🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Ce que nous retenons de 2025
Maison Connectée22 décembre 202539:18

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Ce que nous retenons de 2025

Bilan de fin d’année de part et d’autre de l’Atlantique : intelligence artificielle, régulation, cybersécurité, souveraineté numérique et gadgets futuristes. On passe au crible une année 2025 aussi dense que révélatrice.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Intelligence artificielle : la bataille des modèles et l’avalanche d’investissements

L’année 2025 a été marquée par une concurrence accrue entre modèles d’IA, avec un rattrapage spectaculaire des challengers face à ChatGPT. Les investissements se chiffrent désormais en centaines de milliards de dollars, sans que la fameuse « bulle de l’IA » n’ait réellement éclaté, renforçant l’idée que la technologie est déjà profondément ancrée dans l’économie réelle.

IA et entreprises : promesses, frustrations et emplois menacés

L’adoption de l’IA en entreprise progresse, mais de manière contrastée. Les outils comme Copilot peinent parfois à convaincre les salariés, tandis que des études montrent que l’IA pourrait freiner l’embauche des juniors au profit de profils plus expérimentés augmentés par la technologie, soulevant de vraies questions sur la relève et l’avenir du travail.

Médias, contenus et création à l’ère de l’IA

Rédactions, journalistes et créateurs de contenu intègrent progressivement l’IA dans leurs pratiques. Si les gains de productivité sont réels, la fiabilité des contenus générés reste imparfaite et impose des vérifications constantes. Le débat sur l’authenticité et la valeur du travail journalistique est plus vif que jamais.

Publicité sans IA : le coup d’éclat d’Intermarché

La publicité de Noël d’Intermarché (👉 https://www.intermarche.com/) a créé la surprise avec plus d’un milliard de vues, revendiquant une création sans intelligence artificielle. Un succès qui rappelle que l’émotion et la narration humaine conservent une force intacte face aux technologies automatisées.

Régulation et souveraineté numérique : Europe contre Amérique du Nord

Entre l’AI Act européen, déjà contesté avant même son application, et la dérégulation américaine, 2025 a été une année charnière. La souveraineté numérique est devenue un sujet central, notamment après des épisodes révélateurs impliquant des acteurs du cloud et des pressions géopolitiques croissantes.

Les fleurons français de l’IA sous les projecteurs

La France a vu émerger et s’affirmer des acteurs clés comme Mistral AI (👉 https://mistral.ai/), tandis que le retour en France de figures majeures de la recherche en intelligence artificielle nourrit autant d’espoirs que de débats politiques et industriels.

Cybersécurité : fuites de données, attaques et pannes géantes

Entre cyberattaques massives, fuites de données sensibles et pannes d’infrastructures critiques comme Cloudflare (👉 https://www.cloudflare.com/), l’année a rappelé à quel point nos sociétés sont dépendantes du numérique. L’IA joue un rôle ambivalent, à la fois arme pour les attaquants et outil pour les défenseurs.

Produits tech et gadgets : peu de grandes nouveautés, mais quelques signaux forts

Côté matériel, l’année a été relativement calme, hormis l’émergence de nouveaux formats comme l’iPhone plus léger et l’essor des lunettes connectées de Meta (👉 https://about.meta.com/), notamment les Ray-Ban intelligentes, qui commencent à dépasser le simple gadget.

Robotique humanoïde : promesses spectaculaires, réalités complexes

2025 pourrait rester comme l’an zéro de la robotique humanoïde, avec une multiplication d’annonces et de prototypes, notamment en Chine. Mais entre enjeux de sécurité, attentes irréalistes et limites technologiques, le chemin vers une adoption massive dans les foyers reste semé d’embûches.


