, finalement, après les États-Unis, après l’Europe. Alors, ça arrive...
Jérôme :
[
25:00] Ah, cool !
Bruno :
[
25:01] Alors, il y a une entrevue que j’avais faite à l’époque Donc, quand ils étaient à la veille de lancer ça avec des gens de l’entreprise, je vais la repasser parce que là, ça devient d’actualité pour chez nous de parler de ça. Et puis, sinon, les collaborateurs réguliers sont présents pour nous parler des différents sujets qui les intéressent dans la vie.
Jérôme :
[
25:21] Eh bien, ça va encore être super intéressant, j’en suis sûr. Merci, mon cher Bruno, d’être passé par Monde Numérique et de m’avoir accordé un petit créneau dans ton carnet.
Bruno :
[
25:31] Écoute, merci de m’avoir accueilli. C’est toujours bizarre à dire parce que là, les gens qui m’écoutent dans Mon Carnet vont continuer à m’entendre après la transition sonore. Mais dans les faits, je dois partir en voiture pour rouler encore deux heures et demie pour les retrouver après la transition sonore. Est-ce que vous comprenez le concept du temps ?
Jérôme :
[
25:51] Oui, on est perdus dans l’embrouillamini de l’espace-temps. Mais ce n’est pas grave.
Bruno :
[
25:57] Allez, on se retrouve la semaine prochaine.
Jérôme :
[
26:00] Salut Bruno, bonne route et sois prudent à la semaine prochaine.