Jérôme : [0:06] Joyeux Noël, mon cher Bruno! Bruno : [0:08] Ben, joyeux Noël, mon cher Jérôme! Jérôme : [0:10] Pour ceux qui nous regardent en vidéo, tu as vu que j'ai mis mon beau chapeau de Noël. Bruno : [0:15] Ben, pour ceux qui nous écoutent en audio, je vous confirme que Jérôme, finalement, c'est un des lutins du Père Noël. Jérôme : [0:21] Voilà, exactement. Bruno : [0:22] On sait tout maintenant. Jérôme : [0:23] Alors, il faut qu'on passe en revue cette année 2025 qui a été quand même très, très, très riche en événements. Jérôme : [0:32] Et Bruno, je pense que tu seras d'accord avec moi pour dire que c'est une fois de plus l'IA qui a occupé le terrain, avec plein d'aspects différents. Je ne sais pas ce que toi, tu retiens en priorité en matière d'intelligence artificielle. Enfin, moi, j'ai l'impression que déjà, il y a eu une espèce de bataille des modèles un peu cette année, plus que jamais. Bruno : [0:52] Oui, puis c'est impressionnant parce qu'autant, dès le départ, depuis trois ans, Tchad GPT avait des longueurs d'avance sur la concurrence. bien, en cette fin d'année, Chad GPT, ils ne sont pas à la bourre, mais ça court. Quand il y a le patron Samatman qui dit « code rouge, code rouge », il faut faire quelque chose, ça veut dire que pas tellement qu'au pilote, mais Jiminy de Google est vraiment en train de les rattraper. Et d'ailleurs, je lisais en ligne plusieurs personnes qui sont prêtes à mettre leur chemise à risque en disant que c'est Jiminy qui va remporter la Palme l'année prochaine. Et pour le moment, ce qu'on voit, c'est que justement, il y a eu… Mais parallèlement à ça, c'est de voir les milliards qui sont investis là-dedans. Encore cette semaine, je voyais qu'il y a Sam Hartman qui est en train de faire de la tournée. On parle de quelque chose comme 75 milliards de dollars qu'il est en train de chercher pour investir là-dedans. Ça devient fou, là. Jérôme : [1:54] Mais rappelle-toi, l'année avait démarré sur les chapeaux de roue avec le projet Stargate aux États-Unis. L'annonce de Donald Trump, fraîchement élu, qui réunit la crème de la crème de l'IA et de la tech d'une manière générale pour dire, allez, on y va, on va mettre des data centers partout, je ne sais pas. Bruno : [2:09] Etc. Oui, 500 milliards d'investissements, oui. Jérôme : [2:11] 500 milliards d'investissements. Bon, tout le monde s'est jeté là-dedans. Zuckerberg a dit, oui, oui, on y va et tout. Il n'y a pas eu beaucoup de suites cette année. Alors, évidemment, bon, ils sont en train d'être construits, des data centers. Bruno : [2:21] Tu es en Amérique, ça ne se construit pas en un mois comme en Chine. Ici, ça prend trois ans. Jérôme : [2:27] Oui, c'est le monde réel. Donc oui, tu as raison. C'est cette espèce de déluge d'investissement, ce qui fait d'ailleurs penser que c'est amusant parce qu'on a passé une partie de l'année à se demander si la bulle de l'IA allait éclater. Enfin, la bulle financière de l'intelligence artificielle allait éclater. Elle ne l'a pas éclaté pour l'instant. Bruno : [2:49] Exactement, oui. Et puis, tu vois, la plupart des financiers, en tout cas, que j'entends, des propos qui m'arrivent aux oreilles, ils ont levé un peu le pied par rapport à ça. C'est un peu comme, finalement, ils sont en train de voir tout l'investissement qui est fait, puis ils disent, bien, on est obligé de suivre le pas. Mais à un moment donné, on ne peut pas crier au loup en même temps qu'on donne à manger au loup. Ça ne va pas, là. Jérôme : [3:11] Oui. Moi, j'ai entendu une lecture assez intéressante qui est que, et d'ailleurs, on en parle cette semaine dans l'hebdo de Monde Numérique avec l'un de mes invités de Capgemini, c'est qu'il y a peut-être une bulle financière. Effectivement, ça va trop loin. Mais contrairement à ce qui a pu se passer, par exemple, au début des années 2000 avec les dot-com, etc., là, on est quand même sur du tangible. L'IA, ça existe. L'IA, c'est en train d'arriver et il va se passer des choses. Et même si aujourd'hui, c'est exagéré, de toute façon, il est certain qu'il y a une mutation qui est en cours et qui va avoir lieu. Et d'ailleurs, moi, c'est un point qui m'a aussi intéressé cette année. C'est l'arrivée de l'IA dans les entreprises avec des situations contrastées. D'un côté, tu as Microsoft qui essaie d'imposer son copilot partout, mais qui a un peu de mal, parce qu'on voit bien qu'apparemment, les salariés ne l'utilisent pas assez dans les entreprises. On leur a collé copilot entre les mains, débrouillez-vous, et puis en fait, soit ils ne s'en servent pas, ils ne servent pas du tout d'IA, soit ils vont faire du chat GPT en loose day, ce qui est un peu un problème. Bruno : [4:17] En dessous du bureau, oui. Jérôme : [4:17] Voilà, exactement. Mais en même temps, les entreprises adoptent de plus en plus l'intelligence artificielle avec des conséquences intéressantes. Il y avait cette étude du MIT qui a montré que, paradoxalement, ce sont peut-être les plus jeunes qui vont souffrir de ça, et en termes d'emploi notamment, parce que dans les entreprises, un senior avec une bonne IA, il peut faire le boulot pour lequel il avait précédemment besoin de quelques juniors. Et du coup, ils n'embauchent pas les juniors en question. C'est quand même une profondeur, un problème intéressant. Bruno : [4:52] Mais tu vois, exactement ce point-là, ce que ça m'a amené comme réflexion cette année, puis je le promets de conférence à conférence à la fin, c'est que je me dis, mais on va la trouver où, la relève ? dans les grandes entreprises. Exactement. Parce que ces gens-là qui faisaient partie de la relève, pendant les premiers six mois, pendant la première année, ils faisaient ces petits boulots-là qui leur permettaient d'apprendre comment l'entreprise fonctionne et qu'ils arrivaient à capter l'ADN de l'organisation. Mais là, si on n'en a pas besoin, ces jeunes-là qui devaient commencer à apprendre, à connaître l'entreprise et à graduer au sein de l'organisation, ils ne seront pas là. Non, ce n'est pas évident. Jérôme : [5:30] C'est amusant, parce qu'à l'instant où on se parle, j'ai une notification sur ma montre, c'est un article du Monde, intitulé « Job Apocalypse, l'IA va-t-elle provoquer des suppressions d'emplois massives ? Le débat divise experts et économistes. » Et ça, c'est un point important. Oui, on dit « l'IA va détruire les emplois, en créer d'autres, etc. » Et pour l'instant, on est un peu dans le flou. On ne sait pas dans quelle proportion. On ne sait pas si le phénomène est vraiment en train de se produire ou pas, etc. Jérôme : [5:58] Donc voilà, ça, 2025, a quand même été une année importante à ce niveau-là, je pense. Bruno : [6:03] Oui, puis tu as aussi, puis on reste toujours branché un peu sur l'IA, mais tu as toute la bataille ou toute la nouvelle réalité du contenu qu'on retrouve notamment sur Internet, mais aussi même dans les journaux, dans la presse papier, où on commence à voir comment les grands groupes de presse et même les influenceurs, puis même nous, comment on utilise l'IA pour générer du contenu. Et ça, comme producteur de contenu, il faut se la poser, cette question-là. Moi, cette année, je participais à des événements de journalistes de la profession et je leur disais que je faisais du journalisme et je n'étais plus un journaliste parce que j'utilisais tous ces outils-là. J'avais probablement l'équivalent d'une rédaction de huit, neuf personnes qui travaillaient pour arriver à produire et un blog et un magazine comme mon carnet et mon bulletin quotidien. Et puis, ces gens-là se disent, wow, mais de l'autre côté, ils sont aussi en train, tranquillement, pas fait, de faire rentrer ces outils-là dans leur rédaction. Et tout le monde est encore en train de se positionner, veut jouer au chaste devant le vice. Mais on le sait que c'est vers là que ça s'en va. Jérôme : [7:12] Oui, oui, bien sûr. Après, pour l'instant, moi, je trouve que ce n'est pas encore… Alors, toi, tu parles de tout ce que tu fais avec Léa. Moi aussi, je fais beaucoup de choses, mais je ne fais pas tout ce que j'aimerais faire. Il y a plein de choses que j'aimerais confier à l'IA, des automatismes. Moi, je suis un peu dans le constat inverse. Je suis un peu déçu parce que je n'arrive pas à faire tout ce que l'IA me promet ou tout ce que les automatismes... Voilà, il y a des choses encore. Je suis obligé de faire ou de faire faire manuellement des copiers-collés, des trucs comme ça. C'est un peu énervant, sans compter les contenus générés par l'IA, qu'on est absolument obligé de vérifier à posteriori parce qu'ils ne sont bons qu'à, je ne sais pas, moi, je dirais 70-80 %, quoi. Bruno : [7:55] Mais c'est pour ça qu'il faut que tu mettes une IA qui va corriger le travail de l'autre. Jérôme : [7:59] Ce n'est pas bête, ce n'est pas bête. Mais c'est marrant parce que, tu vois, je trouve qu'en même temps, l'année se termine sur une espèce de pied de nez. Tu parles des contenus parce que nous, en France, ce qui fait le buzz en ce moment, c'est une publicité vidéo. Bruno : [8:13] Un petit film vidéo que tu as peut-être vu. Jérôme : [8:15] Tu l'as vu, voilà, l'histoire du loup mal aimé. C'est pour la marque Intermarché. Et ça a été une surprise phénoménale. C'est un film qui est très joliment fait, qui est très émouvant. Ils sont rendus à quoi? Bruno : [8:28] 200 millions de visionnements? Jérôme : [8:30] Non, ils ont dépassé le milliard. Ils ont dépassé le milliard de vues. C'est de la folie. Et ce truc-là a été fait sans IA. En tout cas, c'est ce qu'ils disent. Ça a été fait sans IA. Bruno : [8:40] Ça me fait rire parce que je pense que c'était F1 ou France 2 qui a fait un topo là-dessus. Et je le regardais en ligne. Et quand même, ils n'étaient pas sur la planche à papier. avec une plume à dessiner, j'utilise... Jérôme : [8:51] Ah ben non! Bruno : [8:52] Ils utilisent des outils de la technologie quand même. Jérôme : [8:54] Ils utilisent des outils d'animation. C'est normal, comme dans le jeu vidéo. Ce n'est pas toi à Montréal qui va m'expliquer que le jeu vidéo ne se fait pas avec des outils hyper high-tech. Bruno : [9:04] Encore avec du carton et des crayons. Jérôme : [9:06] Oui, bien sûr, c'est ça. Bruno : [9:08] On a un petit côté artisanal du jeu vidéo. Jérôme : [9:11] C'est sûr. Sinon, Bruno, tu as remarqué que cette année aussi, tous nos débriefs transats étaient souvent consacrées aux questions de régulation. Bruno : [9:24] Particulièrement quand on parle de la France, oui. Jérôme : [9:27] Oui, voilà. Moi, c'est un truc que je retiens aussi, effectivement, la France et l'Europe. On a essayé de faire entrer en vigueur l'AI Act. Et le bilan, je trouve que ça ne se passe pas très, très bien parce que finalement, l'année se termine et l'AI Act, enfin l'IA Act, c'est plus facile à dire, qui a mis du temps à accoucher, qui a fait peur à tout le monde. La France a essayé de limiter pour que ce ne soit pas trop contraignant pour les startups, etc. Mais finalement, à peine entrée en vigueur et même pas encore en application, ils sont en train déjà de le détricoter parce qu'il y a des trucs qui vont nuire à l'innovation. Et à l'inverse, sur ton continent là-bas, je n'ai pas dit ton pays, mais ton continent, ça dérégule à tout va aux États-Unis. Et c'est un gros sujet aussi chez vous au Canada, ça, la régulation. Bruno : [10:19] Bien oui, puis c'est drôle que tu parles de ça, parce que chez nous, il y a quelques mois de ça, il y a eu cette initiative, c'était un projet de loi qui a été passé au Parlement et ça devait entrer en application cette année. Et c'était un projet de loi qui allait obliger les grands joueurs du GAFAM, et particulièrement ceux qui sont dans la diffusion de contenu, ils allaient devoir payer des revances au Canada. Et la journée même où ça devait entrer en vigueur, il y a un voisin en chef qui a tapé sur le bureau en disant, non, ça ne se passera pas comme ça. Et la loi est disparue. Et ça n'a jamais été appliqué. C'est pour te dire, la pression qu'on vit avec un voisin, on a toujours dit, les États-Unis, c'est un peu comme l'éléphant, puis nous, on est la souris. Mais on ne l'a jamais autant vécu que cette dernière année où on a vraiment un éléphant un peu fou, où on ne sait pas où il se dirige. Et puis nous, la petite souris, on essaie de trouver notre place dans le décor. Jérôme : [11:22] Oui, c'est une belle image. Après, nous, on est un peu dans la même situation. On essaie aussi de trouver notre place. il y a eu en début d'année le sommet de l'IA qui avait plutôt bien marché ça c'était un beaucoup. Bruno : [11:34] Ça de Macron. Jérôme : [11:35] En février, ouais c'était un beaucoup c'était pas mal, ça a permis de fédérer plein de choses ça a mis en avant, ça a mis en valeur des choses assez inattendues je trouve d'abord il y a eu un peu un coup de projecteur sur des pays africains, dont on soupçonne pas tellement tout ce qu'ils font et c'est super intéressant il y a sans doute des pistes de rapprochement avec l'Afrique, entre l'Europe et l'Afrique et puis il y a aussi des pistes de rapprochement et ça, c'est aussi surprenant avec la Chine parce qu'on est un peu dans la même galère, entre guillemets. C'est pour ça que, aussi bien en Chine qu'en Europe, par exemple, on parle énormément d'open source. Tu vois, on n'a pas les grands modèles fondations comme ChatGPT, Gemini, etc. Donc, qu'est-ce qu'on va faire ? On a des modèles open source qu'on va essayer de bonifier en s'associant, etc. Alors, s'associer avec la Chine, ça peut coincer un peu. Ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Bruno : [12:25] On arrête de discuter de ça, puis on dit, ben non. Jérôme : [12:28] Exactement. Mais maintenant, voilà, nous, on achète des robots en Chine dans lesquels il n'y a pas de logiciel et on va mettre de l'intelligence artificielle européenne, enfin en tout cas open source, mais sous contrôle européen, dans des robots, dans du hardware chinois, par exemple. Bruno : [12:44] À Pibon après avant d'aller du côté des robots parce que je sais que c'est ce sujet qui t'intéresse beaucoup, je veux rester dans le monde de la législation et de la réalité qu'on vit de part et d'autre de l'Atlantique et c'est tout le dossier de la souveraineté numérique, Ça, on n'en a jamais autant parlé et ça nous a jamais… Surtout chez vous. Jérôme : [13:05] C'était nouveau pour vous parce que pour nous, ce n'était pas très nouveau. C'est un thème un peu ancien. Bruno : [13:09] Écoute, l'été dernier, quand les sénateurs chez vous qui ont confronté un patron de chez Microsoft, qui est venu leur dire en séance de travail, bien oui, si le gouvernement américain demande à accéder à des données qui sont hébergées chez vous, des données qui sont à vous, on va devoir lui donner accès à ça. Jérôme : [13:30] On va devoir les donner. Bruno : [13:31] Là, ça a été l'onde de choc sur la planète. Il y a eu comme une prise de conscience, puis effectivement, tu as raison, chez nous, c'est devenu pas apocalyptique, mais c'est devenu, on sent de l'urgence. Là, le gouvernement canadien investit et là, on commence à être dans l'ordre du milliard. On vient de voir passer, ça a passé cette semaine dans la gazette officielle, que la souveraineté numérique a été enchâssée dans les règles du gouvernement du Québec. Et donc, maintenant, tout fonctionnaire qui donne des contrats va devoir s'assurer que ça soit en informatique, ça soit fait par des entreprises québécoises ou canadiennes. Il y a vraiment une énorme prise de conscience qui n'était pas là auparavant. Et 2025, pour moi, ça va être l'année de toutes les prises de conscience. Jérôme : [14:25] Ah oui, 2025, oui. Bruno : [14:26] En 2026, on verra ce que ça va se faire et comment ça va véritablement se répercuter. Jérôme : [14:33] Non, mais c'est sûr, chez nous, c'est un sujet extrêmement prégnant, ça. Il y a eu aussi une prise de conscience, notamment depuis un épisode qu'on a déjà évoqué. C'est les États-Unis qui ont coupé le robinet, l'email, etc. d'un procureur de la Cour pénale internationale. Ça, ça a été assez violent. mais c'est intéressant parce qu'on est déjà dans le coup d'après je dirais que là sur la fin de l'année les entreprises américaines ont déjà réagi, parce qu'elles sont un peu prises entre deux feux aussi toutes ces grandes entreprises américaines qui fournissent des solutions aux européens les gens qui bossent dans ces entreprises ils ne sont pas particulièrement mal intentionnés ils veulent juste faire du business, et ils ont des technologies dont on a besoin donc en fait ils essayent un peu de se blanchir ou en tout cas de donner des garanties. Et c'est un peu, oui, voilà, on n'est pas, OK, on est américain, donc ce n'est pas souverain, mais faites-nous confiance. C'est du cloud de confiance. On peut vous assurer que si, que ça, etc. Et c'est marrant parce que l'année se termine un peu là-dessus sur ces incertitudes. Bruno : [15:37] Et c'est intéressant que tu reprennes l'expression de cloud de confiance parce que ça aussi, ça a changé. En France, vous parliez, comme nous, on parle aujourd'hui de souveraineté numérique, mais là, c'est de l'info nuagique de confiance. Vous avez changé le vocable. Nous, on n'est pas rendus là. Jérôme : [15:51] Mais ça ne fait pas l'unanimité, parce que ça, c'est le vocable américain. Bruno : [15:55] Pour rassurer tout le monde. Jérôme : [15:57] Commercial. Et puis, tu as notamment des entreprises françaises qui essayent aussi d'exister face à ces géants et qui disent, non, mais attendez, c'est du bullshit. Bruno : [16:05] On joue sur les mots. Jérôme : [16:07] On joue sur les mots. Bruno : [16:08] Effectivement. Jérôme : [16:08] Ça reste des infrastructures américaines avec des risques qu'aujourd'hui, on ne maîtrise pas, mais dont on a un peu plus conscience malgré tout. enfin voilà mais nous avons nos petits fleurons français nous qui ont brillé cette année Mistral qui continue de briller même si il y a c'est un peu énigmatique ce qui se passe parce qu'ils sont en train de mettre un pied en Suisse on ne sait pas trop pourquoi mais ils vont en. Bruno : [16:30] Suisse ou ils ne vont pas ? Jérôme : [16:31] Et ils ouvrent une antenne en Suisse, etc. Officiellement, ce n'est pas du tout pour des raisons fiscales. Bruno : [16:38] Non, c'est du repérage. Tu as talent. Jérôme : [16:40] Oui, exactement. C'est parce qu'il y a des talents en Suisse qu'il n'y a pas en France. Ça doit être pour ça. Bruno : [16:44] Ça doit être pour ça, c'est sûr. Jérôme : [16:46] Non, c'est un peu touchy, cette histoire-là. Et puis, on a Yann Lequin, le patron de la recherche en IA. Bruno : [16:53] Mais quelle belle histoire. Jérôme : [16:55] Lui. Ça, c'est une belle histoire. Ça, c'est une bonne nouvelle pour la fin de l'année. Bruno : [16:59] Mais je comprends. Jérôme : [17:01] Il quitte Meta, il revient en France pour monter une start-up et il a déjà des milliards qui coulent à flot pour faire des levées. Bruno : [17:07] Une entreprise qui veut être valorisée à 4,8 milliards de dollars, ce qui est environ 3 milliards d'euros quand même. Jérôme : [17:18] Alors moi, j'attends de voir, parce que tu sais comment, nous en France, la politique va s'emmêler, inévitablement. Donc, il va devenir le chouchou de la politique, des politiques. il va devenir un étendard de l'innovation et de la réussite à la française et c'est très bien, mais en même temps, ça emprisonne un peu ces choses-là et après, c'est difficile pour ces gens-là d'être complètement libres. Bruno : [17:42] Mais Jérôme, tu parles d'être chouchou de la politique. Dans l'actualité tech française, l'été qu'on vient de passer, il y a eu quand même toute une histoire autour de justement Luc Julia qui était et reste toujours un chouchou des politiciens et qui a fait vibrer beaucoup d'antennes autour de lui. Ça aussi, ça a marqué 2025. Jérôme : [18:07] Oui, je ne sais pas si ça a autant marqué que ça, en fait. Bruno : [18:10] Ça a fait de parler. Jérôme : [18:11] Beaucoup sur les réseaux. Nous, on en a parlé sur la Centech, mais dans les grands médias, dans les médias généralistes, pas tellement. Bruno : [18:19] Dans les chaumières, sûrement pas. Jérôme : [18:21] Non, non, mais ce n'est pas devenu une polémique, une véritable polémique. Je sais que ça continue à énerver beaucoup de gens qui soient invités à droite, à gauche. Écoute, moi, je ne vais pas remettre une pièce dans le jukebox. J'ai dit ce que j'avais à dire sur Luc Julia, que je pense que pour certaines choses précises, il a besoin de se mettre à jour pour être plus en phase avec la réalité. Mais sur le fond de ses propos, si tu décryptes le fond de ses messages, il ne s'est pas beaucoup trompé en réalité dans l'année. Alors évidemment, ces détracteurs, s'ils m'écoutent, vont dire « ce n'est pas vrai, il dit que l'IA est moins fiable qu'avant alors qu'elle l'est plus, etc. » Je ne suis pas d'accord. Tout dépend de quoi on parle. Voilà. Donc, on ne va pas rouvrir le dossier. Bruno : [19:07] Mais je voulais quand même t'entendre là-dessus parce que ça a fait joli. Jérôme : [19:10] Oui, non, mais écoute, voilà. Écoute, Luc Julia, il fait sa vie. Moi, je fais la mienne. Il continue, lui, d'être intervenant. Jérôme : [19:17] Il a une vision et… Et il la partage. Bruno : [19:21] Voilà. Jérôme : [19:21] Et il la partage et il l'a écouté, mais il n'est pas le seul. C'est dans le cadre de consultation. C'est vrai qu'il était récemment à l'Assemblée nationale. je vois sur les réseaux sociaux il y en a qui en ont fait leur tête de turc et qui prennent des extraits et qui, pylônent comme ça moi je participe même plus à la discussion mais s'ils ont un problème contre Luc Julia qu'ils l'invitent, qu'ils le convoquent, qu'ils lui écrivent qu'ils fassent quelque chose qu'ils alertent qui de droit s'il y a un scandale et puis voilà, allez-y gaiement mais je pense qu'il y a aussi derrière ça il y a aussi et j'y reviens et ça je l'avais dit au mois d'août quand cette affaire a éclaté et je le maintiens je suis désolé il y a aussi cette espèce de ligne de fracture entre plusieurs visions de l'IA, Il y a un mouvement qui monte. Il y avait un article dans Le Monde il y a trois jours pour parler de ces doomers, les gens qui disent « attention, on court à la catastrophe, attention, on court à la catastrophe ». Et du coup, on court à un risque de catastrophe. L'IA, c'est comme le nucléaire. Si ça va dans de mauvaises mains, ça peut être dramatique, mais pour l'humanité tout entière. Et Luc Julia, lui, il est sur une ligne beaucoup plus terre-à-terre, en fait, pour dire « mais attendez, vous délirez, les modèles entre eux n'ont pas de conscience et ils ne vont pas se piloter eux-mêmes ». Et en fait, c'est deux vérités. Je trouve qu'il n'y en a pas un qui a raison et l'autre tort. Ce sont deux vérités côte à côte. Donc, il ne faut pas être trop réducteur dans cette histoire-là. Mais c'est une ligne de fracture vachement intéressante. Bruno : [20:49] Et c'est quand Yann Lequin va arriver avec son IA à lui, son modèle à lui, où là, on risque de se poser plus de questions encore. Jérôme : [20:58] Oui, tout à fait. Bon, bref, une belle année IA quand même. On s'est bien régalé. Mais il n'y avait pas que ça. Il n'y avait pas que ça qui a fait couler beaucoup d'encre. Mais qu'est-ce qu'il y avait d'autre ? Est-ce qu'on dit un mot de... Moi, j'ai l'impression qu'on a... Alors, ça dépend un peu de l'IA, ça découle un peu de l'IA, mais il y a eu une recrudescence des cyberattaques, des fuites de données, enfin, de ce qu'on pourrait appeler le risque cyber d'une manière générale. J'ai posé la question à ChadGPT, je lui ai dit « Combien de cyberattaques majeures en 2025 ? » Il m'a dit « Une dizaine ». J'ai posé la même question à Perplexity, il m'a dit « Un millier ». Bruno : [21:36] Moi, j'irais plus dans la vingtaine. Jérôme : [21:39] Dans la vingtaine. Bruno : [21:40] D'attaques importantes, là. Jérôme : [21:41] Voilà, tout dépend de ce qu'on appelle une cyberattaque majeure, en réalité. Oui, certainement. Mais il y en a eu quand même pas mal. Nous, on termine l'année sur un truc qui est assez grave, un piratage du ministère de l'Intérieur avec des fuites de données liées à la police, etc. Mais qui, apparemment, apparemment, parce qu'on aurait été commises par des, scripts qui disent, enfin, des jeunes français un peu bidouilleurs comme ça. Je préfère que ce soit ça plutôt que ce soit, tu vois, des russes ou des Chinois, d'une certaine manière. Mais bon, après, on ne sait pas où on va les donner après. Bruno : [22:19] Mais je pensais que tu allais me parler de la crise du côté de Pornhub, où les membres premium sont victimes d'une fuite. Jérôme : [22:28] C'est toi qui doit me parler de ça. C'est chez vous. C'est chez vous, cette magnifique plateforme culturelle. Bruno : [22:34] Oui, mais qui fait appel au multiculturalisme, on s'entend. Jérôme : [22:39] Ah oui, oui, c'est multicultural. Bruno : [22:41] Mais non, mais c'est ça. Nous, on finit pendant que vous, c'est le ministère. Nous, c'est Pornhub. Et donc, c'est ça l'histoire qui est assez... Je trouve que c'est un drôle de retournement parce que les gens qui payaient pour pouvoir utiliser ce service-là, bien là, maintenant, ils sont victimes d'une fuite. et c'est le groupe de pirates qui menace Pornhub de laisser aller la publier, cette liste-là. Jérôme : [23:06] C'est-à-dire la liste des utilisateurs? Bruno : [23:08] Oui, mais aussi avec leur historique de recherche. Jérôme : [23:11] Wow! Bruno : [23:11] Alors, je pense qu'il y a des gens qui vont être embêtés si ça s'appuie. Peut-être certains politiciens, qui sait, pour faire un retour avec chez vous. Mais donc, c'est ça. Tu vois, nous, on termine avec ça. Bruno : [23:23] Alors, chacun ses valeurs et ses... Jérôme : [23:26] Oui, effectivement. Écoute, c'est pas mal. Il y a eu des pannes aussi cette année, des pannes... Bruno : [23:32] Oui, qui nous ont rappelé comment on était dépendants de l'Internet aujourd'hui. Je pense que la palme d'or s'en va à... On devrait faire ça l'an prochain, remettre des palmes d'or. Jérôme : [23:43] Oui, très bonne idée. Bruno : [23:43] Mais la palme d'or à Cloudflare, j'avoue que ça, c'était... Quand tu es responsable de 20 % du trafic sur Internet et que tu décides qu'il y a un problème, ça va mal. Jérôme : [23:56] Oui, c'était en octobre ou en novembre. En novembre, je pense. Et en plus, c'est paradoxal. Claude Flair, c'est une couche très intermédiaire qui est là, en principe, pour sécuriser. Ils ont tellement bien sécurisé qu'ils ont tout foutu par terre. Bon, ça n'a pas duré trop longtemps, mais ça coûte cher et ça, on n'en parle pas assez. Et moi, j'ai trouvé un chiffre. je ne m'engagerais pas forcément sur son authenticité, mais enfin, on parle de 12 000 milliards de dollars de pertes du fait, alors principalement des cyberattaques. Ce n'était pas pour les pannes, c'était plutôt pour les cyberattaques. Bruno : [24:32] Et ça va vite, parce qu'une entreprise qui est attaquée ou qui est victime de rançons du ciel, c'est rapidement des centaines de milles et ça s'en va dans des millions assez rapidement parce que ta panne ne te permet plus de fonctionner. Jérôme : [24:48] Bien sûr, et l'IA est responsable parce qu'elle donne des nouvelles armes aux cyberpirates. Avec le social engineering. Bruno : [24:57] Oui. Jérôme : [24:58] Exactement, et elle donne aussi des nouvelles armes aux cyberdéfenseurs, entre guillemets, les entreprises de sécurité. Moi, j'en parle d'ailleurs dans Monde Numérique cette semaine aussi avec l'un de mes invités, pardon de faire de la pub encore, mais on est aussi sur le sujet. Bruno : [25:14] Je ne te demanderai pas le contenu de ton émission parce que tu es en train de me dire. Jérôme : [25:17] Parce que je suis en train de te le dire. Voilà, on fait le bilan de la cybersécurité avec EZ. Jérôme : [25:22] Bon, enfin, Bruno, il faut quand même qu'on parle des trucs un peu wahou, un peu fun, qui ont marqué l'année, non? Et notamment quelques produits tech. Bruno : [25:33] Écoute, à part de ton iPhone Air, tu me dis qu'est-ce que tu as trouvé de bien cette année? Jérôme : [25:39] Non, je ne dis pas que c'est bien ou pas bien. Je dis que finalement, c'est l'un des rares trucs qui se sont distingués. Bon, OK, Apple a sorti des nouveaux iPhones, c'est les iPhones 17, avant c'était 16, la prochaine fois sera 18. Donc ça, c'est d'une mortelle, c'est d'un mortel ennui. Bruno : [25:56] Une platitude, oui. Jérôme : [25:57] Grosse platitude. Mais la nouveauté, oui, je trouve que c'était l'iPhone R et on va voir si en 2026, il récidive parce qu'il y a des rumeurs contradictoires. À un moment, on disait c'est fini, ils n'en feront plus. Et là, plus récemment, il y a d'autres rumeurs qui disent au contraire, ils vont en faire un deuxième et qu'également un iPhone pliant serait bel et bien dans les tuyaux pour 2026. Bruno : [26:19] Oui, ça c'est François Charelle qui va être content. Jérôme : [26:22] Oui, ben oui, depuis le temps qu'il y croit et qu'il l'annonce. Bruno : [26:24] Ça fait quatre ans qu'il en parle. Oui. Mais chez Apple, écoute. Jérôme : [26:29] Il ne faut pas se presser. L'IA, ça fait quatre ans qu'on en parle. L'iPhone pliant, ça fait quatre ans qu'on en parle. Bruno : [26:36] Sinon, est-ce que tu veux parler dans les grands produits de l'année, puis tu parles d'Apple, leur bandoulière en laine? Jérôme : [26:42] Non, je ne veux pas en parler. Bruno : [26:43] Est-ce que ça fait aussi partie des grands produits qui t'ont marqué? Jérôme : [26:45] Non. Écoute, on a déjà fait une émission entière là-dessus. Non, je pense que ce n'est pas la peine. Bruno : [26:49] Mais si tu parles en fait de produits, moi, c'est sûr que ce qui a marqué mon année, c'est le mouvement latéral d'un univers à l'autre. C'est-à-dire que j'ai quitté l'univers de iOS et je me suis enfoui dans l'univers Android. Mais c'est très bien. Quel changement et que c'est que du bonheur. Jérôme : [27:09] C'est que du bonheur. Bruno : [27:10] Que du bonheur. Jérôme : [27:10] Écoute, c'est intéressant comme ça. Bruno : [27:13] Je crois que ça. Non, vas-y. Jérôme : [27:16] Oui. Non, comme ça, on est vraiment sur deux continents différents maintenant. Bruno : [27:19] Oui, oui, tout à fait. Mais je souhaite ça à tous ceux que j'aime. Jérôme : [27:23] Ben, tant mieux. Écoute, c'est parfait. Comme ça, on continuera à être complémentaires dans nos approches en 2026. Et tu veux pas me parler des lunettes, ça, un peu, les lunettes connectées? Bruno : [27:33] Oui, les Ray-Ban. Jérôme : [27:34] Ça t'a pas un peu excité, là, cette année? Bruno : [27:35] Ben, je sais que toi, ça t'a excité. Les Ray-Ban et toutes les autres. Ah oui, oui, mais écoutez ça. On parle de chat GPT quand on parle d'IA générative. On parle de Ray-Ban quand on parle de lunettes connectées. Jérôme : [27:45] Oui, et en 2026, on parlera peut-être de Google Glass, en tout cas de Google. Bruno : [27:49] Oui, ça j'ai hâte de voir. Mais tu vois, ils sont encore en train, je reviens sur les Ray-Ban de Meta, ce qui est intéressant, c'est de voir, tu sais, à un moment donné, je pense qu'il y a deux ans de ça, je te parlais des fameuses lunettes de SLR Luxitica qui allaient permettre aux gens de mieux entendre. Bien, ce mois-ci, on a vu que Meta allait intégrer ça dans ses Ray-Ban. Ah oui? Jérôme : [28:15] Ah, c'est génial. Bruno : [28:16] Nouvelle fonctionnalité, je pense que c'est pour le moment, évidemment, comme d'habitude, uniquement disponible au Canada ou aux États-Unis, mais ça s'en vient chez vous aussi. Et donc, vous allez pouvoir bénéficier des petites caméras qui sont aussi détestées des gens. Ils vont pouvoir servir à marquer ton interlocuteur et donc, à partir du positionnement d'interlocuteur, adapter et envoyer ton son dans les mêmes petits haut-parleurs au niveau de l'oreille qui te permettent d'écouter de la musique ou d'écouter tes appels, bien là, maintenant, tu vas pouvoir entendre la personne, mieux entendre les gens qui sont devant toi. Ça, c'est intéressant. Jérôme : [28:50] Ça, c'est une vraie innovation qui fait beaucoup moins gadget que c'est vrai dans un sens que quand on parle d'IA, de trucs, d'assistants intégrés, etc., etc. Mais c'est amusant parce qu'en fait, on parle de lunettes qui sont initialement des dispositifs pour corriger la vue et qui, là, vont servir à corriger l'audition. Donc, c'est plutôt sympa. Bruno : [29:13] Mais dans ce genre d'outil-là, il y a cette année, ça a été marqué par l'arrivée de la traduction en temps réel dans les écriteurs. Je sais que toi, il y a une semaine, quand on était à Las Vegas, tu t'es amusé à tester le truc. C'est peut-être pas au point, mais ça promet quelque chose. Jérôme : [29:30] Non, c'est pas au point. Effectivement, je l'ai testé à côté de toi en temps réel et j'étais un peu déçu. Lors des conférences à WS, c'était pas parfait, on ne comprenait pas bien. Bruno : [29:44] Mais pourtant, dans leur annonce, ça a l'air de bien fonctionner. Jérôme : [29:48] Ben oui ça dépend des cas moi ça avait bien marché tu vois sur des petites conversations, je me souviens j'étais à l'aéroport je discutais avec quelqu'un de l'aéroport, avec la traduction ça marchait très bien et là paradoxalement bizarrement c'était une conférence qu'on suivait ensemble c'était pas bon et finalement ça allait plus vite de comprendre en anglais, enfin voilà on verra ça je pense que c'est un truc, où il devrait se passer des choses en 2026, c'est peut-être au CES de Las Vegas. Mais je ne sais pas si tu as déjà mis ton nez dans le programme du CES. En même temps, on ne parle pas beaucoup de lunettes, pour l'instant, j'ai l'impression. Bruno : [30:28] Non, on parle pas mal plus. J'ai l'impression qu'ils vont le positionner dans les coins où on fait de la Tech Age ou Tech Senior. J'ai l'impression que ça va se jouer là. Mais non, écoute, le CES, ça va se sentir. Bon, l'IA et le quantique, là, Avec la nouvelle ère d'exposition dans le Fontainebleau, l'hôtel Fontainebleau. J'ai bien hâte de voir ça. Jérôme : [30:52] Moi aussi, moi aussi. Écoute, on ira se balader ensemble au Fontainebleau dans le nouveau... Parce que ça, c'est complètement nouveau, ce quartier qui sera consacré à l'IA. Bon, je ne sais pas si... Bruno : [31:04] Non, mais Jérôme, je t'ai coupé la parole tout à l'heure, mais je veux t'entendre sur la robotique parce que toi, tu aimes beaucoup. Jérôme : [31:10] Oui, j'aime beaucoup. Je trouve qu'il s'est passé des trucs intéressants. Pareil, en 2025, moi j'ai un peu, j'aime bien dire que 2025, c'est un peu quand même l'an 0 ou l'an 1 de la robotique humanoïde. Pareil, j'ai demandé à mes amis des chatbots ce qui s'était passé cette année et il y a eu une trentaine de nouveaux modèles qui ont été présentés ou annoncés, etc. Donc une trentaine, c'est quand même énorme. Évidemment, grosse poussée chinoise, on l'a vu, mais pas seulement. Les Américains, nous les Français. Bruno : [31:43] Chut russe. Jérôme : [31:45] Poussée et atterrissage russe, oui. On en avait parlé, de ce pauvre robot russe qui s'est cassé la figure. Bruno : [31:51] Qui était bourré en rentrant sur scène. Jérôme : [31:52] Écoute, il ne faut pas se moquer. Après, je trouve qu'il y a un truc intéressant parce qu'on ne sait pas où on va avec cette histoire-là. On dit que ça va arriver plus vite que prévu, ce qui est sans doute vrai. Peut-être dans les foyers, dans les familles. Voilà, on peut, cette année, quand même, commercialisation du premier robot humanoïde. en tout cas en précommande pour 20 000 ou 30 000 dollars je crois donc ça va arriver plus vite que ce qu'on croyait et en même temps je me demande si on va pas être déçu et je lisais une interview, d'un roboticien ou en tout cas l'inventeur du robot aspirateur Roomba alors on peut rire et, dire que ce n'est pas la même chose, aspirateur et humanoïde. Mais c'est quand même intéressant, c'est un monsieur qui a beaucoup de recul et il dit ça ne marchera jamais, en fait. Il n'y croit pas parce qu'on va mettre, on va avoir un niveau d'exigence trop élevé, c'est-à-dire qu'un robot humanoïde, il a une allure humaine et on pense qu'on va pouvoir lui demander tout ce qu'on demande à un humain. Et ce ne sera pas possible. Il faudra des dizaines d'années pour lui apprendre aussi bien à serrer des boulons dans une usine, qu'à vider le lave-vaisselle, qu'à porter. Jérôme : [33:10] À soulever un bébé sans le couper en deux, à ne pas se casser la figure, à ne pas être dangereux. Et surtout, je pense que c'est ça, les fabricants de robots n'en parlent jamais, jamais. Mais la question de la sécurité, elle est hyper importante et aujourd'hui, il n'y a aucun robot qui est capable, qui peut être introduit, même commercialement, dans un foyer parce que c'est un outil dangereux. C'est un truc qui va être très dangereux. Donc, voilà, c'est un truc à suivre. Bruno : [33:39] Tu as un des fabricants, j'ai oublié le nom, un des fabricants chinois qui a développé et qui va mettre en ligne un App Store d'applications que tu vas pouvoir télécharger et mettre dans ton robot. Et ça va dans tous les sens, incluant des cours de Kung Fu. Je m'excuse, mais si pour s'amuser, tu as un robot et tu as un jeune enfant qui commence à challenger le robot de la maison pour faire du Kung Fu. Moi, je donne pas cher du petit jeune qui va recevoir un coup de pied d'acier en plein visage. Et c'est pour ça qu'il y a tout un pan au niveau de la sécurité physique qui n'est pas abordé. Mais de l'autre côté, c'est clair qu'on va être déçu parce que je t'écoutais puis tu me faisais rire. Déjà qu'on est déçu d'humain... Jérôme : [34:26] Je te fais rire, c'est bien déjà. Bruno : [34:27] Ben oui, ça arrive souvent quand tu parles par tes propos. Mais c'est ça. Déjà qu'on est déçus dans la maisonnée par des jeunes adultes à qui on demande de faire la vaisselle, de faire le lave-vaisselle, de ranger leur chambre. Même si nos enfants ne sont pas capables de le faire, imagine de demander à un robot. C'est certain qu'on va être déçus. Jérôme : [34:51] Ça ne sera pas fait. Ce ne sera pas le même problème. Bruno : [34:56] À le même niveau de déception. Jérôme : [34:57] Non, parce que l'enfant, il saurait très bien le faire, mais il ne veut pas. Tandis que le robot, il voudrait tout à fait, mais il ne saura pas. Bruno : [35:04] Alors, entre les deux. Jérôme : [35:05] Ton cœur balancera. Eh oui. Bon, Bruno, de quoi parles-tu dans ton carnet cette semaine? Bruno : [35:12] Écoute, je te mentionne deux sujets. Un, je parle avec Jean-Baptiste Martinelli, qui est un des créateurs, je pense qu'on pourrait dire, d'une des premières IA québécoises. Et l'IA s'appelle Matania. Matania. Un clin d'œil à la belle ville de Matane, en Gaspésie. Et puis, c'est quelque chose de gros, quelque chose de solide, quelque chose qui pourrait faire une différence au Québec. Et puis, sinon, je parle avec la personne qui a marqué la scène médiatique au Québec cette année. Et c'est une jeune femme, Alexandre Lé, qui a lancé il y a quelques mois, il y a six mois, Elle explique. C'est un peu la Hugo des cryptes québécoises. et elle a fait vibrer les colonnes du temple parce qu'elle a quitté Radio-Canada en se disant, je n'arrive pas à faire mon boulot, je n'arrive pas à intéresser les jeunes dans ce contexte-ci. Alors moi, je veux partir de mon côté. Et puis maintenant, elle diffuse sur la plupart des réseaux sociaux. Elle va passer le cap des 200 000 abonnés. Ça fonctionne très bien. Elle a du financement de partenaires. Et donc, c'est vraiment elle qui a marqué l'année. Puis je me suis dit, « Tiens, faisons, on passe 20 minutes ensemble pour revoir ces six mois de démarrage avec finalement une chef d'entreprise de nouveau genre. » C'est fort intéressant comme discussion. Jérôme : [36:36] Super. C'est un vrai phénomène aussi, ça, du moment. Évidemment, nous, ça nous intéresse particulièrement parce que c'est notre métier. Bruno : [36:44] On est là-dedans. Jérôme : [36:45] Parce qu'on est là-dedans, mais au-delà, ça intéresse le public parce que, in fine, c'est destiné au public. Très bien, super. Bruno : [36:54] Jérôme, est-ce qu'on en est rendu au moment où je te souhaite une bonne pause et on se revoit à Las Vegas? Jérôme : [36:59] Oui, mais tu ne veux pas que je te dise un mot encore de mon sommaire quand même. Bruno : [37:03] Est-ce qu'il te reste encore des choses à nous dire sur ton sommaire? Jérôme : [37:06] Mais oui, je t'ai dit qu'on parlait de cybersécurité avec EZ, on fait le bilan avec Capgemini. Et aussi, on s'intéresse à un sujet étonnant. C'est un ancien militaire des forces spéciales françaises qui a mis au point un système pour détecter les drones, un système anti-drone grâce à une intelligence artificielle. donc à la fois très moderne et en même temps uniquement en écoutant les sons, donc quelque chose d'assez basique finalement. Bruno : [37:37] Est-ce qu'il fait l'entrevue en cagoule ? Jérôme : [37:39] Non, parce qu'il a quitté les forces spéciales, donc il parle tout à fait librement, mais il me parle aussi de quand il était dans l'armée et justement du fait qu'il testait plein de matériel high-tech. Donc c'est assez intéressant. Il ne peut pas tout dire évidemment. Bruno : [37:55] Non, mais les geeks qui nous écoutent vont aimer cette entrevue-là. Jérôme : [37:58] Oui, ils vont aimer. Bon, Bruno, je remets mon chapeau de Noël, donc, et on se met dans l'ambiance. Bruno : [38:05] Bon. Jérôme : [38:05] Et je te souhaite un joyeux Noël et une très bonne fête de fin d'année. Bruno : [38:11] Pareil chose à toi et à tes auditeurs. Et je te remercie pour cette année qu'on a passé ensemble comme ça, semaine après semaine. C'était vraiment chouette de t'accueillir dans mon carnet. Je te souhaite le meilleur pour ta petite pause de deux semaines. Mais après, on se remet au boulot en direct de Las Vegas. Jérôme : [38:27] Oui, plaisir partagé, mon cher Bruno. J'étais ravi de passer cette année avec toi. Je pense que les gens qui nous écoutent aussi, si on en croit, à la fois les chiffres d'audience et les retours. Et donc, on pense à vous et merci à vous tous qui nous écoutez. Merci pour votre fidélité. Vous qui nous écoutez de part et d'autre de l'Atlantique, c'est l'originalité de ce rendez-vous qu'on va reconduire l'année prochaine, je crois. Bruno : [38:47] Je pense que oui. Si nos agents respectifs arrivent à s'entendre. Jérôme : [38:51] Oui, exactement. Ça va négocier dur. Allez! Bruno : [38:55] Salut! Jérôme : [38:56] Bonne fin d'année à tous. Salut, salut. Bruno : [38:58] Et salut le Père Noël de notre part. Bye. Jérôme : [39:00] Ouais, j'y vais. J'ai encore du boulot. Il y a des cadeaux à emballer, tout ça. Pas fini, hein.
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